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    La Réunion

    Dossier approfondi hors FAOSTAT : une production attestée par un organisme officiel, l'histoire, la filière d'aujourd'hui et ses zones d'ombre, sources numérotées. Région : Afrique.

    Afrique

    DOCLa Réunion

    production attestée, sans série FAOSTATDossier approfondi, hors FAOSTAT

    Dossier approfondi hors FAOSTAT : une production attestée par un organisme officiel, l'histoire, la filière d'aujourd'hui et ses zones d'ombre, sources numérotées. Région : Afrique.

    La Réunion produit du café sans figurer dans la série FAOSTAT du café vert. Ce dossier dit ce qu'on en sait : l'histoire, la filière d'aujourd'hui et ce qui reste incertain, chaque paragraphe renvoyant à ses sources, numérotées en bas de page.

    La production est attestée par un organisme officiel.

    Ce que la source permet d'affirmer
    Statut géographique
    territoire
    Rattachement
    France (département et région d'outre-mer, océan Indien)
    Niveau de la preuve
    solide
    Dans la série FAOSTAT
    non, à aucune année depuis 1961 (la zone Réunion n'a plus aucune valeur après 2006)
    Membre exportateur de l'ICO
    non
    Niveau de documentation

    Couverture confirmée : une production attestée par un organisme officiel, et un dossier de 22 sources qui croise l'histoire, la filière d'aujourd'hui et ce qui reste incertain.

    L'histoire

    Quand les premiers caféiers d'Arabie arrivent sur l'île Bourbon, l'ancien nom de La Réunion, l'île a déjà un caféier à elle. L'historien Gwyn Campbell date de 1711 la découverte, près de Saint-Paul et au-dessus de 600 mètres, d'un caféier sauvage que les habitants appellent café marron, marron désignant alors ce qui est retourné à l'état sauvage. C'est Coffea mauritiana, une espèce indigène, que les généticiens disent endémique, c'est-à-dire propre à ces îles, et que Cheney signale aussi à Maurice. Isidore Guët, qui publie en 1888 un livre tiré des archives de la Marine, raconte la chose autrement : ce sont les plants venus d'Arabie, débarqués en 1715, dont la ressemblance avec un arbuste de l'île fait reconnaître, « à la joie commune », que Bourbon possède le caféier à l'état sauvage. Ce café marron est expédié en France, bien reçu en 1721 selon Campbell, mais jugé moins doux, moins parfumé et plus amer que le café de Moka ; Cheney, en 1925, ne lui trouve que 0,07 % de caféine et dit son infusion amère. Rien d'étonnant pour la phylogénie récente du genre, qui ne trouve de caféine élevée et constante que chez les caféiers d'Afrique de l'Ouest et du Centre [5][15][3][6][16].

    Le vrai caféier, celui qu'on appelle alors « l'unique bon », vient du Yémen. D'après Guët, le navire l'Auguste, de la société des armateurs de Saint-Malo, porteur d'une lettre de Louis XIV, mouille à Moka, le port caféier du Yémen, le 25 mai 1715, y reste au moins jusqu'au 29 juillet et débarque à Saint-Paul vers la fin de septembre six demi-barriques portant chacune un caféier. Guët insiste sur un point que les récits ultérieurs effacent : la Compagnie des Indes n'a eu aucune part à cette introduction, qu'elle avait pourtant projetée. Ukers, en 1922, attribue au contraire l'opération à la Compagnie et la place en 1715-1717, avec un capitaine qu'il nomme Dufougeret-Grenier. Le catalogue des variétés de World Coffee Research compte trois tentatives, en 1708, en 1715 et en 1718, et précise que seuls quelques plants de la deuxième et certains de la troisième ont pris [3][4][7].

    Des six plants de 1715, un seul survit. Guët le dit d'abord une tradition, puis en trouve la trace dans un recensement de Saint-Paul de novembre 1719 : l'arbre, confié à un habitant de Saint-Denis, donne ses premières graines mûres en janvier 1718 ; sur 3 376 graines mises en terre, 2 480 sont perdues et 896 lèvent. C'est de ce goulet, un seul arbre et quelques centaines de descendants, que vient l'essentiel de la lignée Bourbon. La génétique l'a confirmé en 2024 : l'étude du génome de l'arabica publiée dans Nature Genetics fait descendre le groupe Bourbon actuel d'une seule plante survivante vers 1720 et lui trouve une diversité plus faible que celle de la lignée Typica, à cause de ce passage par un individu unique. La culture devient vite obligatoire pour les colons, et une lettre de septembre 1723 compte 1 406 caféiers en rapport cette année-là et en promet 87 208 pour 1725, une progression que la Compagnie elle-même juge exagérée [3][8].

