PXL Roasters
  • La chronique
  • Planche V

    Les origines

    Trente-deux pays producteurs, fiche par fiche : ce qu'on y cultive, à quelle altitude, comment on le traite et comment chaque pays classe ses cafés. Les fiches sont celles de Marco De Sousa Rosa (Fiches Pays, 2026) ; les volumes de production en tête de fiche sont ceux qu'elles citent, statistiques ICO 2009, et servent d'ordre de grandeur ; un volume récent sourcé est ajouté là où il a pu l'être.

    Une main ridée se referme sur des cerises rouges accrochées à une branche de caféier.
    Main âgée cueillant des cerises au BrésilNicole Queiroz, Licence Pexels

    01Afrique

    Afrique

    02Burundi

    112 000 sacs (ICO 2009)

    Le Burundi fait partie de ces petits pays dont on parle peu, et qui vivent pourtant du café bien plus intensément qu'on ne l'imagine. Introduite dans les années 1930, la caféiculture y occupe aujourd'hui plus de 800 000 ménages (l'essentiel de la population rurale) sur de minuscules parcelles de quelques centaines de caféiers.

    On y cultive surtout de l'Arabica doux d'altitude, entre 1 250 et 2 000 mètres, avec un peu de Canephora plus bas. Presque sans intrants chimiques, et en misant sur la voie humide. Depuis quelques années, le pays cherche à se distinguer par la qualité, avec son label « Ngoma » et des ventes hebdomadaires aux enchères, sur échantillons.

    Caractéristiques de production
    Espèces botaniques
    Arabica (96 %), Canephora (4 %)
    Altitude
    800 à 1 000 m (Canephora) ; 1 000 à 2 000 m (Arabica)
    Ombrage
    Arbres forestiers et fruitiers
    Récolte
    Manuelle et sélective
    Traitement
    Voie humide et semi-humide ; séchage naturel au soleil
    Triage
    Densimétrique
    Période de récolte
    Avril à juillet
    Conditionnement
    Sac de 60 kg
    Classification des cafés

    Le laboratoire de l'Office du Café du Burundi (OCIBU) classe les cafés selon le mode de traitement, puis le nombre de défauts et la granulométrie.

    Le traitement

    Fully Washed (FW) : entièrement lavé ; Washed (W) : lavé.

    Type : défauts et calibre

    TypeCribleDéfauts maxGrains cassés max
    Ngoma Mild184 %0,15 %
    AA187 %0,15 %
    AB (cafés W uniquement)16/1810 %0,5 %
    A1610 %0,5 %
    B1415 %1,5 %
    PB (Caracoli)Caracoli5 %0,25 % de corps étrangers

    Pour tous ces types : aucun corps étranger ni gros défaut toléré. Autres appellations : TT (triage gros grains), T (grains moyens), Stocklot (non trié). Le nom de la région est souvent mis en avant dans la désignation.

    Histoire et aujourd'hui

    L'histoire

    Le café n'entre au Burundi qu'au XXe siècle. La fiche date l'introduction des années 1930, sous administration belge du Ruanda-Urundi.

    Le recensement mondial des exportations dressé par Ukers en 1922 le confirme, et il le confirme par une absence. Ukers donne une ligne pour l'Ouganda, 9 999 845 livres en 1918. Une pour le Congo belge, 347 588 livres en 1919. Aucune pour le Ruanda-Urundi. Un territoire qui ne figure pas dans un tableau d'exportateurs n'exporte rien, autrement dit ne produit pas encore.

    Le matériel végétal du pays est celui des missions des Grands Lacs, et deux lignées le composent. Le Mibirizi d'abord, une sélection de type Typica faite par les missionnaires du Rwanda dans les années 1930. Le Bourbon Mayaguez 139 ensuite, introduit au Rwanda et au Burundi à la même époque depuis la station de Mayagüez, à Porto Rico.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs) ; World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Mibirizi et Bourbon Mayaguez 139
    • L'histoire récente du pays est d'abord une histoire de cours. Les quotas d'exportation de l'Accord international de 1962 s'effondrent en juillet 1989, quand les membres ne renouvellent pas les clauses économiques
    • entre 1997 et 2001, le prix indicatif de l'Organisation internationale du café tombe au tiers de sa valeur
    • soit les prix réels les plus bas depuis 1900. Pour une économie où le café est la première exportation et où l'État vivait de la marge entre le prix mondial et le prix payé au planteur, ces deux dates pèsent plus lourd que n'importe quelle innovation agronomique.
    McCook, Coffee Is Not Forever (2019) ; ICO, prix indicatif 1997-2001 ; LC ch. 19

    Aujourd'hui

    Le volume affiché en tête de fiche, 112 000 sacs, est celui de la fiche elle-même, d'après les statistiques ICO 2009. Il sert d'ordre de grandeur et rien de plus, parce qu'aucun chiffre plus récent n'a pu être sourcé ici.

    Ce petit volume repose sur une population considérable. La caféiculture occupe plus de 800 000 ménages, sur des parcelles de quelques centaines de caféiers chacune. Beaucoup de familles, très peu de café par famille : c'est la structure agraire du pays, pas un accident de récolte.

    L'arabica occupe l'altitude, entre 1 250 et 2 000 mètres, et le canephora se tient plus bas. On cultive presque sans intrants chimiques.

    Les variétés déclarées sont le Bourbon et le Blue Mountain. Le traitement est la voie humide et la voie semi-humide. Les deux dépulpent la cerise avant de sécher le grain, mais la seconde laisse une part du mucilage collée à la parche. Le séchage se fait au soleil.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    La stratégie de sortie de crise est celle de la qualité : label Ngoma, ventes hebdomadaires aux enchères sur échantillons, récolte manuelle et sélective. C'est le même choix que celui du Rwanda voisin, fait à peu près au même moment et sur le même matériel Bourbon.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Zones d'ombre

    • La date d'introduction, « les années 1930 », vient de la fiche et n'a pas été recoupée sur une source primaire.
    • Aucun volume de production postérieur à 2009 n'a pu être sourcé pour ce pays.
    • La part exacte du canephora dans la production burundaise n'est pas établie par les sources disponibles.
    • Le « Blue Mountain » cultivé au Burundi n'est rattaché par aucune source consultée au Typica jamaïcain du même nom.
    Afrique

    03Cameroun

    690 000 sacs (ICO 2009)

    Le café camerounais tient en grande partie au Canephora, qui représente environ 85 % de la production. L'Arabica, lui, s'est réfugié dans les montagnes de l'Ouest et du Nord, là où les sols volcaniques, noirs et riches, lui conviennent mieux. Les premiers plants remontent à 1905, mais la filière n'a vraiment pris qu'à la fin des années 1920.

    Ici, on cultive en famille, sur de petites surfaces, entre les arbres d'ombrage et les cultures vivrières. Les rendements restent modestes, et ces cafés partent souvent en assemblage, comme beaucoup de cafés d'Afrique de l'Ouest. La longue crise mondiale du café a laissé des traces ; en réponse, les producteurs se sont peu à peu regroupés en coopératives.

    Caractéristiques de production
    Espèces botaniques
    Arabica (15 %), Canephora (85 %)
    Variétés
    Arabica : Blue Mountain ; Canephora : Java
    Altitude
    1 000 à 2 200 m (Arabica) ; 800 à 1 000 m (Canephora)
    Ombrage
    Arbres forestiers et fruitiers
    Récolte
    Canephora : manuelle non sélective (nov.-fév.) ; Arabica : manuelle sélective (sept.-fév.)
    Traitement
    Canephora : voie sèche ; Arabica : voie humide (principalement)
    Triage
    Canephora : mécanique ; Arabica : manuel et électronique
    Période de récolte
    Canephora : nov. à fév. ; Arabica : sept. à janv.
    Conditionnement
    Sac de 60 kg
    Classification des cafés

    Arabica : par grade

    L'arabica camerounais se range en 6 grades, notés d'une lettre de A à F. Chaque lettre dit deux choses à la fois. Un calibre, détaillé dans le tableau ci-dessous. Et une classe de propreté, qui se compte en défauts.

    Le comptage des défauts se fait toujours sur un échantillon de 300 g, ce qui permet de comparer un lot à un autre. Les grades A, B, C et E relèvent du classement Prima, plafonné à 15 défauts. Le D est Supérieur, à 30 défauts. Le F est Courant, à 60 défauts.

    GradeDétail
    A70 % retenu crible 18, 30 % crible 17
    B70 % crible 17, 30 % crible 16
    CFèves Caracoli uniquement (un seul grain par cerise, forme arrondie)
    D70 % crible 16, 30 % crible 15
    EFèves Éléphant uniquement (grosses fèves déformées)
    F70 % crible 15, 30 % crible 14

    Canephora : nombre de défauts

    ClassementDéfauts max
    Extra Prima15
    Prima30
    Supérieur60
    Courant120
    Limite180

    Canephora : taille du grain

    GradeCrible
    Gros grains18/20 (crible 18 et +, max 1 % retenu crible 16)
    Grade 116/18 (30 % retenu crible 18)
    Grade 214/16 (30 % retenu crible 16)
    Grade 310 (30 % retenu crible 14)

    Il existe aussi des lots bas de gamme : « triages » et « brisures ».

    Histoire et aujourd'hui

    L'histoire

    Les premiers plants dateraient de 1905, mais la filière ne prend qu'à la fin des années 1920. Ukers, en 1922, ne donne pas de ligne pour le Cameroun dans son tableau mondial des exportations : la production y est encore négligeable à l'échelle du commerce. Le pays a en revanche donné son nom à un épisode phytosanitaire : en 1933, on y identifie une seconde rouille du caféier, distincte d'Hemileia vastatrix.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs) ; LC ch. 13

    Le Cameroun a aussi joué un rôle dans la circulation des variétés, et ce rôle tient à une seule lignée.

    Elle s'appelle Java. C'est une landrace éthiopienne, passée par l'île de Java dans les années 1920 avant d'arriver au Cameroun.

    La recherche française l'y sélectionne en 1980, et pour une raison précise : sa tolérance à l'anthracnose des baies. Un caféier qui encaisse ce champignon intéresse tous les pays où il sévit. Java est donc diffusée au Nicaragua, au Costa Rica et au Panama.

    Malgré son nom, elle n'a rien à voir avec le Typica de Java. Le nom garde la trace d'une étape du voyage, pas d'une parenté.

    World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiche Java ; LC ch. 8

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 690 000 sacs, est celui de la fiche (ICO 2009). Le canephora représente environ 85 % de la production, sur les terres basses, en voie sèche et récolte manuelle non sélective de novembre à février ; l'arabica s'est replié sur les sols volcaniques de l'Ouest et du Nord, entre 1 000 et 2 200 mètres, en voie humide et cueillette sélective de septembre à février. La culture est familiale, en petites surfaces, sous arbres d'ombrage et mêlée aux cultures vivrières, avec des rendements modestes ; une grande partie du café part en assemblage.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    La longue crise des prix a laissé des traces dans la filière camerounaise, et la réponse a été le regroupement progressif des producteurs en coopératives. C'est le schéma commun à l'Afrique de l'Ouest canephora après l'effondrement des quotas de 1989.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; McCook, Coffee Is Not Forever (2019) ; ICO, prix indicatif 1997-2001 ; LC ch. 19

    Zones d'ombre

    • La date de 1905 vient de la fiche ; aucune source primaire consultée ici ne la confirme.
    • La fiche donne « Canephora : Java » comme variété : le nom Java désigne pourtant, dans le catalogue des variétés, un arabica d'origine éthiopienne. L'ambiguïté n'est pas levée.
    • Aucun chiffre de production postérieur à 2009 n'a pu être sourcé pour le Cameroun.
    • Les institutions actuelles de la filière camerounaise ne sont documentées par aucune des sources du corpus.
    Afrique

    04Congo (RD)

    425 000 sacs (ICO 2009)

    La République démocratique du Congo cultive son Arabica à l'Est, le long du grand rift est-africain. Cet Est-là tient en trois traits : la montagne, les grands lacs, les terroirs volcaniques.

    Toute cette zone porte un nom qui revient souvent chez les amateurs : le « Kivu ». À l'intérieur du Kivu, un terroir est plus renommé que les autres, et on l'appelle « Bord Lac ».

    Le potentiel est là, réel, mais il se heurte à une réalité plus difficile : l'instabilité politique et le manque d'infrastructures routières freinent les exportations. Il n'est pas rare que des sacs restent stockés longtemps avant de pouvoir être embarqués.

    Caractéristiques de production
    Espèces botaniques
    Arabica, Canephora
    Variétés
    Bourbon, Jackson, Kent
    Altitude
    1 500 à 2 000 m
    Ombrage
    Arbres forestiers et plantes associées
    Récolte
    Manuelle
    Traitement
    Voie humide
    Triage
    Manuel
    Période de récolte
    Principalejanv. à avril ; seconde : mai à sept.
    Conditionnement
    Sac de 60 kg
    Classification des cafés

    Pour l'Arabica lavé, la classification officielle repose sur la qualité de préparation (crible + nombre de défauts), déclinée en niveaux « Kivu ».

    GradeCouleur des grainsCriblage / défauts
    Kivu 3Vert à bleu-vert54 % min. > crible 17 ; 20 % max < 16. Défauts mineurs rares, aucun majeur
    Kivu 4Vert, légers reflets marronMême criblage. Quelques défauts mineurs (scolytés, immatures), aucun majeur
    Kivu 5Gris-vertMême criblage. Nombreux défauts mineurs (cassés, brisures, coquilles…)
    Kivu 6HétérogènePas de criblage, nombreux grains défectueux
    Kivu 7Très hétérogènePas de criblage, triages

    Le grade ne dit que la qualité de préparation. Il ne dit rien de l'endroit d'où sort le lot, et c'est pour cela que le nom de la zone est souvent ajouté à la désignation.

    On lit donc « RD Congo – Kivu 4 Bord Lac », ou « … Buttembo ». Le chiffre renseigne l'acheteur sur les défauts, le nom de zone sur le terroir.

    Histoire et aujourd'hui

    L'histoire

    Le Congo est le pays d'origine du canephora. Il est pourtant venu tard à la caféiculture d'exportation, et l'écart entre ces deux faits mérite d'être regardé.

    Ukers, en 1922, ne lui attribue que 347 588 livres exportées en 1919. Au même tableau, l'Ouganda pèse près de dix millions de livres et le Kenya plus de dix-huit. À l'échelle du commerce mondial, le Congo belge n'est alors qu'une marge.

    Abriter une espèce et la vendre sont deux choses différentes. La première tient à la botanique, la seconde à des routes et à des débouchés.

    Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs), p. 291

    Son rôle est ailleurs : dans la sélection. La station de Yangambi, fondée en 1927, et celle de Lula ont produit entre 1930 et 1960 les lignées d'élite INEAC et Lula.

    Ce que ces lignées apportaient tient dans un chiffre. Coste rapporte en 1955 des rendements de 1 000 à 1 800 kilos à l'hectare. Un rendement pareil voyage, et c'est pourquoi ces clones sont la souche de nombreux canephora cultivés hors d'Afrique.

    Le même Coste cite les essais de Nioka, dans l'est du pays, pour l'excelsa : 400 à 1 000 kilos à l'hectare. L'écart avec Yangambi est net, et il pèse dans le choix d'un planteur.

    Coste, Les caféiers et les cafés dans le monde (1955) ; World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiche clones INEAC / Lula ; LC ch. 1 et 14

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 425 000 sacs, est celui de la fiche, d'après les statistiques ICO 2009.

    L'arabica se cultive à l'Est, le long du rift, entre 1 500 et 2 000 mètres. La fiche déclare trois variétés : le Bourbon, le Jackson et le Kent. La récolte se fait à la main, le traitement en voie humide.

    Le nom de terroir qui circule chez les acheteurs est le Kivu, et à l'intérieur du Kivu, le Bord Lac.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Le frein n'est pas agronomique. L'instabilité politique et l'absence d'infrastructures routières retardent les exportations, au point que des lots restent stockés longtemps avant d'être embarqués : un facteur de dégradation du café vert que la qualité du terroir ne compense pas.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Zones d'ombre

    • La date d'introduction du café cultivé au Congo n'est donnée par aucune source consultée.
    • Aucun volume de production postérieur à 2009 n'a pu être sourcé.
    • La répartition actuelle entre arabica du Kivu et canephora des basses terres n'est pas chiffrée par les sources disponibles.
    • Les rendements des clones de Yangambi cités par Coste datent des années 1950 et ne disent rien des vergers actuels.
    Afrique

    05Côte d'Ivoire

    1 850 000 sacs (ICO 2009)

    La Côte d'Ivoire a longtemps été le premier producteur mondial de Canephora. Ce n'est plus le cas : les producteurs se sont tournés vers des cultures jugées plus rentables (cacao, riz, hévéa) et l'essor asiatique a fait le reste. Le pays est aujourd'hui au 4e rang mondial du Canephora.

    Près de 300 000 familles cultivent encore le café, réunies en coopératives, mais les vergers vieillissent : une bonne partie des caféiers a passé les vingt-cinq ans, sans être remplacée. Un programme national tente de relancer la filière, en replantant et en travaillant la qualité.

    Caractéristiques de production
    Espèce botanique
    Canephora
    Variétés
    Kouillou, Niaouli, Conillon, Petit Indénié
    Altitude
    100 à 400 m
    Nature des sols
    Argileux-siliceux
    Ombrage
    Arbres fruitiers et forestiers
    Récolte
    Manuelle non sélective
    Traitement
    Voie sèche exclusivement
    Préparation
    Électronique
    Période de récolte
    Novembre à avril
    Conditionnement
    Sac de 60 kg
    Classification des cafés

    Les critères officiels sont le nombre de défauts et la taille des grains, regroupés sous une notion de grade.

    GradeCribleDéfauts max
    Grade 116/1860
    Grade 214/1690
    Grade 312/14120
    Grade 410/12Non spécifié
    Histoire et aujourd'hui

    L'histoire

    En 1918, la Côte d'Ivoire exportait 66 358 livres de café. C'est dérisoire, à côté des dix millions et demi de l'Angola.

    Tout s'est joué après, et la bascule tient à une plante. Le canephora du groupe guinéen est planté avec succès dès les années 1920 en Côte d'Ivoire et à Madagascar. On l'appelle Kouilou, du nom d'une rivière du Gabon où l'espèce pousse à l'état sauvage.

    De ce succès sort le rang que le pays tiendra longtemps : premier producteur mondial de canephora.

    Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs), p. 291 ; World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiche Kouilou Niaouli / Petit Indénié

    La Côte d'Ivoire est aussi l'un des rares terrains où l'on a chiffré le comportement du caféier. Roland Portères y a mesuré l'effet du vent sur la plante, et le délai de réaction du caféier à une pluie ; ces mesures ivoiriennes restent parmi les données agronomiques les plus citées sur l'espèce. Le pays a par ailleurs reçu le liberica en 1932, et il conserve des relevés anciens sur la répartition du stenophylla, espèce longtemps donnée pour disparue.

    Portères, cité par Coste 1955 ; LC ch. 2 et 4

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 1 850 000 sacs, est celui de la fiche (ICO 2009). Le pays n'est plus premier : il est passé au quatrième rang mondial du canephora, les producteurs s'étant tournés vers le cacao, le riz et l'hévéa, jugés plus rentables, pendant que l'Asie prenait la place. Près de 300 000 familles cultivent encore le café, en coopératives, entre 100 et 400 mètres, en récolte manuelle non sélective et en voie sèche exclusive.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Le problème central est l'âge du verger : une bonne partie des caféiers a dépassé vingt-cinq ans sans avoir été remplacée. Un programme national de replantation et de travail sur la qualité tente de relancer la filière.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Zones d'ombre

    • L'année où la Côte d'Ivoire a perdu son rang de premier producteur mondial de canephora n'est pas établie par les sources consultées.
    • Aucun volume de production postérieur à 2009 n'a pu être sourcé.
    • Le détail du programme national de replantation (dates, surfaces, financement) n'est documenté par aucune source du corpus.
    • Les variétés citées par la fiche (Kouillou, Niaouli, Conillon, Petit Indénié) sont des noms commerciaux de populations de canephora, dont le contour génétique exact n'est pas fixé.
    Afrique

    06Éthiopie

    4 500 000 sacs

    Berceau du café, l'Éthiopie ne cultive que de l'Arabica, entre 1 500 et 2 300 mètres. On appelle ces cafés « les Moka », en souvenir du port de Mocha d'où ils partaient autrefois. Derrière ce nom se cache en réalité une grande diversité de crus, selon la région et le mode de traitement.

