PXL Roasters
  • La chronique
  • Planche IV

    La chronique

    la plante et le monde du café, en cinq chapitres

    L'histoire, en 9 temps

    Chaque âge tient en quelques lignes ; « en savoir plus » ouvre le récit complet, avec en marge les repères de l'histoire générale. Les repères datés, eux, sont plus bas.

    01Les légendes du café, et la date de leurs textes

    Ce chapitre ne demande pas si les grands récits d'origine du café sont vrais, il demande de quand datent les textes qui les portent, et ce que l'écart entre la date du texte et la date des faits laisse voir.

    En savoir plusReplier2 137 mots

    L'histoire du café circule avec un fonds de récits que presque tout le monde connaît et que presque personne ne date. Le chevrier et ses bêtes agitées, le saint exilé qui fait bouillir des baies, les sept graines rapportées d'Arabie dans une barbe, le plant abreuvé pendant la traversée par un officier qui se prive d'eau, les semences obtenues d'une épouse de gouverneur, le pape qui goûte la boisson des infidèles et la trouve bonne.

    Ces récits sont beaux, ils sont enseignés, ils sont peints sur des sacs et sur des enseignes. Il existe pourtant à leur sujet une question modeste et vérifiable, qui n'est pas celle de leur vérité : dans quel livre, en quelle année, ce récit apparaît-il pour la première fois par écrit ? La réponse est un fait d'archive, qu'on peut établir et citer, alors que la vérité d'une scène vieille de mille ans ne se laisse pas établir du tout.

    Un récit tardif n'est pas pour autant un récit faux : il arrive qu'une tradition orale ancienne attende des siècles avant d'être imprimée. Mais quand on connaît la date du texte, on sait au moins à quelle époque le récit a été utile, et à qui.

    Le plus ancien texte suivi sur l'origine du café n'est ni européen ni légendaire. Abd al-Qadir ibn Muhammad al-Ansari al-Jaziri al-Hanbali achève en 996 de l'hégire, le comput musulman qui commence en 622, c'est-à-dire en 1587 de notre ère, un traité intitulé Umdat al-safwa fi hill al-qahwa, que l'on rend à peu près par « ce sur quoi s'appuient les gens purs touchant la licéité du café ». Le manuscrit est conservé à la Bibliothèque nationale de France sous la cote Arabe 4590.

    Il compte sept chapitres : l'étymologie du mot, les vertus du grain, puis surtout la querelle religieuse de La Mecque en 1511 et la réfutation de ceux qui voulaient interdire la boisson, et il s'achève sur un recueil de vers arabes composés pendant cette querelle. Une note latine portée sur la garde du volume résume : livre en sept chapitres, publié l'an 996 de l'hégire, alors que cent vingt ans avaient passé depuis que l'usage de cette boisson s'était fixé en Arabie heureuse.

    Or ce texte ne raconte ni chèvres ni miracle. Il attribue l'adoption du café à un mufti d'Aden, c'est-à-dire à un juriste chargé de dire le droit, Jamal al-Din al-Dhabhani, mort vers 1470, qui en aurait répandu l'usage vers 1454. Cent trente ans séparent la chose racontée du texte qui la raconte, et al-Jaziri renvoie lui-même à un auteur antérieur, Shihab al-Din, dont aucun exemplaire n'est connu. Le plus ancien témoin conservé s'appuie donc sur un témoin perdu.

    Ce manuscrit arrive en Europe dans les bagages de Nointel, ambassadeur de Louis XIV auprès de la Porte ottomane. Antoine Galland, l'orientaliste qui donnera plus tard aux Mille et une nuits leur forme française, l'analyse et le traduit en partie sous le titre De l'origine et du progrès du café, en 1699. Plus d'un siècle après, Sylvestre de Sacy en édite les deux premiers chapitres dans sa Chrestomathie arabe, recueil de morceaux choisis destiné aux élèves de l'École des langues orientales, parue en 1806 et reprise en 1826.

    Le compte est instructif : entre l'usage attesté vers 1454 et le traité de 1587, cent trente ans ; entre le traité et sa première lecture française, cent douze de plus.

    Le chevrier, lui, entre dans l'imprimé en 1671. Le livre est de Antonio Fausto Naironi, maronite, professeur de langues chaldéenne et syriaque au collège de Rome : De saluberrima potione cahue, seu cafe nuncupata discursus, imprimé à Rome chez Michele Ercole, et dédié à un cardinal. C'est le premier traité imprimé consacré au café seul. On y trouve un gardien de troupeau en Arabie heureuse, des bêtes qui s'animent après avoir mangé certains fruits, un religieux du voisinage qui en tire une décoction pour tenir ses frères éveillés.

    On n'y trouve pas de nom. Le chevrier ne s'appelle Kaldi que dans des reprises postérieures, et je n'ai pas réussi à fixer avec certitude la date à laquelle ce nom s'attache au personnage : on l'annonce tantôt dans des versions anglaises du XIXe siècle, tantôt dans la diffusion massive qu'en donne Ukers en 1922, et je n'ai vérifié moi-même aucune de ces occurrences les plus anciennes.

    Ce qui est sûr et vérifiable, c'est que le nom est absent du texte de 1671. Les faits racontés sont couramment placés vers le IXe siècle ; le texte, lui, a huit siècles de moins.

    Galland, en 1699, ne se prive pas de le dire. Il reproche à Naironi d'avoir accueilli comme histoire les récits d'Omar et du chevrier abyssin, puis il ajoute une remarque qui éclaire mieux la scène que n'importe quelle réfutation : l'abbé et ses moines, écrit-il en substance, ce sont le mufti Gemaleddin et Muhammad al-Hadrami, et les moines sont des derviches, c'est-à-dire des membres d'une confrérie soufie qui veillent en récitant.

    Le récit yéménite a été traduit en couvent. On comprend sans mal l'utilité de cette traduction : en 1671, à Rome, dans un ouvrage dédié à un prince de l'Église, une boisson venue du monde musulman gagne beaucoup à avoir été révélée à des religieux. Ce n'est pas une falsification, c'est un travail d'acclimatation, le même qu'ont subi bien des plantes et bien des mots.

    Le cheikh Omar suit le même chemin, en sens inverse. La tradition le place en 656 de l'hégire, soit 1258, exilé sur la montagne d'Ousab pour un écart de conduite, réduit à faire bouillir les baies qu'il trouve, puis rappelé en triomphe à Moka où l'on bâtit un couvent pour lui. Le socle écrit est le manuscrit de 1587, donc trois siècles et demi après les faits supposés, et le récit n'atteint le public français qu'avec Galland en 1699 et Jean de La Roque en 1716.

    Entre-temps il s'est chargé : dans une version que rapporte Ukers, le maître mort réapparaît sous un voile et grandi de dix coudées, une eau jaillit du sol, un oiseau au plumage merveilleux mène l'exilé jusqu'à l'arbre. Ukers lui-même n'en fait pas mystère : dans la chronologie qui clôt son livre, la date de 1258 porte un appel de note qui renvoie à un seul mot, « légendaire », et un second qui signale que la date est approximative.

    Le principal vecteur du récit le signale donc comme récit. Ce que la légende d'Omar apporte est net : elle rattache le café à une lignée de saints, celle de Chadhili, patron de Moka, et elle donne à une boisson contestée par les juristes un protecteur que les juristes ne peuvent pas récuser.

    Il existe un cas où la datation est complète, et il sert de modèle à tous les autres. Vienne, 1683 : la ville assiégée, l'armée ottomane qui se retire, les sacs de grains verts abandonnés, Kolschitzky qui les reçoit en récompense et ouvre la Bouteille bleue. Ce récit apparaît pour la première fois en 1783, sous la plume de Gottfried Uhlich, exactement un siècle après le siège, et l'historien Karl Teply l'a établi en 1980.

    L'archive de la ville dit autre chose : le privilège de servir du café à Vienne est accordé le 17 janvier 1685 au marchand arménien Johannes Diodato. Le récit d'Uhlich a pourtant gagné, il a sa statue et sa rue. C'est le cas d'école, parce qu'on y voit à quoi sert un centenaire : en 1783, Vienne se raconte son siège, et la fondation du café viennois y trouve un héros plutôt qu'un privilège commercial.

    La tradition indienne de Baba Budan, pèlerin revenu de La Mecque avec sept graines fertiles dissimulées sur lui, plantées sur les pentes de Chikmagalur, résiste à cet exercice. Ukers, en 1922, la donne pour vraisemblable tout en hésitant sur la date, « dès 1600 » selon les uns, 1695 selon une autorité qu'il juge meilleure, et sa chronologie marque l'entrée de deux signes à la fois, date approximative et récit légendaire.

    Je n'ai pas trouvé la première mise par écrit du récit des sept graines et je ne la donne donc pas. Ce qui est attesté est plus banal et plus solide : du café poussait dans les monts de Mysore bien avant que les Anglais n'y entreprennent des plantations en 1840, la chaîne porte le nom de Baba Budan, et le sanctuaire existe. Le chiffre sept, nombre de bénédiction, et la cachette dans la barbe appartiennent à la vie ultérieure du récit, celle où une histoire se précise en vieillissant.

    Gabriel de Clieu offre le cas contraire, celui où l'on possède un auteur. Le récit du plant emporté sous châssis de verre et arrosé pendant la traversée avec sa propre ration d'eau vient d'une lettre de l'intéressé, publiée dans L'Année littéraire en 1774. C'est un témoignage de première main, et il est écrit une cinquantaine d'années après la traversée, l'année même de la mort de son auteur, qui avait alors près de quatre-vingt-huit ans.

    Ukers relève les flottements : les uns datent l'arrivée de 1720, les autres de 1723 ; Jardin suppose deux voyages, dont un manqué, pour concilier les deux ; on hésite entre un plant et trois, de Clieu disant un. La phrase sur l'eau partagée est de sa main, et elle a fait son chemin : poème dans L'Année littéraire la même année, vers d'Esmenard, service de porcelaine commandé en son honneur, jardin botanique de Fort-de-France ouvert en 1918 et dédié à son nom.

    On peut lire cette réussite sans mépris et sans naïveté : elle place une fortune coloniale sous le signe d'un dévouement privé, un homme et une plante, là où il y eut des flottes, des monopoles et un travail forcé.

    Francisco de Melo Palheta pose la même question avec moins de documents. Ce qui est attesté administrativement tient en peu de mots : en 1727, un officier de la couronne portugaise est envoyé à Cayenne pour une affaire de frontière, et il revient avec des semences et des plants. Le bouquet offert par l'épouse du gouverneur, où seraient cachées les graines que la Guyane française interdisait d'exporter, appartient à une autre couche du récit, et je n'ai pas pu en dater la première rédaction.

    Deux indices négatifs méritent d'être notés plutôt qu'un verdict : Ukers, en 1922, ne porte pas cet épisode dans sa chronologie, où l'entrée brésilienne de ces années-là ne mentionne que l'échec de la plantation de Pará en 1723 ; et la version galante circule surtout dans la littérature du XXe siècle, où Pendergrast la reprend en 1999. La scène fait commencer la plus grande économie caféière du monde par un cadeau, c'est-à-dire par une faveur accordée, plutôt que par une mission d'État et par ce que la plantation a exigé ensuite en hommes.

    Reste le pape. Aucun acte pontifical connu ne porte sur le café, ni pour l'interdire ni pour le bénir. Ukers rapporte l'histoire des prêtres demandant à Clément VIII de proscrire la boisson de Satan, et du pape qui y goûte et propose de la baptiser, en l'introduisant par une formule prudente, « selon une légende très citée », et sans nommer de source. Le détail qui compte est ailleurs : il ne fait pas figurer cet épisode dans sa chronologie, alors qu'il y fait figurer Rhazès, Avicenne et Omar avec la marque « légendaire ». Je n'ai pas trouvé la première version imprimée de cette scène et je n'en propose donc aucune.

    Ce qui se date autour d'elle, en revanche, se date bien : en 1585, Gianfrancesco Morosini rapporte au Sénat de Venise que les Turcs boivent une eau noire faite d'une graine nommée cavee ; en 1615, Pietro Della Valle écrit de Constantinople qu'il en rapportera. L'anecdote du baptême règle en une scène la question que ces années posaient vraiment, celle de savoir si une boisson d'islam pouvait devenir chrétienne. La dédicace du livre de Naironi à un cardinal, en 1671, répond à la même question par un autre moyen.

    Mis bout à bout, ces écarts dessinent une pente. Le plus ancien témoignage écrit est arabe, sobre, administratif : un mufti d'Aden, une date, une querelle de droit. Les scènes pittoresques, le chevrier, l'oiseau merveilleux, le pape amusé, le bouquet de la gouvernante, sont plus tardives et, pour la plupart, européennes. Cela ne les disqualifie pas, cela les situe. Ukers, qui les a plus que quiconque fait circuler, avait pris soin de mettre au bas de sa chronologie deux notes de trois mots, l'une pour les dates approximatives, l'autre pour les faits légendaires ; l'usage qu'on a fait de son livre a souvent effacé ces notes.

    La proposition de ce chapitre est de les remettre : garder les récits, qui ont leur beauté et leur utilité, et poser à côté de chacun la date de son plus ancien texte.

    Abd al-Qadir ibn Muhammad al-Ansari al-Jaziri al-Hanbali, Umdat al-safwa fi hill al-qahwa, 996 de l'hégire (1587), Bibliothèque nationale de France, manuscrit Arabe 4590 ; description du manuscrit, des sept chapitres et de la note latine de garde dans Ukers, All About Coffee (1922), section sur le manuscrit arabe. Attribution de l'adoption du café à Jamal al-Din al-Dhabhani, mufti d'Aden mort vers 1470, vers 1454 : al-Jaziri, repris par la littérature savante ; Ukers écrit Moka là où les études récentes écrivent Aden. Renvoi d'al-Jaziri à Shihab al-Din, ouvrage perdu : Ukers, même section, d'après La Roque. Antoine Galland, De l'origine et du progrès du café, 1699, traduction partielle du manuscrit ; critique de Naironi et identification de l'abbé et des moines au mufti Gemaleddin, à Muhammad al-Hadrami et aux derviches : Galland, cité par Ukers, chapitre III. Antoine Isaac Silvestre de Sacy, Chrestomathie arabe, Paris, 1re édition 1806, 2e édition 1826, qui donne les deux premiers chapitres d'al-Jaziri. Antonio Fausto Naironi, De saluberrima potione cahue, seu cafe nuncupata discursus, Rome, typis Michaelis Herculis, 1671, dédié à un cardinal : page de titre de l'exemplaire numérisé (Internet Archive, bub_gb_XqtX_0BdDbwC) ; premier traité imprimé consacré au café seul selon Ukers 1922, chapitres III et bibliographique. Absence du nom Kaldi dans le texte de 1671 : page de titre et texte de Naironi, ainsi que la notice Kaldi de Wikipédia en anglais, qui fait du nom un ajout postérieur ; la date exacte de l'attachement du nom au personnage n'a pas pu être établie ici. Jean de La Roque, Voyage de l'Arabie heureuse, Paris, André Cailleau, 1716, contenant un Mémoire concernant l'arbre et le fruit du café et un Traité historique de l'origine et du progrès du café (titre complet dans le Catalogue collectif de France, notice CCFr ark:/06871/0011738666) ; la chronologie d'Ukers date cet ouvrage de 1715. Chronologie d'Ukers 1922 et ses deux appels de note, [L] Approximate Date et [M] Legendary, appliqués notamment à Rhazès vers 900, Avicenne vers 1000, Omar en 1258 et Baba Budan vers 1600. Versions du récit d'Omar, dont celle du spectre voilé et de l'oiseau : Ukers 1922, chapitre III. Vienne : privilège de servir du café accordé le 17 janvier 1685 au marchand arménien Johannes Diodato (archives de la ville de Vienne) ; invention du récit de Kolschitzky par Gottfried Uhlich en 1783, établie par Karl Teply en 1980. Baba Budan : Ukers 1922, chapitre sur la propagation, qui hésite entre 1600 et 1695 et marque l'entrée comme légendaire ; début des plantations anglaises en Inde en 1840, même chapitre. La première mise par écrit du récit des sept graines n'a pas été trouvée. Gabriel de Clieu : lettre de de Clieu publiée dans L'Année littéraire en 1774, citée et discutée par Ukers 1922, chapitre II, qui relève les divergences de date (1720 ou 1723), l'hypothèse des deux voyages proposée par Jardin, et l'hésitation entre un plant et trois ; notice nécrologique du Mercure de France, décembre 1774 ; jardin botanique de Fort-de-France ouvert en 1918. Francisco de Melo Palheta : mission de 1727 à Cayenne pour un différend de frontière, tradition brésilienne du bouquet rapportée notamment par Pendergrast, Uncommon Grounds (1999), chapitre 1 ; la chronologie d'Ukers 1922 ne mentionne pour ces années que l'échec de la plantation de Pará en 1723 ; la première rédaction de la version galante n'a pas été trouvée. Clément VIII : Ukers 1922, p. 26, qui donne l'épisode comme « légende très citée » sans source et ne le porte pas dans sa chronologie ; aucun document pontifical connu ; la première version imprimée n'a pas été trouvée. Repères datés du même moment : rapport de Gianfrancesco Morosini au Sénat de Venise, 1585, et lettre de Pietro Della Valle depuis Constantinople, 1615, tous deux cités par Ukers 1922, chapitre sur l'Italie. Texte intégral d'Ukers consulté d'après l'édition Project Gutenberg, ebook 28500.
    610000 av. J.-C. à 1500

    02Avant 1500, les origines et ce qu'on n'en sait pas

    Une espèce née d'un accident, un usage né d'une veille religieuse, et une histoire écrite si tard que ses plus vieilles dates sont ses récits les plus jeunes.

