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    Guinée

    Dossier approfondi : la série FAOSTAT confrontée aux autres chiffres, l'histoire, la filière d'aujourd'hui et ses zones d'ombre, sources numérotées. Région : Afrique.

    Afrique

    ATLASGuinée

    environ 175 000 tonnes (FAOSTAT 2024, valeur imputée)Dossier approfondi, atlas 2026

    Dossier approfondi : la série FAOSTAT confrontée aux autres chiffres, l'histoire, la filière d'aujourd'hui et ses zones d'ombre, sources numérotées. Région : Afrique.

    Guinée n'avait qu'un repère statistique. Ce dossier le complète : l'histoire de la filière, ce qu'elle est aujourd'hui, et ce qui reste incertain, chaque paragraphe renvoyant à ses sources, numérotées en bas de page.

    La série FAOSTAT reste affichée telle quelle. Le dossier dit ce qu'elle vaut, année par année quand c'est possible, et la confronte aux autres chiffres disponibles.

    Ce que la source permet d'affirmer
    Statut géographique
    pays
    Nom dans FAOSTAT
    Guinea
    Dernière valeur
    environ 175 000 tonnes en 2024
    Nature de la valeur
    valeur imputée par l'organisme récepteur
    À lire avec prudence
    Cette valeur est imputée, c'est-à-dire estimée par FAOSTAT sans déclaration nationale, et la série va de 41 500 à 261 992 tonnes sur dix ans, sans qu'aucune autre source ne décrive une filière de cette taille. Le repère est montré parce qu'il est dans la base, pas parce qu'il est établi.
    Début de la série positive
    1961
    Maximum de la série
    261 992 tonnes en 2021
    Niveau de documentation

    Couverture confirmée : série FAOSTAT, et un dossier de 26 sources qui croise l'histoire, la filière d'aujourd'hui et ce qui reste incertain.

    La production dans le temps
    Production de café vert en tonnes, 1961 à 20240 t130 996 t261 992 tpic : 261 992 t en 20211970 : estimé1971 : estimé1972 : estimé1993 : estimé1995 : estimé1999 : imputéenviron 175 000 t en 2024 · imputé19612024
    Évolution déclarée ou estimée par FAOSTAT, en tonnes de café vert. Point creux : la dernière valeur est imputée par FAOSTAT, pas déclarée par le pays. Petits points creux : les 6 années antérieures que FAOSTAT impute ou estime. Une rupture peut venir du terrain, mais aussi de la méthode statistique.
    FAOSTAT, Production: Crops and livestock products, item Coffee, green, code 656, élément Production, code 5510.

    L'histoire

    Le premier café cultivé en Guinée n'est ni l'arabica ni le canephora, mais Coffea stenophylla, une espèce qui pousse à l'état sauvage dans les forêts du pays et de la Sierra Leone voisine. Davis et ses coauteurs l'ont confirmée comme indigène en 2020, par l'examen des herbiers. En 1987, de vieux planteurs de la préfecture de Boké ont raconté à une mission de l'ORSTOM, l'office français de recherche outre-mer, que des Portugais la cultivaient déjà vers 1850 sur les rives du Rio Nunez, à partir de jeunes plants arrachés aux forêts du nord de Boké, d'où le nom de « café du Rio Nunez ». Chevalier, cité par Davis, écrit qu'au début des années 1890 ce café partait vers la France, où il se vendait bien, et que la Sierra Leone et la Guinée en exportaient ensemble trois à cinq tonnes par an. Coste, en 1955, fait commencer avec cette espèce, en Guinée française, l'essor de la caféiculture africaine de la fin du XIXe siècle. La culture s'est éteinte ensuite, faute d'acheteurs après le départ des Portugais selon les témoins de 1987. Les derniers spécimens sauvages guinéens de C. stenophylla et de sa proche parente C. affinis datent de 1941. [10][12][11]