    Le café reste central dans l'économie du pays : 5e producteur mondial, une part importante de la production exportée. Environ 80 % des cafés sont naturels, séchés par voie sèche. Fait notable, presque aucun intrant chimique n'est utilisé, le pays pourrait prétendre au bio, mais la certification est jugée trop coûteuse.

    Quant à l'origine du café, une légende l'attribue à un berger, Kaldi, intrigué par ses chèvres devenues bien vives après avoir mangé quelques graines.

    Caractéristiques de production
    Espèce botanique
    Arabica
    Variétés
    Moka et ses dérivés, selon l'altitude et le terroir
    Altitude
    1 500 à 2 300 m
    Ombrage
    Arbres forestiers et fruitiers
    Récolte
    Manuelle et sélective
    Traitement
    Voie humide et voie sèche
    Triage
    Manuel
    Période de récolte
    Octobre à avril et août à décembre
    Conditionnement
    Sac de 60 kg

    Volume récent 11,6 millions de sacs en 2025-2026, record (7,0 selon l'ICO pour 2024-2025 : les définitions d'année et de périmètre diffèrent)USDA FAS, juin 2025 ; ICO, rapports 2024-2025

    Classification des cafés

    Les « Moka » d'Éthiopie sont décrits par deux éléments : le « cru » et le nombre de défauts.

    Le « cru »

    Le cru se définit par deux choses à la fois : la région de production et le mode de traitement. Une même région donne donc plusieurs crus, selon qu'on lave la cerise ou qu'on la sèche entière.

    Le Kaffa en est l'exemple. On y trouve des Moka lavés, désignés « Moka Limu », et des Moka séchés, désignés « Moka Djimmah ». Le nom de vente porte ainsi ce que le grade ne dit pas : le grade compte les défauts, le cru dit d'où vient le café et comment il a été préparé.

    Le nombre de défauts (échantillon de 300 g)

    GradeNombre de défauts
    Grade 10 à 3
    Grade 24 à 12
    Grade 313 à 25
    Grade 420 à 45
    Grade 546 à 100
    Grade 6101 à 153
    Grade 7154 à 340
    Grade 8plus de 340

    L'exportation des deux derniers grades (7 et 8) est interdite.

    Histoire et aujourd'hui
    Caféiers sauvages du Kaffa, près d'Addis-Abeba
    Caféiers sauvages du Kaffa, près d'Addis-Abeba

    L'histoire

    L'Éthiopie est le berceau de l'espèce, et la seule origine où l'arabica pousse à l'état sauvage. Il en découle une particularité qu'aucun autre pays ne partage : on y récolte du café que personne n'a planté.

    Ukers, en 1922, distingue déjà deux cafés éthiopiens, et il les sépare justement sur ce point. Le Harari vient d'arbres cultivés, dans la province de Harar. L'Abyssinian, ou Kaffa, vient d'arbres sauvages, dans les provinces de Sidamo, Kaffa et Guma.

    Il décrit des forêts immenses où les habitants ramassent les grains tombés. La récolte annuelle moyenne de ce café sauvage tourne autour de 6 000 sacs.

    Restait à sortir ce café du pays, et l'itinéraire dit l'effort que cela demandait : à dos de mulet jusqu'à Dire-Daoua, puis par rail jusqu'à Djibouti.

    Ukers 1922, ch. XX, p. 216-244, p. 240-241

    Légende · L'origine du café est attribuée à un berger, Kaldi, dont les chèvres se seraient mises à danser après avoir brouté des baies rouges. Ukers la range parmi les récits légendaires, et le traité historique annexé à La Roque, traduit en 1732, la démontait déjà.

    Ukers 1922, ch. II-III et chronologie p. 725 (« légende ») ; La Roque, Voyage de l'Arabie heureuse (1716, trad. 1732) ; LC ch. 5

    Le matériel génétique éthiopien a irrigué le monde deux fois, et les deux passages n'ont rien de comparable.

    Le premier passe par le Yémen. C'est de là que sortent les deux fondateurs, le Typica et le Bourbon, c'est-à-dire les souches dont descendent la plupart des variétés cultivées.

    Le second est délibéré : on va chercher en Éthiopie de quoi nourrir des programmes de sélection. Une mission britannique prélève en 1931 des graines sauvages pour les programmes du Kenya, de l'Ouganda et du Tanganyika. Dans ce lot figure une accession étiquetée Geisha.

    Les collectes suivantes sont institutionnelles. La FAO passe en 1964-1965, l'ORSTOM en 1966, et elles rapportent les accessions Agaro, Dilla, Gimma et Kaffa. Ces quatre noms alimentent encore les programmes de sélection, ce qui fait de l'Éthiopie un fournisseur de gènes autant qu'un pays producteur.

    World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Geisha et Accessions FAO 1964-65 / ORSTOM 1966 ; LC ch. 3 et 8

    Aujourd'hui

    Le pays ne cultive que de l'arabica, entre 1 500 et 2 300 mètres, en voie sèche pour environ 80 % des lots. Le nom commercial reste « Moka », en souvenir du port yéménite d'où ces cafés partaient. Presque aucun intrant chimique n'est employé : le pays pourrait prétendre au bio, mais la certification est jugée trop coûteuse. Les variétés sont les populations locales et les sélections du programme national de Jimma, le JARC, qui a diffusé depuis 1967 des lignées numérotées (74110, 74112, 74158) puis des sélections nommées comme Sende et Limu 1.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches JARC ; LC ch. 8

    Le commerce intérieur a été refondu en avril 2008 par la création de l'Ethiopian Commodity Exchange, première bourse de matières premières d'Afrique, sous la direction d'Eleni Gabre-Madhin.

    Une bourse fonctionne en rendant les lots interchangeables : on y achète un grade et une région, pas une ferme. C'est exactement ce que les acheteurs de café de spécialité lui ont reproché. En effaçant la traçabilité au niveau de la ferme, l'ECX effaçait aussi le moyen de payer plus cher un producteur identifié.

    L'ECX a ouvert une filière directe, puis, à partir de 2017, une licence de spécialité directe qui préserve la traçabilité.

    Un épisode antérieur avait montré ce qui se jouait. En 2007, après un conflit sur les marques Sidamo, Harar et Yirgacheffe déposées par l'Éthiopie, Starbucks signe un accord de licence avec Addis-Abeba. Le nom d'une origine vaut quelque chose, et c'est pour cela qu'on se bat pour savoir de quelle ferme sort un sac.

    Perfect Daily Grind, What Is The Ethiopian Commodity Exchange ?, octobre 2020 ; Collaborative Coffee Source, Changes to the Ethiopian Commodities Exchange, avril 2018 ; LC ch. 19

    Zones d'ombre

    • Les chiffres de production éthiopiens divergent selon la source et la définition d'année : l'USDA annonce 11,6 millions de sacs pour 2025-2026, l'ICO 7,0 millions pour 2024-2025. Les deux ne mesurent pas la même chose.
    • La part exactement sauvage, semi-forestière et cultivée de la production éthiopienne n'est pas établie de façon stable.
    • Le nombre de variétés distinctes cultivées en Éthiopie est inconnu : les vergers sont des populations, pas des lignées.
    • L'effet net de l'ECX sur le revenu des producteurs n'est pas tranché par les sources consultées.
    Afrique

    07Kenya

    667 000 sacs (ICO 2009)

    Le Kenya est voisin de l'Éthiopie, et pourtant il s'est mis au café tardivement, à la toute fin du 19e siècle. Ce qui le distingue, ce n'est pas l'ancienneté, mais l'organisation : peu de pays ont structuré leur filière aussi rigoureusement, jusqu'à intégrer la qualité en tasse dans la sélection des meilleurs lots.

    Un tiers des plantations appartient à de grands propriétaires ; le reste se partage entre une multitude de petits producteurs réunis en coopératives. Les cafés sont surtout lavés, et la vente se fait par échantillons, via la bourse de Nairobi.

    Caractéristiques de production
    Espèce botanique
    Arabica
    Variétés
    Bourbon, Ruiru 11, etc.
    Altitude
    1 400 à 2 100 m
    Nature des sols
    Volcanique
    Ombrage
    Variable selon les plantations
    Récolte
    Manuelle et sélective
    Traitement
    Voie humide (principalement) et voie sèche
    Triage
    Mécanique et manuel
    Période de récolte
    Octobre à mars
    Conditionnement
    Sac de 60 kg
    Classification des cafés

    Arabica lavé : par granulométrie

    GradeDescription
    ETriage exclusif des fèves « Éléphant »
    AACrible 17/18
    ABCrible 15/16
    PBTriage exclusif des fèves « Caracoli »
    CCrible inférieur au 12
    TTGrains légers
    TGrains les plus petits et fins, souvent aplatis, cassés ou défectueux

    Qualité de la tasse

    Ancienne notation de 1 (meilleure) à 10. Aujourd'hui seule la mention FAQ (Fair to Average Quality) reste courante, avec un « FAQ+ » pour les meilleurs lots. Les cafés de la récolte principale sont considérés comme supérieurs à ceux de la récolte intermédiaire.

    Arabica nature

    GradeDescription
    MH / MLNon lavé et non récolté à la main (cerises ramassées au sol). ~7 % de la récolte, qualité médiocre
    M'buniEnsemble des grains écartés des autres lots
    Histoire et aujourd'hui

    L'histoire

    Le café arrive tard : Ukers date de 1901 l'introduction de la culture en Afrique orientale britannique, c'est-à-dire la colonie qui deviendra le Kenya. Le matériel vient de La Réunion.

    La montée est ensuite rapide. En 1918, la colonie exporte déjà 18 735 572 livres, le plus gros chiffre africain du tableau d'Ukers. Un officier britannique en tire une prédiction en 1920 : l'Afrique orientale britannique « va devenir l'un des grands pays du café ».

    • Une autre voie d'introduction existe, et ce sont les variétés qui la trahissent. On trouve au Kenya la French Mission
    • un Bourbon apporté par les missionnaires spiritains. Cette arrivée-là précède 1901, mais aucune date primaire ne permet de la situer.Ukers
    • All About Coffee (1922), ch. II, p. 5-10
    • Ukers 1922, ch. XX, p. 216-244, p. 243
    • Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs), p. 291, World Coffee Research
    • Coffee Varieties Catalog 2025, fiche French Mission
    Ukers, All About Coffee (1922), ch. II, p. 5-10 ; Ukers 1922, ch. XX, p. 216-244, p. 243 ; Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs), p. 291 ; World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiche French Mission
    • La caféiculture kenyane a d'abord été un monopole colonial. Le plan Swynnerton de 1954 autorise enfin les paysans africains à cultiver le café
    • réservé depuis 1900 aux colons européens, dix ans plus tard, ils en produisent la majorité. Entre-temps
    • les Scott Agricultural Laboratories ont sélectionné en 1931-1935 le SL28, à partir d'un arbre de la lignée Tanganyika Drought Resistant
    • puis en 1935-1939 le SL34
    • 1936et R. H. Walker le K7
    Swynnerton, A Plan to Intensify the Development of African Agriculture in Kenya (1954) ; Pendergrast 1999, ch. 13 ; World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches SL28, SL34, K7

    L'épidémie d'anthracnose des baies de 1971 détruit une part de la récolte kenyane. Le nom de la maladie dit l'essentiel : elle frappe les cerises, donc directement ce qui se vend.

    La Coffee Research Foundation répond par la sélection. Elle construit le Ruiru 11, hybride F1 composite diffusé en 1985.

    Un hybride F1 croise deux parents très différents, ce qui lui donne une vigueur remarquable. Mais ses graines ségrègent : semées, elles ne redonnent pas le même arbre. Il faut donc le multiplier par clonage, pas par semis.

    • Vient ensuite le Batian, variété composite haute diffusée en 2010 par la CRF devenue entre-temps KALRO. Son intérêt n'est pas seulement sanitaire : sa tasse se rapproche de celle des SL. C'est ce qui compte dans un pays dont la réputation en tasse repose sur ces lignées.McCook 2019
    • World Coffee ResearchCoffee Varieties Catalog 2025, fiches Ruiru 11 et Batian
    • LC ch. 15
    McCook 2019 ; World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Ruiru 11 et Batian ; LC ch. 15

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 667 000 sacs, est celui de la fiche (ICO 2009). Les cafés sont surtout lavés, entre 1 400 et 2 100 mètres, en récolte manuelle et sélective. La particularité kenyane est le double lavage prolongé, souvent présenté comme une fermentation longue alors qu'il s'agit d'abord d'un lavage et d'un trempage à l'eau claire. Un tiers des plantations appartient à de grands propriétaires, le reste à une multitude de petits producteurs en coopératives ; la vente se fait sur échantillons via la bourse de Nairobi, et la qualité en tasse entre dans la sélection des meilleurs lots.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; LC ch. 17b

    Zones d'ombre

    • La date de 1901 est celle d'Ukers pour l'Afrique orientale britannique ; l'arrivée par les missions spiritaines est plus ancienne, sans date primaire disponible ici.
    • Aucun volume de production kenyan postérieur à 2009 n'a pu être sourcé.
    • La part actuelle des SL28 et SL34 dans le verger, face au Ruiru 11 et au Batian, n'est pas chiffrée par les sources consultées.
    • Le mécanisme exact par lequel le double lavage kenyan agit sur la tasse n'est pas établi.
    Afrique

    08Madagascar

    452 000 sacs (ICO 2009)

    Sur la « grande île », le café se répartit entre deux mondes : l'Arabica des Hauts Plateaux, minoritaire, et le Canephora de la côte Est, très largement dominant. Ce sont les colons réunionnais qui l'ont introduit, avant que les paysans malgaches ne l'adoptent à leur tour, au milieu du 20e siècle.

    Le café compte pour l'économie, mais il vient après la vanille, les litchis et les crustacés. Longtemps grand nom du Canephora, Madagascar a reculé derrière d'autres origines après une baisse de qualité. Quelques plantations d'Arabica ont depuis choisi la voie de la certification biologique.

    Caractéristiques de production
    Espèces botaniques
    Arabica, Canephora
    Altitude
    800 à 1 500 m
    Ombrage
    Arbres fruitiers
    Récolte
    Manuelle (picking ou stripping)
    Traitement
    Voie sèche et voie humide
    Triage
    Manuel
    Période de récolte
    Arabica : juin à sept. ; Canephora : mai à oct.
    Conditionnement
    Sac de 60 kg
    Classification des cafés

    La classification existe mais n'est pas systématiquement utilisée : le pays produit surtout du Canephora, et les Arabica se vendent souvent en « stocklot » (sur échantillon). Deux critères sont pris en compte.

    Le nombre de défauts

    AppellationDéfautsGrains cassés max
    Extra Prima0 à 155
    Prima15 à 305
    Superior30 à 6010
    Standard30 à 12025
    Limite120 à 24040

    Triage même espèce : 2 % max de matière étrangère (parche, coque), 10 % max de grains cassés/coquilles, 10 % max de grains entiers.

    La taille des grains

    GradeCrible
    Gros grains18-20
    Grade 116
    Grade 214
    Grade 312
    Grade 410
    Histoire et aujourd'hui

    L'histoire

    Madagascar exportait 707 676 livres de café en 1918, pour une moyenne quinquennale de 981 047 : une production réelle mais modeste. Le café y aurait été introduit par des colons réunionnais, avant que les paysans malgaches ne l'adoptent au milieu du XXe siècle. Le canephora du groupe guinéen, le Kouilou, y est planté avec succès dès les années 1920, en même temps qu'en Côte d'Ivoire.

    Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs), p. 291 ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiche Kouilou Niaouli

    L'île a par ailleurs un statut botanique à part : elle abrite les Mascarocoffea, dix-huit espèces de caféiers sans caféine, présentes de longue date et sur lesquelles aucune filière n'a jamais été construite. Elles posent la question d'un café naturellement décaféiné, restée sans réponse commerciale.

    LC ch. 4 ; Coste 1955

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 452 000 sacs, est celui de la fiche (ICO 2009). La production se partage entre l'arabica Typica des Hauts Plateaux, minoritaire, et le canephora Kouilou de la côte Est, très largement dominant, entre 800 et 1 500 mètres, en voie sèche et en voie humide, avec une récolte manuelle en picking ou en stripping. Le café compte pour l'économie, mais après la vanille, les litchis et les crustacés.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Longtemps grand nom du canephora, Madagascar a reculé derrière d'autres origines après une baisse de qualité. Quelques plantations d'arabica ont depuis choisi la certification biologique.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Zones d'ombre

    • La date d'introduction du café à Madagascar par les colons réunionnais n'est pas établie par les sources consultées.
    • Aucun volume de production postérieur à 2009 n'a pu être sourcé.
    • La « baisse de qualité » qui a fait reculer le canephora malgache n'est ni datée ni chiffrée par les sources disponibles.
    • Aucune source consultée ne documente d'usage commercial des Mascarocoffea sans caféine.
    Afrique

    09Ouganda

    3 000 000 sacs (ICO 2009)

    En Ouganda, le café se loge dans les reliefs, et c'est l'altitude qui trie les deux espèces. L'Arabica, minoritaire, tient les hauteurs : le Nord-Est autour du mont Elgon, l'Ouest près du Ruwenzori.

    Le Canephora, majoritaire, occupe les terres plus basses autour du lac Victoria. Il y est chez lui, puisque ce bassin est l'habitat naturel de l'espèce. L'Ouganda n'est donc pas seulement un pays producteur de canephora : il en est un foyer d'origine.

    Le pays exporte la quasi-totalité de sa production. Depuis quelques années, il travaille davantage la qualité, notamment à travers les certifications et une association nationale de producteurs qui fédère plusieurs centaines d'organisations de base.

    Caractéristiques de production
    Espèces botaniques
    Arabica (20 %), Canephora (80 %)
    Variétés
    Typica, Kent
    Altitude
    1 300 à 2 300 m (Arabica) ; 900 à 1 500 m (Canephora)
    Ombrage
    Oui
    Récolte
    Manuelle et sélective
    Traitement
    Canephora : voie sèche ; Arabica : voie humide (fermentation 12-36 h)
    Triage
    Densimétrique
    Période de récolte
    Canephora : quasi toute l'année (pic août-avril) ; Arabica : sept. à fév.
    Conditionnement
    Sac de 60 kg

    Volume récent 7,05 millions de sacs en 2024-2025, contre 6,78 l'année précédenteICO / UCDA, année caféière 2024-2025

    Classification des cafés

    Région de production + traitement

    Ex. : Arabica lavé de Bugisu = « Washed Bugisu » ; Arabica nature de Drugar = « Unwashed Drugar ».

    Arabica : granulométrie

    GradeCritères
    AA90 % min > crible 17 ; 2 % max < crible 12
    A10 % max > 17 ; 2 % max < 12
    B10 % max > 16 ; 2 % max < crible 12
    C10 % max > crible 15 ; 5 % max < crible 12
    PB (Caracoli)5 % max > crible 16 ; 2 % < crible 12
    E (Éléphant)85 % min > 19,5 ; 5 % max < 12

    Canephora : granulométrie

    GradeCritères
    Natural92 % min au crible 18 ; 1 % < crible 12
    Standard90 % au crible 17 ; 2 % max < crible 12
    Screen 145 % max > crible 15 ; 10 % max < crible 12
    Screen 1213 % > crible 15 ; 2 % < crible 12
    Histoire et aujourd'hui

    L'histoire

    L'Ouganda n'a pas eu besoin qu'on lui apporte le canephora : il en est un foyer d'origine. Le manuel de l'autorité nationale du café indique que le bassin du lac Victoria est l'habitat natif de l'espèce, et qu'entre 150 et 400 hectares de canephora sauvage subsistent dans les forêts naturelles du bassin et dans les réserves de Kibaale et de Zooka-Adjumani. Les populations locales portent les noms de Nganda, au port étalé, et Erecta, au port dressé.

