02Burundi
112 000 sacs (ICO 2009)Le Burundi fait partie de ces petits pays dont on parle peu, et qui vivent pourtant du café bien plus intensément qu'on ne l'imagine. Introduite dans les années 1930, la caféiculture y occupe aujourd'hui plus de 800 000 ménages (l'essentiel de la population rurale) sur de minuscules parcelles de quelques centaines de caféiers.
On y cultive surtout de l'Arabica doux d'altitude, entre 1 250 et 2 000 mètres, avec un peu de Canephora plus bas. Presque sans intrants chimiques, et en misant sur la voie humide. Depuis quelques années, le pays cherche à se distinguer par la qualité, avec son label « Ngoma » et des ventes hebdomadaires aux enchères, sur échantillons.
- Espèces botaniques
- Arabica (96 %), Canephora (4 %)
- Variétés
- Bourbon, Blue Mountain
- Altitude
- 800 à 1 000 m (Canephora) ; 1 000 à 2 000 m (Arabica)
- Ombrage
- Arbres forestiers et fruitiers
- Récolte
- Manuelle et sélective
- Traitement
- Voie humide et semi-humide ; séchage naturel au soleil
- Triage
- Densimétrique
- Période de récolte
- Avril à juillet
- Conditionnement
- Sac de 60 kg
Le laboratoire de l'Office du Café du Burundi (OCIBU) classe les cafés selon le mode de traitement, puis le nombre de défauts et la granulométrie.
Le traitement
Fully Washed (FW) : entièrement lavé ; Washed (W) : lavé.
Type : défauts et calibre
| Type | Crible | Défauts max | Grains cassés max |
| Ngoma Mild | 18 | 4 % | 0,15 % |
| AA | 18 | 7 % | 0,15 % |
| AB (cafés W uniquement) | 16/18 | 10 % | 0,5 % |
| A | 16 | 10 % | 0,5 % |
| B | 14 | 15 % | 1,5 % |
| PB (Caracoli) | Caracoli | 5 % | 0,25 % de corps étrangers |
Pour tous ces types : aucun corps étranger ni gros défaut toléré. Autres appellations : TT (triage gros grains), T (grains moyens), Stocklot (non trié). Le nom de la région est souvent mis en avant dans la désignation.
L'histoire
Le café n'entre au Burundi qu'au XXe siècle. La fiche date l'introduction des années 1930, sous administration belge du Ruanda-Urundi.
Le recensement mondial des exportations dressé par Ukers en 1922 le confirme, et il le confirme par une absence. Ukers donne une ligne pour l'Ouganda, 9 999 845 livres en 1918. Une pour le Congo belge, 347 588 livres en 1919. Aucune pour le Ruanda-Urundi. Un territoire qui ne figure pas dans un tableau d'exportateurs n'exporte rien, autrement dit ne produit pas encore.
Le matériel végétal du pays est celui des missions des Grands Lacs, et deux lignées le composent. Le Mibirizi d'abord, une sélection de type Typica faite par les missionnaires du Rwanda dans les années 1930. Le Bourbon Mayaguez 139 ensuite, introduit au Rwanda et au Burundi à la même époque depuis la station de Mayagüez, à Porto Rico.
Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs) ; World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Mibirizi et Bourbon Mayaguez 139- L'histoire récente du pays est d'abord une histoire de cours. Les quotas d'exportation de l'Accord international de 1962 s'effondrent en juillet 1989, quand les membres ne renouvellent pas les clauses économiques
- entre 1997 et 2001, le prix indicatif de l'Organisation internationale du café tombe au tiers de sa valeur
- soit les prix réels les plus bas depuis 1900. Pour une économie où le café est la première exportation et où l'État vivait de la marge entre le prix mondial et le prix payé au planteur, ces deux dates pèsent plus lourd que n'importe quelle innovation agronomique.
Aujourd'hui
Le volume affiché en tête de fiche, 112 000 sacs, est celui de la fiche elle-même, d'après les statistiques ICO 2009. Il sert d'ordre de grandeur et rien de plus, parce qu'aucun chiffre plus récent n'a pu être sourcé ici.
Ce petit volume repose sur une population considérable. La caféiculture occupe plus de 800 000 ménages, sur des parcelles de quelques centaines de caféiers chacune. Beaucoup de familles, très peu de café par famille : c'est la structure agraire du pays, pas un accident de récolte.
L'arabica occupe l'altitude, entre 1 250 et 2 000 mètres, et le canephora se tient plus bas. On cultive presque sans intrants chimiques.
Les variétés déclarées sont le Bourbon et le Blue Mountain. Le traitement est la voie humide et la voie semi-humide. Les deux dépulpent la cerise avant de sécher le grain, mais la seconde laisse une part du mucilage collée à la parche. Le séchage se fait au soleil.
Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026La stratégie de sortie de crise est celle de la qualité : label Ngoma, ventes hebdomadaires aux enchères sur échantillons, récolte manuelle et sélective. C'est le même choix que celui du Rwanda voisin, fait à peu près au même moment et sur le même matériel Bourbon.
Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026Zones d'ombre
- La date d'introduction, « les années 1930 », vient de la fiche et n'a pas été recoupée sur une source primaire.
- Aucun volume de production postérieur à 2009 n'a pu être sourcé pour ce pays.
- La part exacte du canephora dans la production burundaise n'est pas établie par les sources disponibles.
- Le « Blue Mountain » cultivé au Burundi n'est rattaché par aucune source consultée au Typica jamaïcain du même nom.