    En savoir plusReplier1 524 mots

    -300000Apparition d'Homo sapiens en Afrique-3300Premières écritures en Mésopotamie622Hégire, début du calendrier musulman1347La peste noire atteint l'Europe1453Prise de Constantinople par les Ottomans1492Christophe Colomb atteint l'Amérique

    Deux repères de cette période ne parlent pas d'hommes, et ce sont les seuls qui reposent sur une mesure plutôt que sur un récit. Il y a 610 000 à 350 000 ans, sur les hauts plateaux d'Afrique de l'Est, deux caféiers sauvages se croisent : Coffea canephora, l'espèce qu'on appelle aujourd'hui le canephora, et Coffea eugenioides, qu'on ne boit pas. Le descendant garde les jeux de chromosomes de ses deux parents au lieu de n'en retenir qu'un seul, doublement qui le rend fertile là où un hybride ordinaire resterait stérile, et il en naît une troisième espèce, Coffea arabica. C'est ce qu'a établi l'équipe de Salojärvi en 2024 en comparant les génomes des trois espèces. Deux conséquences en découlent.

    La première est que l'arabica est jeune : son hybridation est à peine plus ancienne que notre propre espèce. La seconde est qu'il est né d'une seule rencontre, peut-être d'un seul couple de plantes. Une espèce qui commence ainsi ne contient, au départ, que la diversité de ses deux parents. Voilà le premier des deux étranglements dont ce site suit les effets. Le second, celui du Yémen, est à la fin de ce chapitre : il n'a rien créé, il a resserré.

    Quand la rouille sera repérée à Ceylan en 1869 et fera en vingt ans le tour de l'océan Indien, ce n'est pas seulement une maladie qui voyage, c'est une plante presque sans variantes qui paie une facture ouverte il y a un demi-million d'années. Le catalogue de World Coffee Research constate encore en 2025 que 97,55 % des cultivars brésiliens descendent du Typica et du Bourbon.

    Le second repère mesuré est plus délicat, et il faut dire ce qu'il n'est pas. Il y a environ 30 500 ans, les modèles de génétique des populations font diverger les arabicas sauvages d'Éthiopie et la population qui fondera plus tard les cultivars. Ces modèles, SMC++ et fastsimcoal2, lisent les génomes d'aujourd'hui et calculent à rebours les tailles de population qui expliqueraient ce qu'on observe.

    Ils ne datent donc aucun geste humain : personne ne cultivait quoi que ce soit il y a 30 500 ans. Ils datent le moment où deux groupes de plantes ont cessé d'échanger leurs gènes. Prendre cette date pour une domestication revient à confondre une séparation naturelle avec une décision.

    Entre ce chiffre et le XVe siècle, la chronique a un trou, et ce trou est le vrai sujet du chapitre. Aucun des repères qui suivent ne repose sur une fouille, un grain carbonisé ou un récipient daté : ils reposent tous sur des textes, et tous ces textes sont écrits des siècles après les faits qu'ils rapportent. Une boisson ne laisse rien : on ne conserve pas une infusion, on ne pétrifie pas une veillée.

    Ce que nous appelons l'origine du café est donc, littéralement, de la mémoire mise par écrit tard, par des gens qui avaient une raison de l'écrire.

    Cette raison, on peut la nommer. Le premier récit qu'on tienne pour authentique est celui du cheikh Abd al-Qadir, rédigé en 1587, conservé en manuscrit arabe à la Bibliothèque nationale à Paris et traduit par Antoine Galland en 1699. 1587, c'est soixante-seize ans après le procès de La Mecque, en plein siècle de querelle : le café y est attaqué comme une nouveauté, et une nouveauté se défend par une ascendance.

    Écrire l'origine du café, au XVIe siècle, c'est plaider. De ce manuscrit sortent Galland, La Roque en 1716, Ukers en 1922, puis les pages que vous lisez : toute notre connaissance des origines passe par un texte, deux traductions et deux compilateurs.

    Les deux plus anciennes dates de la frise se lisent à cette lumière. Vers 900, Rhazès, le grand médecin de Bagdad, aurait le premier mentionné le café sous le nom de bunchum ; vers 1000, Avicenne en aurait expliqué les vertus, sous le même nom. Ukers marque ces deux dates comme légendaires, et il a raison : un mot ne prouve pas une plante. Rien ne garantit que le bunchum des manuscrits désigne le grain que nous buvons.

    Il faut ajouter que ces deux attributions sont commodes. Rhazès et Avicenne sont les deux plus hautes autorités médicales de l'islam ; les donner pour premiers témoins, c'est doter le café d'un brevet de médecine, précisément ce qui se discutera devant les juges de La Mecque en 1511. Ces dates légendaires ne sont pas des erreurs innocentes. Ce sont des arguments.

    Vers 1258 vient la légende la mieux tenue, celle du cheikh Omar, disciple de Chadhili et saint patron de Moka. Exilé à Ousab pour un écart de conduite, il survit en faisant bouillir des baies ; les malades de Moka viennent le consulter, guérissent de la décoction, et le rappellent en triomphe. Ce récit a pour lui d'être dans la chronique arabe que Galland a traduite, c'est-à-dire dans la source la plus proche que nous ayons, et La Roque lui donnait sa préférence en 1732.

    Il a aussi une forme reconnaissable : la découverte y naît de la nécessité et non du hasard. Ukers le classe malgré tout parmi les légendes, et la prudence s'en tient là : c'est la plus ancienne histoire que les buveurs de café se soient racontée sur eux-mêmes, ce qui ne la rend pas vraie.

    Reste Kaldi, vers 850, le chevrier d'Abyssinie dont les chèvres dansent et dont le bouc, d'ordinaire si digne, gambade. C'est la légende que tout le monde connaît, et la plus jeune de toutes. Elle est tardive, elle est d'origine française, et La Roque la démontait déjà en 1732 en lui opposant l'histoire du mufti d'Aden, ce juriste religieux dont les soufis yéménites tenaient leur usage.

    Un détail suffit à la dater de l'intérieur : le moine, dans cette version, jette d'abord les baies au feu, et c'est l'odeur du grain grillé qui le convertit. La torréfaction est donc déjà là, dans un récit censé raconter l'instant où l'on ignorait tout du café. La chronologie des faits est ici l'inverse de celle des textes : plus la date affichée est ancienne, plus le récit est récent. La chèvre, elle, est restée sur les paquets.

    Le premier fait solide de l'histoire humaine du café arrive donc tard, et il n'arrive pas en Éthiopie. Aux XVe et XVIe siècles, le Yémen met en culture du matériel venu d'Éthiopie, probablement par Zeila et Aden. Pourquoi là, et non dans le pays où la plante pousse toute seule ? Parce qu'il y fallait autre chose que des caféiers : des terrasses, de l'eau conduite, un port et un État capable de taxer.

    Le Yémen avait les quatre. Bani Matar, Haraz, Yafe' sont des versants aménagés, cultivés en sec et irrigués, à distance des forêts humides. Ce hasard écologique, relevé par McCook, a eu une conséquence mondiale : la rouille du caféier vit dans ces forêts, et la culture yéménite s'est installée hors de sa portée. Trois siècles durant, le monde a bu un café que sa principale maladie n'avait pas suivi, ce qui laissera croire aux planteurs du XIXe siècle qu'elle n'existait pas.

    À la même époque, entre 1450 et 1500, les confréries soufies, ces fraternités mystiques de l'islam dont les offices se tiennent la nuit, adoptent la décoction pour veiller. On a là les deux moitiés de l'affaire : un pays qui sait produire et un usage qui donne une raison de boire. Le prix de ce passage se lit encore dans les plantes. Presque tout l'arabica cultivé hors d'Éthiopie descend du petit nombre de pieds passés par le Yémen : Montagnon et ses collègues n'y retrouvent en 2022 que trois groupes génétiques, SL34, Typica-Bourbon et New-Yemen, et montrent au passage qu'un nom local comme l'Udaini ne désigne pas une lignée mais une réputation. Un nom de terroir n'est pas un génotype, et c'est vrai depuis le début.

    Puis le café quitte les mosquées et prend la route des pèlerins. De 1470 à 1500, l'usage gagne La Mecque et Médine depuis Aden. Ce déplacement de quelques centaines de kilomètres est le plus important de la période, car La Mecque n'est pas une ville comme une autre : le monde musulman entier y vient chaque année et en repart. Une boisson adoptée là est distribuée partout, gratuitement, par des voyageurs qui n'ont rien à vendre.

    La diffusion fulgurante du siècle suivant a ce mécanisme et pas un autre. Le premier interdit aussi : c'est à La Mecque, en 1511, que le café rencontre sa première police, parce que c'est là qu'il était devenu visible de tous.

    Une dernière ligne de la frise demande de la prudence. Ukers date de 1505 environ l'introduction du caféier à Ceylan par les Arabes. Rien ne la confirme, aucun repère ultérieur ne s'y raccroche, et la véritable plantation de Ceylan est hollandaise, en 1658. On garde la mention parce qu'elle figure dans la chronologie de référence, et le doute avec elle. Voilà l'état du dossier en 1500 : une espèce née d'un accident, une culture installée sur des terrasses, un usage religieux en train de devenir urbain, un port qui va compter, et pas une seule page écrite par ceux qui vivaient tout cela.

    Hybridation de C. canephora et C. eugenioides, doublement chromosomique et naissance de C. arabica, datation entre 610 000 et 350 000 ans : Salojärvi et al., Nature Genetics 56 (2024), p. 722-725, repère « il y a 610 000-350 000 ans » de la chronique. Divergence modélisée vers 30 500 ans et méthodes SMC++ / fastsimcoal2 : Salojärvi et al. 2024, repère « il y a ~30 500 ans », qui précise lui-même qu'il s'agit d'un résultat de génomique et non d'une date de domestication. Première observation d'Hemileia vastatrix à Ceylan le 6 novembre 1869 et tour de l'océan Indien de 1876 à 1894 : repères « 1869 » et « 1876-1894 » de la chronique. Part des cultivars brésiliens descendant de Typica et Bourbon, 97,55 % : World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, repère « 2025 ». Récit d'Abd al-Qadir rédigé en 1587, manuscrit arabe de la Bibliothèque nationale de France, traduction d'Antoine Galland en 1699 : Ukers 1922, chronologie p. 725, repère « 1587 ». Rhazès vers 900 et Avicenne vers 1000, bunchum, dates marquées légendaires : Ukers 1922, chronologie p. 725, repères « vers 900 » et « vers 1000 ». L'argument selon lequel ces attributions servaient à donner au café une caution médicale est une lecture proposée ici, non une affirmation d'Ukers. Cheikh Omar, Chadhili, exil à Ousab et fondation de Moka : Ukers 1922, p. 13-14 et chronologie p. 725 (légende) ; Galland 1699 ; La Roque, Voyage de l'Arabie heureuse (1716), traduction de 1732, traité historique ; repère « vers 1258 ». Kaldi, version française tardive, chèvres et bouc, baies jetées au feu et odeur du grain grillé, réfutation par Galland en 1699 et par La Roque en 1732 : Ukers 1922, p. 14-15 ; La Roque 1732, p. 311 ; repère « vers 850 ». Mise en culture au Yémen à partir de matériel éthiopien, passage probable par Zeila et Aden, terrasses de Bani Matar, Haraz et Yafe', culture en sec et irriguée à l'écart des forêts humides où vit la rouille : McCook, Coffee Is Not Forever (2019), p. 12-13 ; Livre café, ch. 3 ; repère « XVe-XVIe siècles ». Trois groupes génétiques yéménites SL34, Typica-Bourbon et New-Yemen, et le fait qu'un nom vernaculaire comme Udaini ne désigne pas un génotype : Montagnon et al., Agronomy 12 (2022), même repère. Adoption par les confréries soufies pour veiller, Aden puis La Mecque : La Roque 1716, traité historique ; Ukers 1922 ; Livre café, ch. 5 ; repère « vers 1450-1500 ». Diffusion vers La Mecque et Médine depuis Aden de 1470 à 1500 et introduction supposée du caféier à Ceylan vers 1505 : Ukers 1922, chronologie p. 725, repère « 1470-1500 ». Plantation hollandaise de Ceylan en 1658, opposée ici à cette date de 1505 : repère « 1658 » de la chronique. Le lien entre le pèlerinage et la vitesse de diffusion, ainsi que le rapprochement entre la visibilité acquise à La Mecque et la condamnation de 1511, sont des explications proposées ici à partir des repères « 1470-1500 » et « 1511 », et non des affirmations des sources.
    1500 à 1600

    03Le XVIe siècle, du Yémen à l'Empire ottoman

    En cent ans, une veillée de confréries devient une institution urbaine, une ligne de recettes fiscales et une rumeur imprimée en Europe ; l'agent de cette transformation n'est pas le goût, c'est une conquête.

    En savoir plusReplier1 528 mots

    1517Luther affiche ses 95 thèses à Wittenberg1520Soliman le Magnifique monte sur le trône ottoman1543Copernic publie De revolutionibus1571Bataille navale de Lépante1588Échec de l'Invincible Armada

    En 1500, le café est une coutume régionale : on le boit au Yémen et dans les villes saintes du Hedjaz, et nulle part ailleurs. En 1600, on le boit du Caire à Constantinople, dans des salles qui ont une enseigne, un tarif et un patron ; un empire en tire une rente ; un botaniste l'a décrit en latin dans un livre imprimé à Venise.

    Cent ans pour passer de l'un à l'autre. Il serait commode d'attribuer cela au goût, mais le goût n'explique jamais une vitesse. Celle-ci tient dans deux dates de conquête que la frise laisse côte à côte sans les relier.

    En 1516 et 1517, Sélim Ier abat le sultanat mamelouk et prend la Syrie puis l'Égypte ; la chronique retient qu'il rapporte du café à Constantinople parmi son butin. En 1536, les Ottomans occupent le Yémen. Ces deux dates, ensemble, placent dans un seul espace politique le pays qui produit, les routes qui transportent et les villes qui consomment. Entre Moka et le Bosphore, le café n'a plus de frontière à franchir, seulement des douanes du même État.

    La marchandise remonte par Djedda et Suez vers Le Caire et Constantinople, et le gouverneur de Moka verse chaque année sa rente au trésor. Le café cesse alors d'être un usage pour devenir une recette, et cela décide du reste du siècle.

    La conquête ne déplace pas que des ballots, elle déplace des hommes. Les premières maisons de café de Constantinople, en 1554, sont ouvertes par Schemsi, venu de Damas, et Hekem, venu d'Alep, c'est-à-dire par deux hommes des provinces arabes annexées trente-sept ans plus tôt. La capitale n'a pas inventé le café : elle l'a appris de ses nouveaux sujets, et le mot lui-même est arrivé avec eux. Un empire, c'est d'abord une machine à faire circuler les habitudes des vaincus.

    Dans le même temps, la boisson change de nature sans changer de recette. En 1510, au Caire, les derviches yéménites, c'est-à-dire les membres des confréries, la boivent les nuits de dévotion dans un grand vase de terre rouge : le supérieur y puise pour chacun en psalmodiant, puis le bol passe aux laïcs. C'est un rite, et il ne coûte rien. En 1554, à Constantinople, la tasse coûte un aspre, petite monnaie d'argent ottomane, et l'on s'assoit sur des sofas tenus propres.

    Entre ces deux scènes, l'essentiel est arrivé : le café a un prix. Une boisson qui a un prix a un fournisseur, un local, une clientèle et un impôt possible. Elle a aussi un sous-produit, car du même fruit on tire deux boissons, celle des grains et celle des coques, le « café de la Sultane ».

    La série d'interdits, La Mecque en 1511, Le Caire en 1534, Constantinople en 1543 puis vers 1580, est détaillée dans le récit consacré à la question, qui montre que le motif n'était pas la boisson mais la salle. Ce que la chronique ajoute, c'est le calendrier. Soliman fait jeter le café à la mer à Constantinople en 1543, sept ans après que ses troupes ont pris la province dont le café le paie, et le commerce continue par la ville même qui vient de le condamner.

    Le même État interdit d'un côté ce qu'il taxe de l'autre, dans la même décennie. La contradiction n'a pas duré, parce qu'une administration finit toujours par préférer la recette au principe.

    La sortie se lit dans deux repères qu'on ne rapproche jamais. En 1524, le cadi de La Mecque, c'est-à-dire le juge de la ville, ferme les maisons de café pour désordres mais laisse boire chez soi ; son successeur les rouvre sous licence. Vers 1580, à Constantinople, le mufti ayant fait déclarer le café grillé charbon, donc interdit, Mourad III fait fermer les salles, et les officiers chargés de les tenir closes ferment les yeux contre paiement.

    Une licence et un pot-de-vin sont la même solution, une fois légale et une fois non : dans les deux cas, l'interdit se transforme en tarif. Le pouvoir ottoman a fait au détail ce qu'il faisait déjà en gros à Moka. Il a cessé d'empêcher et commencé à percevoir.

    Le terrain de la dispute, lui, est médical. La médecine du temps classe chaque substance par degrés de chaud, de froid, de sec et d'humide, et la licéité peut se déduire de ce classement. En 1511, à La Mecque, les deux frères Hakimani, médecins persans, déclarent la plante froide et sèche ; l'un d'eux craignait pour sa clientèle. Douze ans plus tard, vers 1523, un médecin du Caire pose la même question et y répond par la négative : le café monte à la tête, donc il n'est pas licite.

    Cette fois l'affaire meurt, et la chronique dit pourquoi. Les médecins du Caire tenaient à ce nouvel adjuvant de leur pharmacopée. Entre 1511 et 1523, le café est passé de la nouveauté suspecte à l'actif professionnel, et son sort juridique a suivi son sort économique. La doctrine n'avait pas bougé ; les intérêts, si. Là où personne n'avait d'intérêt contre lui, à Damas, à Alep, il n'y eut aucune querelle.

    Un autre repère montre le même retournement, mais au sommet. Le sérail, la cour du sultan, se dote d'officiers du café, les kahvedjibachi, au moment même où les religieux obtiennent des fermetures. Et dans les salles de Constantinople on voit venir les futurs juges, les cadis de province en quête d'un poste, les professeurs, les officiers du sérail et les marchands. On appelait ces maisons des « écoles des sages ». Dans un empire où les charges s'obtiennent par la présence et la recommandation, une pièce où s'assoient à la fois ceux qui nomment et ceux qui attendent d'être nommés est un bureau de placement.

    Voilà qui explique la nervosité du pouvoir mieux que le mot de sédition. Ce n'est pas seulement qu'on y parle, c'est qu'on y distribue des carrières.