    Dans ces vergers apparaît plus tard un caféier différent, nain, en forme de sapin, à feuilles étroites et à grains allongés : le Bourbon pointu, ainsi nommé par opposition au Bourbon rond, le caféier ordinaire. Les botanistes l'appellent Laurina : le sélectionneur Cramer emploie déjà ce nom à Java avant 1922, d'après Ukers, et le botaniste Auguste Chevalier le retient en 1947. Sa date et son lieu de naissance ne sont pas établis : la revue d'Aurélie Lécolier et de ses collègues, en 2009, le dit en général sélectionné au début du XIXe siècle ; une communication du CIRAD de 2010 parle d'une découverte en 1771 dans une plantation proche de Sainte-Marie ; la fiche de la DAAF de 2026 dit seulement « quelques décennies » après l'introduction. Ce qui est établi, c'est sa nature : une mutation spontanée du Bourbon, portée par deux copies d'un même gène récessif, et non un croisement avec le café marron, comme le croyaient au début du XXe siècle les sélectionneurs de Java cités par Ukers [9][4][14][2][11][22].

    Le café fait la fortune de l'île au XVIIIe siècle, puis recule devant la canne à sucre. Ukers écrit qu'un siècle avant lui, vers 1820, la production était estimée jusqu'à 10 millions de livres, environ 4 500 tonnes, et que ce rythme se maintint une bonne partie du XIXe siècle ; il compte encore 530 000 livres exportées en 1909, environ 240 tonnes, puis une moyenne récente de 25 000 livres, une douzaine de tonnes, et 3 527 livres seulement en 1918, soit 1,6 tonne. La DAAF retient une autre chronologie : 2 000 hectares de caféiers en 1865, près de 6 000 en 1880, puis un recul à la fin du siècle sous l'effet de la canne et des maladies, jusqu'à la disparition de la filière vers 1950. Ukers note aussi la réputation du café de l'île, un grain petit et dur, « rond et pointu », proche du moka dans la tasse et presque tout entier vendu en France [5][4][2].

    Avant de disparaître de l'île, le Bourbon en est parti. World Coffee Research écrit qu'il ne quitte pas La Réunion avant le milieu du XIXe siècle. Les missionnaires spiritains, installés dans l'île en 1841, l'emportent à Zanzibar en 1859, puis à Bagamoyo, sur la côte de l'actuelle Tanzanie, en 1862, et jusqu'aux collines Taita du Kenya en 1893 ; il gagne le sud du Brésil, près de Campinas, en 1860, et de là l'Amérique centrale. Ukers fait venir de La Réunion les premières graines d'arabica plantées au Tonkin en 1887 et le café de l'Afrique orientale britannique, et décrit en Indochine un « Bourbon rond » et un « Bourbon Le Roy » au grain plus petit. Une bonne part des Bourbon cultivés dans le monde, et des variétés qui en sont issues comme le Caturra, remontent donc aux quelques plants réunionnais du début du XVIIIe siècle [7][4][8][22].

    Aujourd'hui

    Le café de La Réunion est aujourd'hui un café de jardin et de petite parcelle. Après l'abandon des grandes plantations, le Bourbon pointu a survécu dans les jardins créoles, où les prospections du programme lancé en 2002 recensent près de 2 000 caféiers ; quatre pieds-mères en sont retenus pour produire les plants distribués aux producteurs. Les essais situent les meilleurs terroirs dans l'ouest et le sud de l'île, entre 700 et 1 000 mètres, et la coopérative impose ses plants dans des zones définies, car seuls 2 des 49 types de sols recensés dans l'île conviennent, selon la DAAF. Le projet d'appellation d'origine protégée délimite une zone de Saint-Joseph à Saint-Paul, entre 600 et 1 200 mètres. Le café marron, lui, vit en forêt : une étude génétique de 2019 l'a échantillonné sur 34 sites, et le situe entre 270 et 1 500 mètres d'altitude. Il est aussi conservé, avec d'autres caféiers sauvages, dans une collection plantée dans l'île entre 2008 et 2012 et tenue par l'IRD et le CIRAD : environ 750 accessions de 35 espèces, dont quelque 200 génotypes d'espèces propres à La Réunion, à Maurice et à Mayotte, et une centaine de caféiers cultivés dans l'île aux XVIIIe et XIXe siècles [2][15][17].