    UCDA, Robusta Coffee Handbook (2019), ch. 1 ; World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiche Groupe Ougandais
    • Le pays exportait déjà 9 999 845 livres en 1918
    • un rapport britannique de 1919 lui comptait 21 000 acres plantés en café dans le protectorat, plus 16 000 ailleurs. La filière est libéralisée en 1991, encadrée par les règlements de 1994
    • la recherche est centralisée au National Coffee Research Institute de Kituza, dans le district de Mukono, sous la National Agricultural Research Organisation, et l'appui aux producteurs relève de l'Uganda Coffee Development Authority.
    Ukers 1922, ch. XX, p. 216-244, p. 243 ; Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs), p. 291 ; UCDA 2019, préface et §1.1

    Aujourd'hui

    Le café est la première exportation du pays : 492 millions de dollars sur l'exercice 2017-2018, soit 16 % des exportations ougandaises. Environ cinq millions de personnes vivent de la production et des métiers associés.

    Ces deux chiffres se lisent ensemble. Quand le cours mondial bouge, ce ne sont pas seulement des planteurs qui encaissent le coup, ce sont les recettes d'exportation d'un pays entier.

    Sur le terrain, l'altitude commande le partage. L'arabica, minoritaire, occupe le mont Elgon au Nord-Est et le Ruwenzori à l'Ouest, entre 1 300 et 2 300 mètres. On y plante du Typica et du Kent, traités en voie humide, c'est-à-dire dépulpés puis fermentés de 12 à 36 heures avant lavage.

    Le canephora reste plus bas, entre 900 et 1 500 mètres, et part en voie sèche : la cerise entière sèche telle quelle, sans dépulpage ni lavage.UCDA 2019, préface ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    UCDA 2019, préface ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Depuis 2009, la recherche nationale a diffusé dix clones de canephora, les NARO-Kituza Robusta 1 à 10. Tous résistent à la trachéomycose, cette mycose qui bouche les vaisseaux de l'arbre et le fait mourir de soif en sol humide.

    Ce sont des clones et non des semences. On les multiplie végétativement pour que chaque plant soit la copie exacte du pied résistant : un semis, lui, redistribuerait les caractères.

    La feuille de route officielle visait un passage de 4,6 à 20 millions de sacs, avec une extension de 20 % des surfaces. La production réelle s'est établie à 7,05 millions de sacs en 2024-2025.

    • L'écart mesure l'ambition de l'objectif. Aucune source consultée n'explique pourquoi il n'a pas été tenu.UCDA 2019, §1.1 et tableau 1
    • World Coffee ResearchCoffee Varieties Catalog 2025, fiche NARO-Kituza Robusta
    • ICO / UCDAannée caféière 2024-2025
    UCDA 2019, §1.1 et tableau 1 ; World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiche NARO-Kituza Robusta ; ICO / UCDA, année caféière 2024-2025

    Zones d'ombre

    • L'objectif de 20 millions de sacs pour 2025, fixé en 2019, n'a pas été atteint ; aucune source consultée n'en donne l'analyse officielle.
    • La surface de canephora sauvage restant en Ouganda est donnée comme une fourchette de 150 à 400 hectares, sans relevé plus précis.
    • La part de l'arabica dans la production ougandaise n'est pas chiffrée par les sources disponibles.
    • Le volume de 3 000 000 de sacs affiché en tête de fiche date de 2009 et est aujourd'hui dépassé de plus du double.
    Afrique

    10Rwanda

    256 000 sacs (ICO 2009)

    Introduit au début du 20e siècle, le café rwandais a connu une histoire difficile, puis une reconstruction patiente : après 1994, les coopératives se sont structurées et ont fait le choix de la qualité. Le pays, enclavé et montagneux, cultive presque exclusivement de l'Arabica, à haute altitude.

    C'est une caféiculture de très petits producteurs, des centaines de milliers de familles sur des surfaces réduites. On y soigne l'ombrage, on lutte contre l'érosion, et la sélection des grains est méticuleuse. Depuis 2008, le Rwanda organise sa propre Cup of Excellence, qui a beaucoup fait pour sa réputation.

    Caractéristiques de production
    Espèces botaniques
    Arabica ; Canephora (très peu)
    Variété
    Bourbon
    Altitude
    1 300 à 2 400 m
    Ombrage
    Arbres forestiers et fruitiers
    Récolte
    Manuelle et sélective
    Traitement
    Voie humide ; séchage sur tables (modèle africain)
    Triage
    Manuel et mécanique
    Période de récolte
    Arabica : fév.-juil. selon régions ; Canephora : mai-juin
    Conditionnement
    Sac de 60 kg
    Classification des cafés

    Le producteur et l'importateur définissent ensemble le nombre de défauts maximum ainsi que l'homogénéité et la taille des grains. On distingue 4 types de préparation à l'origine.

    TypeCritères
    StandardInférieur à 58 défauts, crible 15/16
    OrdinaireSupérieur à 58 défauts
    Sans GradeTrop de défauts, fragments de fèves
    TriageFèves puantes, noires ou scolytées
    Histoire et aujourd'hui

    L'histoire

    Le café est introduit au Rwanda au début du XXe siècle, sous administration coloniale.

    Le verger n'a pas été bâti par un institut de recherche mais par des missions : ce sont des missionnaires qui ont choisi les arbres. Les sélections qui composent encore le pays en gardent la marque.

    • MibiriziChoisi par les missionnaires dans les années 1930, à la mission du même nom. Décrit comme d'une qualité exceptionnelle, mais très sensible aux maladies : le meilleur en tasse est ici le plus fragile au champ.
    • Bourbon Mayaguez 139Venu de Porto Rico à la même époque, c'est-à-dire dans les années 1930.
    • JacksonVenu du Kenya, le voisin qui sélectionnait alors ses propres lignées.
    • HararIntroduit en 1956, le plus tardif de cet ensemble.

    L'année exacte de l'introduction, elle, n'est pas établie par les sources consultées. On tient la décennie, pas la date.World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Mibirizi, Bourbon Mayaguez 139, Jackson, Harar ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Mibirizi, Bourbon Mayaguez 139, Jackson, Harar ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026
    • Le café rwandais est l'un des rares cas où une filière agricole est entrée dans l'analyse historique d'un génocide. Le café représentait jusqu'aux trois quarts des exportations du pays
    • l'État fixait le prix aux planteurs et vivait de la marge. L'effondrement des quotas de 1989 divise le cours mondial par deux et ruine les planteurs
    • les historiens du génocide de 1994 comptent cette faillite parmi ses conditions. La reconstruction s'est ensuite faite par le café : les stations de lavage bâties après 2000 ont fait du Rwanda une origine de spécialité, et le pays organise sa propre Cup of Excellence depuis 2008.
    Kamola, The Global Coffee Economy and the Production of Genocide in Rwanda, Third World Quarterly 28 (2007) ; Verwimp, Journal of Development Economics (2003) ; Cup of Excellence Rwanda 2008

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 256 000 sacs, est celui de la fiche (ICO 2009). Le pays cultive presque exclusivement de l'arabica Bourbon, entre 1 300 et 2 400 mètres, chez des centaines de milliers de familles sur de très petites surfaces. Le traitement est la voie humide avec séchage sur tables surélevées, le modèle africain ; on soigne l'ombrage, on lutte contre l'érosion, et le tri des grains est méticuleux.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Zones d'ombre

    • L'année précise d'introduction du café au Rwanda n'est pas établie par les sources consultées.
    • Aucun volume de production postérieur à 2009 n'a pu être sourcé.
    • Le lien entre effondrement du prix du café et génocide est un lien de condition établi par des travaux universitaires, pas une causalité démontrée ; les auteurs cités le présentent comme un facteur parmi d'autres.
    • Le nombre de stations de lavage en activité aujourd'hui n'est pas documenté ici.
    Afrique

    11Tanzanie

    709 000 sacs (ICO 2009/10)

    En Tanzanie, les caféiers s'installent au pied du Kilimandjaro et du mont Méru. Le café y est ancien, on raconte qu'il était d'abord mâché comme stimulant, et même utilisé comme monnaie par certaines tribus, mais sa culture n'a vraiment démarré que sous la colonisation.

    L'Arabica domine, aux côtés d'un peu de Canephora, et l'essentiel de la production vient de petites fermes réunies en coopératives, les premières du pays, nées du besoin de négocier de meilleurs prix. Certains terroirs, comme Ruvuma, restent des secrets bien gardés, appréciés pour leurs lavés.

    Caractéristiques de production
    Espèces botaniques
    Arabica (70 %), Canephora (30 %)
    Altitude
    Arabica : 950 à 1 900 m ; Canephora : 900 à 1 500 m
    Nature des sols
    Sols fertiles rouges
    Ombrage
    Arbres fruitiers (notamment bananiers)
    Récolte
    Manuelle et sélective
    Traitement
    Voie humide et voie sèche ; séchage au soleil sur claies
    Triage
    Mécanique et électronique
    Période de récolte
    Nord et Sud : juil.-déc. ; Ouest : mai-oct.
    Conditionnement
    Sac de 60 kg
    Classification des cafés

    Selon la Coffee Board de Tanzanie, on indique la région (Sud ou Nord, voire le terroir pour les qualités supérieures) puis la granulométrie.

    Granulométrie de l'Arabica

    GradeCritères
    AA90 % > crible 18 ; 8-10 % max crible 17 ; 2 % max crible 15
    A90 % > crible 15/16 ; 2 % du crible 14
    B90 % min retenu au crible 15/16
    C90 % min retenu au crible 14 ; 10 % max crible 13
    PB (Caracoli)95 % min retenu au crible 14
    AF90 % max retenu crible 17 ; 8-10 % max crible 15/16 ; 2 % max crible 14
    TT90 % max retenu crible 15/16 ; 10 % max retenu crible 14
    E (Éléphant)90 % min retenu crible 18 ; 10 % max < crible 15
    Histoire et aujourd'hui

    L'histoire

    Le territoire, alors Afrique orientale allemande, exportait 2 334 450 livres de café en 1913. Le café y serait plus ancien que sa culture organisée : la fiche rapporte qu'il aurait d'abord été mâché comme stimulant, et même utilisé comme monnaie par certaines tribus, mais la culture ne démarre vraiment que sous la colonisation.

    Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs), p. 291 ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    La Tanzanie a fourni au monde deux lignées importantes, et l'une d'elles a fait la réputation du voisin kenyan.

    L'Arusha vient du mont Meru. Elle apparaît dans les années 1880 et se retrouve aujourd'hui en Papouasie-Nouvelle-Guinée, à l'autre bout du monde. Son rattachement au Typica ou au Bourbon reste discuté selon les sources : aucune ne tranche.

    Le Tanganyika Drought Resistant est une sélection est-africaine de fond Bourbon, issue de Moduli. C'est lui qui a fourni aux Scott Laboratories du Kenya l'arbre-mère du SL28, en 1931. Autrement dit, la référence caféière de l'Afrique de l'Est est née d'un pied tanzanien.

    La même année, une mission britannique collecte des graines sauvages d'Éthiopie pour les programmes du Kenya, de l'Ouganda et du Tanganyika. Les trois colonies allaient chercher leur matériel là où l'espèce est chez elle.World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Arusha et Tanganyika Drought Resistant ; LC ch. 8

    World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Arusha et Tanganyika Drought Resistant ; LC ch. 8

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 709 000 sacs, est celui de la fiche (ICO 2009-2010). Aucune donnée postérieure n'a pu être sourcée : ce chiffre est un repère daté, pas la production d'aujourd'hui.

    Les caféiers occupent le pied du Kilimandjaro et du mont Méru. L'arabica domine entre 950 et 1 900 mètres, avec un peu de canephora entre 900 et 1 500 : là encore, c'est l'altitude qui sépare les deux espèces.

    Les variétés déclarées sont le Bourbon, le Kent, le Blue Mountain et le Typica.

    Le traitement se fait en voie humide comme en voie sèche, avec séchage au soleil sur claies. La récolte est manuelle et sélective, c'est-à-dire qu'on repasse plusieurs fois dans la même parcelle pour ne cueillir que les cerises mûres.Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    L'essentiel de la production vient de petites fermes réunies en coopératives, les premières du pays, nées du besoin de négocier de meilleurs prix. Certains terroirs, comme Ruvuma, restent peu connus et appréciés pour leurs lavés.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Zones d'ombre

    • L'usage du café comme monnaie par certaines tribus est rapporté par la fiche sans source primaire : c'est une tradition, pas un fait établi.
    • Aucun volume de production postérieur à 2010 n'a pu être sourcé.
    • Le rattachement génétique de l'Arusha (Typica ou Bourbon) est explicitement discuté entre sources.
    • La part du canephora tanzanien dans la production totale n'est pas chiffrée ici.

    12Afrique australe

    Afrique australe

    13Malawi

    17 000 sacs

    Le Malawi est un petit producteur, souvent éclipsé par le thé, qui occupe une place bien plus grande dans son économie. Enclavé, traversé par le Rift et bordé par un immense lac, le pays doit composer avec une contrainte de taille : l'acheminement du café vers les ports d'export.

    La production vient surtout de grandes exploitations, les petits producteurs se regroupant en coopératives dans les hautes terres du Nord. Après une décennie où beaucoup ont arraché leurs plants, la tendance repart doucement, en partie grâce à la reconversion d'anciens champs de tabac.

    Caractéristiques de production
    Espèce botanique
    Arabica
    Variétés
    Agaro, Geisha, Blue Mountain, Catimor, Malawi Bronze, SL28, SL29, Caturra, Catuai…
    Altitude
    1 600 à 2 000 m (en terrasses)
    Ombrage
    Permanent et naturel (faidherbia albida, gliricidia, tephrosia)
    Récolte
    Manuelle (à l'aube, avant le lever du soleil)
    Traitement
    Voie humide ; séchage naturel sur tables
    Préparation
    Triage et calibrage
    Période de récolte
    Mai à octobre
    Conditionnement
    Sac de 60 kg
    Classification des cafés

    Il n'existe pas de norme officielle, mais la Coffee Association of Malawi a fixé des règles de classement par grade.

    GradeCrible / description
    E (« Éléphant »)Crible 19/20 (triage manuel de l'AAA)
    AAACrible 19 (très peu de volume)
    AACrible 18 (grade 1 si mélangé avec du AA)
    ABCrible 16 (grade 2 si mélangé avec du AA)
    PBCrible 12 (équivalent grade 2)
    TT2Crible 14 (chutes de tri AAA/AA/AB, sans fèves noires)
    TT3Crible 10 (chutes de tri PB, sans fèves noires)

    Humidité à la livraison : 8 à 12,5 %. Maximum 86 défauts par échantillon de 300 g (soit ~29 pour 100 g). Aucune fève noire tolérée (législation ICO ochratoxine).

    Histoire et aujourd'hui

    L'histoire

    Ukers date de 1878 le début de la propagation du café par les Anglais en Afrique centrale britannique, c'est-à-dire au Nyasaland, l'actuel Malawi. En 1918, le territoire exporte 122 796 livres, et un rapport britannique de 1919 lui compte 1 300 acres plantés : une caféiculture ancienne mais restée minuscule.

    Ukers, All About Coffee (1922), ch. II, p. 5-10 ; Ukers 1922, ch. XX, p. 216-244, p. 243 ; Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs), p. 291

    Le Malawi a donné son nom à une variété diffusée ailleurs : le Nyasaland, du nom colonial du pays. C'est un Typica, et il a trouvé son public chez les petits producteurs ougandais plutôt que chez lui.

    Le pays est aussi le point de passage d'une lignée Gesha de 1956. Elle est distincte de la Geisha 1931, celle qui a été diffusée depuis le Costa Rica. La confusion entre les deux est facile puisqu'elles portent presque le même nom.

    La documentation de la lignée 1956 reste mince, y compris dans le catalogue des variétés. On sait qu'elle est passée par le Malawi, guère plus.World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Nyasaland et Gesha (lignée 1956, Malawi)

    World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Nyasaland et Gesha (lignée 1956, Malawi)

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 17 000 sacs, est celui de la fiche : c'est la plus petite production des trente-deux origines présentées ici.

    Le café pousse entre 1 600 et 2 000 mètres, en terrasses, c'est-à-dire sur des replats taillés dans la pente. L'éventail de variétés est inhabituel pour un si petit volume : Agaro, Geisha, Blue Mountain, Catimor, Malawi Bronze, SL28, Caturra, Catuai. Le verger est plus divers que le volume ne le laisserait attendre.

    La récolte se fait à la main à l'aube, avant le lever du soleil. La raison de cet horaire n'est pas donnée par la fiche.

    Le traitement est la voie humide, avec séchage naturel sur tables.Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Deux contraintes structurent la filière : le thé, qui occupe une place bien plus grande dans l'économie, et l'enclavement, qui rend l'acheminement vers les ports d'export difficile. Après une décennie d'arrachage, la tendance repart doucement, en partie par reconversion d'anciens champs de tabac ; la production vient surtout de grandes exploitations, les petits producteurs se regroupant en coopératives dans les hautes terres du Nord.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Zones d'ombre

    • Le « SL29 » cité par la fiche n'apparaît dans aucun catalogue de variétés consulté ; SL28, SL34 et SL4 y figurent.
    • Aucun volume de production récent n'a pu être sourcé pour le Malawi.
    • La décennie d'arrachage évoquée par la fiche n'est ni datée ni chiffrée par les sources disponibles.
    • La lignée Gesha 1956 passée par le Malawi est mal documentée, y compris dans le catalogue des variétés.
    Afrique australe

    14Zambie

    28 000 sacs (ICO 2009)

    La Zambie est venue au café plus tard que ses voisins d'Afrique de l'Est. La culture existe depuis les années 1950, mais il a fallu attendre les années 1980 pour que l'exportation démarre vraiment.

    C'est avant tout une culture d'exportation, et le pays n'a pas de port à lui. Les lots transitent par Durban ou par Dar es Salaam, deux débouchés situés hors des frontières, ce qui ajoute une étape et un coût à chaque sac.

    La production se partage entre de nombreux petits producteurs au Nord et quelques grands propriétaires au Sud, qui pèsent lourd dans le volume total. La filière est encadrée par une Coffee Board et une association qui pousse les cafés spéciaux ; les certifications bio, UTZ et équitable progressent.

    Caractéristiques de production
    Espèces botaniques
    Arabica, Canephora
    Variétés
    Originaires de Tanzanie et du Kenya, Bourbon, Catimor, Caturra…
    Altitude
    1 000 à 1 500 m
    Ombrage
    Arbres fruitiers
    Récolte
    Manuelle et sélective (picking)
    Traitement
    Voie humide exclusivement
    Triage
    Mécanique et manuel
    Période de récolte
    Avril à septembre
    Conditionnement
    Sac de 69 kg
    Classification des cafés

    La classification, par granulométrie, est identique à celle du Kenya.

    GradeCrible / description
    AAACrible 19 (meilleure qualité)
    AACrible 18
    ABCrible 16
    CCrible 14
    PBPetit grain, en dessous de 4,5 mm
    TTPlus fin que les grades AA et AB
    TPetit grain, en dessous du crible 15
    E (« Éléphant »)Crible 12
    Histoire et aujourd'hui

    L'histoire

    La Zambie est venue au café bien après ses voisins d'Afrique de l'Est : la culture date des années 1950, l'exportation réelle des années 1980.

    Un silence le confirme. Ukers, en 1922, ne donne aucune ligne pour la Rhodésie du Nord, nom colonial du pays, dans son tableau mondial des exportations. Une absence ne prouve rien à elle seule, mais elle colle à cette chronologie tardive.