    L'administration coloniale passe par un jardin d'essai, celui de Camayenne, à Conakry, défriché en 1897. Il reçoit ses premiers caféiers en 1898 : du liberica venu du Liberia, du stenophylla du Rio Nunez, de l'arabica envoyé de France. Le canephora arrive le dernier, entre 1900 et 1904, depuis le Gabon, sous le nom de Coffea kouilouensis. En 1905 le jardin compte plus d'un millier de caféiers, en 1987 il en reste quatre. Ukers, en 1922, y situe les travaux de Teyssonnier sur un caféier nommé affinis, qu'il présente comme un hybride du stenophylla et d'un liberica ; l'analyse de l'ADN a réfuté cette origine hybride en 2020. Le commerce, lui, reste insignifiant : la Guinée française exporte 1 320 livres de café en 1918, environ 600 kilos, et Ukers range le café « Guinea » parmi les origines commercialement sans importance, un petit grain brun terne qu'il juge sans valeur en tasse, sans préciser s'il parle de la Guinée française ou de la Guinée portugaise. Des essais d'engrais sur l'arabica commencent en 1909. L'arabica planté au Fouta-Djalon, le massif de Moyenne-Guinée, dans les années 1920 est abandonné dans les années 1930, après la crise de 1931. [10][13][12][11][16]

    La caféière guinéenne naît véritablement en Guinée forestière, la région de montagnes et de forêts humides du sud-est, et elle naît en canephora. Une présentation de 2010, qui s'appuie sur Portères (1962) et Eskes (1991), place la première pépinière coloniale en 1930 à Kölödou, dans la préfecture de Kissidougou ; les plants viennent de Côte d'Ivoire et la culture gagne de là toute la région. L'agronome R. Portères étudie en 1949 les arbres d'ombrage conservés dans les plantations paysannes de Macenta, une cinquantaine d'essences, et mesure qu'en Guinée forestière la maturation de l'arabica prend dix jours de retard par tranche de 100 mètres au-dessus de 900 mètres. La station de Sérédou, au pied du massif du Ziama, travaille sur l'arabica et garde les collections réunies par Portères, des canephora dits de Lula et de Kissidougou et des excelsa de Dalaba. Les plantations, semées de graines, mélangent les espèces : en 1987 encore, un tiers des caféiers de N'Zérékoré sont des excelsa, c'est-à-dire Coffea liberica var. dewevrei. Le sommet arrive juste après l'indépendance d'octobre 1958 : 15 700 tonnes exportées en 1959, année record selon un rapport paysan de 2006, et 198 000 sacs de 60 kilos exportés en 1960, environ 11 900 tonnes, selon la série rétrospective de l'USDA, le ministère américain de l'agriculture. [17][11][10][16][5]

    La Première République, de 1958 à 1984, encadre étroitement les campagnes. Le rapport de 2006 décrit des unités collectives de production et une planification autoritaire qui prélève d'office une part des récoltes ; une présentation de 2010 date de 1964 la loi-cadre qui nationalise le commerce, avec une politique des prix qui décourage les planteurs. La maladie s'ajoute à la politique. La trachéomycose, un champignon qui bouche les vaisseaux de l'arbre et le fait sécher sur pied, attaque les caféiers entre 1960 et 1964, et la rouille est signalée en Guinée en 1962. En 1987, l'ORSTOM constate que les populations locales de canephora ont disparu des plantations, détruites par la trachéomycose, que beaucoup de caféières ont été arrachées pour faire place au riz et que les autres sont livrées à elles-mêmes depuis vingt-cinq ans. Les exportations officielles tombent à quelque 2 000 tonnes par an entre 1970 et 1980 selon le rapport de 2006, qui ajoute aussitôt que la chute réelle a été moindre, une partie du café sortant sans déclaration ou par contrebande vers les pays voisins. L'USDA, pour les mêmes années, compte pourtant 45 000 à 122 000 sacs exportés, soit 2 700 à 7 300 tonnes. [16][18][10][14][5]

    La Deuxième République, à partir d'avril 1984, libéralise le commerce et relance les cultures d'exportation avec des financements extérieurs. En 1987, la mission de l'ORSTOM compte 70 millions de caféiers, estime qu'un arbre donne 200 à 300 grammes de café marchand, c'est-à-dire de grain décortiqué prêt à la vente, et relève des exportations de 6 000 à 8 000 tonnes par campagne, pour un objectif de 50 000 tonnes. Le projet de relance de la caféiculture, dit RC2, lancé en 1989, plante du canephora sélectionné sur 6 000 hectares en Guinée forestière et vise 30 000 tonnes exportées par an. L'OIC, l'Organisation internationale du café, mesure le résultat : 44 000 sacs en 1990-1991, puis 236 000 à 525 000 sacs par an de 1998 à 2012, soit 14 000 à 31 500 tonnes, avant une rechute à 101 000 sacs en 2013-2014. [10][17][2]