    La filière ne cultive qu'une variété, et c'est voulu : la coopérative fournit elle-même les plants, tirés des quatre pieds de référence, pour garder un matériel génétique sélectionné. Sa mutation change toute la plante. Lécolier et ses collègues ont mesuré qu'en un mois le Bourbon ordinaire pousse six fois plus en hauteur que le Bourbon pointu, la mutation agissant très tôt sur la périphérie de l'apex, la pointe de la tige où naissent feuilles et entre-nœuds. Elle divise aussi la caféine par deux : Baumann et ses collègues trouvent en 1998 de 0,68 à 0,71 % de caféine dans le grain de la lignée Laurina, rapporté à la matière sèche, et attribuent la baisse à deux copies du gène lr qui freinent la synthèse ; la thèse de Sébastien Piccino mesure 0,75 % dans le café vert de l'île. Le caféier ordinaire en contient environ le double [2][10][11][12].

    Le procédé est une voie humide. D'après la DAAF, les cerises sont cueillies à pleine maturité, de juin à décembre, les arbres étant visités chaque jour ; elles sont dépulpées, c'est-à-dire débarrassées de leur peau et de leur pulpe, le grain fermente, puis sèche au soleil avant d'être stocké et vendu vert, ou torréfié. La fiche cite parmi les exigences la fermentation et la macération, sans en donner la durée ni la conduite, un séchage maîtrisé et un usinage soigné, l'usinage étant le décorticage qui retire la parche, cette enveloppe de papier qui entoure le grain. La coopérative dispose depuis la fin de 2016 de sa propre unité de transformation au Tampon, après huit ans dans les locaux du CIRAD, qui lui a cédé le matériel de la phase d'essai [2].

    La qualité se mesure et se classe. Pour être vendu comme café de spécialité, le lot doit obtenir plus de 80 sur 100 sur la grille de la Specialty Coffee Association, devant un jury de huit dégustateurs. La filière vend en trois catégories, Grand cru, Sublime et Authentique, que l'équipe de Piccino a réussi à distinguer en chimie : des aldéhydes à forte valeur odorante, c'est-à-dire présents bien au-dessus de leur seuil de perception, dominent le Grand cru, la phénylacétaldéhyde le Sublime, et un groupe de pyrazines l'Authentique. Dans la tasse, la thèse relève neuf molécules à fort impact, dont trois aux notes d'agrume ; une communication du CIRAD parle d'un goût fruité d'agrume. Le profil de torréfaction retenu après analyse sensorielle est court [2][13][12][14].

    La filière est minuscule. Le recensement agricole compte 60 producteurs de café en 2010 et 59 en 2020, dont moins de dix indépendants ; la coopérative Bourbon Pointu, fondée en 2008 et seule coopérative de café de l'île, en regroupe aujourd'hui 53 sur une quinzaine d'hectares. Le café n'est presque jamais une spécialisation : 5 exploitations ne font que du café, une trentaine l'associent à des fruits, des légumes ou des plantes à parfum, une vingtaine à un élevage, et 41 % des caféiculteurs ont un autre métier. La coopérative produit environ une tonne de café vert par an, 500 à 600 kilos les années de cyclone ; l'IEDOM notait 1,2 tonne vendue en 2016. Les nuisibles qui abîment le plus les fruits sont le scolyte du café, un petit coléoptère qui creuse la cerise, et un insecte que la fiche appelle smaragdina [2][18].

    Presque tout reste dans l'île. La coopérative y vend environ 80 % de son café vert, autour de 700 kilos, et tout son café torréfié, surtout aux visiteurs, sur les marchés, dans les épiceries et les musées. Elle exporte en moyenne 300 kilos de vert par an, surtout vers le Japon, les États-Unis et la Suisse, et dit ne pas pouvoir répondre à la demande ; l'intérêt d'acheteurs japonais a d'ailleurs déclenché la relance de 2002. Les Réunionnais, eux, boivent du café importé : 3 170 tonnes en 2025, dont deux tiers déjà torréfiées, venues à près de 90 % de France métropolitaine, et un tiers en vert, venu surtout de Madagascar, d'Éthiopie et du Cameroun. Le café de l'île pèse donc, par le calcul, environ trois dix-millièmes de ce qu'elle importe. Une appellation d'origine protégée est en préparation, que la fiche de 2026 attend pour l'année ; en 2022, une question écrite à l'Assemblée nationale constatait que ce café n'avait encore aucune protection [2][19].