    Un repère demande en revanche d'être tenu à distance. Vers 1573, lit-on, refuser du café à sa femme était chez les Turcs un motif légitime de divorce. La formule a voyagé de voyageur en voyageur jusqu'à Ukers, qui la donne d'après un auteur du XIXe siècle, et nous ne l'avons vérifiée nulle part. Ce qu'elle atteste sûrement, c'est que le café ottoman n'était pas qu'une affaire de salles publiques : il était entré dans les maisons, assez pour que les Européens le décrivent comme une institution domestique avant d'en avoir goûté.

    Car les Européens finissent par regarder, et la façon dont ils regardent décide des deux siècles suivants. En 1582, le médecin allemand Leonhard Rauwolf décrit à Alep le « chaube » : c'est la première mention imprimée du café en Europe. En 1585, Gianfrancesco Morosini, magistrat vénitien à Constantinople, rapporte au Sénat que les Turcs boivent une eau noire, aussi chaude qu'ils peuvent la souffrir, infusion d'une graine appelée « cavee ». En 1592, Prospero Alpini publie à Venise, en latin, la première description imprimée de l'arbre, qu'il nomme bon, et de la boisson, qu'il nomme caova, rapportées d'Égypte.

    Regardez les lieux. Alep, Constantinople, Le Caire. Pas un mot du Yémen, et pour cause : aucun de ces hommes n'y est allé. L'Europe a rencontré le café dans les villes qui le consommaient et jamais dans celles qui le produisaient. Elle en a rapporté des noms turcs et arabes, une scène de salle, une description de marché, mais aucune idée juste de la plante ni le moyen de s'en procurer.

    De là vient la croyance qui tiendra cent ans et que le récit des évasions retrouve intacte chez Dufour en 1685 : le café ne pousserait qu'en Arabie et nulle part ailleurs. Cette erreur n'est pas une sottise, c'est la conséquence d'un mode d'observation : on ne décrit que ce qu'on a pu approcher. Notons enfin que ces trois témoignages sont imprimés : c'est l'imprimerie, vieille de moins d'un siècle et demi, qui transforme la note d'un voyageur en fait européen.

    Le siècle finit par se retourner sur lui-même. En 1587, le cheikh Abd al-Qadir écrit le premier récit qu'on tienne pour authentique sur l'origine du café. Il l'écrit soixante-seize ans après le procès de La Mecque, dans une société qui se dispute encore sur la licéité de la boisson, donc en partie pour clore la dispute par l'ancienneté. Galland le traduira en 1699, La Roque s'en servira en 1716, Ukers le résumera en 1922, et c'est de là que viennent les légendes du chapitre précédent, y compris celles qu'Ukers marque comme douteuses.

    Un siècle qui se querelle est un siècle qui écrit : la meilleure source dont nous disposions sur les origines du café est née de l'effort pour le défendre.

    Au seuil de 1600, comptons. Le café a un public, un prix, une clientèle de notables, une police qui a renoncé, un impôt, une littérature savante en arabe et trois attestations imprimées en Europe. Il n'a toujours qu'un seul pays producteur, un seul port d'expédition et pas un plant hors d'Arabie. Aucune des grandes questions du siècle suivant, comment sortir la plante, comment la faire pousser ailleurs, comment payer ce qu'on en boit, n'a encore été posée. Elles le seront toutes en même temps.

    Conquête de l'Égypte et café rapporté à Constantinople par Sélim Ier en 1517 : Ukers 1922, chronologie p. 725, repère « 1517 ». Occupation ottomane du Yémen en 1536, convoi par Djedda et Suez vers Le Caire et Constantinople, deux balles de deux cent soixante-dix livres par chameau, trente mille piastres par an versées par le gouverneur de Moka : La Roque, Voyage de l'Arabie heureuse (1716), traduction de 1732, p. 88-89 et 106 ; Ukers 1922, chapitre sur l'Arabie ; repère « 1536 ». Premières maisons de café de Constantinople en 1554, Schemsi de Damas et Hekem d'Alep, sofas, tasse à un aspre, officiers du café du sérail (kahvedjibachi), clientèle des futurs juges, des cadis en quête de poste, des professeurs et des marchands, « écoles des sages » : Ukers 1922, p. 22, et traité annexé à La Roque 1716 ; repères « 1554 » et « 1554 · Schemsi et Hekem ». L'interprétation de cette clientèle comme un bureau de placement est une lecture proposée ici. Derviches yéménites du Caire en 1510, vase de terre rouge, psalmodie, passage du bol aux laïcs, puis kaveh kanes de La Mecque : Ukers 1922, p. 19-20, repère « 1510 ». Qahwah désignant d'abord le vin et le « café de la Sultane » tiré des coques : Ukers 1922, p. 18-19 ; La Roque 1715 cité par Ukers ; repère « vers 1500 ». Le point est développé pour lui-même dans le récit « Interdire le café », chapitre I. Procès de La Mecque de 1511, frères Hakimani, plante déclarée froide et sèche, crainte pour la clientèle, témoin bastonné, édit cassé par le sultan du Caire : Ukers 1922, p. 20-21, d'après le manuscrit d'Abd al-Qadir traduit par Galland en 1699 ; La Roque 1716, traduction de 1732 ; repères « 1511 » et « 1511 · le procès ». Fermeture puis réouverture sous licence par le cadi de La Mecque en 1524 : Ukers 1922, chronologie p. 725, repère « 1524 ». Question posée par un médecin du Caire vers 1523, affaire laissée mourir par des confrères attachés à ce nouvel adjuvant de leur pharmacopée, accueil sans opposition à Damas et à Alep, Café des Roses et Café de la Porte du Salut : Ukers 1922, p. 21-22, repère « vers 1523 ». Émeute du Caire en 1534 : Ukers 1922, chronologie p. 725. Ordre de Soliman en 1543 et marchandise jetée à la mer, le commerce continuant par la ville même : La Roque 1716 ; Livre café, ch. 5 ; repère « 1543 ». Café grillé déclaré charbon vers 1580, fermetures ordonnées par Mourad III, officiers payés pour fermer les yeux : Ukers 1922, p. 20 et chronologie p. 725, repère « vers 1580 ». Le rapprochement entre la licence de 1524 et les paiements de 1580, présentés ici comme une même conversion de l'interdit en tarif, est une lecture proposée à partir de ces deux repères. Motif de divorce chez les Turcs vers 1573 : Ukers 1922, p. 22, d'après Fulbert de Monteith ; repère « vers 1573 ». Nous n'avons trouvé aucune source de première main pour cette assertion. Rauwolf et le « chaube » d'Alep : Rauwolf, Aigentliche Beschreibung der Raiß (1582) ; Ukers 1922 ; repère « 1582-1583 ». Morosini et l'eau noire appelée « cavee » : Ukers 1922, p. 27 et chronologie p. 725, repère « 1585 ». Alpini, bon et caova, De plantis Aegypti, Venise 1592 : Ukers 1922, chronologie p. 725, repère « 1592 ». Dufour écrivant en 1685 que le café ne pousse qu'en Arabie : Dufour, Traitez nouveaux & curieux du café (1685), repris dans le récit « Les évasions », chapitre I. Récit d'Abd al-Qadir de 1587, manuscrit de la Bibliothèque nationale de France, traduction de Galland en 1699 : Ukers 1922, chronologie p. 725, repère « 1587 ».
    1600 à 1700

    04Le XVIIe siècle, l'Europe découvre et ouvre ses cafés

    En cent ans, le café passe du rapport de voyage à la salle publique, et l'Europe apprend à se réunir autour d'une boisson qu'elle ne sait ni faire pousser ni soigner.

    En savoir plusReplier1 503 mots

    1618Début de la guerre de Trente Ans1648Traités de Westphalie1649Charles Ier décapité à Londres1666Grand incendie de Londres1687Newton, Principia

    En 1600, l'Europe ne boit pas de café : elle en lit. Les trois premières mentions imprimées viennent d'un médecin, d'un botaniste et d'un diplomate, jamais d'un marchand. Leonhard Rauwolf décrit en 1582 le chaube qu'on sert à Alep, Gianfrancesco Morosini rapporte au Sénat de Venise en 1585 que les Turcs boivent une eau noire aussi chaude qu'ils peuvent la souffrir, et Prospero Alpini publie à Venise en 1592 la première description imprimée du caféier, rapportée d'Égypte.

    Ces hommes écrivent en latin, pour des savants. Le café entre donc en Europe comme un objet d'étude avant d'être une marchandise, et ce détail commande tout le siècle : quand la boisson arrivera pour de bon, elle passera par les apothicaires et non par les tavernes, et il faudra quatre-vingts ans pour cesser de se demander si elle soigne ou si elle tue.

    Pourquoi si tard, alors que Constantinople a ses maisons de café depuis 1554 ? Parce que la plante n'appartient qu'à un seul empire et ne sort que par un seul port. Depuis l'occupation ottomane du Yémen en 1536, le café de Moka est une ligne du budget impérial, taxé et convoyé par Djedda et Suez. Les Européens ne rencontrent donc le café que là où leurs marchands et leurs envoyés rencontrent des Ottomans : à Alep, au Caire, à Constantinople.

    Venise est la première servie parce qu'elle est le port de ce commerce-là. Pietro Della Valle écrit de Constantinople en 1615 qu'il en rapportera, la chose étant inconnue dans sa patrie ; en 1616, Pieter Van den Broecke ramène le premier café en Hollande ; il faut attendre 1640 pour que Wurffbain mette en vente à Amsterdam une véritable cargaison commerciale. Vingt-cinq ans entre la curiosité d'un voyageur et le premier lot à vendre : c'est le temps qu'il faut pour qu'une route s'installe. Le détail de ces évasions successives est raconté ailleurs sur ce site, dans Les évasions.

    Entre-temps, une chose minuscule change la boisson elle-même. En 1625, au Caire, on sucre le café pour la première fois ; en 1638, le botaniste Johann Vesling, établi à Venise, décrit deux à trois mille maisons de café dans la même ville du Caire, note qu'on y commence à sucrer et à confire les grains en dragées, et observe qu'à Venise le café sort des cabinets des curieux pour entrer chez les apothicaires comme drogue.

    Ces deux notations valent mieux qu'elles n'en ont l'air. La première explique pourquoi le café a pu devenir une boisson de masse en Europe : seul, il est amer, et l'Europe n'avait pas l'habitude ottomane de l'amertume. Le sucre la lui a évitée. Or le sucre devient bon marché exactement à ce moment-là, et pour une raison qui appartient au chapitre suivant : les plantations des Antilles.

    Dès sa première tasse européenne, le café est un composé de deux denrées coloniales. La seconde notation, elle, explique le vendeur : c'est un apothicaire qui ouvre le premier débit d'Oxford, et c'est devant des médecins, à Marseille, que la ville débattra en 1679.

    L'ouverture des salles suit une géographie qui a l'air capricieuse et qui ne l'est pas : Venise en 1645, Oxford vers 1650 avec le juif Jacobs, Londres en 1652, Marseille en 1671, Paris et le Procope en 1686. L'Angleterre va vite, la France lentement, et les deux ont leurs raisons. En Angleterre, le café arrive par l'université : Nathaniel Conopios, étudiant crétois de Balliol College, l'introduit à Oxford en 1637, et des étudiants royalistes poussent vers 1655 l'apothicaire Arthur Tillyard à en servir publiquement.

    Le pays est alors en guerre civile, le contrôle de l'imprimé s'est relâché, et la nouvelle est devenue une marchandise que l'on vient chercher. Surtout, la maison de café ne relève d'aucune corporation : elle ne vend ni bière ni vin, personne n'a de monopole à défendre contre elle, elle s'ouvre sans permission. En France, au contraire, le café entre par la cour, avec l'ambassade de Soliman Aga en 1669, puis descend dans la rue avec l'Arménien Pascal à la foire Saint-Germain en 1672. Ce qui vient d'en haut se diffuse moins vite que ce qui s'installe dans une ruelle de la City.

    Car il faut regarder le prix. En 1662, au Turk's Head d'Exchange Alley, la livre de café se vend quatre à six shillings huit pence, alors qu'elle avait valu jusqu'à cinq guinées, c'est-à-dire plus de vingt fois davantage. La tasse, elle, coûte un penny, d'où le surnom de penny universities donné aux salles d'Oxford et de Londres. Un penny, c'est le prix d'une place assise pour la journée dans une pièce où l'on trouve des marchands, des savants et des hommes de lettres.

    Aucune institution de l'époque ne vendait cela à ce tarif. L'État s'en aperçoit aussitôt : le café entre dans les statuts anglais dès 1660, taxé quatre pence par gallon fabriqué et vendu, et en 1663 toutes les maisons doivent être licenciées. Voilà la différence de fond entre l'Europe et l'Orient ottoman de la même décennie. Là où Köprülü fait coudre les buveurs dans des sacs de cuir en 1656, Londres compte des gallons et délivre des patentes.

    Le motif n'est pas plus moral d'un côté que de l'autre : c'est qu'un pouvoir qui a besoin d'argent préfère une recette à une interdiction. La série des interdictions, d'ailleurs, est traitée à part dans Interdire le café.

    Deux choses naissent dans ces salles que l'on oublie de compter. La première est la publicité imprimée : le prospectus de Pasqua Rosée, The Vertue of the Coffee Drink, distribué à l'ouverture de sa boutique de St Michael's Alley en 1652, est la première réclame imprimée pour le café, et la première annonce dans un journal londonien suit en 1657. Le café et la presse commerciale sont exactement contemporains, et chacun a besoin de l'autre : une annonce suppose une feuille, une feuille suppose une pièce où on la lise à voix haute.

    La seconde est plus matérielle. Après la guerre civile, l'Angleterre manque de petite monnaie ; les cafetiers frappent alors leurs propres jetons, à l'effigie de Morat le Grand ou de Soliman, et ces jetons circulent comme monnaie d'appoint jusqu'en 1675. James Farr, barbier et tenancier du Rainbow, frappe l'un des premiers après le grand incendie de 1666, un arc-en-ciel sortant des nuages. Un commerce dont les jetons sont acceptés par les boutiques voisines est un commerce dont le crédit fait foi dans le quartier. Ce qui allait se jouer chez Lloyd et chez Jonathan's, en 1688, était déjà contenu dans ce bout de laiton.

    Ce que ces salles ont fondé est raconté dans La pièce où tout a commencé, et il n'y a pas lieu de le redire ici : le club d'Oxford qui devient la Royal Society, la Rota de Harrington et sa première urne à scrutin en 1659, les listes de navires d'Edward Lloyd, le marché des agioteurs de Change Alley. Ce qu'il faut retenir pour la suite du siècle est ailleurs, et c'est une question de savoir.

    Pendant que Londres bâtit une bourse dans une salle de café, personne en Europe ne sait où pousse ce qu'on y boit. En 1685, Dufour écrit tranquillement que le café ne pousse qu'en Arabie, sans culture, et nulle part ailleurs. Il se trompe depuis vingt-sept ans : les Hollandais plantent à Ceylan dès 1658, et porteront des plants du Malabar à Java entre 1696 et 1699. Le siècle qui a inventé la maison de café ignorait la géographie de sa propre boisson.

    Il faut enfin dire ce qu'on ne sait pas, car ce siècle est celui où se fabriquent les légendes que l'on répète encore. Le pape Clément VIII goûtant le café et le baptisant pour le soustraire aux infidèles : Ukers lui-même la donne comme une légende très répandue, et aucun document pontifical connu ne la porte. Kolschitzky recevant les sacs abandonnés par les Ottomans après le siège de Vienne de 1683 et ouvrant la première maison de café de la ville : le récit a été écrit en 1783 par Gottfried Uhlich, un siècle après les faits, et Karl Teply l'a démonté en 1980 ; le document, lui, existe, c'est le privilège du 17 janvier 1685 accordé au marchand arménien Johannes Diodato.

    Les sept graines de Baba Budan, rapportées de La Mecque dans une ceinture, flottent entre 1600 selon Ukers et 1695 selon d'autres, et rien ne permet de trancher. Quant au pourboire, que les cafés de Londres auraient inventé avec des boîtes marquées To Insure Promptness, c'est une étymologie qu'Ukers rapporte et que l'Oxford English Dictionary rejette. Le siècle se termine sur deux monopoles qui se font face sans se voir : celui du Yémen, intact, et celui que la France accorde en 1692 à Damame François, bourgeois de Paris, sur la vente du café et du thé dans tout le royaume pour dix ans.

    Aucun des deux ne survivra aux vingt-cinq années suivantes, et pour une raison que personne n'a vue venir : un pot de terre dans un jardin botanique d'Amsterdam.

    Rauwolf 1582, Alpini 1592 et le rapport de Morosini de 1585 : Ukers, All About Coffee (1922), p. 27 et chronologie p. 725. Occupation ottomane du Yémen en 1536, convoiement par Djedda et Suez : La Roque, Voyage de l'Arabie heureuse (1716, traduction de 1732), p. 88-89 et 106. Della Valle 1615, Van den Broecke 1616, Wurffbain 1640, sucrage du café au Caire en 1625, Conopios à Oxford en 1637, Jacobs en 1650, Venise 1645, Marseille 1671, Procope 1686, Soliman Aga 1669 et Pascal en 1672 : Ukers 1922, chronologie p. 726 et p. 91-92. Vesling sur les maisons de café du Caire et sur les apothicaires de Venise : Ukers 1922, p. 26. Tillyard et le club d'Oxford vers 1655 : Ukers 1922, p. 41-42, d'après Aubrey, Brief Lives, et Anthony Wood. Prix de 1662 et cinq guinées la livre, Règles et ordres : Ukers 1922, p. 58 et 60 ; penny universities et jetons de cafetiers : p. 73 et p. 62-63 ; James Farr et le jeton à l'arc-en-ciel : p. 55-56 et 63, avec Hatton, New View of London (1708). Taxe de 1660 et licences de 1663 : Ukers 1922, chronologie p. 726. Pasqua Rosée et The Vertue of the Coffee Drink : Ukers 1922, p. 53-56. Interdiction de Köprülü en 1656 : Ukers 1922, chronologie p. 726. Rota de 1659 : Ukers 1922, p. 58-59, d'après Aubrey et le Journal de Pepys. Lloyd's et Jonathan's en 1688 : Ukers 1922, p. 84-86 et 89. Dufour, Traitez nouveaux et curieux du café (1685) ; Ceylan 1658 et Java 1696-1699 : Ukers 1922 et World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, p. 9-10. Légende de Clément VIII : Ukers 1922, p. 26, donnée comme légende, aucun document pontifical connu. Vienne : privilège du 17 janvier 1685 à Johannes Diodato ; invention de la légende de Kolschitzky par Gottfried Uhlich en 1783, établie par Karl Teply en 1980 ; Ville de Vienne, histoire de la culture du café viennois. Baba Budan : Ukers 1922 retient 1600, une autre tradition 1695, aucun arbitrage possible. Étymologie du pourboire : Ukers 1922, p. 73, rejetée par l'Oxford English Dictionary. Monopole de Damame François en 1692 : Ukers 1922, p. 34.
    1700 à 1800

    05Le XVIIIe siècle, la plantation coloniale

    Le café cesse d'être une importation d'Arabie pour devenir une culture coloniale, et son prix baisse parce que le travail qui le produit est celui de personnes réduites en esclavage.