    La série FAOSTAT raconte une autre histoire, et c'est ce qu'elle cache qui frappe. Elle s'ouvre en 1961 sur 15 000 tonnes, un chiffre non officiel comme toute la décennie, puis monte de 13 673 tonnes en 1973 à 14 900 en 1985, presque en ligne droite, avec le statut de chiffre officiel. Pendant ces mêmes années l'USDA compte 30 000 à 112 000 sacs produits, 1 800 à 6 700 tonnes : l'effondrement d'après l'indépendance n'apparaît pas dans la série de la FAO, qui passe d'un coup à 6 500 tonnes en 1986. En 2001 et 2002, elle reprend au sac près les chiffres de l'OIC, 236 000 et 328 000 sacs. Puis, de 41 500 tonnes en 2014, elle bondit à 210 866 en 2015 et culmine à 261 992 en 2021, ce qui ferait de la Guinée le onzième producteur mondial, devant le Guatemala. Les zones d'ombre reviennent sur ce saut. [1][5][2]

    Aujourd'hui

    Le café guinéen est presque entièrement du canephora de Guinée forestière. L'OIC classe le pays parmi les producteurs de canephora, et l'USDA n'y compte aucun sac d'arabica depuis 1960. Les plants distribués en 2004 et 2005 sont allés aux préfectures de Kissidougou, Yomou, Guéckédou, Lola, Macenta et N'Zérékoré, qui dessinent la zone de culture ; en 1987, N'Zérékoré concentrait le plus grand nombre de caféiers du pays. L'arabica survit au Fouta-Djalon, en Moyenne-Guinée : le projet RC2 l'y a réintroduit dans les forêts-galeries qui longent les cours d'eau et dans les tapades, les jardins clos autour des maisons, mais le manque d'eau, la pauvreté des sols et leur toxicité aluminique en limitent la production, qui n'était plus que de 100 tonnes en 1987. [2][5][16][10][17]

    Le matériel végétal vient surtout de la recherche. Le Centre régional de recherche agronomique de Sérédou fournit les plants sélectionnés, et son laboratoire classe les lots de café de la coopérative de Macenta ; l'Institut de recherche agronomique de Guinée (IRAG) figure parmi les appuis de cette coopérative. La Confédération interprofessionnelle café-cacao, créée en 1997, a distribué gratuitement 6 millions de plants de canephora en Guinée forestière en 2004 et 2005, et 2 millions de plants d'arabica au Fouta. Dans la zone du mont Ziama, le café provient de cinq clones de canephora, c'est-à-dire d'arbres choisis et multipliés à l'identique, introduits de Côte d'Ivoire et du Togo et numérotés 119, 477, 529, 588 et 594. La confédération réunit les fédérations de planteurs, les exportateurs, la société de contrôle, les chambres consulaires et l'État, et se finance par une part de la taxe à l'exportation. [16][17][18]

    Le traitement est surtout sec. Les planteurs vendent couramment du « café paddy », la cerise séchée entière avant décorticage, payée 3 000 francs guinéens le kilo à Lola en décembre 2019. La description du café du mont Ziama présentée en 2010 en donne une version soignée : une cueillette sélective en trois passages espacés de quinze jours, les cerises tombées au sol écartées, un séchage au soleil sur claies, des plateaux surélevés, pendant 21 jours avec deux ou trois brassages par jour, puis un décorticage à la machine qui remplace le pilage à la main, un travail souvent fait par les femmes. La récolte suit la fin des pluies, qui durent de mars à novembre : un lot vendu en 2023 a été cueilli de novembre à janvier, et ce même vendeur, une petite structure de Macenta, propose aussi aux torréfacteurs des lots lavés, dont la pulpe est retirée et le grain fermenté en cuve avant séchage. [25][17][10][26]