    La date exacte des premières plantations, quelque part dans les années 1950, n'est pas établie par les sources consultées.Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs), p. 291

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs), p. 291

    Le matériel végétal vient des voisins : la fiche indique des variétés originaires de Tanzanie et du Kenya, plus du Bourbon, du Catimor et du Caturra. C'est le schéma classique d'une filière jeune : on importe des lignées déjà éprouvées plutôt que de sélectionner sur place.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 28 000 sacs, est celui de la fiche (ICO 2009). C'est avant tout une culture d'exportation, entre 1 000 et 1 500 mètres, en récolte manuelle sélective et en voie humide exclusive ; les lots transitent par Durban ou Dar es Salaam. La production se partage entre de nombreux petits producteurs au Nord et quelques grands propriétaires au Sud, qui pèsent lourd dans le volume total.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    La filière est encadrée par une Coffee Board et une association qui pousse les cafés spéciaux ; les certifications biologique, UTZ et équitable progressent.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Zones d'ombre

    • Aucun volume de production zambien postérieur à 2009 n'a pu être sourcé.
    • Les noms exacts et les dates de création de la Coffee Board zambienne et de l'association de cafés spéciaux ne sont pas documentés par les sources du corpus.
    • La liste des variétés « originaires de Tanzanie et du Kenya » n'est pas précisée : on ignore s'il s'agit de SL, de Kent ou d'autres lignées.
    • La date exacte des premières plantations dans les années 1950 n'est pas établie.
    Afrique australe

    15Zimbabwe

    29 000 sacs (ICO 2009)

    La culture du café au Zimbabwe remonte aux années 1890. Son histoire n'a pourtant rien d'une ligne continue, parce que des maladies ont détruit les premières plantations.

    Il a fallu attendre la fin des années 1950 pour qu'un petit groupe d'agriculteurs relance vraiment la récolte. Tous s'étaient formés au Kenya et en Inde, c'est-à-dire là où la filière tournait déjà.

    Le Zimbabwe est un pays de haut plateau, sans accès à la mer. Sa production reste modeste et se concentre dans le Sud-Est, autour de Chipinge et Chimanimani.

    Ce faible volume ne l'a pourtant pas empêché de se bâtir une réputation de qualité. Celle-ci tient au soin plus qu'à la taille, puisque la récolte y demande six à sept passages et un tri à la main.

    Caractéristiques de production
    Espèce botanique
    Arabica (principalement)
    Variétés
    Catimor, Catuai, Caturra
    Altitude
    1 200 m
    Ombrage
    Permanent et protecteur
    Récolte
    Manuelle et sélective (6 à 7 passages)
    Traitement
    Voie humide ; séchage au soleil sur table, sélection manuelle
    Préparation
    Calibrage ; triage densimétrique sur table
    Période de récolte
    Juillet à octobre
    Conditionnement
    Sac de 60 kg
    Classification des cafés

    Classification officielle par granulométrie.

    GradeCrible
    AAA (« Pinnacle »)19/20
    AA18
    AB15
    E (Éléphant)15
    PB (Peaberries)15
    C15/14
    TT14

    Le saviez-vous ? Les fèves du Zimbabwe présentent une curiosité, dites « Éléphant » ou « oreilles » : une déformation qui provoque une séparation à la torréfaction.

    Histoire et aujourd'hui

    L'histoire

    La culture remonte aux années 1890. Son histoire est faite de ruptures, parce que des maladies ont détruit les premières plantations.

    Il faut attendre la fin des années 1950 pour qu'un petit groupe d'agriculteurs relance la récolte. Tous s'étaient formés au Kenya et en Inde, là où la caféiculture était déjà installée.

    Le constat colonial de 1919 allait dans le même sens. Les rapports britanniques ne voyaient aucun espoir de relance immédiate au Natal, où divers ravageurs avaient tué la culture vingt ans plus tôt.

    Les mêmes rapports pariaient en revanche sur le voisin. Le café « devrait certainement être établi dans les parties plus chaudes de la Rhodésie », écrivaient-ils, c'est-à-dire sur le territoire de l'actuel Zimbabwe.Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; Ukers 1922, ch. XX, p. 216-244, p. 243

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; Ukers 1922, ch. XX, p. 216-244, p. 243

    Le Zimbabwe est l'une des rares origines à s'être construit une réputation de qualité sur un volume très faible, dans le Sud-Est, autour de Chipinge et Chimanimani. C'est un pays de haut plateau sans accès à la mer, ce qui pèse sur le coût logistique de chaque sac.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 29 000 sacs, est celui de la fiche (ICO 2009). Le verger est planté à 1 200 mètres, en Catimor, Catuai et Caturra, trois lignées d'Amérique latine et non d'Afrique de l'Est. La récolte est manuelle et sélective, en six à sept passages, et le traitement se fait en voie humide avec séchage au soleil sur table et sélection manuelle.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025

    Zones d'ombre

    • Les maladies qui ont détruit les premières plantations zimbabwéennes ne sont pas nommées par les sources consultées.
    • Aucun volume de production postérieur à 2009 n'a pu être sourcé.
    • L'effet de la réforme agraire sur la caféiculture zimbabwéenne n'est documenté par aucune source du corpus.
    • L'origine du matériel végétal latino-américain planté au Zimbabwe (par qui, quand) n'est pas établie.

    16Amérique centrale

    Amérique centrale

    17Costa Rica

    1 460 000 sacs (ICO 2009)

    Le Costa Rica a été le premier pays d'Amérique centrale à se lancer dans la production commerciale de café, et il en a gardé une longueur d'avance : très tôt, il a fait le pari de la science, de l'agronomie et de l'ombrage. Au point de servir de modèle à ses voisins.

    Ici, la loi interdit le Canephora : c'est Arabica, et rien d'autre. Depuis les années 1990, l'institut du café impose des exigences sociales et environnementales qui renchérissent un peu la production. Les grands terroirs (Tarrazu en tête) donnent des cafés fins, que l'on compare volontiers aux meilleures origines du monde.

    Caractéristiques de production
    Espèce botanique
    Arabica exclusivement (Canephora interdit par la loi)
    Variétés
    Caturra, Catuai, Catimor, Villa Sarchi, Mundo Novo
    Altitude
    Jusqu'à 1 650 m
    Ombrage
    Arbres fruitiers et forestiers
    Récolte
    Manuelle et sélective
    Traitement
    Voie humide (principalement) et semi-humide ; dépulpage en « Beneficios »
    Triage
    Électronique (prépa Européenne) et mécanique (prépa USA), parfois à la main
    Période de récolte
    Novembre à mars
    Conditionnement
    Sac de 69 kg
    Classification des cafés

    Région de production

    L'ancien système « Pacifique » / « Atlantique » (selon le port d'embarquement) a été remplacé par la mention de la région de production, la plus renommée étant Tarrazu.

    Qualité : nombre de défauts

    PréparationDéfauts
    Européenne (EP)≤ 4 défauts, aucun défaut majeur
    Américaine (USP)~ 12 défauts

    Altitude (liée à la densité du grain)

    DescriptionAltitude
    Hard Bean (HB)800 – 1 100 m
    Strictly Hard Bean (SHB)1 200 – 1 700 m

    La qualité SHB est la plus recherchée : plus le café est cultivé en altitude, plus le grain est dense, intense et complexe.

    Histoire et aujourd'hui
    Domaine caféier dans les montagnes du Costa Rica
    Domaine caféier dans les montagnes du Costa Rica

    L'histoire

    Ukers attribue l'introduction du café au Costa Rica au voyageur espagnol Don Francisco Xavier Navarro. Il l'aurait apporté depuis Cuba en 1779.

    Le pays est ensuite le premier d'Amérique centrale à se lancer dans la production commerciale. Cette antériorité lui a donné une avance qu'il n'a plus perdue.

    L'avance ne tient pas qu'à la date, parce que le pays a misé très tôt sur l'agronomie, sur la science et sur l'ombrage. Il en est venu à servir de modèle à ses voisins.Ukers, All About Coffee (1922), ch. II, p. 5-10 ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Ukers, All About Coffee (1922), ch. II, p. 5-10 ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Le Costa Rica a produit deux lignées majeures, et chacune répond à une contrainte précise du terrain.

    Le Villa Sarchí est une mutation naine du Bourbon, repérée à Sarchí dans les années 1950. Sa tolérance au vent le rend utile sur les parcelles exposées. Il est devenu le parent de toute la famille des Sarchimors.

    L'institut national du café, l'ICAFE, a diffusé en 1995 le Costa Rica 95. C'est un Catimor sélectionné pour les zones chaudes et les sols acides, autrement dit pour les parcelles les moins confortables du pays.

    Le Costa Rica est aussi l'un des trois terrains des essais pré-commerciaux d'hybrides F1 conduits après le Big Rust, avec le Pérou et le Guatemala.World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Villa Sarchí et Costa Rica 95 ; LC ch. 16

    World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Villa Sarchí et Costa Rica 95 ; LC ch. 16

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 1 460 000 sacs, est celui de la fiche (ICO 2009).

    La loi interdit le canephora : c'est arabica et rien d'autre. Un lot costaricien est donc arabica par construction, sans qu'il faille le vérifier.

    Les variétés sont le Caturra, le Catuai, le Catimor, le Villa Sarchí et le Mundo Novo, jusqu'à 1 650 mètres.

    La récolte est manuelle et sélective. Le traitement se fait en voie humide ou semi-humide, avec dépulpage dans les « beneficios », c'est-à-dire les stations où la cerise est débarrassée de sa peau.Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Depuis les années 1990, l'institut du café impose des exigences sociales et environnementales qui renchérissent la production. Les grands terroirs, Tarrazu en tête, donnent des cafés fins que l'on compare aux meilleures origines du monde. On notera une contradiction utile pour le lecteur : les acides chlorogéniques baissent avec l'altitude en Éthiopie, et augmentent avec l'altitude au Costa Rica. L'altitude n'a pas d'effet universel.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; LC ch. 17

    Zones d'ombre

    • La date de 1779 et le nom de Navarro viennent d'Ukers, qui ne cite pas sa source primaire.
    • Aucun volume de production costaricien postérieur à 2009 n'a pu être sourcé.
    • Le contenu exact et la date de la loi interdisant le canephora ne sont pas documentés par les sources du corpus.
    • La part du verger costaricien passée aux hybrides F1 n'est pas chiffrée.
    Amérique centrale

    18Guatemala

    3 500 000 sacs (ICO 2009)

    Le Guatemala est le pays des cafés d'altitude par excellence. Introduit par les Jésuites, développé par les immigrés allemands, le café y est devenu un secteur stratégique, et le pays figure parmi les premiers exportateurs mondiaux d'Arabica. On y recense une multitude de familles de producteurs et une mosaïque de micro-terroirs.

    La quasi-totalité des plantations pousse sous ombrage, et la voie humide domine. Le vrai travail, ces dernières années, a été de cartographier les terroirs : les huit régions guatémaltèques sont aujourd'hui des appellations d'origine, toutes classées en Strictly Hard Bean.

    Caractéristiques de production
    Espèce botanique
    Arabica
    Variétés
    Caturra 30 %, Catuai 30 %, Bourbon 20 %, Typica 5 %, Maragogype, Pacamara…
    Nature du sol
    Volcanique
    Altitude
    700 à 2 000 m
    Ombrage
    Arbres fruitiers et forestiers
    Récolte
    Manuelle et sélective
    Traitement
    Voie humide ; séchage naturel au soleil
    Triage
    Mécanique, électronique et manuel
    Période de récolte
    Août à avril
    Conditionnement
    Sac de 69 kg
    Classification des cafés

    Région de production

    La mention de l'une des 8 régions est de plus en plus courante pour valoriser la diversité des cafés.

    Qualité : défauts / granulométrie

    PréparationCritères
    Européenne (EP)100 % > crible 15 (tol. 5 % crible 14) ; 8 défauts max/300 g ; aucun majeur
    Américaine (USP)100 % > crible 13 ; 23 défauts max/300 g

    Altitude (liée à la densité du grain)

    DescriptionAltitude
    Good Washed (GW)700 m
    Extra Good Washed (EG)700 – 850 m
    Extra Prime Washed (EP)900 – 1 100 m
    Semi Hard Bean (SH)1 100 – 1 200 m
    Hard Bean (HB)1 200 – 1 400 m
    Fancy Hard Bean (FHB)1 500 – 1 600 m
    Strictly Hard Bean (SHB)1 600 – 1 800 m

    Plus l'altitude est élevée, meilleure est la qualité (vivacité et persistance). Le SHB est de loin la meilleure qualité du pays.

    Histoire et aujourd'hui
    Pépinière de caféiers, Pajajabal, Pochuta
    Pépinière de caféiers, Pajajabal, Pochuta
    Entrée d'une finca des hautes terres du Guatemala
    Entrée d'une finca des hautes terres du Guatemala

    L'histoire

    • Ukers situe l'introduction du café au Guatemala vers 1750-1760. La fiche l'attribue aux Jésuites, puis son développement aux immigrés allemands
    • ce que confirment les chiffres du commerce : en 1900 l'Allemagne achetait 44 416 064 livres de café guatémaltèque
    • et 53 232 910 en 1913. En 1920, après la guerre, elle n'en achète plus que 452 206. Aucune autre origine du tableau d'Ukers ne subit un retournement aussi brutal.
    Ukers, All About Coffee (1922), ch. II, p. 5-10 ; Ukers 1922, ch. XIX, p. 190-206, p. 196 ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    La guerre civile de la seconde moitié du XXe siècle a marqué le pays et sa filière.

    L'événement caféier le plus récent est pourtant phytosanitaire, c'est-à-dire qu'il vient d'une maladie du caféier. C'est le Big Rust de 2008-2013, l'épisode de rouille qui a balayé la région.

    Le bilan régional est lourd. L'Amérique centrale prise dans son ensemble y perd 16 % de sa production sur les campagnes 2012 et 2013. PROMECAFÉ, l'organisme régional de recherche caféière, compte en plus 373 585 travailleurs déplacés.

    C'est cette crise qui a lancé la recherche de matériel neuf. Le Guatemala est ensuite l'un des trois pays d'essais pré-commerciaux d'hybrides F1.LC ch. 16 ; PROMECAFÉ, cité dans LC ch. 16

    LC ch. 16 ; PROMECAFÉ, cité dans LC ch. 16

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 3 500 000 sacs, est celui de la fiche (ICO 2009).

    Les variétés déclarées sont le Caturra (30 %), le Catuai (30 %), le Bourbon (20 %) et le Typica (5 %). S'y ajoutent le Maragogype et le Pacamara, sans part chiffrée.

    Le verger s'étale entre 700 et 2 000 mètres. Cet écart de treize cents mètres compte, puisque le barème guatémaltèque classe justement les lots par altitude, du Good Washed au Strictly Hard Bean.

    La quasi-totalité des plantations pousse sous ombrage. La récolte est manuelle et sélective, le traitement en voie humide, le séchage naturel au soleil.Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    L'association nationale, l'ANACAFÉ, a diffusé en 2014 la variété Anacafé 14. Elle sort donc au lendemain du Big Rust.

    C'est un Catimor recroisé avec du Pacamara, à port nain et gros grains.

    Le travail structurant de ces dernières années a été tout autre : la cartographie des terroirs. Les huit régions guatémaltèques sont aujourd'hui des appellations d'origine, toutes classées Strictly Hard Bean.

    Nommer la région change la façon de vendre. Un lot se négocie alors sur son terroir, et plus seulement sur son grade.World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiche Anacafé 14 ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiche Anacafé 14 ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Zones d'ombre

    • L'attribution de l'introduction aux Jésuites vient de la fiche ; Ukers donne une fourchette de dates sans acteur nommé.
    • Aucun volume de production guatémaltèque postérieur à 2009 n'a pu être sourcé.
    • La perte de production propre au Guatemala pendant le Big Rust n'est pas isolée dans les sources : seuls le chiffre régional et ceux du Salvador, du Mexique et du Pérou le sont.
    • L'effet de la guerre civile sur la caféiculture guatémaltèque n'est chiffré par aucune source consultée.
    Amérique centrale

    19Honduras

    3 527 000 sacs (ICO 2009)

    Le Honduras s'est hissé au rang de grand producteur d'Amérique centrale sans faire beaucoup de bruit. Une large part de ses terres est consacrée au café, cultivé surtout en montagne, et la région d'El Paraiso reste la plus ancienne et la plus réputée.

    Les producteurs travaillent sur de petites « fincas », regroupés en associations et encadrés par un institut national qui mise sur les rendements, la biodiversité et la qualité en tasse. La très grande majorité des départements du pays produit du café.

    Caractéristiques de production
    Espèce botanique
    Arabica
    Variétés
    Caturra 30 %, Catuai 20 %, Typica 20 %, Bourbon 20 %…
    Altitude
    500 à 1 700 m
    Nature des sols
    Volcanique et alluvion
    Ombrage
    Arbres fruitiers et forestiers
    Récolte
    Manuelle et sélective
    Traitement
    Voie humide (principalement) et voie sèche ; séchage au soleil
    Triage
    Manuel
    Période de récolte
    Octobre à mars
    Conditionnement
    Sac de 69 kg

    Volume récent 5,14 millions de sacs en 2024-2025, plus bas depuis 2013-2014ICO / IHCAFE, année caféière 2024-2025

    Classification des cafés

    Altitude

    DescriptionAltitude
    Central Standard (CS)700 à 1 000 m
    High Grown (HG)1 000 à 1 500 m
    Strictly High Grown (SHG)> 1 500 m

    Plus le café est récolté haut, plus l'acidité (donc la longueur en bouche et la complexité) s'accentue. Le SHG est la meilleure qualité (~12 % de la production) ; le HG en représente ~78 %.

    Qualité : nombre de défauts

    PréparationCritères
    Européenne (EP)Tri optique puis tri à la main ; aucun défaut majeur toléré
    Américaine (USP)Tri mécanique

    La région

    Peu mentionnée, sauf « Marcala » (frontière du Salvador), réputée meilleure région du pays : décrite « SHG Genuine Marcala ».

    Histoire et aujourd'hui

    L'histoire

    Le Honduras est arrivé tard dans le commerce : en 1920, il exportait 1 091 977 livres de café, contre 94 205 569 pour le Guatemala voisin, soit moins de 2 % de son voisin. Sa montée au rang de grand producteur d'Amérique centrale est donc un phénomène du XXe siècle tardif, et elle s'est faite sans faire beaucoup de bruit.

    Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs), p. 290 ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    L'institut national, l'IHCAFE, a construit une gamme de variétés adaptées, chacune pour un besoin différent du verger hondurien.

    • IHCAFE 90Un Catimor diffusé en 1990, destiné aux basses altitudes.
    • LempiraTrès largement cultivé dans le pays.
    • ParainemaUne sélection de la lignée Sarchimor T5296, à port nain et gros grains.

    La résistance à la rouille du Lempira a été contournée en 2017. Une résistance n'est donc jamais définitive : elle tient tant que le parasite n'a pas trouvé la parade.World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches IHCAFE 90, Lempira, Parainema ; LC ch. 14 et 16

    World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches IHCAFE 90, Lempira, Parainema ; LC ch. 14 et 16

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 3 527 000 sacs, est celui de la fiche (ICO 2009).

    L'année caféière 2024-2025 a donné 5,14 millions de sacs, le plus bas niveau depuis 2013-2014. Le pays a donc tellement grossi depuis 2009 que sa plus mauvaise récolte récente dépasse encore largement son volume d'alors.

    Les variétés déclarées sont le Caturra (30 %), le Catuai (20 %), le Typica (20 %) et le Bourbon (20 %), entre 500 et 1 700 mètres.

    La récolte est manuelle et sélective. Le traitement se fait principalement en voie humide, avec séchage au soleil.Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; ICO / IHCAFE, année caféière 2024-2025

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; ICO / IHCAFE, année caféière 2024-2025

    Les producteurs travaillent sur de petites fincas, regroupés en associations, encadrés par un institut national qui mise sur les rendements, la biodiversité et la qualité en tasse. La région d'El Paraiso reste la plus ancienne et la plus réputée, et la très grande majorité des départements du pays produit du café.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Zones d'ombre

    • La date d'introduction du café au Honduras n'est donnée par aucune source consultée.
    • La perte de production hondurienne pendant le Big Rust n'est pas isolée dans les sources disponibles.
    • Les causes de la chute de 2024-2025 (climat, prix, vieillissement du verger) ne sont pas établies ici.
    • La part actuelle des variétés IHCAFE dans le verger n'est pas chiffrée.
    Amérique centrale

    20Mexique

    4 200 000 sacs (ICO 2009)

    Le café mexicain est ancien, mais son histoire d'exportation ne commence vraiment qu'à la fin du 19e siècle. Le pays est aujourd'hui l'un des grands producteurs mondiaux, avec une production largement tournée vers l'export.