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    1755Tremblement de terre de Lisbonne1756Début de la guerre de Sept Ans1769Watt brevette sa machine à vapeur1776Déclaration d'indépendance des États-Unis1789Prise de la Bastille

    Le siècle commence par un pot de terre et finit par une insurrection. En 1706, un unique plant quitte Java pour le jardin botanique d'Amsterdam ; presque tout le Typica du monde en descend. En 1791, les esclaves de Saint-Domingue se révoltent, et la première production caféière du monde disparaît en quelques mois. Entre les deux, le café change de nature : il n'est plus une denrée achetée à un empire étranger, il devient une culture qu'on installe chez soi, sur des terres prises et avec des bras achetés. Ce qui change n'est pas la botanique, c'est le régime de propriété du travail.

    La série des transplantations est racontée en détail dans Les évasions, et il suffit d'en retenir le rythme et le degré de certitude. Le 29 juillet 1714, Antoine de Jussieu examine au Jardin du Roi le caféier offert par Amsterdam. Puis, en vingt-deux ans : le Surinam en 1718, Pará en 1722, la Martinique de Gabriel de Clieu en 1723, Saint-Domingue en 1725, le Brésil en 1727, la Jamaïque de Nicholas Lawes en 1728.

    Les dates d'arrivée et les premières récoltes sont documentées ; la manière de les raconter l'est beaucoup moins. Clieu partageant sa ration d'eau avec son plant sous cloche vient de son propre récit, tardif, qu'Ukers reprend et que tout le monde reprend après lui ; le fait qu'il ait emporté un plant n'est pas en cause, la scène du marin assoiffé l'est. Le bouquet de la femme du gouverneur de Cayenne, où Francisco de Melo Palheta aurait caché les plants du Brésil en 1727, est une tradition brésilienne, que Pendergrast rapporte comme telle, et le Brésil a une bonne raison de la préférer à la vérité administrative : la tentative officielle de 1723, à Pará, avec des plants de Cayenne, avait échoué.

    Les sept graines de Baba Budan, enfin, sont datées de 1600 par Ukers et de 1695 par d'autres. Ces trois récits nous viennent de livres du XIXe et du XXe siècle, et sont répétés depuis sans que personne ait retrouvé la pièce.

    Ce qui motivait tout cela est en revanche parfaitement chiffré, et c'est le prix. La première vente publique de café de Java à Amsterdam, en 1711, porte sur 894 livres adjugées vingt-trois stuivers et deux tiers la livre. La Compagnie hollandaise n'attend pas : elle impose ensuite aux régents de Java des livraisons obligatoires, c'est-à-dire qu'elle n'achète pas le café, elle l'ordonne. Ce dispositif de culture forcée précède d'un siècle le Cultuurstelsel de 1832, et il faut le mettre à côté de ce qui se met en place aux Amériques, parce que ce sont deux réponses au même problème.

    Le café demande une cueillette répétée, passage après passage, sur des pentes, pendant plusieurs mois, et aucune machine ne fait ce travail, ni alors ni aujourd'hui. Son coût, c'est de la main-d'oeuvre et presque rien d'autre. Pour que le café devienne bon marché en Europe, il faut donc que ce travail ne soit pas payé. À Java, on l'obtient par la contrainte administrative sur une paysannerie en place. Aux Amériques, on l'obtient par l'esclavage.

    Il faut donner les chiffres et dire d'où ils viennent, car ils varient d'une source à l'autre et aucune comptabilité primaire n'a été consultée ici. Saint-Domingue reçoit le café en 1725. À la veille de la révolte, en 1789, la colonie exporte de l'ordre de 35 000 tonnes de café, que les sources anciennes comptent en livres françaises et chiffrent entre 74 et 77 millions ; elle fournit selon les estimations entre la moitié et soixante pour cent du café consommé dans le monde.

    La population réduite en esclavage y est évaluée autour de cinq cent mille personnes, soit environ neuf habitants sur dix. Ces ordres de grandeur sont ceux de l'historiographie courante de la colonie ; la chronique de ce site s'appuie pour le tournant de 1791 sur Michel-Rolph Trouillot, Motion in the System, paru dans Review en 1982, et sur Pendergrast, Uncommon Grounds (1999), chapitre premier. Pour le Brésil, les chiffres sont d'une autre source et d'une autre précision : Thurber, Coffee: From Plantation to Cup (1881), donne 391 785 sacs sortis du seul port de Rio en 1830, et 1 476 567 personnes recensées comme esclaves au Brésil en 1876. L'esclavage n'y sera aboli qu'en 1888, quatre-vingt-dix-sept ans après la révolte de Saint-Domingue.

    Une remarque sur la source, elle-même un fait documentaire. La chronologie d'Ukers, qui sert d'ossature à presque toute l'histoire du café écrite au XXe siècle, ne comporte aucune entrée pour 1791. Elle enregistre soigneusement l'ouverture de chaque maison de café de Londres et de Philadelphie, les brevets de cafetières et les droits de douane américains au cent près, et elle ne mentionne pas l'événement qui a détruit la première production mondiale et redessiné la carte des origines.

    Ce silence n'est pas un oubli isolé : c'est la façon dont l'histoire du café a longtemps été écrite, du côté du consommateur et de la tasse.

    Il y a pourtant, dans le dossier de Saint-Domingue, un fait qui complique le tableau sans rien y excuser. Le café ne pousse pas là où pousse la canne : il occupe les mornes, ces reliefs que la canne ne peut pas exploiter. Une caféière coûtait donc beaucoup moins cher à installer qu'une sucrerie, et employait souvent moins de vingt-cinq personnes là où une sucrerie en concentrait des centaines.

    La conséquence, que Trouillot a étudiée et qui a fait la réputation de son article, est que le café a élargi la classe des propriétaires : des blancs pauvres et surtout des affranchis, c'est-à-dire des libres de couleur, sont entrés dans la plantation par cette porte, au point de détenir à la veille de la révolte, selon son estimation, environ un tiers des propriétés et un quart des personnes qu'on y tenait en esclavage.

    Il faut lire ce chiffre pour ce qu'il dit : le café n'a pas été une culture plus douce que le sucre, il a été la culture qui a multiplié le nombre de ceux qui possédaient des êtres humains.

    Regardons le versant européen de la même comptabilité, car les deux moitiés ne se rencontrent jamais dans les récits et sont pourtant la même phrase. À Londres, avant 1715, on compte deux mille maisons de café, trois mille si l'on en croit Dufour ; à la fin du règne d'Anne, les taxes sur le thé, le café et les journaux font passer la tasse à deux pence.

    Le café de détail vaut cinq shillings la livre, le thé de douze à vingt-huit : il est devenu la moins chère des deux boissons, lui qui valait cinq guinées la livre deux générations plus tôt. Cette baisse n'a pas d'autre cause que les plantations. Ajoutez-y le sucre, qui vient des mêmes îles et des mêmes plantations, et la tasse européenne du XVIIIe siècle contient deux denrées produites par des personnes en esclavage, dans le même vase.

    C'est parce que le prix a baissé que la maison de café a cessé d'être un lieu d'exception pour devenir un lieu ordinaire, et c'est parce qu'elle est devenue ordinaire qu'elle a pu servir à ce qu'on sait : le club de Samuel Johnson en 1763, le Café de la Régence où Diderot travaille avec les neuf sous que lui donne sa femme, le Merchants' Coffee House de New York d'où part en 1774 la proposition d'une Union américaine.

    La démonstration la plus nette tient en une adresse. En 1754, à Philadelphie, l'imprimeur William Bradford ouvre le second London Coffee House, que la ville appellera son coeur battant : le gouverneur y a sa stalle, on y lit les gazettes, et l'on y vend aux enchères, sur une estrade dressée dans la rue devant la porte, des chevaux, des denrées, et des hommes, des femmes et des enfants réduits en esclavage.

    Ce n'est pas une contradiction entre deux époques ni deux continents : c'est la même décennie, le même trottoir, les mêmes clients. Les salles qui ont produit les institutions décrites dans La pièce où tout a commencé sont aussi celles-là.

    Le reste du siècle se laisse lire à partir de là. Si Frédéric II publie en 1777 son manifeste du café et de la bière, puis réserve en 1781 la torréfaction aux établissements royaux, et si l'électeur de Cologne l'imite en Westphalie en 1784, ce n'est pas que le café ait empiré : c'est qu'il pèse désormais sur une balance commerciale, ce qui est un symptôme de succès et non de nuisance ; le détail de ces échecs est dans Interdire le café.

    La science rattrape son retard : Linné crée le genre Coffea en 1737 dans les Genera Plantarum et nomme Coffea arabica en 1753 dans les Species Plantarum, cinquante-deux ans après que Dufour eut écrit que la plante ne poussait qu'en Arabie. Et le 5 juin 1792, cent cinquante marchands de New York posent la première pierre du Tontine Coffee House, construit dès l'origine pour être une Bourse.

    Un an plus tôt, l'économie qui remplissait leurs tasses s'était soulevée. Le siècle avait donné le café au monde entier ; il avait aussi fixé ce qu'il coûterait, et qui le paierait.

    Plant unique de Java à Amsterdam en 1706 et descendance du Typica : World Coffee Research, Coffee Varieties Catalog 2025, p. 10 ; Ukers, All About Coffee (1922), chronologie p. 726. Jussieu au Jardin du Roi le 29 juillet 1714 : La Roque, Voyage de l'Arabie heureuse (1716, traduction de 1732), p. 398-399. Surinam 1718, Pará 1722, Martinique 1723, Saint-Domingue 1725, Jamaïque 1728 : Ukers 1922, chronologie p. 727, et Thurber, Coffee: From Plantation to Cup (1881), p. 124. Bouquet de Cayenne en 1727 : tradition brésilienne rapportée par Pendergrast, Uncommon Grounds (1999), chapitre 1 ; l'échec de Pará en 1723 est dans Ukers 1922, chronologie p. 727. Baba Budan, 1600 selon Ukers 1922, 1695 selon une autre tradition. Vente d'Amsterdam de 1711, 894 livres à vingt-trois stuivers et deux tiers, et livraisons obligatoires imposées aux régents de Java avant le Cultuurstelsel de 1832 : Ukers 1922, p. 43-44 et chronologie p. 727. Saint-Domingue en 1789 : les ordres de grandeur retenus ici, environ 35 000 tonnes exportées, soit de 74 à 77 millions de livres selon les sources anciennes, de la moitié à soixante pour cent du café mondial, et environ cinq cent mille personnes réduites en esclavage pour neuf habitants sur dix, sont ceux de l'historiographie courante de la colonie et varient d'un auteur à l'autre ; aucune comptabilité primaire n'a été consultée pour cette page, et le chiffre exact des exportations de 1789 reste à vérifier sur les états coloniaux. Le repère de 1791 et la bascule vers Cuba, la Jamaïque puis le Brésil suivent Michel-Rolph Trouillot, Motion in the System: Coffee, Color and Slavery in Eighteenth-Century Saint-Domingue, Review (Fernand Braudel Center), 1982, et Pendergrast, Uncommon Grounds (1999), chapitre 1. La part d'un tiers des propriétés et d'un quart des personnes esclaves détenue par les libres de couleur à la veille de 1789 est l'estimation de Trouillot dans ce même article, connue ici par la littérature qui la cite et non par une lecture de l'original : à vérifier sur le texte. Taille moyenne des caféières, inférieure à celle des sucreries, et implantation sur les mornes : même article. Brésil : 391 785 sacs sortis de Rio en 1830 et 1 476 567 personnes recensées esclaves en 1876, Thurber 1881, p. 120-124 ; abolition de 1888, Coste 1955, p. 348. Absence de toute entrée pour 1791 dans la chronologie d'Ukers 1922, p. 725-737 : constat de lecture. Deux mille cafés à Londres avant 1715, trois mille selon Dufour, tasse à deux pence, café à cinq shillings la livre et thé de douze à vingt-huit : Ukers 1922, p. 58 et 73. Club de Johnson en 1763 : Ukers 1922, p. 81, d'après Boswell. Café de la Régence et Diderot : Ukers 1922, p. 96-98. Merchants' Coffee House et la proposition d'Union de 1774 : Ukers 1922, chronologie p. 727 et p. 119-120. London Coffee House de William Bradford à Philadelphie en 1754, ventes aux enchères de personnes esclaves sur l'estrade de la rue, journal timbré brûlé en 1765 : Ukers 1922, p. 127-129. Manifeste de Frédéric II du 13 septembre 1777, Déclaration du Roi du 21 janvier 1781 et décret de l'électeur de Cologne du 17 février 1784 : Ukers 1922, p. 47-48. Linné, Genera Plantarum (1737) et Species Plantarum (1753). Tontine Coffee House, 5 juin 1792 : Ukers 1922, p. 121-123.
    1800 à 1900

    06Le siècle de la machine, du Brésil et du marché mondial

    En cent ans, le café cesse d'être une denrée coloniale vendue en vrac pour devenir la première marchandise agricole cotée du monde : une machine le torréfie sans s'arrêter, un pays en produit les trois quarts, et un champignon décide du sort de tout le reste.

    En savoir plusReplier1 493 mots

    1815Waterloo et le congrès de Vienne1848Le printemps des peuples1861Début de la guerre de Sécession1869Ouverture du canal de Suez1885Conférence de Berlin et partage de l'Afrique1889Exposition universelle de Paris et tour Eiffel

    En 1800, le café se vend vert, au sac, chez l'épicier, et c'est l'acheteur qui le brûle dans une poêle. En 1900, il arrive torréfié, en paquet, sous une marque, avec un cours quotidien à New York et au Havre et une bourse où l'on vend des récoltes qui n'ont pas encore fleuri. Entre ces deux états, trois moteurs tournent ensemble, et c'est leur simultanéité qui fait le siècle : une machine qui torréfie en continu, un pays qui produit plus des trois quarts du café du monde, et un champignon qui vide de ses caféiers tout l'océan Indien.

    Le Brésil d'abord. En 1830, le seul port de Rio expédie 391 785 sacs et le pays devient premier producteur. Ce qui la rend possible n'est pas le sol mais une organisation du travail : la caféiculture de la vallée du Paraíba, puis des terres rouges de São Paulo, repose sur l'esclavage, et Thurber compte encore 1 476 567 esclaves recensés en 1876. La loi Eusébio de Queirós de 1850 ferme la traite atlantique ; le front caféier achète dès lors sa main-d'œuvre au nord-est sucrier, ce qui fait monter le prix d'un être humain au moment où le prix du café baisse.

    La loi du Ventre libre de 1871 affranchit les enfants à naître, celle des Sexagénaires de 1885 les vieillards : la population asservie vieillit sans se renouveler, et sa valeur de gage bancaire s'effrite avec elle. Quand l'abolition arrive, elle achève une arithmétique déjà faite aux trois quarts.

    Le 13 mai 1888, la Lei Áurea libère sans terre et sans indemnité. Les fazendas remplacent aussitôt l'esclavage par le colonato, un contrat où une famille entretient un nombre fixe de pieds contre un salaire et le droit de cultiver ses vivres entre les rangs ; la province de São Paulo paie la traversée aux immigrants italiens pour les faire venir. La suite est mécanique : de l'argent, des bras, des plantations neuves, et un caféier qui met quatre à cinq ans à donner, de sorte que les arbres plantés après 1888 entrent en production vers 1896-1897 et noient le marché.

    Le Rio 7 tombe à 7 cents la livre en octobre 1897, autour de 5 cents en 1903. Tout ce que le siècle suivant inventera de valorisations, de quotas et de destructions répond à cette seule surproduction, née de l'abolition et du crédit facile qui l'a suivie. Politiquement, la République de 1889 installe le pacte dit café com leite, où la présidence alterne quarante ans durant entre São Paulo, qui tient le café, et le Minas Gerais, qui tient le lait : les planteurs ne font pas pression sur l'État, ils sont l'État. La planche de l'économie déroule ce mécanisme en détail.

    Ceylan ensuite. En 1869, dans le district de Madulsima, le superintendant Donald Reid remarque des feuilles qui jaunissent ; le 6 novembre, à Londres, le révérend Berkeley nomme le champignon Hemileia vastatrix sans avoir jamais vu un arbre malade. Pourquoi une rouille des feuilles a-t-elle pu vider une île ? Parce que le café cultivé du monde entier était sorti du Yémen, où on le conduit au sec, loin des forêts humides : un goulot génétique doublé d'un filtre écologique, qui avait tenu le champignon à distance deux siècles durant sans donner la moindre immunité aux plants.

    Le jour où il rencontre ce génotype unique, planté acre contre acre sur une île défrichée, rien ne l'arrête. Les chiffres viennent de témoins qui écrivaient pendant la chute : la surface plantée passe de 176 000 acres en 1869 à 275 000 en 1879 pendant que le rendement tombe de 4,5 à 2 quintaux anglais par acre, puis la surface caféière s'effondre de 68 787 hectares à 14 170 et les exportations, d'un peu plus d'un million de quintaux vers 1870, passent sous 100 000 dans les années 1890.

    Ils plantaient davantage à mesure qu'ils récoltaient moins, non par aveuglement mais parce que chacun compensait une baisse qu'il ne contrôlait pas et protégeait le gage donné à sa banque. La planche des maladies le montre en détail.