    Le café Ziama-Macenta est l'une des trois premières indications géographiques de produits africains enregistrées par l'OAPI, l'Organisation africaine de la propriété intellectuelle, avec le poivre de Penja et le miel blanc d'Oku, tous deux du Cameroun ; l'OAPI n'avait inscrit auparavant qu'un nom étranger, le Champagne, en 2006. Une indication géographique réserve un nom aux producteurs d'une zone délimitée qui suivent un cahier des charges. L'idée vient d'une coopérative de Macenta, Woko, fondée le 18 octobre 2003 par 21 producteurs, qui comptait 375 membres dont 80 femmes en 2010 ; elle a baptisé son café « café de Ziama » dès 2004. La zone couvre six sous-préfectures de Macenta, Orémaï, Sengbédou, Sérédou, Fassankoni, Kouankan et Zébéla, une forêt humide d'une altitude moyenne de 570 mètres qui reçoit 2 500 à 3 000 millimètres de pluie, où 2 000 hectares sont plantés de matériel sélectionné. L'Association de défense du café du mont Ziama (ADECAM) est le groupement chargé de ce cahier des charges, et la démarche a réuni plus de 1 000 producteurs. Le nom de Ziama désignait déjà, chez Chevalier et Portères, une forme locale de Coffea liberica. [20][19][18][17][21][10]

    Les exportations retrouvent un ordre de grandeur connu. L'Institut national de la statistique compte 2 726 tonnes de café exportées en 2020, 5 152 en 2021, 14 904 en 2022, 11 415 en 2023 et 13 952 en 2024. La Guinée n'a plus déclaré ses ventes de café à la base des Nations unies après 2016 ; ses clients, eux, déclarent leurs achats, et le Maroc vient en tête presque chaque année, avec 9 926 tonnes sur les 17 045 déclarées par les importateurs en 2022, devant le Sénégal, la France, l'Inde et l'Italie. La consommation intérieure est faible, 15 000 à 25 000 sacs par an selon l'USDA. Sur le plan international, la Guinée a signé l'Accord international sur le café de 2007 le 2 juillet 2008 sans jamais le ratifier, et elle était invitée comme simple observatrice à la session qui a négocié l'accord de 2022. [9][6][5][23][24]

    Repères
    Espèce dominante
    Coffea canephora, presque sans arabica [5]
    Zone principale
    Guinée forestière (Macenta, N'Zérékoré, Lola, Guéckédou, Kissidougou, Yomou) [16]
    Production selon l'OIC, 2019-2020
    178 000 sacs de 60 kg, environ 10 700 t [2]
    Production nationale officielle, 2018
    50 000 t (FAOSTAT : 235 043 t) [7]
    Exportations, 2024
    13 952 t [9]
    Record d'exportation colonial
    15 700 t en 1959 [16]
    Indication géographique
    Café Ziama-Macenta, OAPI, enregistrée en 2013 ou 2014 selon les sources [19]
    Statut à l'OIC
    Accord de 2007 signé le 2 juillet 2008, jamais ratifié [23]
    Sommet couvert de forêt dense au-dessus d'une vallée boisée
    Le massif du Ziama, qui donne son nom à l'indication géographique du café, en 2016Yakoo1986 · CC BY-SA 4.0
    Forêt tropicale de montagne aux grands arbres
    Forêt de montagne près de Sérédou, siège de la station de recherche caféière, à la limite nord du Ziama, en 2016Yakoo1986 · CC BY-SA 4.0

    Zones d'ombre

    La série FAOSTAT de 2015 à 2022 n'est pas imputée : chaque année porte le statut A, celui d'un chiffre officiel transmis par le pays. Seules 2023 (200 000 tonnes, chiffre non officiel) et 2024 (174 847 tonnes, valeur imputée) sortent de cette règle. L'avertissement de l'atlas a donc raison pour la valeur qu'il affiche, celle de 2024, mais le maximum de 261 992 tonnes, en 2021, a bien été déclaré par le pays. Le chiffre de 2015, 210 866 tonnes, est pourtant cinq fois celui de 2014, et aucune autre source ne le suit. La même année, l'OIC compte 286 000 sacs, soit 17 160 tonnes, l'USDA 16 800 tonnes, et les statistiques nationales elles-mêmes, publiées par l'Institut national de la statistique d'après la Direction nationale de l'agriculture, 45 750 tonnes. En 2020, FAOSTAT pèse 27 fois l'OIC ; en 2021, 14,6 fois l'USDA, alors que les importateurs déclarent 3 360 tonnes achetées. La surface ne confirme rien : elle passe de 94 300 à 490 000 hectares en 2015, une estimation de la FAO, avec un rendement estimé resté à 430 kilos par hectare, ce qui suggère une surface recalculée à partir de la production. Entre 2015 et 2018, le chiffre de la FAO vaut 4,6 à 4,8 fois le chiffre national. C'est proche du rapport de un à cinq entre cerise fraîche et café marchand que suggère le prix d'achat des cerises par le projet RC2, payées le cinquième du prix du café marchand ; une confusion d'unité est donc possible, mais aucune source lue ne l'établit. [1][2][4][3][5][7][6][16]