    C'est surtout une affaire de petits propriétaires, très nombreux, cultivant de minuscules surfaces. Les grands terroirs (Veracruz, Chiapas, Oaxaca) s'étalent sur une chaîne volcanique. Fait notable, le Mexique est le premier producteur mondial d'Arabica biologique, souvent cultivé sous ombrage forestier.

    Caractéristiques de production
    Espèces botaniques
    Arabica, Canephora
    Variétés
    Bourbon 20 %, Typica 20 %, Mundo Novo 20 %, Caturra 20 %, Garnica 10 %, Maragogype
    Altitude
    500 à 2 000 m
    Ombrage
    Inga, bananier, macadamia, avocatier, laurier, manguier, cacaoyer sauvage…
    Récolte
    Manuelle et sélective (picking)
    Traitement
    Voie humide (principalement) ; séchage sur aires cimentées ou fours
    Triage
    Mécanique et électronique, complété à la main pour les qualités supérieures
    Période de récolte
    Octobre à mars
    Conditionnement
    Sac de 69 kg
    Classification des cafés

    Altitude

    DescriptionAltitude
    Prime Washed (PW)500 – 1 000 m
    High Grown (HG)1 000 – 1 600 m
    Strictly High Grown (SHG)> 1 700 m

    Plus l'altitude est élevée, plus l'acidité et la complexité s'accentuent. Le SHG est la meilleure qualité du pays.

    La région (Veracruz, Oaxaca, Chiapas)

    De plus en plus mentionnée ; le nom de la « Finca » figure parfois sur les contrats.

    Qualité : nombre de défauts

    PréparationDéfauts max (300 g)
    Européenne (EP)15 défauts, aucun majeur
    Américaine (USP)35 défauts
    Histoire et aujourd'hui
    Caféiers de trente ans, Esperanza, Huatusco
    Caféiers de trente ans, Esperanza, Huatusco

    L'histoire

    Ukers date de 1790 le début de la culture au Mexique, à partir de semences venues des Antilles. Il faut attendre 1817 pour la culture intensive, dans l'État de Veracruz, sous l'impulsion de Don Juan Antonio Gomez.

    Vingt-sept ans séparent donc la plante de la plantation sérieuse. Le café mexicain est ancien, mais son commerce l'est beaucoup moins.

    En 1922, le Mexique est le principal pays producteur de la partie nord du continent américain. Son café est alors décrit au marché comme un grain verdâtre à jaune, de saveur douce.

    Deux traits suffisaient donc à qualifier une origine : la couleur du grain et une note de goût. La fiche moderne, elle, aligne des altitudes et des comptes de défauts.Ukers, All About Coffee (1922), ch. II, p. 5-10 ; Ukers 1922, ch. XIX, p. 190-206, p. 193

    Ukers, All About Coffee (1922), ch. II, p. 5-10 ; Ukers 1922, ch. XIX, p. 190-206, p. 193

    Le Mexique est l'un des trois pays dont la perte au Big Rust a été chiffrée. Il a perdu 46 % de sa production sur l'épisode de 2012-2013, contre 57 % pour le Salvador et 39 % pour le Pérou.

    Le calendrier a aggravé le coup. Pendant que ces récoltes disparaissaient, le prix mondial tombait de trois dollars la livre au début de 2011 à moins de 1,50 dollar en juin 2013.

    Les producteurs ont donc perdu les deux fois : moins de sacs à vendre, et chaque sac vendu moins cher.LC ch. 16 ; McCook 2019

    LC ch. 16 ; McCook 2019

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 4 200 000 sacs, est celui de la fiche (ICO 2009).

    Les variétés déclarées sont le Bourbon (20 %), le Typica (20 %), le Mundo Novo (20 %) et le Caturra (20 %). S'y ajoutent la Garnica (10 %) et le Maragogype. Le verger s'étend entre 500 et 2 000 mètres.

    La Garnica est un croisement Mundo Novo par Caturra sélectionné au Mexique. Le pays ne se contente donc pas d'importer des lignées, il en fabrique.

    L'institut national a par ailleurs diffusé l'Oro Azteca, un Catimor mexicain, et des sélections de canephora INIFAP.Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Garnica, Oro Azteca, INIFAP

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Garnica, Oro Azteca, INIFAP

    La filière est faite de petits propriétaires très nombreux, cultivant de minuscules surfaces sur une chaîne volcanique : Veracruz, Chiapas, Oaxaca. Le Mexique est le premier producteur mondial d'arabica biologique, souvent cultivé sous ombrage forestier, et la récolte se fait en picking, avec séchage sur aires cimentées ou en fours.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Zones d'ombre

    • Aucun volume de production mexicain postérieur à 2009 n'a pu être sourcé.
    • Le rang mondial du Mexique en arabica biologique vient de la fiche et n'a pas été recoupé.
    • La date de diffusion de la Garnica n'est pas donnée par le catalogue des variétés.
    • La part du verger mexicain replantée après le Big Rust n'est pas chiffrée ici.
    Amérique centrale

    21Nicaragua

    1 687 000 sacs (ICO 2009)

    Le Nicaragua a traversé des années difficiles, un ouragan dévastateur, puis la crise du café du début des années 2000. La réponse est venue des coopératives, qui ont permis de sécuriser à la fois la qualité et la commercialisation. Depuis, la filière a retrouvé un peu d'optimisme.

    Le café est le premier produit d'exportation du pays, et des dizaines de milliers de familles en dépendent directement. L'essentiel de la production vient de petits producteurs cultivant sous ombrage, dans des montagnes volcaniques. Nueva Segovia, en particulier, revient souvent au palmarès de la Cup of Excellence.

    Caractéristiques de production
    Espèce botanique
    Arabica exclusivement
    Variétés
    Caturra, Bourbon, Maracaturra, Maragogype, Pacamara, Javanica, Catuai, Catimor…
    Altitude
    650 à 1 500 m
    Ombrage
    Arbres forestiers et fruitiers
    Récolte
    Manuelle et sélective
    Traitement
    Voie humide, déparchage en « Beneficios »
    Triage
    Mécanique et manuel
    Période de récolte
    Octobre à décembre
    Conditionnement
    Sac de 69 kg
    Classification des cafés

    Altitude

    DescriptionAltitude
    Low Grown (LG)700 à 1 000 m
    High Grown (HG)1 000 à 1 500 m
    Strictly High Grown (SHG)> 1 500 m

    Le SHG est la meilleure qualité du pays. Peu de HG est exporté sous son nom : il est souvent mélangé au SHG et vendu comme tel.

    Qualité, terroir et variété

    Sur le modèle hondurien : distinction préparation Européenne (EP) / Américaine (AP-USP), sans règle stricte, l'importateur définit le nombre de défauts et l'homogénéité. Le terroir (département ou micro-lot tracé) est de plus en plus valorisé, tout comme la variété : le Maragogype du Nicaragua (~7 000 sacs/an) est l'une des meilleures productions du pays.

    Histoire et aujourd'hui

    L'histoire

    En 1922, Ukers décrit un pays où le café pousse partout, mais ne donne le meilleur qu'entre 600 et 900 mètres. Il nomme la Sierra de Managua, Diriamba, San Marcos et Jinotega, puis les pentes du volcan Mombacho et l'île d'Ometepe.

    Une seule date figure chez lui : la culture a commencé en 1893 autour de Boaco, dans le département de Chontales. Elle ne vaut que pour cette zone, et ne dit donc pas quand le caféier est entré dans le pays.

    Le café était pourtant déjà le premier produit agricole de la république. Ce qui le retenait n'était pas l'agronomie mais le transport, difficile sur le versant atlantique. Un café qui n'atteint pas le port ne se vend pas.

    Le pays exportait 15 345 398 livres en 1920.

    Ukers 1922, ch. XX, p. 216-244, p. 239-240 ; Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs), p. 290

    Le Nicaragua a traversé des années difficiles : un ouragan dévastateur, puis la crise du café du début des années 2000, quand le prix indicatif de l'ICO tombe au tiers de sa valeur de 1997 et atteint ses plus bas niveaux réels depuis 1900. La réponse est venue des coopératives, qui ont sécurisé à la fois la qualité et la commercialisation.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; McCook, Coffee Is Not Forever (2019) ; ICO, prix indicatif 1997-2001 ; LC ch. 19

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 1 687 000 sacs, est celui de la fiche (ICO 2009).

    Les variétés déclarées sont le Caturra, le Bourbon, la Maracaturra, le Maragogype, le Pacamara, le Javanica, le Catuai et le Catimor. Elles poussent entre 650 et 1 500 mètres, en récolte manuelle sélective, et partent en voie humide.

    Le déparchage se fait dans les « beneficios », c'est-à-dire les ateliers où le café est traité après la récolte.

    Le Nicaragua a par ailleurs servi de berceau à une variété. La Marsellesa y a été diffusée : c'est un croisement HdT 832/2 par Villa Sarchí, réalisé par le Cirad et ECOM. HdT est l'abréviation de l'hybride de Timor, la source de résistance à la rouille la plus utilisée en sélection. La Marsellesa est à son tour le parent de la Starmaya.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Marsellesa et Starmaya

    Le café est le premier produit d'exportation du pays et des dizaines de milliers de familles en dépendent directement. L'essentiel vient de petits producteurs cultivant sous ombrage dans des montagnes volcaniques ; Nueva Segovia revient souvent au palmarès de la Cup of Excellence.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Zones d'ombre

    • L'ouragan évoqué par la fiche n'est ni nommé ni daté par les sources consultées (le Mitch, en 1998, est le candidat évident, mais il n'est pas cité).
    • L'estimation de production nicaraguayenne pour 2024-2025, autour de 2,69 millions de sacs, provient d'un rapport de marché de l'ICO et n'a pas été vérifiée sur le document primaire.
    • La date d'introduction du café au Nicaragua n'est pas donnée par les sources consultées ; Ukers ne date que la mise en culture de Chontales, en 1893.
    • La perte nicaraguayenne pendant le Big Rust n'est pas isolée dans les sources.

    22Caraïbes

    Caraïbes

    23Haïti

    346 000 sacs

    Haïti occupe la partie ouest de l'île d'Hispaniola, partagée avec la République Dominicaine. Son café, autrefois surnommé « la perle noire », a compté parmi les plus renommés au monde. Introduit par les Jésuites en 1726, il est vite devenu une culture traditionnelle, intégrée à la vie quotidienne.

    Aujourd'hui, c'est une filière fragile. La précarité, les risques climatiques (cyclones, séisme de 2010) et le vieillissement des plantations pèsent lourd ; moins de 20 % de la production est exportée, et les surfaces reculent d'année en année. Le potentiel agronomique, lui, reste réel, et les régions caféières comptent parmi les rares zones encore boisées du pays.

    Caractéristiques de production
    Espèce botanique
    Arabica
    Variétés
    Typica (90 %), Caturra
    Altitude
    300 à 2 000 m
    Ombrage
    Arbres forestiers et fruitiers
    Récolte
    Manuelle exclusivement
    Traitement
    Voie sèche (90 %) et voie humide (10 %)
    Séchage
    Sur glacis cimentés
    Décorticage
    Parfois au pilon (grains aplatis, dits « BB »)
    Période de récolte
    Août à mars
    Conditionnement
    Sac de 60 kg
    Classification des cafés

    Altitude (cafés lavés uniquement)

    DescriptionAltitude
    Standard / Good Washed700 à 1 000 m
    High Grown (HG)1 000 à 1 500 m
    Strictly High Grown (SHG)> 1 500 m

    Granulométrie

    GradeCritères
    Haïti XX15 % min crible 17+ ; 60 % min cribles 16-17 ; 25 % max < 16
    Haïti XXG20 % min crible 18 ; 60 % min crible 17 ; 20 % max cribles 15-16
    Haïti XXX60 % min cribles 18+ ; 5 % max < crible 17
    Haïti XXXXX60 % min cribles 19+ ; 5 % max < crible 18

    Le goût (4 appréciations)

    TermeQualité
    Extra Supérieur / Extra FancySans défauts, qualités organoleptiques exceptionnelles
    Supérieur / FancySans défauts, bonnes qualités organoleptiques
    Choix / ChoiceQuelques défauts, tasse « marchande »
    Ordinaire / OrdinaryMinimum acceptable

    Un système de grades par nombre de défauts (sur 300 g) existe aussi, mais il est aujourd'hui très peu utilisé.

    Histoire et aujourd'hui

    L'histoire

    Deux dates coexistent, et aucune source consultée ne tranche. Ukers place l'introduction à Haïti et à Saint-Domingue en 1715, avant des plants plus rustiques venus ensuite de Martinique. La fiche, elle, donne 1726 et l'attribue aux Jésuites.

    De Clieu raconte lui-même la suite. Deux ans après sa première récolte de 1726, une tempête et une inondation détruisent les cacaoyers. C'est cette destruction qui permet d'envoyer des plants à Saint-Domingue et à la Guadeloupe.

    Pourquoi la perte des cacaoyers ouvre-t-elle la route au caféier ? Le récit ne le dit pas.

    Ukers, All About Coffee (1922), ch. II, p. 5-10 ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Saint-Domingue devient la première origine du monde. En 1789, la colonie française exportait plus de café que tout le reste du monde réuni, sur le travail de centaines de milliers d'esclaves ; les plantations de café, plus petites et plus hautes que les sucreries, avaient couvert les mornes. La révolte de 1791 fait s'effondrer la production et déplace le centre de gravité vers Cuba, la Jamaïque puis le Brésil. Haïti exportait encore 61 970 694 livres en 1920, hors 6 322 167 livres de triage.

    Ukers 1922 ; Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs), p. 290 ; LC ch. 9 ; document de formation professionnelle, L'Histoire du café

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 346 000 sacs, est celui de la fiche. Le verger est fait de Typica à 90 % et de Caturra, entre 300 et 2 000 mètres, en récolte exclusivement manuelle, en voie sèche à 90 % et en voie humide à 10 %. Moins de 20 % de la production est exportée, et les surfaces reculent d'année en année.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Le café haïtien, autrefois surnommé « la perle noire », est aujourd'hui une filière fragile : précarité, cyclones, séisme de 2010, vieillissement des plantations. Le potentiel agronomique reste réel, et les régions caféières comptent parmi les rares zones encore boisées du pays, ce qui fait du caféier, ici, un enjeu forestier autant qu'économique.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Zones d'ombre

    • Les dates d'introduction divergent : 1715 selon Ukers, 1726 et les Jésuites selon la fiche. Aucune source consultée ne tranche.
    • Le chiffre de 40 000 tonnes annuelles attribué à Saint-Domingue en 1780 par un document de formation n'a pas été recoupé sur une source primaire.
    • Aucun volume de production haïtien récent n'a pu être sourcé.
    • L'effet chiffré du séisme de 2010 sur la caféiculture n'est documenté par aucune source du corpus.
    Caraïbes

    24Porto Rico

    300 000 sacs (2009)

    Le café a été introduit à Porto Rico en 1736, et l'arrivée d'immigrants dans la région de Yauco, au 19e siècle, a transformé la filière, nouvelles méthodes, nouveaux équipements, contacts à l'export. À la fin du siècle, l'île était même le sixième exportateur mondial.

    L'annexion aux États-Unis en 1898 a ensuite fait basculer l'économie vers l'industrie, reléguant le café au second plan. Aujourd'hui, la production reste modeste et très peu exportée, mais la région montagneuse de Yauco a donné son nom à un cru prestigieux, le « Yauco Selecto ».

    Caractéristiques de production
    Espèce botanique
    Arabica
    Variétés
    Typica, Bourbon, Mundo Nuevo, Caturra, Pacas
    Altitude
    200 à 1 100 m
    Type de culture
    Sous ombrage
    Récolte
    Manuelle
    Traitement
    Voie humide ; séchage naturel au soleil
    Préparation
    Triage mécanique
    Période de récolte
    Août à janvier (3 passages)
    Conditionnement
    Sac de 45 kg
    Classification des cafés

    Le café est désigné selon sa granulométrie (1 crible = 0,4 mm).

    GradeCrible
    AACrible 17
    ACrible 16
    PBCaracoli

    Les producteurs développent de plus en plus des cafés de plantation haut de gamme : le terroir et le nom de la plantation deviennent alors des éléments de qualification à part entière.

    Histoire et aujourd'hui
    Culture sous ombrage, Porto Rico
    Culture sous ombrage, Porto Rico

    L'histoire

    Porto Rico commence à cultiver le café vers 1755 selon Ukers, quand la fiche donne 1736. Les deux dates coexistent sans qu'aucune source les départage.

    L'île devient un exportateur de premier plan au XIXe siècle. L'arrivée d'immigrants dans la région de Yauco y est pour beaucoup : ils apportent de nouvelles méthodes, de nouveaux équipements et des contacts à l'export.

    La mesure de l'époque vient d'un relevé fiscal, ce qui explique sa précision. Pour l'année fiscale 1915-1916, Ukers compte 167 137 acres plantés en café. Les meilleures zones qu'il cite sont la Sierra de Luquillo, Yauco, Utuado, Lares et Ciales.

    Ukers, All About Coffee (1922), ch. II, p. 5-10 ; Ukers 1922, ch. XX, p. 216-244, p. 235-236 ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    L'île détient une anomalie que personne n'a jamais reproduite : en 1903, Porto Rico a éradiqué la rouille du caféier. Pas contenue, pas limitée : le champignon a disparu de l'île. C'est le seul cas d'éradication entré dans la littérature, et il a tenu au moins un demi-siècle, puisque Barat pouvait encore écrire en 1955 que la rouille était absente des Antilles. Le Brésil, avec des budgets nationaux, n'a pas su refaire la même chose en 1970.

    McCook 2019 ; Barat, dans Coste 1955 ; LC ch. 12 et 13

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 300 000 sacs (2009), est celui de la fiche. Ukers donne un repère plus ancien : l'île exportait 29 967 879 livres en 1921.

    Ce qui a fait reculer le café n'est pas venu du champ. L'annexion aux États-Unis en 1898 a fait basculer l'économie vers l'industrie, et le grain est donc passé au second plan.

    La production reste modeste et très peu exportée. Elle se fait entre 200 et 1 100 mètres, en Typica, Bourbon, Mundo Nuevo, Caturra et Pacas, en voie humide avec séchage naturel au soleil.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs), p. 290

    L'île a laissé deux traces dans la généalogie mondiale des variétés. Sa production est aujourd'hui modeste, mais son matériel végétal, lui, a voyagé.

    La première trace est un Bourbon. La station de Mayagüez a fourni au Rwanda et au Burundi, dans les années 1930, le Bourbon Mayaguez 139, qui fait encore le verger des Grands Lacs.

    La seconde est un Sarchimor, c'est-à-dire une lignée issue du croisement entre le Villa Sarchí et l'hybride de Timor. Porto Rico a produit le sien, le Limani, peu documenté.

    Le nom prestigieux de l'île n'est pourtant pas celui d'une variété, mais celui d'un cru : le « Yauco Selecto », de la région montagneuse de Yauco.

    World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Bourbon Mayaguez 139 et Limani ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Zones d'ombre

    • Les dates d'introduction divergent : vers 1755 selon Ukers, 1736 selon la fiche.
    • Le mécanisme de l'éradication de 1903 n'est pas expliqué par la littérature : le fait est enregistré sans recette reproductible.
    • Aucun volume de production portoricain récent n'a pu être sourcé.
    • Le trajet exact du Bourbon Mayaguez 139 de Porto Rico vers l'Afrique des Grands Lacs n'est pas documenté.
    Caraïbes

    25République Dominicaine

    352 000 sacs

    La République Dominicaine occupe la partie est de l'île d'Hispaniola. Ses plantations s'étalent sur les chaînes montagneuses du centre, dans de petites vallées où un microclimat, entre 600 et 1 450 mètres, favorise la caféiculture. Les petits producteurs y cultivent sous ombrage naturel.

    Régulièrement exposée aux cyclones, l'île a bénéficié d'un programme franco-dominicain (AFD, Codocafé) visant à la fois la sensibilisation des producteurs, le financement d'infrastructures et la définition des terroirs. Les meilleurs lots d'altitude sont regroupés sous l'appellation « Cibao Altura », considérée comme le meilleur cru de l'île.