    La rouille sort de Ceylan et suit les lignes de navigation plutôt que les vents, de Sumatra en 1876 à l'Usambara en 1893. Les Indes néerlandaises perdent la moitié de leurs exportations entre 1883 et 1887, la Réunion les trois quarts de sa production. Les réponses sont botaniques et elles engagent tout le siècle suivant : Hiern décrit en 1876 le liberica, planté en remplacement des arabicas rouillés, et vers 1900 Java fait venir du Congo, par Bruxelles, le canephora dont McCook estime que, sans lui, la production mondiale d'aujourd'hui serait inférieure de 30 à 40 pour cent.

    Ceylan devient une île à thé : les routes, les ports et le capital étaient déjà là, ils ont porté une autre feuille. Le dernier effet est intellectuel. Londres envoie Harry Marshall Ward travailler sur l'île de 1880 à 1882 ; il établit le lien de cause entre le champignon et la maladie et montre que la monoculture continue entretient l'épidémie. La pathologie végétale naît d'une épidémie de café.

    Restait la machine. Le problème du torréfacteur n'a jamais été de chauffer, il a toujours été de vider. Le brevet anglais de Richard Evans, en 1824, contient déjà le cylindre à ailettes et la sonde qui permet de juger une cuisson sans l'arrêter ; mais tant qu'il faut retirer l'appareil du feu pour le décharger, il faut arrêter, refroidir et recommencer, donc renoncer au travail continu.

    En 1864, Jabez Burns, teneur de livres de métier, brevette à New York le premier torréfacteur qu'on ne retire plus du feu : un cylindre fermé, maçonné dans la brique, dont une double vis pousse le café vers l'avant et le décharge sans rien arrêter. C'est la date où la torréfaction devient une industrie. Emmerich suit en 1868 avec la maison qui deviendra Probat, et le premier torréfacteur à gaz à flamme directe arrive à New York en 1893. La planche de la torréfaction raconte la mécanique elle-même.

    Ce que la machine change en aval vaut plus que la machine. Torréfier par tonnes permet de vendre du café déjà brûlé : Arbuckle lance Ariosa en 1873, première marque nationale en paquet aux États-Unis, et Thurber recense en 1881 plus de mille machines à torréfier et 1 200 000 livres par jour, en notant que vingt ans plus tôt on ne vendait pas une livre de café torréfié.

    Mais un café torréfié, et plus encore moulu, ne se vérifie plus à l'œil. La même décennie voit donc breveter le glaçage du grain, cette pellicule appliquée à chaud que déposent Pidding, Berry puis Arbuckle entre 1866 et janvier 1868 : officiellement pour protéger l'arôme, en pratique pour masquer les grains tachés et ajouter 5 à 6 pour cent de poids. Et Thurber consigne la formule américaine courante pour mille livres de marchandise vendue comme café : 400 de pois, 200 de seigle, 200 de café, 100 de chicorée, 100 de divers. L'industrialisation et la falsification sont le même mouvement vu par ses deux bouts, comme le détaille la planche de la falsification.

    Le marché, enfin. Une bourse à terme apparaît toujours au même endroit d'une filière : là où une récolte arrive en une saison alors que la consommation est continue, quelqu'un porte un stock dont la valeur bouge et cherche à s'assurer. La série des prix dit le reste : 11,04 cents la livre pour le Rio courant en 1857, 42,5 cents en 1864 en pleine guerre de Sécession, prix qui dit autant la dépréciation du dollar que la rareté, 13,25 cents en septembre 1879.

    Le 18 septembre 1873, jour de la panique Jay Cooke, les banques cessent de prêter, plus personne ne peut financer un chargement et le Rio perd d'un coup 24 à 15 cents. B. G. Arnold, monté de comptable à roi du café, gagne 1,2 million de dollars en une année, puis le krach de 1880-1881 emporte 5 à 7 millions et les trois plus grandes maisons de New York.

    Le New York Coffee Exchange et Le Havre ouvrent en 1882, Amsterdam et Hambourg en 1887. Le télégraphe devient lui aussi une pièce du prix : en 1884, une simple coupure de câble avec le Brésil empêche les agents de couvrir leurs marges et fait tomber le Rio de 11,5 à 8,25 cents. Le siècle des rois suit cette série de bout en bout.

    Pendant ce temps, l'Europe invente le lieu et l'appareil : le percolateur de Rumford en 1806, puis le 16 mai 1884 la machine à vapeur du Turinois Angelo Moriondo, la première du genre, quinze ans avant Bezzera. Au bout du compte, 1900 laisse un objet cohérent et fragile : un pays fournit les trois quarts de la récolte, un génotype unique presque tout l'arabica, une machine a fait la marque, une bourse a fait le prix, et ce prix est retombé à 4,5 cents. Les trois faits du siècle se paieront dans le suivant.

    Brésil, volumes et main-d'œuvre : Thurber, Coffee: From Plantation to Cup (1881), p. 120-124 (391 785 sacs sortis de Rio en 1830 ; 1 476 567 personnes recensées esclaves en 1876). Prix : Thurber 1881, p. 186-188 et Walsh, Coffee: Its History, Classification and Description (1894), p. 286-287 (11,04 cents en 1857 ; 42,5 en 1864 ; 13,25 en septembre 1879) ; Ukers, All About Coffee (1922), chronologie p. 731 (panique Jay Cooke, 24 à 15 cents le 18 septembre 1873) ; Ukers 1922, p. 195 et 219-220 via Thurber (krach de 1880-1881, 5 à 7 millions de dollars, trois maisons emportées) ; Ukers 1922, p. 527 (coupure du câble portugais, 1884) ; Ukers 1922, chronologie p. 732-733 (New York Coffee Exchange et Le Havre 1882, Amsterdam et Hambourg 1887 ; Rio 7 à 7 cents en 1897, 4,5 cents en 1898). Ceylan et rouille : McCook, Coffee Is Not Forever (2019), p. 1, 36, 43-44, 66-70, 112 et 202 ; chiffres de surface, de rendement et d'exportation repris de la planche X section 04 du site, elle-même d'après Thurber 1881, p. 92-94 et 98, Walsh 1894, p. 125-128 et BSPP 2022, p. 5 (d'après Waller et al. 2007) ; Ward 1882 et BSPP 2022, p. 3-4 pour la naissance de la phytopathologie ; Hiern, Transactions of the Linnean Society (1876) pour Coffea liberica. Torréfaction : Ukers 1922, ch. XXXIV, p. 625-640 et chronologie p. 728-733 ; brevet américain de Jabez Burns, 1864 ; brevet anglais Richard Evans, 1824 ; Probat, historique de la maison d'Emmerich. Marque et falsification : Ukers 1922, chronologie p. 731 (Ariosa, 1873) ; Thurber 1881, p. 23, p. 162-168 (formule des mille livres) et p. 254 (glaçage) ; Walsh 1894, p. 195-196. Appareils et lieux : Ukers 1922, p. 94 et 99-107, chronologie p. 728-730 ; brevet Mayer et Delforge, 1852 ; brevet italien n° 33/256 d'Angelo Moriondo, Turin, 16 mai 1884. Points tirés de l'historiographie générale et non du corpus de la chronique, à recouper sur une source imprimée avant publication : loi Eusébio de Queirós (1850), loi du Ventre libre (1871), loi des Sexagénaires (1885), Lei Áurea du 13 mai 1888 sans indemnité ni terre, système du colonato, immigration italienne subventionnée par la province de São Paulo, et pacte café com leite de la Première République (1889-1930).
    1900 à 1950

    07La science, les stocks brûlés et les deux guerres

    Le café hérite d'une surproduction, invente pour la contenir la première intervention publique moderne sur un marché de matière première, finit par brûler l'équivalent de trois récoltes mondiales, et sort de la période refait par deux laboratoires : celui des généticiens et celui des intendances militaires.

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    1914Début de la Première Guerre mondiale1918Armistice du 11 novembre1929Krach de Wall Street1939Début de la Seconde Guerre mondiale1945Capitulation du Japon et bombes atomiques1947Indépendance de l'Inde

    Le XXe siècle du café commence avec une dette. Les caféiers plantés au Brésil dans l'euphorie qui suit l'abolition de 1888 donnent tous en même temps, et en 1903 le Santos 4 tombe à 3,55 cents la livre à New York, le plus bas jamais enregistré. Les cinquante années qui suivent sont une suite de réponses à une seule question, et c'est elle qui donne son unité à la période : que faire quand il y a trop de café.

    La première réponse est inédite, et elle sera copiée partout dans le monde pendant un siècle. Un État achète sa propre récolte pour la retirer de la vente : c'est la valorisation, arrêtée à Taubaté en 1906. L'année suivante donne 20 190 000 sacs brésiliens sur une récolte mondiale de 24 307 000, et à ce niveau vendre revient à écraser son propre prix. São Paulo achète donc au-dessus du marché, mais il faut 75 millions de dollars et les Rothschild refusent, puis toutes les banques du continent.

    En août 1906, le commissaire de São Paulo monte à Baden-Baden chez le négociant Hermann Sielcken, qui finit par avancer 80 pour cent d'une valeur comptée à sept cents la livre. La récolte est plus grosse que prévu : l'État doit acheter près de neuf millions de sacs, détient fin 1907 la moitié du stock visible mondial, et le prix dépasse à peine 6 cents.

    Un seul remède fonctionnera, et il est juridique : interdire par la loi toute nouvelle plantation. La leçon vaut pour tout le siècle, garantir un plancher revient à ordonner de planter. Aux États-Unis, le sénateur Norris chiffre en 1911 la note à 35 millions de dollars par an ; le procès de 1912 est abandonné contre la promesse de liquider les 746 539 sacs entreposés aux États-Unis, et la loi Norris de février 1913 interdit à tout Américain de participer à une valorisation. La planche de l'économie détaille le montage.

    La deuxième réponse porte sur les bras. Le colonato pauliste, ce contrat qui attache une famille à un nombre fixe de caféiers, avait attiré les Italiens ; les conditions faites sur les fazendas sont assez dures pour que l'Italie interdise en 1902, par le décret Prinetti, l'émigration subventionnée vers le Brésil. São Paulo se tourne alors vers le Japon, et le Kasato Maru débarque à Santos en juin 1908 les premières familles sous contrat : la plus grande communauté japonaise hors du Japon naît d'une pénurie de main-d'œuvre caféière.

    Ailleurs, la même culture a fabriqué la structure foncière et le régime politique qui va avec. En janvier 1932, au Salvador où quatorze familles tiennent la terre et le café, la révolte paysanne menée par Farabundo Martí est écrasée : la Matanza fait de dix à trente mille morts en quelques semaines.

    La troisième réponse est scientifique, et c'est elle qui fait la véritable nouveauté de la période. Jusque-là, la sélection du caféier était une affaire de planteur observant un arbre plus beau que les autres. Elle devient une affaire de laboratoire pour une raison précise, établie en 1929 quand Piza compte 44 chromosomes chez l'arabica contre 22 chez tous les autres caféiers. L'arabica est tétraploïde, c'est-à-dire qu'il porte un jeu double de chromosomes hérité d'une hybridation naturelle ancienne, et il s'autoféconde.

    Cela explique d'un coup trois choses : qu'une mutation repérée sur un seul arbre, comme le Caturra brésilien des années 1915-1918, se fixe et se multiplie telle quelle ; que la diversité de l'espèce cultivée soit misérable ; et qu'un croisement avec le canephora diploïde échoue presque toujours. D'où le prix de ce qui est identifié en 1927 sur l'île de Timor, un hybride spontané arabica par canephora, tétraploïde et fertile, dont descend aujourd'hui presque toute la résistance à la rouille plantée dans le monde.

    Les institutions se montent autour de ce programme : Kent sélectionne à Mysore dès 1911, les Scott Laboratories ouvrent à Kabete en 1922 et donnent SL28 et SL34 entre 1931 et 1935, Mayne publie dans Nature en 1932 la génétique mendélienne de la résistance et l'existence de races du champignon, l'Instituto Agronômico de Campinas est créé la même année avec Krug et Carvalho, le Cenicafé colombien en 1938 ; et le S.795 indien, diffusé en 1945-1946, est la première variété résistante largement cultivée. La planche des maladies suit cette lignée.

    Au passage, la période récolte ce qui fera parler d'elle soixante-dix ans plus tard :

    • les collectes britanniques en Éthiopie de 1931 à 1936 rapportent l'accession plantée à Lyamungu sous le nom de Geisha
    • qui n'entrera au CATIE qu'en 1953 et ne sera goûtée pour ce qu'elle vaut qu'au XXIe siècle. Et l'autre réponse à la rouille devient une espèce économique : le canephora
    • 1900arrivé à Java
    • entre dans l'Espírito Santo en 1912 sous le nom de conilon et fera plus tard du Vietnam le premier producteur du monde pour cette espèce, comme le raconte la planche du canephora.

    Puis viennent les guerres, qui font au café ce qu'elles font à toute denrée : elles le transforment en question logistique. En 1918, les États-Unis placent importateurs et torréfacteurs sous licence ; le tonnage maritime est réquisitionné, plus de neuf millions de sacs s'entassent dans les ports brésiliens, et Hoover doit faire reconnaître le café comme un aliment pour obtenir des bateaux. En juin 1918, une gelée bien réelle frappe le Paraná et São Paulo, mais les acheteurs américains la prennent pour la rumeur saisonnière habituelle et ne suivent pas ; le Santos 4 passe de 8,25 cents en mai à 20,5 cents le 10 décembre, après l'armistice.

    La guerre invente surtout un produit. Le gaz moutarde rend la boisson chaude vitale au front, le café soluble devient un des articles de subsistance les plus importants de l'armée américaine, et l'intendance de New York en réclame 42 500 livres par jour dès janvier 1919. Ukers, en 1922, tient encore ce soluble pour un feu follet qui perd l'arôme.

    Le krach de 1929 ne fait pas que baisser les cours : il détruit la valorisation elle-même, parce que le stock accumulé servait de gage aux emprunts qui l'avaient financé. Le Brésil fait alors la seule arithmétique qui tienne, et elle est terrible à lire. De 1931 à 1944, 78,2 millions de sacs de café exportable sont détruits, brûlés à Santos, jetés à la mer, utilisés comme combustible de locomotive ou comme remblai : l'équivalent de trois récoltes mondiales.

    Les vendre aurait écrasé le prix que l'opération entière avait pour but de tenir. Le même krach emporte le régime café com leite, et la révolution de Vargas met fin en 1930 à quarante ans d'alternance entre le café pauliste et le lait du Minas. Reste la question pratique : que faire d'un excédent invendable et périssable. On le transforme en quelque chose qui se conserve.

    C'est une demande brésilienne qui met Nestlé au travail, et le Nescafé sort de l'usine d'Orbe le 1er avril 1938. La seconde guerre en fera une habitude américaine, et en 1952 la campagne du Pan-American Coffee Bureau, Give yourself a Coffee-Break, fera entrer la pause-café dans la langue puis dans le droit du travail.

    Le reste de la période se lit dans les objets, chacun répondant à un problème daté. Hills Bros emballe sous vide dès 1900 : le café peut désormais voyager loin de son torréfacteur, ce qui rend possible la marque nationale et condamne à terme le brûleur de quartier. Melitta Bentz fait enregistrer le 20 juin 1908 son filtre en papier buvard, contre le marc dans la tasse.

    Ludwig Roselius, négociant de Brême qui attribue la mort de son père à l'abus de café, brevette entre 1903 et 1908 la décaféination à la vapeur et au benzène, vendue sous les noms de Kaffee HAG puis Sanka ; en 1932, General Foods expédie gratuitement à des milliers de restaurants américains des verseuses à col orange, couleur du paquet, pour dire ici on sert du Sanka.

    Le message reçu fut ici, l'orange, c'est le décaféiné, et ce code a survécu à la marque partout dans le monde, comme le raconte la planche du décaféiné. Calimani donne en 1929 la cafetière à piston moderne, Bialetti la Moka Express en 1933, le chimiste Schlumbohm la Chemex en 1941. Et c'est seulement en 1947-1948 qu'Achille Gaggia commercialise le levier : neuf bars de pression et une crema que personne n'avait vue. L'espresso que nous buvons est donc un objet d'après-guerre, quarante-sept ans après le brevet de Bezzera et soixante-quatre après celui de Moriondo.

    En 1950, tout est en place pour la suite, y compris les impasses. La production est suréquipée, l'intervention publique est devenue une habitude d'État qui débouchera sur l'Accord international du café de 1962, la résistance génétique existe enfin mais reposera pour l'essentiel sur un seul hybride trouvé par hasard, et la question coloniale reste entière : au Kenya, la culture du café est interdite aux paysans africains depuis 1900 et ne leur sera ouverte qu'en 1954, par le plan Swynnerton.