    Les comptages guinéens se contredisent entre eux. Pour 2016, le port de Conakry enregistre 21 622 tonnes de café exportées, le tableau de bord du ministère de l'Économie 56 490 tonnes, la déclaration de la Guinée aux Nations unies 12 771 tonnes, et ses partenaires 13 443 tonnes. Aucune source ne dit si les chiffres du port comprennent du café en transit. Les unités se perdent aussi en route : le rapport de 2006 sur la coopérative Woko écrit « 3 436 t » pour des ventes que la coopérative chiffre elle-même à 3 436 kilos, et la présentation de 2010 annonce 850 tonnes par an pour 375 membres qui produisent chacun 87 kilos, soit 33 tonnes. En 2019, la presse locale rapporte 95 766 tonnes pour la seule préfecture de Lola, sans dire s'il s'agit de café paddy ou de café marchand. Une série nationale qui mélange cerise, coque et grain vert suffit à produire les écarts que montre FAOSTAT. [7][8][6][16][18][17][25]

    Deux récits se répètent sans preuve. Le premier fait de la Guinée le « sixième producteur mondial » de café en 1960, avec 15 000 tonnes : la mission de l'ORSTOM l'écrit en 1987, mais FAOSTAT place le pays au vingt-huitième rang mondial en 1961, avec ce même tonnage. Le second date de 2013 l'indication géographique Ziama-Macenta, comme le fait l'association internationale oriGIn ; la présentation officielle de l'OAPI en 2017 donne un enregistrement le 14 mars 2014 et un dépôt en juin 2014, deux dates incompatibles, et un cabinet juridique annonce en 2025 que l'OAPI vient d'accorder la protection. Le certificat lui-même n'a pas été trouvé. Personne, enfin, n'a mesuré ce qui reste du patrimoine sauvage : le Crop Trust juge incertain le sort des échantillons collectés en 1987, la dernière mission, et un spécimen d'herbier récolté en 2015 près de Coyah, resté sans nom jusqu'à ce que l'ADN l'identifie comme C. affinis, est la seule trace récente de cette espèce en Guinée. [10][1][21][19][22][15][12]

    Non traité : Les chiffres coloniaux année par année entre 1930 et 1958 : ni Ukers ni les sources lues ne donnent la série, seulement 1918 et le record de 1959. Le texte de Portères (1962), Caféiers de la République de Guinée, cité partout, n'a pas été trouvé en ligne. La méthode de la déclaration guinéenne à la FAO depuis 2015 : aucun document ne dit si elle est en cerise, en coque ou en café marchand. Le certificat OAPI de l'indication Ziama-Macenta et son cahier des charges officiel. Les volumes vendus sous l'indication. Une production nationale après 2018 dans les annuaires guinéens. Aucune image de caféier ou de café guinéen sous licence libre n'a été trouvée sur Wikimedia Commons.