    Repères
    Espèce et variété cultivées
    Coffea arabica, Bourbon pointu (Laurina), à partir de quatre pieds-mères [2]
    Espèce indigène
    Coffea mauritiana, le café marron, endémique de La Réunion et de Maurice [15]
    Arrivée des caféiers de Moka
    fin septembre 1715 à Saint-Paul, six plants, un seul survivant [3]
    Premières graines mûres
    janvier 1718 ; 896 plants levés sur 3 376 graines [3]
    Caféine du Bourbon pointu
    0,68 à 0,71 % de la matière sèche, environ la moitié d'un arabica ordinaire [11]
    Altitude des terroirs
    700 à 1 000 m dans l'ouest et le sud ; 600 à 1 200 m pour le projet d'appellation [2]
    Récolte
    juin à décembre, passage quotidien dans les arbres [2]
    Production récente
    environ 1 t de café vert par an, 500 à 600 kg les années de cyclone [2]
    Producteurs
    59 au recensement agricole de 2020, dont 53 dans la coopérative [2]
    Exportations
    environ 300 kg de café vert par an, surtout vers le Japon [2]
    Importations de café en 2025
    3 170 t, dont deux tiers déjà torréfiées [2]
    Dans FAOSTAT
    aucune valeur de café vert depuis 1961, territoire présent pour 114 autres produits jusqu'en 2006 [1]

    Zones d'ombre

    La Réunion n'apparaît dans aucune série de café de FAOSTAT, et ce silence n'est pas une absence de café. Le territoire existe dans la base, sous son propre nom, avec 114 produits agricoles, de la vanille aux bananes, mais aucun n'a de valeur après 2006, et le café vert n'y figure à aucune année depuis 1961. La Guadeloupe et la Martinique y ont une série de café, close en 2006 elle aussi. La France n'a de ligne de café à aucune année : si les chiffres des départements d'outre-mer y sont comptés depuis, ce que la base ne dit pas, le café réunionnais n'y figure pas davantage. Le seul chiffre de production publié est celui de la DAAF, qui dit tantôt que la production de la filière, tantôt que celle de la coopérative, s'élève à environ une tonne : on ne sait pas ce que produisent les indépendants. La même fiche donne 80 % du café vert vendu dans l'île, puis 700 kilos sur une tonne, soit 70 % [1][2].

    Les surfaces ne se recoupent pas. La DAAF écrit que la coopérative cultive une quinzaine d'hectares avec 53 producteurs, et que la taille moyenne des vergers est passée de 5 000 mètres carrés en 2010 à près d'un hectare en 2020 pour 59 producteurs, ce qui ferait une cinquantaine d'hectares, trois fois plus. Le second chiffre porte peut-être sur tout le verger de l'exploitation et non sur les seuls caféiers ; la fiche ne le dit pas. Une tonne de café vert sur quinze hectares ferait à peine 70 kilos par hectare, un rendement très bas que des caféiers jeunes ou clairsemés expliqueraient peut-être, mais qu'aucune source ne commente. La fiche cite enfin la smaragdina parmi les ravageurs sans en donner l'espèce [2].

    L'histoire chiffrée est fragile. Ukers place le sommet de la production vers 1820 et la dit soutenue une bonne partie du XIXe siècle ; Campbell écrit que la production, importante au XVIIIe siècle, déclina rapidement ensuite ; la DAAF fait au contraire croître les caféiers de 2 000 à 6 000 hectares entre 1865 et 1880. Ces trois récits ne mesurent pas la même chose, tonnes, hectares ou impression d'ensemble, et aucune série d'exportations de l'île n'a été lue ici. La date de disparition varie aussi : vers 1950 pour la DAAF, une dernière expédition de 200 kilos en 1942 pour Wikipédia, qui ne cite pas de document. L'introduction elle-même a deux versions, la Compagnie des Indes pour Ukers et la DAAF, les négociants de Saint-Malo pour Guët, qui cite les lettres de l'époque [4][5][2][3][20].