    Prix et valorisation : Ukers, All About Coffee (1922), chronologie p. 734-736 (Santos 4 à 3,55 cents en 1903) ; Ukers 1922, p. 517-519 et 529-534, d'après Sloss, World's Work (récolte 1906-1907 de 20 190 000 sacs sur 24 307 000 mondiaux, épisode de Baden-Baden, avance à 80 pour cent, neuf millions de sacs achetés, moitié du stock visible mondial fin 1907, interdiction légale de planter, emprunt de 75 millions de dollars placé en 1908) ; Ukers 1922, p. 532-533 (Norris, 35 millions de dollars par an, 746 539 sacs, loi Norris de février 1913). Guerre de 1914-1918 : Ukers 1922, chronologie p. 736-737 et p. 535-540 (licences de 1918, neuf millions de sacs bloqués, Hoover et la reconnaissance du café comme aliment, gelée de juin 1918, Santos 4 de 8,25 à 20,5 cents le 10 décembre, soluble, 42 500 livres par jour au 1er janvier 1919, jugement d'Ukers sur le soluble) ; Ukers 1922, p. 538 pour la déflation de 1920. Destruction des stocks : Daily Coffee News, 90 Years Ago (2021) ; Time, Brazil: Smoke & Mirth (1936) ; Conselho Nacional do Café (78,2 millions de sacs détruits de 1931 à 1944). Génétique et sélection : Coste 1955, p. 331 et Piza 1929 (2n = 44 chez l'arabica, 22 chez les autres) ; Salojärvi et al., Nature Genetics 56 (2024), p. 726 et McCook 2019, p. 134 (hybride de Timor, 1927) ; WCR 2025, fiches Caturra p. 30, Maragogipe p. 52, SL28 p. 75, SL34 p. 76, S795 p. 73, Geisha p. 38 ; CCRI et Coffee Board of India (Kent 1911, S.288, S.795 diffusé en 1945-1946) ; Mayne, Nature (1932) ; IAC et Setotaw et al., Crop Science 53 (2013) ; Cenicafé (1938) ; Coffee Research Foundation, Kenya (Scott Laboratories 1922, Ruiru 1949). Canephora : Coste 1955, p. 22-30 ; McCook 2019, p. 202 ; Ferrão et al., Informe Agropecuário 41 (2020) et Incaper pour le conilon de 1912. Objets et marques : Ukers 1922, chapitre sur l'emballage et Smithsonian, Hills Bros. Coffee Company Records, NMAH.AC.0395 (vide de 1900) ; Deutsches Patent- und Markenamt, modèle d'utilité Melitta Bentz enregistré le 20 juin 1908 ; brevets Roselius, Brême, 1905-1908, et Kaffee HAG, historique ; Sprudge, A brief history of decaf and the color orange, et The Takeout (verseuses orange de Sanka, 1932) ; brevet italien Attilio Calimani, 1929 ; Bialetti, historique de la Moka Express, 1933 ; Chemex Corporation et brevet Schlumbohm, 1941 ; Gaggia, historique et brevet du levier (1938, commercialisation 1947-1948) ; brevet Luigi Bezzera n° 153/94, Milan, juin 1901 ; brevet Moriondo, Turin, 16 mai 1884. Nescafé : Nestlé, Nescafé marks its 75th anniversary (2013), lancement le 1er avril 1938 à Orbe. Pause-café : Pendergrast 1999, ch. 12, et campagne du Pan-American Coffee Bureau, 1952. Salvador : Anderson, Matanza (1971) ; Paige, Coffee and Power (1997) ; Pendergrast 1999, ch. 8. Kenya : Swynnerton, A Plan to Intensify the Development of African Agriculture in Kenya (1954) ; Pendergrast 1999, ch. 13. Points tirés de l'historiographie générale et non du corpus de la chronique, à recouper avant publication : décret Prinetti de 1902 interdisant l'émigration italienne subventionnée vers le Brésil, et arrivée du Kasato Maru à Santos en juin 1908.
    1950 à 2000

    08Les quotas, le soluble et l'invention de la qualité

    Vingt-sept ans durant, un traité a tenu le prix du café ; la filière a passé les dix années suivantes à réinventer, sous le nom de qualité, ce que le traité faisait avec des sacs.

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    1961Gagarine, premier homme dans l'espace1969Premiers pas sur la Lune1975Fin de la guerre du Vietnam1989Chute du mur de Berlin1994Mandela élu président de l'Afrique du Sud

    Le café sort de la guerre avec une peur datée : celle de 1930, quand le Brésil produisait plus que le monde ne pouvait boire et brûlait ses sacs sur les quais. La réponse d'après 1945 change d'échelle. Ce n'est plus un État qui stocke pour son propre compte, mais des producteurs et des consommateurs qui signent ensemble. L'Accord international sur le café de 1962, conclu sous l'égide des Nations unies, installe à Londres l'Organisation internationale du café et attribue à chaque exportateur une part du marché mondial, resserrée quand le cours passe sous la cible, relâchée quand il la dépasse.

    Le mécanisme est détaillé dans la planche de l'économie. Ce qu'il faut comprendre ici est ailleurs : pourquoi un pays consommateur accepte de payer son café plus cher qu'il ne le paierait. La raison est politique, et elle est datée de 1959. La révolution cubaine vient de faire de la pauvreté rurale latino-américaine une affaire de sécurité pour Washington, et l'accord est traité comme une pièce de l'Alliance pour le progrès. Le café devient un instrument de la guerre froide. C'est ce statut, bien plus que l'économie, qui expliquera sa mort.

    Un quota se compte en sacs, jamais en points de tasse. Pendant vingt-sept ans, la filière est donc payée au volume, et la sélection va exactement là où l'argent se trouve : rendement, précocité, résistance. Les années qui encadrent 1949 en donnent la mesure, avec le Pacas au Salvador, le Pache au Guatemala, le croisement Catuaí à Campinas, l'ouverture de la station de Ruiru au Kenya, et le programme Icatu lancé en 1950 pour faire passer des gènes de canephora dans l'arabica.

    Rien de tout cela ne cherche le goût. La conséquence la plus lourde n'apparaît qu'en 1970, et elle ressemble d'abord à un coup de chance. En 1955, à Oeiras au Portugal, on fonde un laboratoire entièrement consacré à la rouille du caféier, le CIFC, alors que Coste écrit la même année, dans le manuel de référence, que la maladie n'existe pas en Amérique. Quatre ans plus tard, le CIFC croise l'hybride de Timor avec le Caturra : les Catimors sont nés, et ils n'ont à cette date aucun débouché.

    Ce débouché arrive en 1970, quand la rouille est détectée à Bahia. La barrière sanitaire montée autour du foyer cède dès 1971, et tout le continent est désormais concerné. La séquence qui suit n'est lisible qu'en tenant les deux fils ensemble. Le Kenya, frappé en 1971 par une épidémie d'anthracnose des baies, cette pourriture qui noircit la cerise sur l'arbre, lance le programme qui donnera Ruiru 11, diffusé en 1985.

    La Colombie sort la Variedad Colombia en 1982 ; la rouille arrive chez elle en 1983. Un an d'avance. Le Honduras diffuse l'IHCAFE 90 puis la Lempira, et les Catimors deviennent la base des vergers d'Amérique centrale. Autrement dit : l'Amérique a été sauvée par une plante croisée onze ans avant qu'elle en ait besoin, dans un institut fondé pour une maladie qu'on jurait absente. Ce que ce sauvetage a coûté dans la tasse ne sera mesuré que quarante ans plus tard.

    Pendant ce temps, une poudre redessine la carte. Le soluble existait depuis 1899 et Nescafé depuis 1938, mais il change de nature entre 1963 et 1965, quand Maxwell House puis Nestlé passent à la lyophilisation, c'est-à-dire au séchage par le froid sous vide : les mesures comparatives donnent 77 % des composés volatils conservés, contre 57 % pour l'atomisation à chaud. Un produit devenu buvable ouvre un marché, et ce marché a une préférence.

    Le soluble supporte le canephora, plus riche en extrait et moins cher, là où le buveur de filtre le refusait. Le chiffre qui suit est le plus parlant de toute la période. Sous les quotas, de 1963 à 1989, l'ICO mesure une moyenne stable de 72,5 % d'arabica et 27,5 % de canephora, et en 1990, dernière année du système, le canephora est encore à 27,5 %. En 2013, une fois le marché libre, il est à 38,9 %. L'accord ne gelait pas seulement le prix, il gelait la composition du café que le monde buvait.

    La demande, elle, ne se laisse pas au hasard. En 1952, le Pan-American Coffee Bureau, financé par les producteurs latino-américains, lance la campagne « Give yourself a Coffee-Break » ; la pause entre dans le vocabulaire, puis dans les conventions collectives américaines. En 1959, la fédération colombienne invente avec une agence de publicité new-yorkaise le personnage de Juan Valdez : un pays se dote d'une marque, quarante-huit ans avant que l'Éthiopie ne dépose les siennes.

    Le matériel suit. Achille Gaggia commercialise à Milan en 1948 la machine à levier et ses neuf bars de pression, Faema sort en 1961 l'E61 dont descend la plupart des machines actuelles, et en 1972 le Mr. Coffee remplace le percolateur dans les cuisines américaines. Ces machines sont dans la planche des préparations. Ce qui compte ici est le résultat commercial : à la fin des années 1970, le café se boit partout, de plus en plus vite, et de moins en moins bien.

    Puis un accident rappelle qui commande vraiment. Les 17 et 18 juillet 1975, la gelée noire frappe le Paraná et tue environ un milliard et demi de caféiers. Le prix ne bouge pas tout de suite, et c'est là l'enseignement : le Brésil a des stocks, et un stock est du temps acheté. Il faut toute l'année 1976 pour passer de un à deux dollars la livre, puis trois mois pour atteindre trois dollars.

    En avril 1977, le contrat de New York touche 339,86 cents la livre, record qui tiendra jusqu'en 2024. Aucun accord international n'a jamais déplacé le prix de cette façon. Les quotas, d'ailleurs, sont suspendus de 1972 à 1980 parce que les cours sont trop hauts pour qu'on ait besoin d'eux : le dispositif ne servait que dans un sens.

    C'est au creux de ce désordre qu'apparaît un mot. En 1974, dans le Tea and Coffee Trade Journal, l'importatrice Erna Knutsen emploie l'expression « specialty coffee » pour désigner les petits lots de microclimats particuliers qu'elle achète et que le négoce de masse ne sait pas coter. Le mot naît donc chez une négociante avant de naître chez une dégustatrice, et il désigne d'abord un problème de commerce : que faire d'un café trop singulier pour entrer dans un contrat standard.

    La Specialty Coffee Association of America est fondée en 1982. Alfred Peet avait ouvert à Berkeley en 1966 ; trois de ses admirateurs fondent Starbucks à Seattle le 30 mars 1971, et Howard Schultz la rachète en 1987 pour y greffer le bar italien. Tout le vocabulaire de la qualité se met ainsi en place à l'intérieur d'un système qui paie le volume.

    En juillet 1989, ce système s'arrête. Les quotas sont abandonnés faute d'accord sur leur répartition : le Brésil refuse de réduire sa part, les pays consommateurs réclament davantage d'arabicas doux, et la fin de la guerre froide retire aux États-Unis le motif qui les faisait soutenir les prix. Les accords suivants, en 1994, 2001 et 2007, n'ont plus de clause économique. Le prix moyen des années 1980, autour de 120 cents la livre, tombe à 50 cents au tournant du siècle.

    Ce que cela fait aux pays dont le café est la première ressource n'a rien d'abstrait. Le label Max Havelaar, lancé aux Pays-Bas le 15 novembre 1988 par Nico Roozen, Frans van der Hoff et Solidaridad, avait été conçu en réponse à la chute qui commençait : c'est le premier prix plancher opposable de la filière, celui qu'un acheteur certifié n'a pas le droit de descendre.

    Au Rwanda, où le café était la première exportation, les historiens du génocide comptent la ruine des planteurs après 1989 parmi les conditions de 1994. Une variation de cours n'explique pas un massacre ; elle explique la fragilité sur laquelle il a pris appui.

    L'État se retire ailleurs aussi. Le Brésil dissout en 1991 son Instituto Brasileiro do Café ; la même année, Pinhalense construit la première machine à cereja descascado, le café dépulpé sans fermentation que le Costa Rica popularisera sous le nom de honey. Il faut lire ces deux faits ensemble : quand plus personne ne garantit le prix, la seule marge de manœuvre du producteur est de fabriquer une différence.

    Au Vietnam, la réforme économique du Đổi Mới de 1986 pousse le café vers les Hauts Plateaux du Centre ; en dix ans le pays multiplie sa production par quinze, presque uniquement en canephora, et devient le deuxième producteur mondial. Cette expansion prépare exactement la surproduction qui écrasera les cours après 2000. La décennie s'achève sur deux dispositifs minuscules et décisifs : la première Cup of Excellence, au Brésil en 1999, où le prix d'un lot se forme en public, et le premier championnat du monde de barista, à Monte-Carlo en 2000. Le siècle finit sans institution pour fixer le prix, et avec une institution naissante pour fixer la note.

    Accord de 1962 et fin des quotas en juillet 1989 : ICO, International Coffee Agreement et FAQ ; McCook, Coffee Is Not Forever (2019), p. 173. Motif politique américain et Alliance pour le progrès : Pendergrast, Uncommon Grounds (1999), ch. 15 et 18 ; Bates, Open-Economy Politics (1997). Sélection des années 1949-1950 : Coste, Les caféiers et les cafés dans le monde (1955), p. 323 ; IAC pour Icatu. CIFC fondé en 1955 et Coste écrivant la même année que la rouille est absente d'Amérique : McCook 2019, p. 132-133 ; Coste 1955, p. 224. Bahia 1970 et échec de la barrière sanitaire en 1971 : McCook 2019, p. 143-146. Catimors, Ruiru 11, IHCAFE 90 et Lempira : WCR, Coffee Varieties Catalog 2025, p. 27, 71, 42 et 50. Variedad Colombia lancée en 1982, rouille en Colombie en 1983 : Cenicafé ; McCook 2019, p. 171. Lyophilisation de 1963-1965 et 77 % de volatils conservés contre 57 % : Nestlé, Nescafé 75 years (2013) ; Works in Progress, A brief history of instant coffee. Parts arabica et canephora de 1963 à 1990, puis 2013 : ICO, via Daily Coffee News, 17 juillet 2014. Campagne de 1952 : Pan-American Coffee Bureau. Juan Valdez : Federación Nacional de Cafeteros et Doyle Dane Bernbach, 1959. Gaggia 1948, Faema E61 1961, Mr. Coffee 1972 : historiques des constructeurs ; The Henry Ford Museum. Erna Knutsen : Tea and Coffee Trade Journal (1974) ; SCA, historique, pour la SCAA en 1982. Gelée des 17 et 18 juillet 1975, et 339,86 cents en avril 1977 : Pendergrast 1999, ch. 18 ; ICO, séries de prix ; Covoya, A Brief History of the Price of Coffee. Max Havelaar : Stichting Max Havelaar, 15 novembre 1988. Rwanda : Kamola, Third World Quarterly 28 (2007) ; Verwimp, Journal of Development Economics (2003). Dissolution de l'IBC et cereja descascado : document de formation professionnelle, ch. 17b. Đổi Mới de 1986 et décollage vietnamien : USDA FAS, Coffee Annual Vietnam ; fiche pays Vietnam de ce site. Cup of Excellence 1999 : Alliance for Coffee Excellence. World Barista Championship, Monte-Carlo, 2000. Le lien de causalité entre le maintien des quotas et la stabilité de la part du canephora est une lecture des séries de l'ICO faite ici, et non une thèse citée telle quelle.
    2000 à 2026

    09Le creux de 2001, la spécialité et le climat

    La filière a répondu à la pire crise de prix de son histoire en vendant de la qualité mesurée ; le marché bat depuis tous ses records, sans qu'on sache ce qui en redescend jusqu'au producteur.

    En savoir plusReplier1 499 mots

    2001Attentats du 11 septembre2008Crise financière mondiale2015Accord de Paris sur le climat2020Pandémie de COVID-192022Invasion de l'Ukraine par la Russie

    En août 2002, à Johannesburg, le directeur de l'Organisation internationale du café, Néstor Osorio, dépose quatre nombres que personne n'a contestés depuis. Au début des années 1990, les pays producteurs encaissaient 10 à 12 milliards de dollars pour un marché de détail d'environ 30 milliards. En 2002, le détail dépasse 70 milliards et les producteurs n'en reçoivent plus que 5,5. Le prix indicatif composite, à 109 cents en 1998, passe sous 48 cents : le plus bas en termes réels depuis cent ans.

    La cause est arithmétique : cinq années d'excédent d'affilée, la production croissant de 3,6 % par an contre 1,5 % pour la demande, Vietnam et nouvelles plantations brésiliennes en moteurs. Le détail est dans la planche de l'économie. Ce qu'il faut retenir est l'effet : plus de 125 millions de personnes dépendaient alors du café, et là où il est la culture de rente d'une ferme de subsistance, un creux pareil se traduit en école interrompue, en dette, en ferme abandonnée, en départ.

    La réponse n'a pas été un nouvel accord, puisque plus personne n'en voulait. Elle a été commerciale : faute de pouvoir relever le prix de base, on vendra l'écart. Encore fallait-il dire de quoi cet écart était fait, et c'est ce que fabrique 2004. La Specialty Coffee Association fixe le formulaire de dégustation qui régira la notation pendant vingt ans, le Coffee Quality Institute lance le système Q et ses dégustateurs certifiés, et au Best of Panama la Hacienda La Esmeralda présente son Geisha séparément du reste de sa récolte.

    Un score, des juges habilités à le délivrer, un lot identifié : plus rien ne manque pour qu'une prime soit exigible. En 2005 arrivent la Hario V60 et l'AeroPress, qui mettent entre les mains du buveur de quoi vérifier la promesse chez lui. Les protocoles sont dans la planche de la tasse.

    C'est aussi à ce moment que le métier se donne un récit. En 2002, dans la lettre de la Roasters Guild, la torréfactrice Trish Rothgeb nomme une « troisième vague », à propos précisément de ce qu'elle observait en Norvège. Le mot a fait fortune ; il faut dire ce qu'il vaut. Né dans un bulletin professionnel, jamais défini par aucune organisation, sans date de début ni critère d'entrée, il emprunte son image aux vagues du féminisme, ce qui lui donne un air de périodisation qu'aucun travail n'a validé.

    Surtout, il raconte une histoire anglo-américaine : pour tenir, il doit ignorer l'espresso italien d'après-guerre, les kissaten japonais, ces salons où le café se prépare à la commande, et la torréfaction claire scandinave, objet même de l'article fondateur. Cette chronique date des faits ; elle ne date pas les vagues, faute de savoir où les poser.

    Reste la question qui décide de tout : la prime existe-t-elle, et jusqu'où descend-elle ? Sur le premier point, les données sont bonnes. Le Specialty Coffee Transaction Guide, construit à l'université Emory, agrège près de 105 000 contrats anonymisés et donne pour trois récoltes un prix FOB médian de 3,48 dollars la livre, avec 4,18 dollars pour les cafés notés 84 points et plus contre 2,93 pour ceux de 80 à 83,9. La prime est réelle et mesurée.

    Sur le second point, on ne sait pas. Le prix FOB est celui du café chargé sur le bateau ; ce que le producteur touche, une fois payés les intermédiaires locaux et la transformation, représente souvent moins de la moitié de ce montant. Le direct trade n'a ni définition partagée ni audit. Les enchères, seul dispositif où le prix se forme en public, portent sur quelques centaines de kilos, quand le Coffee Guide comptait 130,7 millions de sacs de café standard contre 10,8 millions de spécialisé, un sac sur seize.