    Sources
    1. FAOSTAT, Production: Crops and livestock products, Coffee, green (code 656), Guinea : production, surface récoltée et rendement, avec le statut de chaque année, FAO, 2025, https://bulks-faostat.fao.org/production/Production_Crops_Livestock_E_ niveau solide
      La série 1961-2024 et ses statuts : X de 1961 à 1969, A de 1973 à 1985, X en 1986-1987, A de 2015 à 2022 (210 866 à 261 992 t), X en 2023, I en 2024 ; surface estimée passée de 94 300 à 490 000 ha en 2015 ; rendement estimé de 430 kg/ha ; rang mondial (28e en 1961, 11e de 2015 à 2022).
    2. Total production by all exporting countries, crop years 1990/91 to 2019/20 (tableau 1a), Organisation internationale du café (OIC), 2021, http://web.archive.org/web/20240415232356/https://ico.org/historical/1 niveau solide
      Guinée classée (R), production en milliers de sacs : 44 (1990/91), 421 (1998/99), 525 (2005/06), 505 (2008/09), 234 (2012/13), 101 (2013/14), 165, 286, 270, 229, 153 et 178 de 2014/15 à 2019/20. Lu par coordonnées sur le PDF, la colonne du Brésil servant de contrôle.
    3. Crop year production by country (Table 1), Organisation internationale du café (OIC), 2021, http://web.archive.org/web/20240724002100/https://www.ico.org/prices/p niveau solide
      Guinée : 229, 153, 178 et 150 milliers de sacs pour les années caféières commençant en 2017, 2018, 2019 et 2020.
    4. The Coffee Guide, quatrième édition, tableau 5, p. 87, Centre du commerce international (ITC), 2021, https://www.intracen.org/resources/publications/the-coffee-guide-fourt niveau solide
      Guinée (R), campagne octobre-septembre : 165, 286, 270, 229, 248 et 270 milliers de sacs de 2014 à 2019, source ITC et OIC. Lu par coordonnées : pdftotext décale ici la ligne et attribue à la Guinée les chiffres du Ghana.
    5. PSD Online, Coffee, Green : Guinea, production, exportations, consommation, 1960-2026, USDA, Foreign Agricultural Service, 2026, https://apps.fas.usda.gov/psdonline/downloads/psd_coffee_csv.zip niveau solide
      Production entièrement en canephora, arabica nul ; 200 000 sacs produits et 198 000 exportés en 1960 ; 30 000 à 112 000 sacs produits de 1973 à 1985 ; exportations de 45 000 à 122 000 sacs de 1968 à 1980 ; 280 000 sacs en 2015, 300 000 en 2021, 110 000 en 2024 ; consommation intérieure de 15 000 à 25 000 sacs.
    6. UN Comtrade, code SH 090111 (café vert non décaféiné) : exportations déclarées par la Guinée (code 324) et importations déclarées par ses partenaires, 2005-2024, Division de statistique des Nations unies, 2026, https://comtradeapi.un.org/public/v1/preview/C/A/HS?period=2022&cm niveau solide
      Déclarations guinéennes jusqu'en 2016 seulement (12 771 t en 2016) ; importations déclarées par les partenaires : 7 905 t (2015), 13 443 t (2016), 3 360 t (2021), 17 045 t (2022, dont 9 926 t par le Maroc), 11 450 t (2024) ; principaux acheteurs Maroc, Sénégal, France, Algérie, Inde, Italie.
    7. Annuaire des statistiques agricoles 2018, tableaux 63 et 66, Institut national de la statistique de Guinée, avec l'ANASA, 2019, https://stat-guinee.org/images/Documents/Publications/SSN/agriculture/ niveau solide
      Production de café selon la Direction nationale de l'agriculture : 17 907 t (2012), 5 844 (2013), 41 500 (2014), 45 750 (2015), 45 950 (2016), 46 733 (2017), 50 000 (2018) ; exportations au port de Conakry : 2 029 t (2014), 14 270, 21 622, 14 615 et 20 520 t de 2015 à 2018.
    8. Annuaire des statistiques agricoles 2019, tableau 67, Institut national de la statistique de Guinée, 2020, https://stat-guinee.org/images/Documents/Publications/INS/annuelles/an niveau solide
      Exportations de café selon le tableau de bord mensuel du ministère des Finances : 3 427 t (2014), 25 259 (2015), 56 490 (2016), 19 625 (2017), 20 985 (2018), 7 474 (2019).
    9. Annuaire statistique 2024, tableau 18.28, Institut national de la statistique de Guinée, 2025, https://www.stat-guinee.org/images/Documents/Publications/INS/annuelle niveau solide