    L'origine du Bourbon pointu est la question la plus embrouillée. Les dates proposées vont de 1771 au début du XIXe siècle, sans document contemporain lu ici. Une partie des récits confond le Bourbon pointu, mutant de l'arabica, avec le café marron indigène : Wikipédia le fait décrire dès 1711 par un secrétaire de la Compagnie, et un manuel scolaire de l'académie de La Réunion appelle « Bourbon pointu » la variété locale opposée au Bourbon rond venu de Moka. Le nom de café Leroy, qu'on donne à ce caféier d'après un planteur mort en 1770, ne s'appuie que sur Wikipédia ; Ukers parle d'un Bourbon Le Roy en Indochine sans dire d'où vient le nom. L'idée d'un hybride avec le café marron a longtemps circulé : Cheney rapporte qu'un croisement des deux espèces circulait à Java sous le nom de Coffea mauritiana en 1876, et la fiche Laurina de l'atlas des variétés de ce site note que l'Institut agronomique de Campinas enregistrait encore le Laurina comme hybride en 1999. Elle se heurte à la biologie : l'arabica a deux fois plus de chromosomes que le café marron et ne fleurit pas en même temps, ce qui empêche, selon l'étude génétique de 2019, tout échange de gènes entre les deux dans l'île. La revue de Lécolier, qui croise archives et génétique, n'a pu être lue qu'en résumé [9][20][21][4][6][15][8][11].

    Non traité : Le texte intégral de la revue de Lécolier (2009), seul travail qui croise les archives et la génétique sur l'origine du Bourbon pointu : fermé chez l'éditeur, copie HAL derrière un contrôle anti-robot, serveur de l'IRD en maintenance au moment de la recherche. Une série des exportations de café de l'île aux XVIIIe et XIXe siècles : l'Essai de statistique de Thomas (1828) n'a pas pu être téléchargé (erreur du serveur du CNAM), le chapitre de Campbell n'a été lu qu'en première page. Le chiffre de production des producteurs indépendants, la surface réelle en caféiers et les rendements : aucune source ne les donne. L'état de la demande d'appellation d'origine protégée en octobre 2026 : non vérifié auprès de l'INAO. Le rapport statistique du CIRAD de 2007 sur le projet Bourbon pointu, téléchargeable sur Agritrop mais marqué « diffusion restreinte », n'a pas été utilisé. La teneur en caféine du café marron mesurée avec une méthode moderne : seule la valeur de Cheney (1925) a été trouvée.