    Que la valeur créée en haut remonte au producteur ou reste chez de nouveaux intermédiaires n'est pas établi : personne ne publie la série qui trancherait.

    Deux séries, pourtant, disent quelque chose, dans le mauvais sens. En France, l'étude BASIC a comparé les moyennes 1994-1997 et 2014-2017 : la valeur nouvelle créée par le café bu à domicile est allée pour 1 177 millions d'euros par an à la torréfaction et à la distribution, et pour 64 millions à l'amont, producteurs et négociants réunis. Quatre pour cent. Et le format décide de tout : sur un paquet de moulu, la part du producteur va de 11,6 % au Pérou à 24,1 % en Colombie ; sur un café portionné, elle tombe entre 2,7 et 4,8 %. Plus l'emballage est sophistiqué, plus la part du planteur fond, au moment même où le récit de la filière promet l'inverse.

    Le Coffee Barometer 2023 ajoute le second constat : le revenu du café reste au niveau du seuil de revenu vital, ou en dessous, dans huit des dix plus grands pays producteurs. Voir la planche de l'économie, sur la répartition de la valeur et les prix minimums.

    Les labels butent sur le même mur. Pour la campagne 2019-2020, 55 % de la production mondiale répondait à une norme de durabilité volontaire, et 25 % seulement de ce volume a été acheté comme tel. Les trois quarts du café certifié se vendent donc comme du café ordinaire, aux conditions du café ordinaire. En 2007, l'Éthiopie avait tenté une autre voie en déposant les noms de Sidamo, Harar et Yirgacheffe : faute de pouvoir fixer le prix, on essaie de posséder le nom.

    Puis le climat rattrape le prix, par un chemin que la frise seule ne montre pas. À partir de 2008, le Big Rust ravage l'Amérique centrale et andine : la Colombie perd 33 % de sa récolte, le Salvador 57 %, le Mexique 46 %, et l'on compte 373 585 travailleurs déplacés. Des variétés réputées résistantes tombent. L'épidémie a des causes météorologiques, mais elle a aussi une cause économique, vieille de dix ans : pendant le creux de 2001 à 2004, on ne taille plus, on ne fertilise plus, on ne renouvelle plus les arbres, faute d'argent.

    Quand le champignon arrive, le verger est vieux et affaibli. Le pic de 2011, au-dessus de trois dollars la livre pour la première fois depuis 1977, n'a pas eu le temps de réparer cela. Une crise de prix devient une épidémie une décennie plus tard : c'est la causalité la plus coûteuse de la période.

    La réponse est génétique, et bute vite sur le matériel disponible. World Coffee Research, fondé en 2012, lance des essais de variétés dans quinze pays. La Colombie passe à Castillo en 2005 puis à Cenicafé 1 en 2016, le Kenya diffuse Batian en 2010, et Starmaya, premier hybride de première génération vendu en graines, sort en 2017. La même année, la Lempira perd sa résistance au Honduras : une résistance n'est pas une propriété, c'est un prêt que le champignon rappelle.

    Le fond du problème est mesuré : au Brésil, 97,55 % des cultivars descendent de Typica et de Bourbon. Un verger continental construit sur deux lignées se défend mal. Et la solution employée depuis 1959, l'introgression de l'hybride de Timor, c'est-à-dire l'insertion durable de fragments de canephora dans le génome de l'arabica, a été cartographiée en 2024, et sa pénalité de qualité décrite en 2026. La résistance a donc un prix, payé dans la tasse. Voir les hybrides F1.

    Le reste tient en quelques faits contradictoires en apparence. En 2019, Davis et ses coauteurs établissent que 60 % des 124 espèces sauvages de Coffea sont menacées d'extinction, au moment où l'on redécouvre en Sierra Leone C. stenophylla, tolérante à la chaleur. En 2023, l'Union européenne adopte le règlement contre la déforestation importée, qui exigera une géolocalisation des parcelles pour un café produit par 12,5 millions d'exploitations, dont beaucoup n'ont jamais eu de coordonnées ; son application est reportée.

    Le 11 février 2025, l'arabica atteint 440,85 cents la livre à New York, plus haut de toute l'histoire du contrat, sur un gel et une sécheresse au Brésil et des stocks au plus bas ; en août, un lot du Best of Panama part à 30 204 dollars le kilo. La même année, l'USDA annonce une production record de 178,8 millions de sacs. Un marché peut battre son record de prix et son record de volume la même année, parce que le prix regarde les stocks et le temps qu'il a fait, jamais la récolte à venir. Voir l'économie et ce qui vient.

    Ce que la période a produit tient en une tension, qu'il vaut mieux énoncer que résoudre. Le café se vend plus cher que jamais, la mesure de sa qualité est plus fine que jamais, et l'on ignore toujours ce que le producteur en retire, faute d'une série longue sur le revenu au bord de la ferme. Le seul chiffre solide sur ce point vient du Pérou et de l'Éthiopie : en 2017, le revenu café d'un producteur y était inférieur de 20 % à celui de 2005 en monnaie constante, et sous le seuil de pauvreté toutes les années sauf une.

    Crise de 2001-2004 : ICO, The Global Coffee Crisis: A Threat to Sustainable Development, Londres, 21 août 2002, p. 1-2, pour les 10-12 puis 5,5 milliards, les 30 puis 70 milliards de détail, les 109 et 48 cents, les 3,6 % contre 1,5 % et les 125 millions de personnes. Formulaire SCA de 2004 et système Q du CQI : SCA ; Coffee Quality Institute, About (2004). Geisha présenté séparément : Best of Panama 2004 ; WCR 2025, p. 38. V60 et AeroPress : Hario ; Alan Adler, 2005. Troisième vague : Rothgeb, Roasters Guild newsletter (2002) ; l'absence de définition institutionnelle, de bornes et de validation savante est un constat fait ici, à partir de l'absence de toute définition publiée par la SCA ou l'ICO, et non une citation. Prime de spécialité : Specialty Coffee Transaction Guide 2024, près de 105 000 contrats, FOB médian 3,48 dollars la livre, 4,18 pour 84 points et plus contre 2,93 pour 80 à 83,9, résumé par Daily Coffee News, 18 février 2025. Part du FOB qui redescend au producteur, et absence de définition et d'audit du direct trade : synthèse de la planche de l'économie de ce site, sections 11 et 13. Volumes standard, premium et spécialisé : ITC, The Coffee Guide, 4e éd. (2021). Répartition de la valeur en France : BASIC, Commerce Équitable France, Max Havelaar France et collectif Repenser les filières, Étude sur la durabilité de la filière café (oct. 2018), p. 9-11, pour les 1 177 et 64 millions d'euros, les parts par format, et la baisse de 20 % du revenu péruvien et éthiopien entre 2005 et 2017. Revenu vital : Coffee Barometer 2023, 14 sept. 2023. Certification : ITC 2021, p. 39-40 et 47-48, pour les 55 % et les 25 %. Marques éthiopiennes : Oxfam, accord Starbucks-Éthiopie, juin 2007 ; Ethiopian Intellectual Property Office. Big Rust : McCook, Coffee Is Not Forever (2019), p. 171-178, pour les pertes par pays, les 373 585 travailleurs déplacés, et le lien entre le sous-entretien des vergers après la crise de 2001 et la virulence de l'épidémie. Pic de 2011 : ICO, indicateur composite. World Coffee Research, Castillo, Cenicafé 1, Batian, Starmaya, perte de résistance de la Lempira : WCR, historique et catalogue 2025, p. 19, 31 et 79 ; Cenicafé ; IHCAFE. 97,55 % de descendance Typica et Bourbon au Brésil : WCR 2025, p. 10. Introgression du Timor et pénalité de qualité : Salojärvi et al., Nature Genetics 56 (2024) ; Yang et al., Agriculture (2026). Espèces menacées et stenophylla : Davis et al., Science Advances 5 (2019) et Nature Plants 7 (2021). Pandémie : ICO, Coffee Break Series (2020). EUDR : règlement (UE) 2023/1115 du 31 mai 2023, et règlement (UE) 2024/3234 pour le report ; ITC 2021, p. 2, pour les 12,5 millions d'exploitations. Records de 2025 : ICE Futures US, contrat C, 440,85 cents la livre le 11 février 2025 ; UPI, 8 août 2025, pour les 30 204 dollars le kilo du Best of Panama ; USDA FAS, Coffee: World Markets and Trade, pour les 178,8 millions de sacs.

    Lire la chronique en travers

    jusqu'à 1500

    Les origines

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    9 repères du café, 6 jalons du monde

    Caféiers sauvages du Kaffa, près d'Addis-Abeba
    Caféiers sauvages du Kaffa, près d'Addis-Abeba
    1. il y a 610 000–350 000 ans

      Hybridation naturelle entre les ancêtres de C. canephora et C. eugenioides,…

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      Hybridation naturelle entre les ancêtres de C. canephora et C. eugenioides, puis doublement chromosomique : naissance de C. arabica (Salojärvi et al. 2024).

      Salojärvi et al., Nature Genetics 56 (2024), p. 722-725

    2. 300000 av. J.-C.

      Apparition d'Homo sapiens en Afrique

    3. il y a ~30 500 ans

      Divergence modélisée entre populations sauvages et population fondatrice des…

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      Divergence modélisée entre populations sauvages et population fondatrice des futurs cultivars. Un résultat de génomique, pas une date de domestication.

      Salojärvi et al. 2024, modélisation SMC++ / FastSimcoal2

    4. 3300 av. J.-C.

      Premières écritures en Mésopotamie

    5. 622

      Hégire, début du calendrier musulman

    6. vers 850

      Kaldi, jeune chevrier d'Abyssinie, voit ses chèvres, et jusqu'au vieux bouc,…

      légende
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      Kaldi, jeune chevrier d'Abyssinie, voit ses chèvres, et jusqu'au vieux bouc, danser après avoir brouté des baies rouges ; il en mange, oublie ses peines, et un moine du voisinage, d'abord soupçonneux, en fait bouillir pour tenir ses frères éveillés aux offices de nuit. Récit tardif, d'origine française, que La Roque démontait déjà en 1732.

      La version française de la légende, celle qu'Ukers reproduit, ajoute au chevrier un chœur de chèvres qui gambadent et un bouc « ordinairement si digne et si solennel ». Le moine, ayant goûté, jette d'abord les baies au feu, et c'est l'odeur du grain grillé qui le convertit : le récit contient déjà la torréfaction. Antoine Galland, dès 1699, et La Roque, en 1732, y voyaient une invention chrétienne calquée sur l'histoire véritable, celle du mufti d'Aden Gemaleddin et des soufis du Yémen ; Ukers la classe parmi les dates légendaires, et le Livre café tranche pour La Roque. La chèvre reste sur les paquets.

      Ukers 1922, p. 14-15 (légende, version française) ; Galland 1699 ; La Roque 1732, p. 311 ; LC ch. 5

    7. vers 900

      Rhazès, médecin de Bagdad, serait le premier auteur à mentionner le café sous…

      légende
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      Rhazès, médecin de Bagdad, serait le premier auteur à mentionner le café sous le nom de bunchum. Ukers le range parmi les dates légendaires.

      Ukers 1922, chronologie p. 725, date marquée légendaire

    8. vers 1000

      Avicenne expliquerait le premier les vertus médicinales de la graine, toujours…

      légende
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      Avicenne expliquerait le premier les vertus médicinales de la graine, toujours appelée bunchum.

      Ukers 1922, chronologie p. 725, date marquée légendaire

    9. vers 1258

      Le cheikh Omar, disciple de Chadhili, saint patron de Moka, exilé à Ousab pour…

      légende
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      Le cheikh Omar, disciple de Chadhili, saint patron de Moka, exilé à Ousab pour un écart de conduite, survit en faisant bouillir des baies : la première décoction de café selon la chronique arabe de la Bibliothèque nationale. Ses anciens patients le rappellent à Moka.

      La chronique arabe qu'Ukers cite, celle qu'Antoine Galland traduisit en 1699, fait du café une découverte de nécessité plutôt que de hasard : un docteur-prêtre exilé, des disciples affamés, des baies bouillies dans une casserole. Les malades de Moka qui vinrent le consulter à Ousab furent guéris par la décoction, le cheikh fut rappelé en triomphe, et Moka lui doit, dit la légende, sa fondation et son saint patron. Ukers marque toutes ces dates comme légendaires ; La Roque, dès 1732, préférait à la chèvre de Kaldi cette version du mufti d'Aden et de ses disciples.

      Ukers 1922, p. 13-14 et chronologie p. 725 (légende) ; Galland 1699 ; La Roque 1732, traité historique

    10. 1347

      La peste noire atteint l'Europe

    11. XVe–XVIe siècles

      Mise en culture au Yémen à partir de matériel éthiopien

      peut-être
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      Mise en culture au Yémen à partir de matériel éthiopien. Le pays devient le goulot d'étranglement génétique de l'arabica.

      Le Yémen n'invente pas le café, il l'organise. Les plants viennent d'Éthiopie, probablement par Zeila et Aden, et ce sont les confréries soufies qui en font une boisson de veille avant que Moka n'en fasse un commerce. Sur les terrasses de Bani Matar, Haraz ou Yafe', l'arabica est cultivé en sec, irrigué, à l'écart des forêts humides où vit la rouille : ce hasard écologique protège le reste du monde pendant trois siècles (McCook). Le prix génétique est lourd : presque tout l'arabica cultivé hors d'Éthiopie passe par ce goulot. Montagnon et al. (2022) y retrouvent trois groupes génétiques, SL34, Typica-Bourbon et New-Yemen, et montrent qu'un nom vernaculaire comme Udaini ne désigne pas un génotype.

      Montagnon et al., Agronomy 12 (2022) ; McCook 2019, p. 12-13 ; LC ch. 3

    12. 1453

      Prise de Constantinople par les Ottomans

    13. vers 1450–1500

      Les confréries soufies du Yémen adoptent le café pour veiller

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      Les confréries soufies du Yémen adoptent le café pour veiller ; Aden puis La Mecque : première culture et premier commerce organisé.

      La Roque 1716 (traité historique) ; Ukers 1922 ; LC ch. 5

    14. 1470-1500

      L'usage du café gagne La Mecque et Médine depuis Aden

      peut-êtreévasion
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      L'usage du café gagne La Mecque et Médine depuis Aden ; vers 1505, les Arabes auraient introduit le caféier à Ceylan.

      Ukers 1922, chronologie p. 725

    15. 1492

      Christophe Colomb atteint l'Amérique

    1500 → 1600

    Le XVIe siècle

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    20 repères du café, 5 jalons du monde

    Peinture de l'intérieur d'une grande maison de café d'Istanbul : sous un plafond de bois peint porté par des colonnes ouvragées, des hommes en fez et en turban sont assis sur des banquettes basses le long des murs, autour d'un large brasero de cuivre placé au centre de la salle.
    Une maison de café à Tophane, Istanbul
    1. vers 1500

      En arabe, qahwah désignait d'abord le vin

      motpénurie
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      En arabe, qahwah désignait d'abord le vin ; le mot devient générique pour la boisson des grains et pour celle des coques, le « café de la Sultane ». Les soufis du Yémen cherchaient un substitut au vin interdit : le nom l'avoue, et les censeurs s'en serviront pour étendre l'interdit du vin au café.

      Ukers 1922, p. 18-19 ; La Roque 1715, cité par Ukers

    2. 1510

      Les derviches yéménites du Caire boivent le café les nuits de dévotion, dans un…

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      Les derviches yéménites du Caire boivent le café les nuits de dévotion, dans un grand vase de terre rouge dont le supérieur puise pour chacun, en psalmodiant ; puis le bol passe aux laïcs. À La Mecque, la boisson quitte la mosquée pour les kaveh kanes, où l'on joue aux échecs et où l'on chante : les premières maisons de café.

      Ukers 1922, p. 19-20

    3. 1511

      À La Mecque, le gouverneur Khair Beg interdit le café

      interdit
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      À La Mecque, le gouverneur Khair Beg interdit le café ; l'interdiction est levée par le sultan du Caire. Première querelle du café.

      La première condamnation dont La Roque donne le détail se produit à La Mecque en 1511. Le gouverneur Khair Beg surprend des hommes qui boivent du café la nuit dans la mosquée, y voit l'ivresse du vin et convoque médecins et juristes. La sentence est cassée par le sultan du Caire, grand buveur de café. Trois siècles de querelles suivront, à Constantinople en 1543, à Marseille en 1679, dans toute l'Europe savante de 1685, et elles portent toujours sur la même chose : non pas la boisson, mais ce que des gens font quand ils se réunissent autour d'elle.

      La Roque 1716, trad. 1732 ; LC ch. 5

    4. 1511

      La Mecque

      interdit
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      La Mecque : le gouverneur Khair Beg condamne les réunions de café, y voyant l'ombre du vin. Le sultan du Caire lève l'interdiction. Ce n'est pas le café qu'on poursuit, c'est la réunion.

      La première condamnation dont La Roque donne le détail se produit à La Mecque en 1511. Le gouverneur Khair Beg surprend des hommes qui boivent du café la nuit dans la mosquée, y voit l'ivresse du vin et convoque médecins et juristes. La sentence est cassée par le sultan du Caire, grand buveur de café. Trois siècles de querelles suivront, à Constantinople en 1543, à Marseille en 1679, dans toute l'Europe savante de 1685, et elles portent toujours sur la même chose : non pas la boisson, mais ce que des gens font quand ils se réunissent autour d'elle.

      La Roque 1716, trad. 1732 ; LC ch. 5

    5. 1511

      Le procès de La Mecque en détail

      interdit
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      Le procès de La Mecque en détail : deux médecins persans, les frères Hakimani, dont l'un avait écrit contre le café et craignait pour sa clientèle, déclarent la plante froide et sèche ; un témoin affirme qu'elle enivre comme le vin, avoue ainsi avoir bu du vin et est bastonné ; le mufti d'Aden seul défend le café. Le sultan du Caire casse l'édit et rappelle que même l'eau sacrée de Zamzam peut être abusée. Le gouverneur finira torturé pour concussion, les deux médecins exécutés au Caire pour avoir maudit Sélim Ier.