      Exportations de café en volume : 2 725,8 t (2020), 5 151,9 (2021), 14 904,2 (2022), 11 414,9 (2023), 13 952,1 (2024), d'après la sous-direction des statistiques du commerce extérieur.
    10. Les ressources génétiques naturelles des caféiers en Guinée, rapport sur la mission de prospection effectuée par une équipe ORSTOM-IRCC du 1er février au 2 mars 1987, p. 3, 8-10, 13 et 17, D. Le Pierrès, P. Charmetant, T. Gnesio, A. Bamba, M. Konaté, A. Yapo (ORSTOM), 1987, https://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/doc34-03/27 niveau solide
      Stenophylla du Rio Nunez cultivé vers 1850 ; jardin de Camayenne (1897-1898, canephora du Gabon en 1900-1904, quatre arbres en 1987) ; races locales de canephora détruites par la trachéomycose, plantations arrachées ou abandonnées ; un tiers d'excelsa à N'Zérékoré ; 70 millions d'arbres, 200 à 300 g par arbre, exportations de 6 000 à 8 000 t ; arabica réduit à 100 t ; « sixième producteur mondial » en 1960 ; caféier liberica de Ziama.
    11. Les caféiers et les cafés dans le monde, tome I, Les caféiers (pages 19, 183, 242, 397, 411 et 431 du PDF), René Coste, 1955, https://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/divers20-12 niveau solide
      Débuts de la caféiculture africaine en Guinée française avec C. stenophylla ; étude de Portères (1949) sur l'ombrage des plantations de Macenta ; essais d'engrais sur arabica dès 1909 ; retard de maturation de 10 jours par 100 m au-dessus de 900 m ; station de Sérédou et ses collections.
    12. Lost and Found: Coffea stenophylla and C. affinis, the Forgotten Coffee Crop Species of West Africa, A. P. Davis, R. Gargiulo, M. F. Fay, D. Sarmu, J. Haggar, Frontiers in Plant Science 11, 2020, https://doi.org/10.3389/fpls.2020.00616 niveau solide
      C. stenophylla indigène en Guinée ; « Rio-Nunez coffee » exporté vers la France, 3 à 5 t par an avec la Sierra Leone (d'après Chevalier 1929) ; derniers spécimens sauvages guinéens en 1941 ; statut hybride de C. affinis réfuté ; spécimen récolté à Saliya (Coyah) en 2015.
    13. All About Coffee, ch. XV (p. 146), ch. XXII (tableau des exportations, p. 289-291) et ch. XXIV (p. 353 et 378), William H. Ukers, 1922, https://www.gutenberg.org/ebooks/28500 niveau solide
      Travaux de Teyssonnier à Camayenne sur l'affinis ; 1 320 livres exportées par la Guinée française en 1918 ; café « Guinea » commercialement sans importance, petit grain brun terne.
    14. Coffee Is Not Forever: A Global History of the Coffee Leaf Rust, p. 129, Stuart McCook, Ohio University Press, 2019, https://ohioopen.library.ohio.edu/oupress/96/ niveau solide
      La rouille est signalée en Guinée et au Nigeria en 1962.
    15. Global Conservation Strategy for Coffee Genetic Resources, p. 11 et 34, Crop Trust et World Coffee Research, 2017, https://www.croptrust.org/saving-coffee/ niveau solide
      Mission de collecte ORSTOM-CIRAD en Guinée en 1987, matériel conservé en Guinée et en Côte d'Ivoire ; dernières collectes en Guinée en 1987, sort des échantillons d'origine incertain.
    16. Valorisation d'initiatives paysannes de commercialisation : cas de la coopérative agricole de commercialisation de café et d'approvisionnement Woko de Macenta, L. Gnekoya, C. Honomou, K. Makolo, Confédération nationale des organisations paysannes de Guinée (CNOP-G), publié par Inter-réseaux, 2006, https://www.inter-reseaux.org/wp-content/uploads/Guinee_Cafe_qualite_W niveau moyen
      Arabica au Fouta abandonné dans les années 1930 ; canephora venu de Côte d'Ivoire depuis 1930 ; Première République, prélèvements obligatoires, trachéomycose 1960-1964 ; 15 700 t exportées en 1959, environ 2 000 t de 1970 à 1980, contrebande ; 6 millions de plants de canephora distribués en 2004-2005 ; Confédération interprofessionnelle créée en 1997 ; prix d'achat des cerises égal au cinquième du café marchand.
    17. Le café du mont Ziama, atelier sur les indications géographiques dans le secteur café-cacao, Yaoundé, 28-30 septembre 2010, Marie Antoinette Sanoussi Haba, point focal IG de la Guinée, publié par oriGIn, 2010, https://www.origin-gi.com/wp-content/uploads/2010/10/guinee-cafe-ziama niveau moyen