    Sources
    1. FAOSTAT, Production: Crops and livestock products, archive normalisée (item Coffee, green, code 656), Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), 2025, https://bulks-faostat.fao.org/production/Production_Crops_Livestock_E_ niveau solide
      Lue dans la copie extraite sur le disque (fichier du 20 octobre 2026). La zone Réunion (code 182, M49 638) existe et porte 114 produits, dont la vanille (31 t en 2003, 22 t en 2006, marque A) ; aucune valeur de production après 2006 pour aucun produit ; aucune ligne pour le café vert (656), à aucune année. Guadeloupe et Martinique ont une série de café vert de 1961 à 2006 ; la France n'en a pas.
    2. Filière café, Agreste La Réunion, Essentiel, fiche filière n° 3, DAAF de La Réunion, Service de l'information statistique et économique (rédaction : Elisa Le Berre), 2026, https://daaf.reunion.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/202606_filiere_cafe.p niveau solide
      Fiche de juin 2026, quatre pages, lue en entier. Introduction au début du XVIIIe siècle, mutation « quelques décennies plus tard » ; 2 000 ha en 1865, près de 6 000 ha en 1880, disparition vers 1950 ; relance en 2002 (acheteurs japonais), programme 2002-2007 avec la Région, l'État et le CIRAD, près de 2 000 caféiers recensés, quatre pieds-mères ; terroirs de l'ouest et du sud entre 700 et 1 000 m ; 59 producteurs en 2020 (60 en 2010), coopérative fondée en 2008, 53 producteurs, une quinzaine d'hectares, 2 sols sur 49 adaptés ; récolte de juin à décembre, fermentation, séchage au soleil ; unité du Tampon depuis fin 2016 ; note SCA supérieure à 80, jury de 8 ; environ 1 t de vert par an, 500 à 600 kg en année cyclonique ; 80 % vendu dans l'île (environ 700 kg), 300 kg exportés ; importations de 3 170 t en 2025 ; projet d'AOP de Saint-Joseph à Saint-Paul, 600 à 1 200 m, attendu en 2026 ; scolyte et smaragdina. La fiche porte « N°3 » et non « n° 32 » comme l'écrivait le repère documentaire précédent.
    3. Les origines de l'île Bourbon et de la colonisation française à Madagascar, d'après des documents inédits tirés des archives coloniales du ministère de la Marine et des Colonies, Isidore Guët, Paris, C. Bayle, 1888, https://archive.org/details/originesdelilebou00guet niveau solide
      Texte intégral lu (p. 255-275 et suivantes). Lettre du roi remise le 31 octobre 1714 à M. de la Boissière, commandant l'Auguste ; arrivée à Moka le 25 mai 1715, encore le 29 juillet, à Bourbon fin septembre ; six demi-barriques débarquées à Saint-Paul ; reconnaissance du caféier sauvage de l'île ; conseil du 11 novembre 1715 ; la Compagnie des Indes « ne fut pour rien » dans l'envoi des plants ; un seul plant survivant, premières graines mûres en janvier 1718 (recensement de Saint-Paul du 24 novembre 1719) ; 3 376 graines semées, 2 480 perdues, 896 levées ; recensement de septembre 1723 : 1 406 arbres en rapport, 17 518 et 87 208 annoncés, progression jugée exagérée par la Compagnie.
    4. All About Coffee, chapitres sur la propagation du caféier, les pays producteurs et les sortes commerciales, tableau des exportations, William H. Ukers, 1922, https://www.gutenberg.org/ebooks/28500 niveau solide
      Lu dans la copie texte de la bibliothèque. Introduction en 1715-1717 par la Compagnie des Indes avec le capitaine Dufougeret-Grenier, de Saint-Malo, exportations neuf ans plus tard ; « a century ago » production estimée jusqu'à 10 000 000 de livres, maintenue une bonne partie du XIXe siècle ; 530 000 livres exportées en 1909, moyenne récente d'environ 25 000 livres ; tableau : 3 527 livres en 1918, moyenne de 26 455 livres ; grain petit et dur, « round and pointed bean », proche du moka ; graines de La Réunion au Tonkin en 1887 et en Afrique orientale britannique ; Grand Bourbon, Bourbon rond et Bourbon Le Roy en Indochine ; Laurina décrit par Cramer comme hybride d'arabica et de mauritiana. Conversions calculées à 0,45359237 kg la livre.
    5. The Origins and Development of Coffee Production in Réunion and Madagascar, 1711-1972, dans The Global Coffee Economy in Africa, Asia, and Latin America, 1500-1989, p. 67-99, Gwyn Campbell, Cambridge University Press (dir. W. G. Clarence-Smith et S. Topik), 2003, https://doi.org/10.1017/CBO9780511512193.014 niveau solide
      Seule la première page, publique, a été lue. Production importante au XVIIIe siècle puis rapide déclin ; café sauvage Mauritiana découvert en 1711 près de Saint-Paul au-dessus de 600 m, dit café marron ; acheté par des navires anglais et hollandais à partir de 1720, bien reçu en France en 1721, mais jugé moins doux, moins parfumé et plus amer que le moka.