    Caractéristiques de production
    Espèce botanique
    Arabica
    Nature du sol
    Calcaire à granitique, riche en minéraux
    Altitude
    600 à 1 400 m
    Ombrage
    Arbres forestiers
    Récolte
    Manuelle et sélective (picking)
    Traitement
    Voie humide et semi-humide ; séchage sur aires cimentées ou fours
    Préparation
    Calibrage mécanique ; triage mécanique complété à la main
    Période de récolte
    Décembre à mai
    Conditionnement
    Sac de 60 kg
    Classification des cafés

    Il n'existe pas encore de critère officiel : producteur et importateur définissent ensemble un cahier des charges (altitude, variétés, ombrage, récolte, traitement, taille des grains, triage). L'organisme d'État CODOCAFE met toutefois en place, avec l'AFD, un système national de grades.

    Ce système combine : région de production, altitude, variétés, méthode de traitement et nombre de défauts maximum. Exemple : « Cibao Altura – Supremo AA » = Arabica lavé de Cibao Altura, calibrage > 18, 5 défauts max, aspect bleu-vert et homogène.

    Histoire et aujourd'hui

    L'histoire

    Le café est introduit dans la partie orientale d'Hispaniola en même temps que dans la partie occidentale, en 1715. Des plants venus de Martinique renforcent ensuite la culture.

    La trace est directe : de Clieu mentionne explicitement l'envoi de plants à « Santo Domingo » après 1728.

    La suite, elle, n'a rien de commun avec celle de la moitié voisine. En 1920, la république exportait 1 361 666 livres, quarante-cinq fois moins qu'Haïti sur la même île.

    Autrement dit, la même plante, entrée à la même date, n'a pas donné la même filière.

    Ukers, All About Coffee (1922), ch. II, p. 5-10 ; Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs), p. 290

    Le contraste entre les deux moitiés de l'île est l'un des faits les plus parlants de la géographie caféière. Même roche, même climat, même date d'introduction, et deux trajectoires opposées.

    Aucune source consultée n'explique cet écart. Le fait se mesure, sa cause reste ouverte.

    La fiche note un appui extérieur. Régulièrement exposée aux cyclones, la République Dominicaine a bénéficié d'un programme franco-dominicain associant l'Agence française de développement et Codocafé. Il portait sur trois volets : la sensibilisation des producteurs, le financement d'infrastructures et la définition des terroirs.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 352 000 sacs, est celui de la fiche. Les plantations s'étalent sur les chaînes montagneuses du centre, dans de petites vallées à microclimat, entre 600 et 1 450 mètres, sous ombrage naturel. Les variétés sont le Typica, le Catuai, le Caturra et le Bourbon ; la récolte se fait en picking, le traitement en voie humide et semi-humide, avec séchage sur aires cimentées ou en fours.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Les meilleurs lots d'altitude sont regroupés sous l'appellation « Cibao Altura », considérée comme le meilleur cru de l'île.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Zones d'ombre

    • Aucun volume de production dominicain récent n'a pu être sourcé.
    • Les dates et le montant du programme franco-dominicain ne sont pas documentés par les sources du corpus.
    • L'écart historique entre Haïti et la République Dominicaine sur la même île n'est expliqué par aucune source consultée.
    • La part de la production dominicaine consommée sur place n'est pas chiffrée.

    26Amérique du Sud

    Amérique du Sud

    27Bolivie

    142 000 sacs (ICO 2009)

    La Bolivie est un petit producteur, à l'ombre de ses grands voisins brésilien et péruvien. Le café y a été encouragé par le gouvernement à partir des années 1950, notamment pour remplacer la coca. Les caféiculteurs sont issus de peuples indigènes, quechua ou aymara, cultivant de petites surfaces.

    Les pratiques sont respectueuses de l'environnement, presque sans produits phytosanitaires. Réunis en coopératives, les producteurs travaillent dans une vraie démarche de qualité, soutenus par des structures comme l'ACEB et la FECAFEB. On assemble volontiers les variétés, ce qui donne des cafés réputés suaves et d'une grande finesse.

    Caractéristiques de production
    Espèce botanique
    Arabica exclusivement
    Variétés
    Typica, Criolla, Caturra, Catuai, Catimor
    Altitude
    500 à 1 600 m
    Ombrage
    Arbres fruitiers (papaye, bananier) et siquile
    Récolte
    Manuelle et sélective
    Traitement
    Voie humide (80 %) et voie sèche (20 %)
    Triage
    Manuel
    Période de récolte
    Mars à octobre
    Conditionnement
    Sac de 69 kg
    Classification des cafés

    La Bolivie a récemment adopté une table des défauts inspirée du modèle colombien, avec deux groupes de défauts.

    GroupeDéfauts concernés
    Groupe 1 (primaires)Défauts qui altèrent la tasse : fève puante, immature, noire
    Groupe 2 (secondaires)Défauts qui impactent l'aspect du vert : fève spongieuse, scolytés, cassés, bois, pierre…

    Deux descriptions selon le nombre de défauts : Bolivie « Primera Arabica » et Bolivie « Extra Arabica ». L'altitude et la granulométrie servent à affiner. Dans la pratique, les cafés se vendent souvent sous les appellations « Excelso » et « Supremo » (selon la taille et l'homogénéité des grains).

    Histoire et aujourd'hui

    L'histoire

    La Bolivie n'apparaît pas dans le tableau mondial des exportations d'Ukers en 1922, alors que l'Équateur et le Pérou y figurent : sa caféiculture d'exportation est plus tardive. La fiche indique un encouragement gouvernemental à partir des années 1950, notamment pour remplacer la coca.

    Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs), p. 290 ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Le pays est resté à l'écart des grandes vagues de sélection variétale. Son verger tient en cinq noms : Typica, Criolla, Caturra, Catuai et Catimor.

    Criolla n'est pas une variété de plus : c'est l'autre nom du Typica en Amérique latine.

    Le reste est le fonds commun latino-américain, celui qu'on retrouve d'un pays à l'autre du continent. Aucune lignée nationale n'en est sortie, et rien ne porte ici de nom bolivien.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiche Typica

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 142 000 sacs, est celui de la fiche (ICO 2009). La culture se fait entre 500 et 1 600 mètres, en récolte manuelle sélective, avec 80 % de voie humide et 20 % de voie sèche. Les caféiculteurs sont issus de peuples indigènes, quechua ou aymara, sur de petites surfaces, avec des pratiques presque sans produits phytosanitaires.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Réunis en coopératives, les producteurs travaillent dans une démarche de qualité soutenue par des structures comme l'ACEB et la FECAFEB. L'assemblage de variétés est courant, ce qui donne des cafés réputés suaves.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Zones d'ombre

    • L'année exacte du programme gouvernemental de substitution à la coca n'est pas établie par les sources consultées.
    • Aucun volume de production bolivien postérieur à 2009 n'a pu être sourcé.
    • Les dates de création de l'ACEB et de la FECAFEB ne sont pas documentées dans le corpus.
    • La date d'arrivée de la rouille en Bolivie n'est pas donnée par les sources disponibles.
    Amérique du Sud

    28Brésil

    39 470 000 sacs (ICO 2009/10)

    Le Brésil, c'est le pays des grands espaces. Premier producteur et premier exportateur mondial, il produit à lui seul environ un quart de l'offre mondiale de café. Ses « fazendas » comptent parmi les plus avancées technologiquement au monde, capables de traiter d'énormes volumes très vite.

    Mais réduire le Brésil au volume serait passer à côté d'une évolution : le pays présente de plus en plus de cafés de spécialité, la qualité devenant un vrai argument commercial, soutenu par les pouvoirs publics. C'est aussi, fait moins connu, le premier pays consommateur de café au monde, devant les États-Unis.

    Caractéristiques de production
    Espèces botaniques
    Arabica (85 %), Canephora (15 %)
    Variétés
    Arabica : Typica, Bourbon, Caturra, Maragogype ; Canephora : Conillon
    Altitude
    200 à 1 300 m
    Récolte
    Mécanique
    Traitement
    Voie humide et voie sèche
    Triage
    Mécanique ou électronique
    Période de récolte
    Mars à novembre
    Conditionnement
    Sac de 60 kg

    Volume récent 65 millions de sacs en 2025-2026, 71,9 prévus en 2026-2027, recordUSDA FAS, Coffee: World Markets and Trade, juin 2025 et juin 2026

    Classification des cafés

    L'origine géographique

    Au choix : le port d'embarquement (ex. Santos), l'État (ex. Minas Gerais) ou la région (ex. Sul de Minas).

    Le nombre de défauts (« type », échantillon de 300 g)

    TypeDéfauts max
    Type 28
    Type 2/312,5
    Type 317
    Type 3/423,5
    Type 430
    Type 4/558,5
    Type 587

    Granulométrie : le crible (0,4 mm) va de 13 à 20 pour les fèves plates, de 9 à 12 pour les fèves rondes (Caracoli / Peaberry).

    Le goût : douceur et finesse

    Douceur (du + au − doux)Finesse (du + au − fin)
    Strictly SoftFine Cup
    SoftGood Cup
    SoftishFair Cup
    HardPoor Cup
    HardishBad Cup
    Rio-

    Exemple de description typique : « Brésil – Cerrado Type 2 crible 18 Strictly Soft Fine Cup ».

    Histoire et aujourd'hui
    Cueillette et ensachage au Brésil
    Cueillette et ensachage au Brésil
    Cueillette et transport aux champs, São Paulo
    Cueillette et transport aux champs, São Paulo
    Chemin de fer privé sur une fazenda de São Paulo
    Chemin de fer privé sur une fazenda de São Paulo

    L'histoire

    La première plantation brésilienne est établie à Pará en 1723, avec des plants venus de Guyane française. Elle échoue, sans qu'on sache pourquoi.

    Légende · La version célèbre veut que le Portugais Francisco de Melo Palheta ait rapporté les graines de Cayenne. Il y avait été envoyé en 1727 pour arbitrer une querelle de frontière, et la Guyane refusait d'exporter ses graines. L'épouse du gouverneur les lui aurait glissées dans un bouquet d'adieu.

    Ce qui est établi tient en deux propositions : le Portugal cherchait des graines, et le Brésil en a eu. Le trajet exact, lui, appartient au récit.

    La culture intensive part ensuite des colonies portugaises du Pará et de l'Amazonas, en 1752. Deux apports datés la suivent.

    • 1760João Alberto Castello Branco rapporte à Rio un caféier venu de Goa.
    • 1774Le moine Molke offre des graines au monastère des Capucins de Rio.
    Ukers, All About Coffee (1922), ch. II, p. 5-10 ; document de formation professionnelle, L'Histoire du café ; LC ch. 8
    • Le XXe siècle brésilien est celui de la surproduction gérée politiquement. La récolte de 1906-1907 atteint 20 190 000 sacs quand le monde en consomme moins : São Paulo lance la « valorisation », achète et stocke pour tenir les cours
    • et place en 1908 un emprunt de 75 millions de dollars. Le krach de 1929 laisse le pays avec des stocks invendables
    • à partir de 1931, l'État détruit le café. Puis
    • dans la nuit du 17 au 18 juillet 1975, une gelée dite noire s'abat sur le Paraná et le sud de São Paulo : environ un milliard et demi d'arbres tués, et un prix mondial qui plus que triple.
    Ukers 1922 ; Pendergrast 1999 ; McCook 2019 ; LC ch. 11 et 19
    • Le Brésil est aussi le premier sélectionneur mondial. L'Institut agronomique de Campinas a produit le Caturra (mutation naine du Bourbon repérée vers 1915-1918, enregistrée en 1951)
    • le Mundo Novo (croisement naturel Sumatra Typica par Bourbon rouge, 1943, enregistré en 1977)
    • le Catuai (Caturra jaune par Mundo Novo, 1949, enregistré en 1972) et l'Icatu, canephora tétraploïdisé croisé avec du Bourbon. Le Maragogype a été repéré à Maragogipe, dans l'État de Bahia
    • vers 1870, et le Conilon, canephora de type guinéen
    • introduit en 1912 dans l'Espírito Santo.
    World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Caturra, Mundo Novo, Catuai, Icatu, Maragogipe, Conilon ; Setotaw et al., Crop Science 53 (2013)

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 39 470 000 sacs, est celui de la fiche (ICO 2009-2010). Il a vieilli, et le repère de volume récent placé plus haut dans cette fiche le corrige.

    Le rang, lui, n'a pas bougé : premier producteur et premier exportateur mondial, avec environ un quart de l'offre mondiale. La récolte est mécanique, entre 200 et 1 300 mètres, en voie humide comme en voie sèche.

    L'Espírito Santo a par ailleurs diffusé des variétés clonales de Conilon. Une variété clonale n'est pas une lignée semée, mais un assemblage de boutures, chacune identique au pied dont elle vient.

    La Vitória Incaper 8142 en réunit treize, compatibles entre eux. Le Robustão Capixaba, lui, a été retenu pour sa tolérance à la sécheresse.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Vitória Incaper 8142 et Emcapa 8141 ; Ferrão et al. 2020

    Le pays de volume est aussi devenu un pays de spécialité : le pulped natural, le cereja descascado, apparaît après la dissolution de l'Institut brésilien du café et s'est diffusé dans le monde entier. Le Brésil est enfin le premier pays consommateur de café au monde, devant les États-Unis.

    LC ch. 17b ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Zones d'ombre

    • L'histoire de Palheta et du bouquet est une légende : aucune source primaire ne l'atteste.
    • Le nombre d'arbres tués par la gelée de 1975, « environ un milliard et demi », est une estimation reprise de Pendergrast, pas un comptage.
    • Le quart de l'offre mondiale attribué au Brésil varie fortement selon les années et le cycle bisannuel de production.
    • L'année exacte de dissolution de l'Institut brésilien du café n'est pas donnée par les sources consultées.
    Amérique du Sud

    29Colombie

    8 500 000 sacs (ICO 2009)

    La Colombie est le premier producteur mondial d'Arabica lavé, dans le jargon, les « Mild Washed Arabica ». C'est un choix assumé : le pays travaille presque exclusivement en voie humide, en misant sur la qualité. Les zones de production s'étirent du Nord au Sud, dans les montagnes des Andes.

    Un demi-million de familles vivent directement de la caféiculture. La filière est encadrée depuis 1927 par la Fédération Nationale du Café, dont l'action porte autant sur la ferme que sur les communautés rurales, l'environnement et la formation des jeunes. Un système de suivi (SICA) et le centre de recherche Cenicafé servent de référence technique aux producteurs.

    Caractéristiques de production
    Espèce botanique
    Arabica
    Altitude
    800 à 1 900 m
    Ombrage
    Arbres fruitiers et forestiers
    Récolte
    Manuelle et sélective
    Traitement
    Voie humide ; séchage sur aires cimentées ou fours
    Triage
    Densimétrique et colorimétrique ; calibrage
    Période de récolte
    Principalesept. à déc. ; seconde (mitaca) : quelques mois plus tard
    Conditionnement
    Sac de 70 kg

    Volume récent 14,87 millions de sacs sur l'année caféière octobre 2024-septembre 2025, la plus haute depuis 33 ans ; 13,67 millions sur l'année civile 2025, en baisse de 2 %Federación Nacional de Cafeteros, bilans 2025 (Semana, Portafolio, La República)

    Classification des cafés

    Le nombre de défauts

    Deux groupes : Groupe 1 (défauts qui altèrent le goût : fève puante, immature, noire) et Groupe 2 (défauts d'aspect et de perte de masse). Rapport de 1 à 10 : un défaut du groupe 1 vaut 10 du groupe 2. Sur 500 g, l'export autorise 72 défauts (exportateurs privés) ou 42 (Fédération).

    Cafés de spécialité : par grade

    GradeCritères
    AA0 défaut du groupe 1 ; 5 max du groupe 2 ; sans Broca ni insecte
    A3 max du groupe 1 ; 8 max du groupe 2

    La granulométrie

    AppellationCritères
    MaragogypeGrains « géants » (variété), très faible volume, région de Medellín
    Supremo 18+Max 5 % < crible 18 ; 100 % > crible 14
    SupremoMax 5 % < crible 17 ; 100 % > crible 14
    Excelso ExtraMax 5 % < crible 16 ; 100 % > crible 14
    ExcelsoMax 2,5 % < crible 15 ; 100 % > crible 12
    UGQ (Usual Good Quality)Max 1,5 % < crible 14 ; 100 % > crible 12

    Traditionnellement vendus en Medellín/Armenia type Excelso ou Supremo. De plus en plus, on désigne le terroir : Quindío, Popayán, Bucaramanga, Huila, Tolima, Nariño…

    Histoire et aujourd'hui
    Domaine caféier d'Antioquia, avec ses brise-vent
    Domaine caféier d'Antioquia, avec ses brise-vent

    L'histoire

    Le plus ancien témoignage écrit du café en Colombie est celui du jésuite José Gumilla. Il note vers 1730 la présence de la plante à la mission de Santa Teresa de Tabajé, près de l'embouchure du Meta.

    Un témoignage écrit ne date pas une introduction. Il dit seulement qu'à cette date la plante était là, ce qui en fait le repère le plus ancien dont on dispose.

    Légende · La tradition de Salazar de las Palmas, dans le Norte de Santander, veut que le père Francisco Romero ait imposé à ses paroissiens une pénitence agricole : planter trois ou quatre caféiers par péché confessé. L'archevêque en aurait fait une pratique générale.

    La Federación Nacional de Cafeteros reprend le récit, mais il n'a pas de source primaire. Rien ne permet donc de savoir s'il s'est passé quoi que ce soit de tel.

    Gumilla, El Orinoco ilustrado (1741, rédigé vers 1730) ; tradition orale de Salazar de las Palmas reprise par la Federación Nacional de Cafeteros ; document de formation professionnelle, L'Histoire du café

    En 1922, Ukers note que les statistiques colombiennes du commerce extérieur sont trop irrégulières pour comparer l'avant et l'après-guerre. Autrement dit, aucune série ne permet de mesurer ce que la guerre a changé.

    Il relève tout de même où partait le café : l'Angleterre, la France, l'Allemagne et les États-Unis prenaient l'essentiel des exportations.

    La structure moderne de la filière date de 1927 et de la fondation de la Federación Nacional de Cafeteros. Elle organise les producteurs et garantit l'achat, ce qui, pour un planteur, veut dire qu'il trouve toujours preneur.

    En 1938, la Federación se dote de son centre de recherche, Cenicafé. Le pays tient dès lors les deux outils dont il se servira ensuite : une organisation de producteurs et un laboratoire.

    En 1959, la Federación crée avec l'agence Doyle Dane Bernbach le personnage de Juan Valdez. Un pays devient une marque.

    Ukers 1922, ch. XIX, p. 190-206, p. 195-196 ; Federación Nacional de Cafeteros, historique ; Cenicafé
    • La Colombie est le pays qui a le plus investi dans la résistance à la rouille
    • et cela se lit dans ses variétés. Cenicafé diffuse en 1982 la Variedad Colombia, composite de lignées Caturra par HdT 1343 en génération F5
    • 1983un an avant l'arrivée de la rouille dans le pays
    • 2002puis le Tabi
    • le Castillo en 2005, qui occupe plus de 40 % du verger colombien
    • et Cenicafé 1 en 2016. Entre 2007 et 2011, le pays perd malgré tout environ un tiers de sa production sous l'effet du Big Rust, et une grande partie du verger est replantée dans les années qui suivent.
    World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Variedad Colombia, Tabi, Castillo, Cenicafé 1 ; McCook 2019, p. 171 ; LC ch. 16

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 8 500 000 sacs, est celui de la fiche (ICO 2009). Le pays est le premier producteur mondial d'arabica lavé, les « Mild Washed Arabica », et travaille presque exclusivement en voie humide, entre 800 et 1 900 mètres, en récolte manuelle sélective, avec séchage sur aires cimentées ou en fours. Un demi-million de familles vivent directement de la caféiculture ; un système d'information sur les fermes, le SICA, et Cenicafé servent de référence technique.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Le pays fournit aussi une part importante des variétés de spécialité récentes dont l'identité a été révisée par le génotypage, c'est-à-dire par la lecture de marqueurs de leur ADN.

    Le Pink Bourbon du Huila n'est pas un Bourbon. Deux tests ADN en font une landrace éthiopienne, autrement dit une population locale cultivée de longue date sans passer par la sélection.

