24Porto Rico
300 000 sacs (2009)Fiche pays approfondie : production, variétés, classification, histoire, situation actuelle et points encore incertains. Région : Caraïbes.
Le café a été introduit à Porto Rico en 1736, et l'arrivée d'immigrants dans la région de Yauco, au 19e siècle, a transformé la filière, nouvelles méthodes, nouveaux équipements, contacts à l'export. À la fin du siècle, l'île était même le sixième exportateur mondial.
L'annexion aux États-Unis en 1898 a ensuite fait basculer l'économie vers l'industrie, reléguant le café au second plan. Aujourd'hui, la production reste modeste et très peu exportée, mais la région montagneuse de Yauco a donné son nom à un cru prestigieux, le « Yauco Selecto ».
- Espèce botanique
- Arabica
- Altitude
- 200 à 1 100 m
- Type de culture
- Sous ombrage
- Récolte
- Manuelle
- Traitement
- Voie humide ; séchage naturel au soleil
- Préparation
- Triage mécanique
- Période de récolte
- Août à janvier (3 passages)
- Conditionnement
- Sac de 45 kg
Le café est désigné selon sa granulométrie (1 crible = 0,4 mm).
| Grade | Crible |
| AA | Crible 17 |
| A | Crible 16 |
| PB | Caracoli |
Les producteurs développent de plus en plus des cafés de plantation haut de gamme : le terroir et le nom de la plantation deviennent alors des éléments de qualification à part entière.

L'histoire
Porto Rico commence à cultiver le café vers 1755 selon Ukers, quand la fiche donne 1736. Les deux dates coexistent sans qu'aucune source les départage.
L'île devient un exportateur de premier plan au XIXe siècle. L'arrivée d'immigrants dans la région de Yauco y est pour beaucoup : ils apportent de nouvelles méthodes, de nouveaux équipements et des contacts à l'export.
La mesure de l'époque vient d'un relevé fiscal, ce qui explique sa précision. Pour l'année fiscale 1915-1916, Ukers compte 167 137 acres plantés en café. Les meilleures zones qu'il cite sont la Sierra de Luquillo, Yauco, Utuado, Lares et Ciales.
Ukers, All About Coffee (1922), ch. II, p. 5-10 ; Ukers 1922, ch. XX, p. 216-244, p. 235-236 ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026L'île détient une anomalie que personne n'a jamais reproduite : en 1903, Porto Rico a éradiqué la rouille du caféier. Pas contenue, pas limitée : le champignon a disparu de l'île. C'est le seul cas d'éradication entré dans la littérature, et il a tenu au moins un demi-siècle, puisque Barat pouvait encore écrire en 1955 que la rouille était absente des Antilles. Le Brésil, avec des budgets nationaux, n'a pas su refaire la même chose en 1970.
McCook 2019 ; Barat, dans Coste 1955 ; LC ch. 12 et 13Aujourd'hui
Le volume de tête de fiche, 300 000 sacs (2009), est celui de la fiche. Ukers donne un repère plus ancien : l'île exportait 29 967 879 livres en 1921.
Ce qui a fait reculer le café n'est pas venu du champ. L'annexion aux États-Unis en 1898 a fait basculer l'économie vers l'industrie, et le grain est donc passé au second plan.
La production reste modeste et très peu exportée. Elle se fait entre 200 et 1 100 mètres, en Typica, Bourbon, Mundo Nuevo, Caturra et Pacas, en voie humide avec séchage naturel au soleil.
Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026 ; Ukers 1922, ch. XXII, p. 289-291 (exportations des pays producteurs), p. 290L'île a laissé deux traces dans la généalogie mondiale des variétés. Sa production est aujourd'hui modeste, mais son matériel végétal, lui, a voyagé.
La première trace est un Bourbon. La station de Mayagüez a fourni au Rwanda et au Burundi, dans les années 1930, le Bourbon Mayaguez 139, qui fait encore le verger des Grands Lacs.
La seconde est un Sarchimor, c'est-à-dire une lignée issue du croisement entre le Villa Sarchí et l'hybride de Timor. Porto Rico a produit le sien, le Limani, peu documenté.
Le nom prestigieux de l'île n'est pourtant pas celui d'une variété, mais celui d'un cru : le « Yauco Selecto », de la région montagneuse de Yauco.
World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, fiches Bourbon Mayaguez 139 et Limani ; Fiches Pays, Marco De Sousa Rosa, 2026Zones d'ombre
- Les dates d'introduction divergent : vers 1755 selon Ukers, 1736 selon la fiche.
- Le mécanisme de l'éradication de 1903 n'est pas expliqué par la littérature : le fait est enregistré sans recette reproductible.
- Aucun volume de production portoricain récent n'a pu être sourcé.
- Le trajet exact du Bourbon Mayaguez 139 de Porto Rico vers l'Afrique des Grands Lacs n'est pas documenté.