    6. Coffee: a monograph of the economic species of the genus Coffea L., notice Coffea mauritiana, Ralph Holt Cheney, New York University Press, 1925, https://archive.org/details/coffeemonographo00chen niveau moyen
      P. 66 : noms de café marron et de caféier de Bourbon ; découverte à Bourbon en 1715 ; infusion amère ; caféine de 0,07 % ; croisement avec l'arabica par Frappier et Le Héry, apparu à Java en 1876 sous le nom de C. mauritiana. Mesure ancienne, méthode non décrite.
    7. Coffee Varieties Catalog, section « The Bourbon lineage », World Coffee Research, 2025, https://varieties.worldcoffeeresearch.org/ niveau solide
      Lu dans la copie de la bibliothèque (révision du 4 septembre 2025). Trois tentatives d'introduction depuis le Yémen, 1708, 1715 et 1718, confirmées par la génétique ; quelques plants de la deuxième et certains de la troisième réussissent ; le Bourbon ne quitte pas l'île avant le milieu du XIXe siècle ; mission spiritaine à La Réunion en 1841, Zanzibar 1859, Bagamoyo 1862, Bura 1893 ; arrivée au Brésil près de Campinas en 1860.
    8. The genome and population genomics of allopolyploid Coffea arabica reveal the diversification history of modern coffee cultivars, Nature Genetics 56, p. 721-731, J. Salojärvi et al., 2024, https://doi.org/10.1038/s41588-024-01695-w niveau solide
      Lu dans la copie de la bibliothèque. Les descendants d'une seule plante survivante vers 1720 forment le groupe Bourbon actuel ; le Bourbon a une diversité plus faible que le Typica, du fait de ce goulet d'un seul individu ; l'échantillon « Bourbon pointu » se range avec les cultivars Bourbon-Typica.
    9. Unraveling the origin of Coffea arabica 'Bourbon pointu' from La Réunion: a historical and scientific perspective, Euphytica 168, p. 1-10, A. Lécolier, P. Besse, A. Charrier, T.-N. Tchakaloff, M. Noirot, 2009, https://doi.org/10.1007/s10681-009-9886-7 niveau solide
      Résumé seul (texte intégral fermé, copie HAL derrière un contrôle anti-robot, serveur de l'IRD en maintenance le 22 octobre 2026). nom de Laurina rapporté à Chevalier (Encyclopédie biologique, vol. 28, 1947) ; généralement tenu pour sélectionné à Bourbon au début du XIXe siècle ; arbres nains en forme de sapin, excellente qualité en tasse ; origine « ambiguë » et embrouillée dans les livres et les bulletins locaux ; la revue croise archives et études scientifiques.
    10. Effects of the Laurina mutation on the shoot apex in C. arabica cv. Laurina, 21e colloque scientifique international sur le café (ASIC), Montpellier, p. 902-906, A. Lécolier, J.-L. Verdeil, H. Chrestin, M. Noirot, 2007, https://agritrop.cirad.fr/540093/ niveau solide
      Résumé lu sur Agritrop. Laurina, dit Bourbon pointu, apparu à La Réunion par mutation spontanée du Bourbon ; port nain et pyramidal ; en un mois, le Bourbon pousse six fois plus en hauteur ; la mutation agit tôt sur la périphérie de l'apex, pas sur le méristème lui-même.
    11. Non-destructive analysis of natural variability in bean caffeine content of Laurina coffee, Phytochemistry 49 (6), p. 1569-1573, T. W. Baumann, M. R. Sondahl, S. S. Mösli Waldhauser, J. A. Kretschmar, 1998, https://doi.org/10.1016/s0031-9422(98)00215-5 niveau solide
      Résumé lu via PubMed. Caféine des grains de Laurina de 0,36 à 1,08 % ; moyenne de 0,68 à 0,71 % de la matière sèche pour la lignée parente, 0,56 à 0,61 % pour les somaclones ; les allèles lr lr réduisent de moitié la teneur « normale » en freinant la synthèse, pas la dégradation.
    12. Rôle des constituants chimiques du café vert, du terroir et des traitements post-récolte sur la qualité aromatique du Bourbon Pointu, thèse de doctorat en chimie, 190 p., Sébastien Piccino, Université de La Réunion, 2011, https://sciences.univ-reunion.fr/archives/monsieur-sebastien-piccino-s niveau solide
      Résumé de l'annonce de soutenance lu ; année et pagination lues sur Agritrop. Café vert : saccharose 7,1 %, trigonelline 1,3 %, caféine 0,75 %, acide caféoyl-5-quinique 4,7 % de la matière sèche ; profil de torréfaction court ; 145 composés volatils, neuf à fort impact olfactif, dont dodécanal et 2-éthylhexan-1-ol aux notes d'agrume.
    13. Aromatic composition and potent odorants of the « specialty coffee » brew « Bourbon Pointu » correlated to its three trade classifications, Food Research International 61, p. 264-271, S. Piccino, R. Boulanger, F. Descroix, A. Shum Cheong Sing, 2014, https://doi.org/10.1016/j.foodres.2013.07.034 niveau solide
      Résumé lu sur le site des publications du CIRAD. Trois catégories commerciales, Grand cru, Sublime et Authentique ; aldéhydes à forte valeur odorante pour le Grand cru, phénylacétaldéhyde pour le Sublime, pyrazines pour l'Authentique.