    Le Chiroso d'Urrao a connu le même sort. On le donnait depuis longtemps pour une mutation de Caturra ; le génotypage l'a rattaché au groupe « Core Ethiopia ».

    Les deux corrections vont dans le même sens, vers l'Éthiopie. Le nom que porte un café ne dit donc pas toujours d'où vient la plante.

    World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Pink Bourbon et Chiroso ; DNA Analytica 2017 ; RD2 Vision 2023

    Zones d'ombre

    • L'histoire du père Romero est une légende sans source primaire ; la Federación elle-même la présente comme une tradition.
    • Le chiffre de 33 % de perte entre 2007 et 2011 est un ordre de grandeur repris de la littérature, pas un comptage parcelle par parcelle.
    • La part exacte du Castillo dans le verger évolue chaque année ; le chiffre de 40 % vient de la fiche variétale.
    • L'identité génétique du Pink Bourbon et du Chiroso est établie par des tests commerciaux, non par une publication revue par les pairs.
    Amérique du Sud

    30Équateur

    813 000 sacs (ICO 2009)

    En Équateur, la culture du café ne s'est vraiment développée qu'à partir des années 1920, en remplacement de bananiers et cacaoyers malades. Traversé par les Andes et couvert à l'Est par l'Amazonie, le pays permet à la fois l'Arabica d'altitude et le Canephora de basse altitude.

    La filière reste traditionnelle, de la culture à la transformation, avec près de la moitié de petits propriétaires. Le vrai atout de l'Équateur, c'est son écosystème unique et son potentiel agro-climatique, les îles Galápagos en sont l'exemple le plus frappant. Deux régions, Pichincha et Loja, forgent aujourd'hui sa réputation sur les marchés exigeants.

    Caractéristiques de production
    Espèces botaniques
    Arabica, Canephora
    Variétés
    Typica, Caturra, Bourbon, Pacas, Catuai, Catimor, Sarchimor
    Altitude
    1 500 à 2 000 m
    Ombrage
    Arbres fruitiers (bananiers, cacaoyers)
    Récolte
    Manuelle et sélective (picking)
    Traitement
    Voie humide et voie sèche ; fermentation 12-36 h pour les lavés
    Triage
    Densimétrique, mécanique et électronique, complété à la main
    Période de récolte
    Juin à octobre
    Conditionnement
    Sac de 69 kg
    Classification des cafés

    Il n'existe pas de procédure officielle établie ; certains critères reviennent néanmoins fréquemment.

    L'altitude

    Principal déterminant de la qualité : elle conditionne la maturation et les précurseurs d'arôme. Acidité et fruité y sont directement liés.

    Qualité

    PréparationCritères
    EuropéenneRécolté et trié à la main, crible 18/19, tasse douce et fruitée
    USStandard, trié par machine, crible 17/18

    Granulométrie : le modèle colombien (« Excelso », « Supremo ») est souvent repris pour décrire l'homogénéité et la taille des grains.

    Histoire et aujourd'hui

    L'histoire

    En 1919, l'Équateur exporte 3 729 413 livres de café. Sa moyenne quinquennale, c'est-à-dire la moyenne calculée sur cinq ans, atteint 5 843 033 livres : 1919 est donc une année basse.

    Ces chiffres servent surtout à situer le pays parmi ses voisins. L'Équateur exporte dix fois plus que le Pérou à la même date, et bien moins que la Colombie.

    La caféiculture équatorienne est donc jeune. La fiche place son vrai développement dans les années 1920, et lui donne une cause précise : les bananiers et les cacaoyers tombent malades, et le caféier prend leur place.

    Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs), p. 290 ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Le pays a donné deux variétés dont le génotypage a renversé l'identité. La Sidra, présentée à l'origine comme un croisement Typica par Bourbon issu d'une station Nestlé, est placée par l'analyse génétique dans le groupe éthiopien. Le Typica Mejorado n'est pas un Typica : le génotypage indique un croisement spontané entre du Bourbon et une landrace éthiopienne. Deux noms commerciaux, deux identités fausses.

    World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Sidra et Typica Mejorado

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 813 000 sacs, est celui de la fiche (ICO 2009).

    Ici, c'est le relief qui commande. Les Andes donnent l'altitude, l'Amazonie donne les terres basses, si bien que le même pays porte l'arabica d'altitude et le canephora de basse altitude.

    Les variétés déclarées sont le Typica, le Caturra, le Bourbon, le Pacas, le Catuai, le Catimor et le Sarchimor. Elles poussent entre 1 500 et 2 000 mètres.

    La récolte se fait en picking, c'est-à-dire cerise par cerise et en ne prenant que les mûres. Le pays travaille les deux voies, humide et sèche, avec une fermentation de 12 à 36 heures pour les lots lavés.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025

    La filière reste traditionnelle, de la culture à la transformation, avec près de la moitié de petits propriétaires. Deux régions, Pichincha et Loja, forgent la réputation du pays sur les marchés exigeants ; les Galápagos servent d'exemple extrême de l'écosystème équatorien.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Zones d'ombre

    • La date d'introduction du café en Équateur n'est pas donnée par les sources consultées.
    • Aucun volume de production équatorien postérieur à 2009 n'a pu être sourcé.
    • L'histoire de la station Nestlé à l'origine supposée de la Sidra n'est pas documentée par une source primaire.
    • La production caféière des Galápagos n'est chiffrée par aucune source du corpus.
    Amérique du Sud

    31Pérou

    3 315 000 sacs (ICO 2009)

    Le Pérou se situe au 8e rang mondial et exporte l'essentiel de sa production, largement certifiée biologique. La caféiculture s'étend sur environ 230 000 hectares, dans presque toutes les provinces, et fait vivre 150 000 familles, à 80 % de très petites propriétés de moins de deux hectares.

    La grande évolution de la dernière décennie est un changement de gouvernance. Le café péruvien est passé d'une gestion étatique à une association privée d'exportateurs et de producteurs (Camara).

    Le transfert a compté parce qu'il a porté sur deux leviers concrets. L'association a posé des standards de qualité, et elle a formé les producteurs. C'est de là que vient le redressement de l'image du pays.

    Caractéristiques de production
    Espèce botanique
    Arabica
    Variétés
    Typica (70 %), Caturra (20 %), autres (10 %)
    Altitude
    600 à 1 800 m
    Ombrage
    Arbres fruitiers et forestiers
    Récolte
    Manuelle et sélective
    Traitement
    Voie humide (principalement)
    Préparation
    Calibrage
    Période de récolte
    Avril à octobre et septembre à février
    Conditionnement
    Sac de 69 kg
    Classification des cafés

    Altitude de production

    DescriptionAltitude
    Good Washed (GW)700 m
    Extra Good Washed (EG)700 – 850 m
    Extra Prime Washed (EP)900 – 1 100 m
    Semi Hard Bean (SH)1 100 – 1 200 m
    Hard Bean (HB)1 200 – 1 400 m
    Fancy Hard Bean (FHB)1 500 – 1 600 m
    Strictly Hard Bean (SHB)1 600 – 1 700 m

    Le grade

    Pour l'import européen, jusqu'à 22 défauts tolérés sur un échantillon de 350 g.

    GradeDéfauts maxCrible / humidité
    Grade 11550 % min > crible 15 ; 5 % max < 14 ; Superior Cup
    Grade 2235 % max < crible 14 ; humidité 10-12 %
    Grade 33050 % min > crible 15 ; humidité 10-12,5 %
    Grade 43550 % min > crible 15 ; humidité ≤ 13 %
    Grade 540Pas de limite de crible ; humidité ≤ 13 %

    Le crible se mesure de 13 à 20 (1 unité ≈ 0,4 mm). Sans indication de criblage, « AA » = grande fève (crible 18), « A » = fève moyenne (crible 16).

    Histoire et aujourd'hui

    L'histoire

    Le Pérou est, dans le tableau mondial de 1922, une origine marginale : 370 655 livres exportées en 1919, pour une moyenne quinquennale de 455 212, soit dix fois moins que l'Équateur voisin. Toute son histoire caféière est donc récente.

    Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs), p. 290

    Le Pérou est l'un des trois pays dont la perte au Big Rust, la grande épidémie de rouille de ces années-là, a été chiffrée. Sa production recule de 39 % sur l'épisode de 2012-2013.

    Deux voisins font pire : le Salvador, avec moins 57 %, et le Mexique, avec moins 46 %. Le Pérou vient donc juste derrière eux dans ce classement des dégâts.

    La riposte explique pourquoi le pays revient si souvent dans la littérature variétale. Avec le Guatemala et le Costa Rica, il devient l'un des trois terrains d'essais pré-commerciaux d'hybrides F1. Ces hybrides sont des croisements de première génération entre deux parents distincts, essayés en réponse à l'épidémie.

    LC ch. 16 ; PROMECAFÉ

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 3 315 000 sacs, est celui de la fiche (ICO 2009). Il est donc ancien. L'USDA annonce depuis un rebond de 8 %, à 4,2 millions de sacs pour la campagne 2025-2026, mais c'est une prévision, pas un relevé.

    Le verger tient en deux variétés principales : le Typica pour 70 % et le Caturra pour 20 %, les autres variétés se partageant les 10 % restants. Le Mundo Novo brésilien y est aussi largement planté.

    La culture s'étage entre 600 et 1 800 mètres. La récolte est manuelle et sélective, et le traitement se fait principalement en voie humide, celle où le grain est dépulpé et lavé avant séchage.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; USDA FAS, Coffee: World Markets and Trade, juin 2026 ; World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiche Mundo Novo

    La caféiculture couvre environ 230 000 hectares dans presque toutes les provinces et fait vivre 150 000 familles, à 80 % sur des propriétés de moins de deux hectares, largement certifiées biologiques. L'évolution marquante de la dernière décennie est le passage d'une gestion étatique à une association privée d'exportateurs et de producteurs, qui a posé des standards de qualité et formé les producteurs.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Zones d'ombre

    • La date d'introduction du café au Pérou n'est pas donnée par les sources consultées.
    • Le nom exact et la date de création de l'association privée qui a remplacé la gestion étatique ne sont pas documentés dans le corpus.
    • Le chiffre de 4,2 millions de sacs pour 2025-2026 est une prévision, pas un relevé.
    • La part du verger péruvien replantée après le Big Rust n'est pas chiffrée.

    32Asie

    Asie

    33Chine

    En Chine, le café est une histoire récente et encore en construction. La quasi-totalité de la production vient du Yunnan, la « terre rouge », dont le climat et le relief rappellent les Andes colombiennes. Les caféiers, protégés des gelées par les montagnes, y sont cultivés par de petites fermes.

    Le pays est à la fois producteur d'Arabica (dont il exporte presque tout) et importateur de Canephora venu du Laos et du Vietnam. La filière a été soutenue dans les années 1980 par un programme des Nations Unies, et reste aujourd'hui en plein développement.

    Caractéristiques de production
    Espèce botanique
    Arabica
    Variétés
    Caturra ; S288 (résistante à la rouille)
    Altitude
    700 à 1 200 m
    Ombrage
    Variable selon les plantations
    Récolte
    Manuelle et sélective
    Traitement
    Voie humide
    Triage
    Mécanique (triage et calibrage)
    Période de récolte
    Novembre à mars
    Conditionnement
    Sac de 60 kg
    Classification des cafés

    Le système chinois combine nombre de défauts et granulométrie, regroupés en grades.

    GradeCritères
    Grade 190 % min > crible 17 ; 10 % max < crible 15 ; 5 % max de défauts ; 0,5 % de défauts majeurs (grains noirs…)
    Grade 290 % min > crible 14 ; 10 % max < crible 12 ; 8 % max de défauts ; 1 % max de défauts majeurs
    Histoire et aujourd'hui

    L'histoire

    La Chine n'apparaît pas dans le tableau mondial des exportations d'Ukers en 1922 : sa caféiculture est entièrement postérieure. La fiche situe le décollage dans les années 1980, avec l'appui d'un programme des Nations unies, et la quasi-totalité de la production dans le Yunnan.

    Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs), p. 290-291 ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Le matériel végétal chinois est importé, et le choix des deux variétés en dit long sur le projet.

    Le premier pilier est le Caturra, mutation naine du Bourbon sélectionnée au Brésil.

    Le second est le S.288. C'est la première variété résistante à la rouille, diffusée en Inde par le Central Coffee Research Institute en 1936-1937. Elle est issue d'un hybride naturel entre arabica et liberica, une autre espèce du genre Coffea.

    Le choix du S.288 est le plus parlant des deux. On a planté pour la résistance à la maladie, pas pour ce que le café donnerait dans la tasse.

    World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Caturra et S.288 (Sln.1)

    Aujourd'hui

    La fiche ne donne pas de volume de production pour la Chine. La culture se fait entre 700 et 1 200 mètres, dans la « terre rouge » du Yunnan, sur de petites fermes protégées des gelées par les montagnes, en récolte manuelle sélective et en voie humide. Le pays est à la fois producteur d'arabica, dont il exporte presque tout, et importateur de canephora venu du Laos et du Vietnam.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Zones d'ombre

    • Aucun volume de production chinois n'est donné par la fiche ni sourcé ailleurs ici.
    • Le programme des Nations unies des années 1980 n'est ni nommé ni daté par les sources consultées.
    • La date d'introduction du café en Chine (les missionnaires français du Yunnan sont souvent cités) n'est établie par aucune source du corpus.
    • La part de la consommation intérieure chinoise, en forte croissance, n'est pas chiffrée ici.
    Asie

    34Inde

    4 827 000 sacs (ICO 2009)

    En Inde, la culture du café serait née il y a plus de quatre siècles : la légende attribue à un pèlerin, Baba Budan, l'importation de graines d'Arabica du Yémen. Mais la vraie production ne s'est développée que sous la colonisation anglaise, vers 1840. Le pays est aujourd'hui le cinquième producteur mondial.

    Le café se concentre dans les trois États du Sud (Karnataka, Kerala, Tamil Nadu), cultivé sous des ombrages forestiers très variés et associé à d'autres cultures (cardamome, poivre, agrumes) qui participent à l'aromatique. L'engouement local est tel que l'Inde en vient à importer du café. Quelques cafés sont uniques au monde, comme le Malabar Moussonné, blanchi par les vents de mousson.

    Caractéristiques de production
    Espèces botaniques
    Arabica (40 %), Canephora (60 %)
    Variétés
    Arabica : Kent, dérivés de Catimor et Caturra ; Canephora : Peridenia, S.274, C×R
    Altitude
    600 à 2 000 m
    Ombrage
    Bananier, poivre, cardamome, oranger, vanille, gingembre, manguier…
    Récolte
    Manuelle et sélective (picking)
    Traitement
    Voie humide ; séchage naturel
    Triage
    Mécanique et manuel
    Période de récolte
    Novembre à mars
    Conditionnement
    Sac de 60 kg

    Volume récent 3,7 millions de sacs en 2024-2025USDA FAS, 2025

    Classification des cafés

    Le système indien repose sur un jeu de grades liés au traitement et à la préparation, souvent accompagné du terroir ou du nom de la plantation.

    Vocabulaire de traitement

    Cherry = café nature (Robusta ou Arabica) ; Parchment = Robusta lavé ; Plantation = Arabica lavé.

    Canephora (nature et lavé)

    GradeCritères
    Cherry AANature trié ; 90 % retenus crible 18 ; tolérance triage 3 %
    Cherry ANature trié ; 90 % retenus crible 17 ; tolérance 3 %
    Cherry / Parchment ABNature et lavé trié ; 90 % retenus crible 15 ; tolérance 3 %
    Cherry / Parchment PBTrié, non calibré ; tolérance 3 %
    Cherry / Parchment BulkNon trié, non calibré ; tolérance 10 %
    Cherry / Parchment CNon trié, non calibré

    Arabica nature

    GradeCritères
    Cherry ABTrié ; 90 % retenus crible 15 ; tolérance 3 %
    Cherry PBTrié, non calibré ; tolérance 3 %
    Cherry BulkNon trié, non calibré ; tolérance 18 %
    Cherry CNon trié ; 75 % retenus crible 14

    Arabica lavé (Plantation)

    GradeCritères
    Plantation ATrié ; 90 % retenus crible 17 ; tolérance 2 %
    Plantation BTrié ; 75 % retenus crible 15 ; tolérance 3 %
    Plantation CNon trié ; 75 % retenus crible 14
    Histoire et aujourd'hui
    Culture sous ombrage, domaine d'Urban, Inde
    Culture sous ombrage, domaine d'Urban, Inde

    L'histoire

    Légende · La tradition indienne attribue l'introduction du café à Baba Budan, pèlerin musulman qui aurait rapporté sept graines du Yémen et les aurait plantées près de sa hutte à Chikmagalur, dans les montagnes du Mysore. Ukers donne la tradition pour 1600 mais précise qu'une meilleure autorité donne 1695 ; il ajoute avoir vu sur place les descendants de ces premiers plants, sous des arbres de jungle séculaires. La culture anglaise, elle, ne commence qu'en 1840.

    Ukers, All About Coffee (1922), ch. II, p. 5-10 ; LC ch. 6 ; document de formation professionnelle, L'Histoire du café

    L'Inde est la première étape hors d'Arabie de la route du café, et cette position lui donne un rôle dans toute la généalogie qui suit.

    C'est de Malabar que partent, en 1696, les plants envoyés à Java par Adrian Van Ommen, à l'instigation du bourgmestre d'Amsterdam Nicolaas Witsen.

    Puis, en 1699, partent les boutures de Henricus Zwaardecroon. Ce sont elles qui deviendront les ancêtres de tous les cafés des Indes néerlandaises. La côte de Malabar est donc la source du café colonial hollandais.

    La rouille, elle, frappe l'Inde en 1872. Soit trois ans après Ceylan, ce qui donne la mesure de la vitesse à laquelle le champignon a gagné le continent.

    Ukers, All About Coffee (1922), ch. II, p. 5-10 ; LC ch. 8, 12 et 13
    • C'est aussi l'Inde qui a fourni les premières résistances. Le Kent
    • sélection de L. P. Kent au domaine de Doddengudda dans le Mysore entre 1911 et 1920, est la première variété à montrer une tolérance à la rouille, contournée depuis
    • 1936-1937et elle est diffusée en Afrique de l'Est et à Java. Le S.288 suit
    • puis le S.795 en 1945-1946, croisement de S.288 et de Kent, première variété résistante largement diffusée, connue en Indonésie sous le nom de Jember. Le Sln.6, ou CxR, croise le canephora S.274 avec du Kent tétraploïdisé, et le Cauvery est le Catimor indien
    • 1985reçu du CIFC
    World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Kent, S.288, S.795, Sln.6, Cauvery ; Central Coffee Research Institute, Coffee Board of India

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 4 827 000 sacs, est celui de la fiche (ICO 2009). L'USDA donne 3,7 millions de sacs pour 2024-2025 : les deux chiffres ne portent pas sur les mêmes campagnes et ne se comparent pas directement.

    La production se concentre dans les trois États du Sud : Karnataka, Kerala et Tamil Nadu. Elle s'étage entre 600 et 2 000 mètres.

    Le café y pousse sous des ombrages forestiers variés, associé à la cardamome, au poivre et aux agrumes. Ces cultures voisines ne sont pas décoratives : elles participent à l'aromatique de la tasse.

    La récolte se fait à la main, en picking, en ne prenant que les cerises mûres. Le traitement combine voie humide et séchage naturel.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; USDA FAS, 2025

    L'Inde produit aussi l'un des cafés les plus étranges du commerce mondial : le Malabar moussonné, arabica ou canephora exposé plusieurs semaines aux vents de mousson dans des entrepôts ouverts, jusqu'à ce que le grain gonfle et blanchisse. Son voisin l'Old Brown Java relève de la même logique de vieillissement dirigé.