      Pépinière de Kölödou en 1930 (d'après Portères 1962 et Eskes 1991) ; projet RC2 en 1989, 6 000 ha, objectif de 30 000 t ; arabica réintroduit au Fouta ; zone, altitude, pluviométrie et surfaces du mont Ziama ; cinq clones de canephora ; récolte en trois passages, séchage de 21 jours ; 375 membres, 87 kg par membre et 850 t annoncées.
    18. Nom du produit : café du mont Ziama, présentation de la coopérative Woko, même atelier, Camara, coopérative Woko de Macenta, publié par oriGIn, 2010, https://www.origin-gi.com/wp-content/uploads/2010/10/guinee-caf-ziama_ niveau moyen
      Loi-cadre de 1964 et nationalisation du commerce ; fondation de Woko le 18 octobre 2003 par 21 producteurs ; ventes réalisées de 3 436 kg (2003-2004) à 34 000 kg (2008-2009), en partie au Sénégal.
    19. L'expérience de l'OAPI en matière de protection et de gestion des indications géographiques, symposium mondial sur les indications géographiques, Yangzhou, p. 20, Jean-Baptiste Noël Wago, OAPI, document de l'OMPI, 2017, https://www.wipo.int/edocs/mdocs/geoind/en/wipo_geo_yty_17/wipo_geo_yt niveau solide
      Les trois premières IG de l'OAPI : miel blanc d'Oku et poivre de Penja (déposés le 22 juillet 2013, enregistrés le 10 septembre 2013) et café Ziama Macenta (dépôt juin 2014, enregistrement 14 mars 2014).
    20. Aspects institutionnels concernant l'administration des indications géographiques, cas de l'OAPI, colloque mondial sur les indications géographiques, Budapest, Michel Gonomy, OAPI, document de l'OMPI, 2015, https://www.wipo.int/edocs/mdocs/geoind/fr/wipo_geo_bud_15/wipo_geo_bu niveau solide
      Projet PAMPIG financé par l'AFD, opérationnel depuis avril 2010 ; ordre chronologique Penja, Oku, Ziama Macenta ; ADECAM comme groupement de producteurs.
    21. oriGIn contributes to the Crowdfunding for the GI Ziama-Macenta, oriGIn (Organization for an International Geographical Indications Network), 2015, https://www.origin-gi.com/web_articles/27-03-2015-origin-contributes-t niveau moyen
      IG reconnue en 2013 selon oriGIn, projet collectif de plus de 1 000 producteurs ; ADECAM membre d'oriGIn en 2014.
    22. Recognition of agricultural products and textiles as geographical indicators of origin, Adams & Adams (cabinet de propriété intellectuelle), 2025, https://www.adams.africa/oapi/recognition-of-agricultural-products-and niveau moyen
      Annonce, le 13 novembre 2025, que l'OAPI a accordé « plus tôt cette année » la protection du café Ziama Macenta ; contredit les dates de 2013-2014 sans les expliquer.
    23. Membership of the International Coffee Agreement 2007, as at 2 February 2022, Organisation internationale du café (OIC), 2022, https://www.icocoffee.org/wp-content/uploads/2022/11/membershipica2007 niveau solide
      La Guinée a signé l'Accord de 2007 le 2 juillet 2008 sans accomplir la procédure de ratification.
    24. ED 2409/22 Rev. 3, annexe III, pays admis à signer l'Accord international sur le café de 2022, Organisation internationale du café (OIC), 2025, https://www.ico.org/documents/cy2024-25/ed-2409-r3e-membership-ica-202 niveau solide
      La Guinée figure parmi les gouvernements invités comme observateurs à la 133e session du Conseil, et non parmi les parties à l'Accord de 2007.
    25. Lola : record de production de café et de cacao en vue dans la localité, Alidjou Moribadougou Sylla, Guinéenews, 2019, https://guineenews.org/2019/12/15/lola-record-de-production-de-cafe-et niveau faible
      95 765,89 t de café annoncées pour la préfecture de Lola en 2019, sans unité précisée ; café paddy payé 3 000 GNF le kilo.
    26. Fully-Washed Fine Robusta Coffee (GN-35), récolte 2023, Macenta Beans, fiche de vente sur la plateforme Algrano, 2024, https://www.algrano.com/en/coffees/GN-35/harvests/GN-35-202311 niveau faible
      Lot lavé de canephora de la région de Macenta, 600 à 1 100 m d'altitude, récolté de novembre 2023 à janvier 2024 (déclaration du vendeur).
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