    14. Coffee Bourbon Pointu of Reunion Island: How to define a terroir to obtain a « Gourmet » coffee, 23e colloque ASIC, Bali, p. 1040-1045, P. Aguilar, L. Berthiot, F. Descroix (CIRAD), 2011, https://agritrop.cirad.fr/560173/ niveau moyen
      Résumé lu sur Agritrop (communication de 2010, actes de 2011). Projet « Café Bourbon pointu de la Réunion » pour un café de niche ; premiers caféiers venus du Yémen au XVIIIe siècle ; mutation découverte en 1771 dans une plantation près de Sainte-Marie, sans source citée dans le résumé ; café pauvre en caféine, goût fruité d'agrume.
    15. Genetic diversity and population divergences of an indigenous tree (Coffea mauritiana) in Reunion Island: role of climatic and geographical factors, Heredity 122, p. 833-847, E. Garot et al., 2019, https://doi.org/10.1038/s41437-018-0168-9 niveau solide
      Texte lu sur PubMed Central. Espèce indigène largement répandue dans la forêt réunionnaise ; 323 individus sur 34 sites ; petites taches entre 270 et 1 500 m ; température moyenne de 13 à 24 °C, pluies de 1 100 à 5 000 mm.
    16. Genotyping-by-sequencing provides the first well-resolved phylogeny for coffee (Coffea) and insights into the evolution of caffeine content in its species, Molecular Phylogenetics and Evolution 109, p. 351-361, P. Hamon et al., 2017, https://doi.org/10.1016/j.ympev.2017.02.009 niveau solide
      Résumé lu via PubMed. Une teneur en caféine élevée et constante ne se trouve que chez les espèces d'Afrique de l'Ouest et du Centre ; radiations indépendantes dans les îles de l'ouest de l'océan Indien, dont Maurice. Utilisée pour situer la faible caféine du café marron, pas pour la chiffrer.
    17. Safeguarding the diversity of species of the genus Coffea in Reunion Island, affiche du colloque ASIC 2021, T. Joët, J.-P. Labouisse, S. Dussert, E. Couturon, I. Fock-Bastide, M. Seguin, P. Lashermes (IRD, CIRAD, Université de La Réunion), 2021, https://alphavisa.com/asic/2021/documents/eposters-presentation/S1-PO- niveau solide
      Collection de caféiers sauvages plantée à La Réunion entre 2008 et 2012 : environ 750 accessions de 35 espèces, dont environ 200 génotypes d'espèces endémiques de La Réunion, de Maurice et de Mayotte, et environ 100 génotypes d'espèces cultivées dans l'île aux XVIIIe et XIXe siècles ; gérée par le CIRAD et l'IRD depuis 2019.
    18. Rapport annuel économique de La Réunion 2020, chapitre agriculture, Institut d'émission des départements d'outre-mer (IEDOM), 2021, https://www.iedom.fr/IMG/rapport_annuel_iedom_la_reunion_2020/index-85 niveau solide
      Les producteurs du Bourbon pointu « tentent difficilement de maintenir la filière » ; la coopérative a commercialisé 1,2 tonne de ce café en 2016.
    19. Question écrite n° 43916, Protection des spécialités ultramarines, AOP/IGP à La Réunion, Assemblée nationale, XVe législature (question de Karine Lebon), 2022, https://questions.assemblee-nationale.fr/dyn/15/questions/QANR5L15QE43 niveau solide
      Publiée au Journal officiel le 1er février 2022, retirée le 21 juin 2022 sans réponse (fin de mandat). Le Bourbon pointu n'a « à l'heure actuelle aucune protection ou reconnaissance nationale ».
    20. Bourbon pointu, Wikipédia en français, 2026, https://fr.wikipedia.org/wiki/Bourbon_pointu niveau faible
      Utilisée seulement comme témoin des récits qui circulent : description dès 1711 par Boyvin d'Hardancourt, nom de café Leroy d'après un planteur mort en 1770, dernière expédition de 200 kg en 1942, visite japonaise de 1999. Ces points ne sont pas confirmés par une source primaire lue ici ; la page signale elle-même une teneur en caféine insuffisamment sourcée.
    21. Bourbon au temps du café, fiche pédagogique « Notre île aux temps modernes », Académie de La Réunion, site d'école (bloc-note.ac-reunion.fr), 2020, https://bloc-note.ac-reunion.fr/9740416j/files/2020/05/Bourbon-au-temp niveau faible
      Exemple de la confusion relevée par Lécolier : six plants de Moka en 1715 appelés Bourbon rond « pour le différencier de la variété locale, nommée Bourbon pointu ». Cite aussi des pucerons après 1745.
    22. Vernacular Names and Genetics of Cultivated Coffee (Coffea arabica) in Yemen, Agronomy 12, 1970, C. Montagnon, V. Rossi, C. Guercio, F. Sheibani, 2022, https://doi.org/10.3390/agronomy12081970 niveau solide
      Lu dans la copie de la bibliothèque. La mutation Laurina, ou Bourbon pointu, est une mutation du Bourbon à faible teneur en caféine, bien décrite (renvoi à Lécolier 2009) ; aucun marqueur moléculaire ne permet encore de détecter les mutations chez Coffea.
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