    LC ch. 17b ; document de formation professionnelle, guide Malabar

    Zones d'ombre

    • La date de l'introduction par Baba Budan oscille entre 1600 et 1695 selon les autorités, et le récit lui-même est une tradition.
    • L'affirmation, reprise d'un document de formation, selon laquelle l'Inde serait devenue « premier producteur mondial » deux siècles après Baba Budan n'est corroborée par aucune source du corpus et paraît fausse.
    • Le taux d'humidité et la durée exacte du moussonnage du Malabar ne sont pas établis : les sources donnent des fourchettes incompatibles.
    • La part de la production indienne désormais consommée sur place n'est pas chiffrée ici.
    Asie

    35Indonésie

    11 380 000 sacs (ICO 2009)

    À chaque île son terroir : c'est peut-être ce qui résume le mieux l'Indonésie. Introduit par les Hollandais dès la fin du 17e siècle, le café s'est étendu de Java à Sumatra, Bali et Sulawesi. Le pays produit surtout du Canephora, mais c'est la diversité de ses Arabica de terroir qui fait sa singularité.

    La récolte, étalée sur cinq à six mois, se fait à la main tous les dix jours pour ne cueillir que les cerises mûres, un vrai facteur de qualité. Les cafés de spécialité s'y sont beaucoup développés, à commencer par le célèbre et très rare Kopi Luwak, au traitement pour le moins particulier.

    Caractéristiques de production
    Espèces botaniques
    Arabica, Canephora
    Variétés
    Typica, hybride de Timor, Caturra, Catimor…
    Altitude
    1 000 à 1 700 m
    Nature des sols
    Volcanique
    Ombrage
    Poivre, cannelle, vanille, cacaoyer, clou de girofle, patchouli
    Récolte
    Manuelle et sélective
    Traitement
    Voie humide et voie sèche
    Triage
    Électronique (triage et calibrage)
    Période de récolte
    Principalemai à août ; seconde : oct. à janv.
    Conditionnement
    Sac de 60 kg

    Volume récent 11,3 millions de sacs en 2025-2026, recordUSDA FAS, juin 2025

    Classification des cafés

    La description des Arabica tient systématiquement compte de la région (voire de la plantation ou de la variété), tant chaque île a une typicité propre. S'y ajoutent des critères de préparation.

    Nombre de défauts (échantillon de 300 g)

    GradeDéfauts
    Grade 111
    Grade 212 à 25
    Grade 326 à 44
    Grade 4a45 à 60
    Grade 4b61 à 80
    Grade 581 à 150
    Grade 6151 à 225

    Le grade peut aussi être désigné par un sigle plutôt que par un numéro. Ces sigles sont en néerlandais, la langue de l'ancienne puissance coloniale, et ils disent le niveau de préparation du lot.

    • EK1Eerst Kwaliteit, soit 1re qualité.
    • GBGewone Bereiding, soit simple préparation.
    • OIBOost Indische Bereiding. La fiche ne donne pas d'équivalent français pour ce sigle.
    • WIBWest Indische Bereiding, la meilleure préparation.

    Granulométrie du Canephora

    TailleCritère
    Grain large2,5 % max en dessous de 7,5 mm
    Grain moyen2,5 % max en dessous de 6,5 mm
    Petit grain2,5 % max en dessous de 5,5 mm
    ELBExtra Large Bean

    Pour l'Arabica, pas de spécification de granulométrie.

    Histoire et aujourd'hui
    Le domaine de Boekit Gompong, près de Padang, côte ouest de Sumatra
    Le domaine de Boekit Gompong, près de Padang, côte ouest de Sumatra

    L'histoire

    Les premiers caféiers de Java arrivent en 1696. Les Hollandais les font expédier de Kananur, sur la côte de Malabar.

    Le gouverneur général Willem Van Outshoorn les plante sur le domaine de Kedawoeng, près de Batavia. La tentative échoue pour une raison qui n'a rien d'agronomique : un tremblement de terre et une inondation emportent les plants.

    Il faut donc recommencer. En 1699, Henricus Zwaardecroon importe des boutures, de Malabar encore. Celles-là réussissent, et deviennent les ancêtres de tous les cafés des Indes néerlandaises.

    Douze ans plus tard, le café de Java entre sur le marché européen. La première vente publique a lieu à Amsterdam en 1711 : 894 livres, adjugées environ 47 cents la livre.

    Ukers, All About Coffee (1922), ch. II, p. 5-10 ; LC ch. 8

    Vient ensuite la culture forcée. La Compagnie impose d'abord des livraisons obligatoires aux régents de Java, qui doivent fournir le café quelle que soit la récolte.

    Le système se durcit avec le Cultuurstelsel de 1830-1832. Chaque famille des districts soundanais doit entretenir mille pieds. Le café cesse d'être une culture choisie pour devenir une charge imposée au foyer.

    La contrainte a laissé deux traces écrites. Multatuli en tire en 1860 le roman Max Havelaar. Et Walsh, en 1894, décrit encore le système comme intimement apparenté au despotisme.

    Ukers 1922 ; Walsh, Coffee: Its History, Classification and Description (1894) ; LC ch. 9

    L'archipel est ensuite le théâtre de deux événements décisifs, et tous deux tiennent à la rouille.

    Le premier est une destruction. Dans les années 1870-1880, la rouille détruit les arabicas, et les plantations basculent vers le canephora et le liberica, deux espèces qu'on plante alors parce que l'arabica meurt.

    Il reste des témoins de l'arabica d'avant. Le Bergendal / Sidikalang de Sumatra et le Blawan de l'est de Java sont de vieux Typica qui ont survécu à l'épisode.

    Le second événement est une découverte. Dans l'île de Timor, on repère un hybride naturel entre arabica et canephora : l'hybride de Timor.

    Sa portée dépasse de loin l'archipel. Presque toutes les résistances à la rouille utilisées depuis en descendent.

    World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Bergendal, Blawan, Hybride de Timor ; McCook 2019 ; LC ch. 12 et 14

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 11 380 000 sacs, est celui de la fiche (ICO 2009). L'USDA annonce 11,3 millions de sacs pour 2025-2026, un record.

    L'Indonésie produit surtout du canephora. Sa singularité est ailleurs : dans la diversité de ses arabicas de terroir, cultivés entre 1 000 et 1 700 mètres.

    Quatre matériels reviennent. Le Typica d'abord. Puis l'hybride de Timor, cultivé tel quel sous le nom de Tim Tim dans les hautes terres de Gayo. L'Ateng ensuite, nom local des Catimors de Sumatra. Et enfin les sélections Gayo.

    La récolte s'étale sur cinq à six mois. Elle se fait à la main, tous les dix jours, ce qui permet de ne cueillir que les cerises mûres. Ce passage répété est un facteur de qualité.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; USDA FAS, juin 2025 ; World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Tim Tim, Ateng, Gayo

    L'Indonésie a inventé le procédé le plus étrange du monde du café, le giling basah ou wet hulling, où le parche est décortiqué à un taux d'humidité très élevé, ce qui donne le grain bleu-vert et le profil terreux des Sumatra. C'est aussi l'origine du Kopi Luwak, passé par le tube digestif de la civette.

    LC ch. 17b ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Zones d'ombre

    • Le taux d'humidité réel auquel les Indonésiens décortiquent leur café n'est pas établi : quatre fourchettes incompatibles coexistent dans la littérature.
    • L'année exacte de l'apparition de l'hybride de Timor n'est pas fixée ; les sources donnent une fourchette.
    • La part respective de l'arabica et du canephora dans la production indonésienne actuelle n'est pas chiffrée ici.
    • Le volume réel de Kopi Luwak produit, et la part de production en captivité, ne sont documentés par aucune source du corpus.
    Asie

    36Vietnam

    ~ 20 millions de sacs

    L'entrée du Vietnam sur le marché mondial a bouleversé tous les autres producteurs : entre 1975 et 2000, sa production a été multipliée par cent, le hissant au deuxième rang mondial derrière le Brésil. Les premiers plants datent pourtant de 1857 ; c'est la « révolution verte » des années 1970 qui a tout changé.

    Le système est très intensif, en monoculture, avec beaucoup de plantations étatiques louées en petites parcelles. Le pays est massivement Canephora, mais quelques milliers d'hectares d'Arabica (souvent en Bourbon, plus aromatique) sont travaillés, parfois en bio. Les grandes compagnies investissent en continu dans la technologie et la qualité.

    Caractéristiques de production
    Espèces botaniques
    Canephora (90 %), Arabica (10 %)
    Récolte
    Canephora : manuelle non sélective (stripping) ; Arabica : manuelle sélective (picking)
    Traitement
    Canephora : voie sèche (90 %) et humide ; Arabica : voie humide surtout à l'export
    Préparation
    Triage manuel
    Période de récolte
    Septembre à mars
    Conditionnement
    Sac de 60 kg

    Volume récent 31,7 millions de sacs en 2025-2026USDA FAS, juin 2025

    Classification des cafés

    Le grade est le principal critère. Depuis 2001, de nouveaux critères facilitent la comparaison avec les grades indonésiens. Cinq grades existent, pour l'Arabica comme pour le Canephora (défauts max par équivalence sur 300 g).

    Arabica

    GradeCribleDéfauts max
    Grade Spécial16/1815
    Grade 114/1630
    Grade 212/1460
    Grade 310/12120
    Grade 4< 10150
    Grade 5< 10Non spécifié

    Canephora

    GradeCribleDéfauts max
    Grade Spécial16/1830
    Grade 112½/1660
    Grade 212/12½90
    Grade 310/12150
    Grade 4< 10250
    Grade 5< 10Non spécifié

    Certains lots supérieurs (moins de défauts ou crible plus élevé) sont simplement signalés en plus du grade dans la description d'achat.

    Histoire et aujourd'hui
    Robusta sur le domaine de Suzannah, Cochinchine
    Robusta sur le domaine de Suzannah, Cochinchine
    Caféiers de la variété Bourbon, Indochine française
    Caféiers de la variété Bourbon, Indochine française

    L'histoire

    Ukers date de 1887 l'introduction du café en Indochine par les Français, au Tonkin ; la fiche fait remonter les premiers plants à 1857. Les deux dates ne sont pas incompatibles (essais missionnaires d'abord, plantation coloniale ensuite), mais aucune source consultée ne les articule. En 1918, l'Indochine française exportait 79 145 livres de café : presque rien.

    Ukers, All About Coffee (1922), ch. II, p. 5-10 ; Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs), p. 290 ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026
    • Puis vient l'événement qui a bouleversé le marché mondial. Entre 1990 et 2000, le Vietnam multiplie sa production par quinze, presque tout en canephora
    • 2001et devient le deuxième producteur mondial derrière le Brésil. La fiche parle d'une multiplication par cent entre 1975 et 2000. Cette arrivée coïncide avec l'effondrement des quotas de 1989 et prépare la crise
    • 1997quand le prix indicatif de l'ICO tombe au tiers de sa valeur
    McCook 2019 ; ICO ; LC ch. 19 ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Aujourd'hui

    La fiche donne environ 20 millions de sacs ; l'USDA en annonce 31,7 pour 2025-2026. Le système est intensif, en monoculture, avec beaucoup de plantations étatiques louées en petites parcelles. Le canephora domine, récolté en stripping et traité à 90 % en voie sèche ; quelques milliers d'hectares d'arabica, souvent en Bourbon, Typica, Caturra et Mundo Novo, sont travaillés en picking et en voie humide pour l'export.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; USDA FAS, juin 2025

    Le pays a aussi construit ses propres clones : le TR4 et les autres TR sont sélectionnés par le WASI, l'institut agroforestier des Hauts Plateaux du centre, à partir d'arbres-mères repérés dans des populations cultivées en pollinisation libre, puis multipliés par bouturage. Les grandes compagnies investissent en continu dans la technologie et la qualité.

    World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches TR4, TR9, TR11 ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Zones d'ombre

    • Les dates de 1857 (fiche) et 1887 (Ukers) ne sont pas réconciliées par les sources consultées.
    • La multiplication « par cent entre 1975 et 2000 » citée par la fiche et la multiplication « par quinze entre 1990 et 2000 » citée par McCook ne portent pas sur la même période ; aucune série annuelle n'a été vérifiée ici.
    • Le rôle exact des politiques publiques vietnamiennes dans le boom (crédit, migration interne, prix garantis) n'est documenté par aucune source du corpus.
    • La surface réellement plantée en arabica au Vietnam n'est pas chiffrée par les sources disponibles.

    37Océanie

    Océanie

    38Australie

    L'Australie est un producteur méconnu, qui a pourtant planté ses premiers caféiers dès 1788. Après un long déclin, l'industrie a émergé de nouveau à partir des années 1980. Curieusement, l'Arabica y pousse à basse altitude, entre 100 et 900 mètres, ce qui demande parfois une irrigation supplémentaire.

    Le volume reste faible et l'essentiel est consommé localement. Ce qui distingue l'Australie, c'est son modèle : très modernisé, en monoculture, avec récolte mécanisée et usines de traitement performantes. Ici, l'optimisation du coût de production est la première préoccupation, une logique presque inverse de celle des autres origines.

    Caractéristiques de production
    Espèce botanique
    Arabica
    Variétés
    Bourbon, Caturra, Catuai
    Altitude
    100 à 900 m
    Nature des sols
    Métamorphique (granitique, paléo-volcanique)
    Ombrage
    Présent dans certaines plantations
    Récolte
    Mécanique uniquement (coût de main-d'œuvre élevé)
    Traitement
    Voie sèche et voie humide
    Préparation
    Calibrage et triage mécaniques
    Période de récolte
    Juin à septembre
    Conditionnement
    Sac de 20 kg
    Classification des cafés

    Il n'y a pas de classification officielle, mais deux repères usuels.

    Appréciation à la tasse

    Fancy = doux ; Fine Cup = doux.

    Qualité de la préparation (calibrage + triage)

    GradeCribleDéfauts max (300 g)
    Grade 1> 188
    Grade 2> 1615
    Grade 3> 1523
    Grade 4> 1486
    Histoire et aujourd'hui
    Cueillette sur une plantation du Queensland du Nord
    Cueillette sur une plantation du Queensland du Nord

    L'histoire

    Ukers date de 1896 l'introduction de la culture du café dans le Queensland, et la juge réussie à petite échelle. La fiche fait remonter les premiers caféiers à 1788, avec la Première Flotte. Aucune source consultée ne concilie les deux dates : entre un plant débarqué et une culture établie, il y a plus d'un siècle.

    Ukers, All About Coffee (1922), ch. II, p. 5-10 ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Après un long déclin, l'industrie réémerge à partir des années 1980, sur un modèle que l'on ne trouve nulle part ailleurs : monoculture entièrement mécanisée, usines de traitement performantes, et l'optimisation du coût de production comme première préoccupation. C'est la logique inverse de celle des autres origines, où la main-d'œuvre est abondante et le capital rare.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Aujourd'hui

    La fiche ne donne pas de volume de production. L'arabica y pousse à basse altitude, entre 100 et 900 mètres, ce qui demande parfois une irrigation supplémentaire, en Bourbon, Caturra et Catuai. La récolte est mécanique uniquement, en raison du coût de la main-d'œuvre, et le traitement se fait en voie sèche comme en voie humide. Le volume reste faible et l'essentiel est consommé localement.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Zones d'ombre

    • Les dates de 1788 (fiche) et 1896 (Ukers) ne sont pas réconciliées.
    • Aucun volume de production australien n'est donné par la fiche ni sourcé ailleurs ici.
    • Les raisons du long déclin entre le XIXe siècle et les années 1980 ne sont documentées par aucune source du corpus.
    • Le coût de production australien, présenté comme la variable centrale du modèle, n'est chiffré par aucune source consultée.
    Océanie

    39Nouvelle-Guinée (Papouasie)

    1 004 000 sacs (ICO 2009)

    La Papouasie-Nouvelle-Guinée occupe la moitié orientale de la Nouvelle-Guinée, troisième plus grande île du monde. Environ 95 % de ses cafés sont des Arabica lavés. Près d'un million de personnes vivent du secteur, la plupart en tribus, dans de petits villages aux territoires bien définis.

    Le pays combine petits producteurs regroupés en coopératives et quelques grandes plantations (« Estates ») réputées, comme Sigri ou Bunum Wo, dans la luxuriante vallée de Waghi. Reliefs montagneux, vallées profondes, forêts humides : les conditions sont idéales pour un café de qualité, et le gouvernement garantit chaque saison un prix minimum aux producteurs.

    Caractéristiques de production
    Espèces botaniques
    Arabica (principalement), Canephora
    Variétés
    Typica, Arusha (origine Kenya), Bourbon, Blue Mountain (origine Jamaïque)…
    Altitude
    1 200 à 1 800 m
    Nature des sols
    Sols profonds et riches en matières organiques
    Ombrage
    Arbres forestiers et fruitiers
    Récolte
    Manuelle et sélective
    Traitement
    Voie humide
    Préparation
    Triage mécanique et manuel (plantations A)
    Période de récolte
    Avril à août
    Conditionnement
    Sac de 60 kg
    Classification des cafés

    Le système repose sur des grades liés au crible et au nombre de défauts maximum (par équivalence sur 300 g).

    GradeCribleDéfauts max
    AA> 2010
    A> 1910
    AB> 16/17 (50 %)10
    B> 1610
    C> 1525
    PB11-1410
    X (mélange)-20
    E> 1910
    PSC (Premium Smallholder Coffee)> 15 mm35

    Depuis 1993, la Coffee Industry Corporation (CIC) contrôle aussi la qualité des cafés en parche, classés en 4 classes.

    ClasseGradeDéfauts max (100 g)
    Classe 1Premium12
    Classe 2Moyen35
    Classe 3FAQ70
    Classe 4Basse qualité> 70

    La région de production et le nom de la plantation sont aussi régulièrement inclus dans les descriptions d'achat.

    Histoire et aujourd'hui

    L'histoire

    La caféiculture papoue est récente. Le tableau mondial des exportations de 1922 ne la mentionne pas. Pour le Pacifique, il ne retient que le Bornéo du Nord britannique, la Nouvelle-Calédonie, les Nouvelles-Hébrides et Hawaï.

    Être absent de cette liste veut dire une chose simple : le pays n'expédiait alors rien qui compte à l'échelle mondiale. Tout s'est donc joué après, sans qu'on puisse dire à partir de quelle année.

    Le matériel végétal, lui, est venu d'ailleurs, sans exception. On y trouve le Typica et le Bourbon, l'Arusha descendu du mont Meru, en Tanzanie, et le Blue Mountain venu de Jamaïque.

    La date de 1728 attachée au Blue Mountain est celle de son introduction en Jamaïque, pas de son arrivée en Papouasie. C'est depuis l'île que la variété a essaimé, vers le Kenya, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et Hawaï. Elle a donc voyagé longtemps avant d'atteindre les hautes vallées papoues.

    Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs), p. 290 ; World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Arusha et Blue Mountain ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs), p. 290 ; World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Arusha et Blue Mountain ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Le pays fournit un contre-exemple utile en matière de rouille : la Papouasie-Nouvelle-Guinée a cru à trois reprises s'être débarrassée du champignon, sans que ces éradications tiennent. Elles servent de référence négative face au seul cas documenté d'éradication réussie, celui de Porto Rico en 1903.

    McCook 2019 ; LC ch. 12

    Aujourd'hui

    Le volume de tête de fiche, 1 004 000 sacs, est celui de la fiche (ICO 2009). Environ 95 % des cafés sont des arabicas lavés, entre 1 200 et 1 800 mètres, en récolte manuelle et sélective. Près d'un million de personnes vivent du secteur, la plupart en tribus, dans de petits villages aux territoires bien définis.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Le pays combine de petits producteurs regroupés en coopératives et quelques grandes plantations réputées, les « estates » comme Sigri ou Bunum Wo, dans la vallée de Waghi. Le gouvernement garantit chaque saison un prix minimum aux producteurs, un dispositif rare parmi les origines présentées ici.

    Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026

    Zones d'ombre

    • La date d'introduction du café en Papouasie-Nouvelle-Guinée n'est donnée par aucune source consultée.
    • Aucun volume de production postérieur à 2009 n'a pu être sourcé.
    • Les dates des trois éradications de rouille annoncées puis démenties ne sont pas précisées par les sources.
    • Le mécanisme et le niveau du prix minimum garanti par le gouvernement ne sont pas documentés dans le corpus.

    Continuer la balade

    Ailleurs sur le site, les passages qui parlent des mêmes choses que cette planche. Calculé sur le texte, pas choisi à la main.

    © 2026 Marco De Sousa Rosa · PXL RoastersTextes sous CC BY-NC-SA 4.0 · outils tous droits réservés · images : voir la provenanceAccueil · Colophon