07Kenya
667 000 sacs (ICO 2009)Fiche pays approfondie : production, variétés, classification, histoire, situation actuelle et points encore incertains. Région : Afrique.
Le Kenya est voisin de l'Éthiopie, et pourtant il s'est mis au café tardivement, à la toute fin du 19e siècle. Ce qui le distingue, ce n'est pas l'ancienneté, mais l'organisation : peu de pays ont structuré leur filière aussi rigoureusement, jusqu'à intégrer la qualité en tasse dans la sélection des meilleurs lots.
Un tiers des plantations appartient à de grands propriétaires ; le reste se partage entre une multitude de petits producteurs réunis en coopératives. Les cafés sont surtout lavés, et la vente se fait par échantillons, via la bourse de Nairobi.
- Espèce botanique
- Arabica
- Altitude
- 1 400 à 2 100 m
- Nature des sols
- Volcanique
- Ombrage
- Variable selon les plantations
- Récolte
- Manuelle et sélective
- Traitement
- Voie humide (principalement) et voie sèche
- Triage
- Mécanique et manuel
- Période de récolte
- Octobre à mars
- Conditionnement
- Sac de 60 kg
Arabica lavé : par granulométrie
| Grade | Description |
| E | Triage exclusif des fèves « Éléphant » |
| AA | Crible 17/18 |
| AB | Crible 15/16 |
| PB | Triage exclusif des fèves « Caracoli » |
| C | Crible inférieur au 12 |
| TT | Grains légers |
| T | Grains les plus petits et fins, souvent aplatis, cassés ou défectueux |
Qualité de la tasse
Ancienne notation de 1 (meilleure) à 10. Aujourd'hui seule la mention FAQ (Fair to Average Quality) reste courante, avec un « FAQ+ » pour les meilleurs lots. Les cafés de la récolte principale sont considérés comme supérieurs à ceux de la récolte intermédiaire.
Arabica nature
| Grade | Description |
| MH / ML | Non lavé et non récolté à la main (cerises ramassées au sol). ~7 % de la récolte, qualité médiocre |
| M'buni | Ensemble des grains écartés des autres lots |
L'histoire
Le café arrive tard : Ukers date de 1901 l'introduction de la culture en Afrique orientale britannique, c'est-à-dire la colonie qui deviendra le Kenya. Le matériel vient de La Réunion.
La montée est ensuite rapide. En 1918, la colonie exporte déjà 18 735 572 livres, le plus gros chiffre africain du tableau d'Ukers. Un officier britannique en tire une prédiction en 1920 : l'Afrique orientale britannique « va devenir l'un des grands pays du café ».
Une autre voie d'introduction existe, et ce sont les variétés qui la trahissent. On trouve au Kenya la French Mission, un Bourbon apporté par les missionnaires spiritains. Cette arrivée-là précède 1901, mais aucune date primaire ne permet de la situer.Ukers, All About Coffee (1922), ch. II, p. 5-10 ; Ukers 1922, ch. XX, p. 216-244, p. 243 ; Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs), p. 291, World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiche French Mission
Ukers, All About Coffee (1922), ch. II, p. 5-10 ; Ukers 1922, ch. XX, p. 216-244, p. 243 ; Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs), p. 291 ; World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiche French MissionLa caféiculture kenyane a d'abord été un monopole colonial. Le plan Swynnerton de 1954 autorise enfin les paysans africains à cultiver le café, réservé depuis 1900 aux colons européens, dix ans plus tard, ils en produisent la majorité. Entre-temps, les Scott Agricultural Laboratories ont sélectionné en 1931-1935 le SL28, à partir d'un arbre de la lignée Tanganyika Drought Resistant , puis en 1935-1939 le SL34 , et R. H. Walker le K7 en 1936.
Swynnerton, A Plan to Intensify the Development of African Agriculture in Kenya (1954) ; Pendergrast 1999, ch. 13 ; World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches SL28, SL34, K7L'épidémie d'anthracnose des baies de 1971 détruit une part de la récolte kenyane. Le nom de la maladie dit l'essentiel : elle frappe les cerises, donc directement ce qui se vend.
La Coffee Research Foundation répond par la sélection. Elle construit le Ruiru 11, hybride F1 composite diffusé en 1985.
Un hybride F1 croise deux parents très différents, ce qui lui donne une vigueur remarquable. Mais ses graines ségrègent : semées, elles ne redonnent pas le même arbre. Il faut donc le multiplier par clonage, pas par semis.
- Vient ensuite le Batian, variété composite haute diffusée en 2010 par la CRF devenue entre-temps KALRO. Son intérêt n'est pas seulement sanitaire : sa tasse se rapproche de celle des SL. C'est ce qui compte dans un pays dont la réputation en tasse repose sur ces lignées.McCook 2019
- World Coffee ResearchCoffee Varieties Catalog 2025, fiches Ruiru 11 et Batian
- LC ch. 15
Aujourd'hui
Le volume de tête de fiche, 667 000 sacs, est celui de la fiche (ICO 2009). Les cafés sont surtout lavés, entre 1 400 et 2 100 mètres, en récolte manuelle et sélective. La particularité kenyane est le double lavage prolongé, souvent présenté comme une fermentation longue alors qu'il s'agit d'abord d'un lavage et d'un trempage à l'eau claire. Un tiers des plantations appartient à de grands propriétaires, le reste à une multitude de petits producteurs en coopératives ; la vente se fait sur échantillons via la bourse de Nairobi, et la qualité en tasse entre dans la sélection des meilleurs lots.
Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; LC ch. 17bZones d'ombre
- La date de 1901 est celle d'Ukers pour l'Afrique orientale britannique ; l'arrivée par les missions spiritaines est plus ancienne, sans date primaire disponible ici.
- Aucun volume de production kenyan postérieur à 2009 n'a pu être sourcé.
- La part actuelle des SL28 et SL34 dans le verger, face au Ruiru 11 et au Batian, n'est pas chiffrée par les sources consultées.
- Le mécanisme exact par lequel le double lavage kenyan agit sur la tasse n'est pas établi.