      Ukers 1922, p. 20-21, d'après le manuscrit d'Abd al-Qadir (Galland 1699)

    6. 1517

      Le sultan Sélim Ier, après la conquête de l'Égypte, apporte le café à…

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      Le sultan Sélim Ier, après la conquête de l'Égypte, apporte le café à Constantinople parmi son butin.

      Ukers 1922, chronologie p. 725

    7. 1517

      Luther affiche ses 95 thèses à Wittenberg

    8. 1520

      Soliman le Magnifique monte sur le trône ottoman

    9. vers 1523

      Un médecin du Caire pose à ses confrères la question de savoir si le café, «…

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      Un médecin du Caire pose à ses confrères la question de savoir si le café, « qui monte à la tête », est licite, et répond lui-même que non ; les médecins de la ville, tenant à ce nouvel adjuvant de leur pharmacopée, laissent mourir l'affaire. Damas et Alep reçoivent le café sans opposition ; le Café des Roses et le Café de la Porte du Salut, à Damas, deviennent célèbres.

      Ukers 1922, p. 21-22

    10. 1524

      Le cadi de La Mecque ferme les maisons de café pour cause de désordres mais…

      interdit
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      Le cadi de La Mecque ferme les maisons de café pour cause de désordres mais tolère la boisson à domicile ; son successeur les rouvre sous licence.

      Ukers 1922, chronologie p. 725

    11. 1534

      Au Caire, un prédicateur mène la foule contre les maisons de café, qui sont…

      interdit
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      Au Caire, un prédicateur mène la foule contre les maisons de café, qui sont saccagées ; la ville se divise, le grand juge consulte les médecins, fait servir du café à l'assemblée, en boit lui-même, et clôt la querelle.

      Ukers 1922, chronologie p. 725

    12. 1536

      Les Ottomans occupent le Yémen

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      Les Ottomans occupent le Yémen ; le café de Moka devient un revenu d'empire, taxé et convoyé par Djedda et Suez vers Le Caire et Constantinople. Selon La Roque, chaque chameau porte deux balles de 270 livres, et le gouverneur de Moka verse 30 000 piastres par an au roi.

      La Roque 1716, trad. 1732, p. 88-89 et 106 ; Ukers 1922, ch. sur l'Arabie

    13. 1543

      Ordre de Soliman contre le café

      interdit
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      Ordre de Soliman contre le café ; la marchandise est jetée à la mer à Constantinople, mais le commerce continue par la ville même qui l'a condamné.

      La Roque 1716 ; LC ch. 5

    14. 1543

      Copernic publie De revolutionibus

    15. 1554

      Ouverture des premiers cafés publics à Constantinople.

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      La Roque 1716 (traité annexé) ; LC ch. 5 et 7

    16. 1554

      Premières maisons de café de Constantinople, selon le traité annexé à La Roque

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      Premières maisons de café de Constantinople, selon le traité annexé à La Roque : la tasse coûte un aspre, on y joue aux échecs.

      La Roque 1716 (traité annexé) ; LC ch. 5

    17. 1554

      Schemsi et Hekem

      arts
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      À Constantinople, dans le quartier de Taktacalah, Schemsi de Damas et Hekem d'Alep reçoivent sur des sofas très propres pour le prix d'une tasse, environ un cent ; le sérail se dote d'officiers du café, les kahvedjibachi. Aux « écoles des sages » viennent les futurs juges, les cadis de province en quête de poste, les professeurs, les officiers du sérail et les marchands du monde connu.

      Ukers 1922, p. 22

    18. 1571

      Bataille navale de Lépante

    19. vers 1573

      Chez les Turcs, refuser du café à sa femme est un motif légitime de divorce

      arts
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      Chez les Turcs, refuser du café à sa femme est un motif légitime de divorce ; les maris promettent au mariage de ne jamais l'en laisser manquer. « Plus prudent, dit Fulbert de Monteith, que de jurer fidélité. »

      Ukers 1922, p. 22 (Fulbert de Monteith)

    20. vers 1580

      Les religieux de Constantinople obtiennent du mufti que le café grillé soit…

      interdit
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      Les religieux de Constantinople obtiennent du mufti que le café grillé soit déclaré charbon, donc interdit ; Mourad III ordonne la fermeture des maisons de café. On boit derrière des portes closes, et les officiers ferment les yeux contre paiement.

      Ukers 1922, p. 20 et chronologie p. 725

    21. 1582–1583

      Le médecin Rauwolf décrit le « chaube » d'Alep

      Gravure sur bois au trait pur, sans ombre ni couleur : une branche de caféier dont les feuilles opposées, lancéolées et finement nervurées, se répartissent le long d'un rameau qui serpente en diagonale à travers la page. Ni fleur ni fruit, seulement le feuillage. En tête de page, le seul mot BON, le nom arabe sous lequel un médecin vénitien a décrit la plante après l'avoir vue dans un jardin du Caire. Le bas de la feuille porte déjà le début du chapitre suivant, consacré au baobab, et laisse voir le texte imprimé au verso par transparence.
      Le « Bon », première représentation imprimée du caféier en Europe, 1592
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      Le médecin Rauwolf décrit le « chaube » d'Alep : première mention imprimée du café en Europe.

      Rauwolf, Aigentliche Beschreibung der Raiß (1582) ; Ukers 1922 ; LC ch. 5 et 7

    22. 1585

      Gianfrancesco Morosini, magistrat de Venise à Constantinople, rapporte au Sénat…

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      Gianfrancesco Morosini, magistrat de Venise à Constantinople, rapporte au Sénat que les Turcs boivent « une eau noire, aussi chaude qu'ils peuvent la souffrir, infusion d'une graine appelée cavee ».

      Ukers 1922, p. 27 et chronologie p. 725

    23. 1587

      Le cheikh Abd al-Qadir écrit le premier récit authentique de l'origine du café,…

      légende
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      Le cheikh Abd al-Qadir écrit le premier récit authentique de l'origine du café, manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale de Paris, traduit par Galland en 1699.

      Ukers 1922, chronologie p. 725 ; Bibliothèque nationale de France, manuscrit arabe d'Abd al-Qadir

    24. 1588

      Échec de l'Invincible Armada

    25. 1592

      Prospero Alpini publie à Venise, en latin, la première description imprimée du…

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      Prospero Alpini publie à Venise, en latin, la première description imprimée du caféier (bon) et de la boisson (caova), rapportée d'Égypte.

      Ukers 1922, chronologie p. 725 ; Alpini, De plantis Aegypti (1592)

    1600 → 1700

    Le XVIIe siècle

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    39 repères du café, 5 jalons du monde

    Un café en Hollande vers 1650, d'après l'eau-forte de Beauvarlet
    Un café en Hollande vers 1650, d'après l'eau-forte de Beauvarlet
    1. vers 1600

      Baba Budan rapporte du Yémen les « sept graines » qui fondent la caféiculture…

      légendeévasion
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      Baba Budan rapporte du Yémen les « sept graines » qui fondent la caféiculture indienne (Chikmagalur). Une autre source dit 1695.

      L'histoire du baptême est la plus célèbre des légendes chrétiennes du café. Les prêtres, dit-elle, voyaient dans la boisson noire le substitut que Satan avait donné aux musulmans pour remplacer le vin, sanctifié par le Christ ; Clément VIII aurait demandé à goûter, déclaré qu'une boisson si délicieuse ne devait pas rester aux infidèles, et l'aurait baptisée pour en faire une boisson chrétienne. Aucun document pontifical ne l'atteste ; Ukers la rapporte comme une tradition, et c'est ainsi qu'elle doit être lue.

      Ukers, All About Coffee (1922) ; LC ch. 8

    2. vers 1600

      Des prêtres demandent au pape Clément VIII d'interdire aux chrétiens la boisson…

      légendeévasion
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      Des prêtres demandent au pape Clément VIII d'interdire aux chrétiens la boisson de Satan que boivent les infidèles ; le pape y goûte, la trouve délicieuse et la « baptise ». Ukers la rapporte comme légende très répandue.

      L'histoire du baptême est la plus célèbre des légendes chrétiennes du café. Les prêtres, dit-elle, voyaient dans la boisson noire le substitut que Satan avait donné aux musulmans pour remplacer le vin, sanctifié par le Christ ; Clément VIII aurait demandé à goûter, déclaré qu'une boisson si délicieuse ne devait pas rester aux infidèles, et l'aurait baptisée pour en faire une boisson chrétienne. Aucun document pontifical ne l'atteste ; Ukers la rapporte comme une tradition, et c'est ainsi qu'elle doit être lue.

      Ukers 1922, p. 26 (« légende ») ; aucun document pontifical connu

    3. 1615

      Le café entre à Venise

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      Le café entre à Venise ; Pietro Della Valle écrit de Constantinople qu'il en rapportera, la chose étant inconnue dans sa patrie.

      Ukers 1922, chronologie p. 726

    4. 1616

      Un marchand hollandais rapporte un plant de Moka à Amsterdam, selon Ukers

      évasion
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      Un marchand hollandais rapporte un plant de Moka à Amsterdam, selon Ukers ; le café sort du Yémen par la mer.

      Ukers 1922, chronologie

    5. 1616

      Pieter Van den Broecke rapporte de Moka en Hollande le premier café

      évasion
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      Pieter Van den Broecke rapporte de Moka en Hollande le premier café ; en 1640, Wurffbain met en vente à Amsterdam la première cargaison commerciale.

      Ukers 1922, chronologie p. 726

    6. 1618

      Début de la guerre de Trente Ans

    7. 1625

      Au Caire, on sucre le café pour la première fois.

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      Ukers 1922, chronologie p. 726

    8. 1637

      Nathaniel Conopios, étudiant crétois de Balliol College, introduit le café à…

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      Nathaniel Conopios, étudiant crétois de Balliol College, introduit le café à Oxford ; en 1650, le juif Jacobs y ouvre la première maison de café d'Angleterre.

      Ukers 1922, chronologie p. 726

    9. 1638

      Johann Vesling, botaniste allemand établi à Venise, décrit au Caire deux à…

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      Johann Vesling, botaniste allemand établi à Venise, décrit au Caire deux à trois mille maisons de café, distingue la boisson des coques de celle des grains, et note qu'on commence à sucrer le café et à confire les grains en dragées ; à Venise, le café sort « des cabinets des curieux pour entrer chez les apothicaires comme drogue ».

      Ukers 1922, p. 26

    10. 1644

      Pierre de La Roque rapporte à Marseille des graines et le nécessaire à café

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      Pierre de La Roque rapporte à Marseille des graines et le nécessaire à café ; la première maison de café de la ville n'ouvre qu'en 1671, près de la Loge.

      Ukers 1922 ; LC ch. 7

    11. 1645

      Premier café de Venise

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      Premier café de Venise ; Londres en 1652, Marseille en 1671, le Procope à Paris en 1686.

      Ukers 1922 ; LC ch. 7

    12. 1645

      Premier établissement d'Europe occidentale à Venise

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      Premier établissement d'Europe occidentale à Venise ; Londres en 1652 avec Pasqua Rosee dans St Michael's Alley.

      Ukers 1922 ; LC ch. 7

    13. 1648

      Traités de Westphalie

    14. 1649

      Charles Ier décapité à Londres

    15. années 1650

      Les maisons de café d'Oxford et de Londres sont surnommées « penny universities…

      institutionmot
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      Les maisons de café d'Oxford et de Londres sont surnommées « penny universities » : pour un penny, la tasse et la conversation des savants, des marchands et des hommes de lettres. Les jetons de cafetiers y servent de petite monnaie.

      Ukers 1922, p. 73, ch. sur les cafés de Londres

    16. 1652

      Pasqua Rosée ouvre la première maison de café de Londres, St Michael's Alley

      réclame
      La première réclame pour le café, Londres, 1652, d'après l'original du British Museum
      La première réclame pour le café, Londres, 1652, d'après l'original du British Museum
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      Pasqua Rosée ouvre la première maison de café de Londres, St Michael's Alley ; son prospectus, The Vertue of the Coffee Drink, est la première publicité imprimée pour le café.

      Ukers 1922, p. 53-56 et chronologie p. 726

    17. vers 1655

      À Oxford, des étudiants royalistes poussent l'apothicaire Arthur Tillyard à…

      institution
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      À Oxford, des étudiants royalistes poussent l'apothicaire Arthur Tillyard à servir du café publiquement « contre All Souls » ; le club qui s'y réunit jusqu'à la Restauration est à l'origine de la Royal Society.

      Le café d'Oxford précède celui de Londres de deux ans. Jacobs, un Juif du Liban, ouvre à l'Angel en 1650 ; Cirques Jobson lui succède en 1654 ; et vers 1655 les jeunes gens qui admirent le futur Charles II persuadent Tillyard, « apothicaire et royaliste », de servir du café dans sa maison face à All Souls. Le club qui s'y forme survit à la Restauration et devient la Royal Society, la plus ancienne académie des sciences en activité. Ukers y voit, avec la Rota de Westminster et les « penny universities », la preuve que le café anglais fut d'abord une affaire d'idées.

      Ukers 1922, p. 41-42 ; Aubrey, Brief Lives ; Anthony Wood, cité par Ukers

    18. 1656

      Le grand vizir Köprülü supprime les maisons de café pendant la guerre de Candie

      interdit
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      Le grand vizir Köprülü supprime les maisons de café pendant la guerre de Candie : bastonnade à la première infraction ; à la seconde, le contrevenant est cousu dans un sac de cuir et jeté dans le Bosphore.

      Ukers 1922, chronologie p. 726

    19. 1657

      Première réclame pour le café dans un journal londonien

      réclame
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      Première réclame pour le café dans un journal londonien : une annonce vantant ses vertus.

      Ukers 1922 ; LC ch. 7

    20. 1657

      James Farr, barbier, tenancier du Rainbow près d'Inner Temple Gate, second café…

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      James Farr, barbier, tenancier du Rainbow près d'Inner Temple Gate, second café de Londres, est poursuivi par la paroisse de St Dunstan pour « nuisance » ; c'était sa cheminée, non son café. Après le grand incendie de 1666, il frappe l'un des premiers jetons de cafetier, un arc-en-ciel sortant des nuages. Trois mille « nuisances » suivront.

      Ukers 1922, p. 55-56 et 63 (jetons) ; Hatton, New View of London (1708)

    21. 1658

      Les Hollandais plantent du café à Ceylan, pris aux Portugais.

      évasion
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      Ukers 1922 ; McCook 2019

    22. 1659

      Au Turk's Head de Miles, à Westminster, James Harrington fonde la Rota, club…

      institution
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      Au Turk's Head de Miles, à Westminster, James Harrington fonde la Rota, club républicain qui siège autour d'une table ovale percée d'un passage pour servir le café, et vote avec la première urne à scrutin jamais vue en Angleterre. Pepys l'appelle le Coffee Club ; Milton, Marvell, Petty en sont.

      La Rota tire son nom d'un projet de renouvellement annuel d'une partie du Parlement par rotation, exposé par Harrington dans son Oceana. Aubrey, qui en était, décrit la grande table ovale de Miles et « l'oracle de bois », la boîte à scrutin. Le club censure Milton et Dryden, et disparaît avec la Restauration ; mais l'idée qu'un lieu public, sans alcool, où l'on paie un penny, puisse être un parlement d'amateurs, est née. Charles II en tirera la leçon inverse en 1675.

      Ukers 1922, p. 58-59 ; Aubrey ; Pepys, Journal

    23. 1660

      Le café entre dans les statuts anglais

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      Le café entre dans les statuts anglais : quatre pence par gallon fabriqué et vendu ; en 1663, toutes les maisons de café doivent être licenciées.

      Ukers 1922, chronologie p. 726

    24. 1662

      Au Turk's Head d'Exchange Alley, la « vraie poudre de café » se vend 4 à 6…

      institution
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      Au Turk's Head d'Exchange Alley, la « vraie poudre de café » se vend 4 à 6 shillings 8 pence la livre ; le café a valu jusqu'à cinq guinées la livre. Les cafés affichent leurs « Règles et ordres » en vers : chacun s'assied à la première place libre, douze pence d'amende pour un juron, une tournée pour une querelle, ni cartes ni dés.

      Ukers 1922, p. 58 et 60

    25. 1663

      Le café entre dans la pharmacopée des charlatans

      falsification
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      Le café entre dans la pharmacopée des charlatans : le « juge » Walter Rumsey publie son électuaire de café, beurre, huile, miel et poudre turque, à prendre avant et après l'usage de son « Provang », fanon de baleine à introduire dans l'estomac. Les jetons de cafetiers, Morat le Grand et Soliman en effigie, servent de petite monnaie jusqu'en 1675.

      Ukers 1922, p. 56-57 et 62-63 ; Rumsey, Organon Salutis (1657)

    26. 1665

      Pendant la peste de Londres, Gideon Harvey écrit dans son Advice against the…

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      Pendant la peste de Londres, Gideon Harvey écrit dans son Advice against the Plague que « le café est recommandé contre la contagion » ; le pamphlet The Character of a Coffee-House décrit la compagnie, l'usurier, le virtuose, le comédien et le paysan, et fait dire au café et au Commonwealth qu'ils « commencent par la même lettre et sont entrés ensemble pour une Réforme ».

      Ukers 1922, p. 57 et 65-72 (pamphlet reproduit) ; Harvey, Advice against the Plague (1665)

    27. 1666

      Grand incendie de Londres

    28. 1668

      Le café arrive en Amérique du Nord

      Le King's Arms, premier café de New York, ouvert en 1696
      Le King's Arms, premier café de New York, ouvert en 1696
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      Le café arrive en Amérique du Nord ; vendu à Boston dès 1670, à New York en 1683, où le King's Arms ouvre en 1696.

      Ukers 1922, chronologie p. 726-727

    29. 1669

      Soliman Aga, ambassadeur ottoman, met le café à la mode à la cour de Louis XIV

      mot
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      Soliman Aga, ambassadeur ottoman, met le café à la mode à la cour de Louis XIV ; en 1672 l'Arménien Pascal le vend à la foire Saint-Germain, d'où viendrait l'expression « petit noir ».

      Ukers 1922, p. 91-92 et chronologie p. 726

    30. 1671

      Fausto Nairone publie à Rome le premier traité imprimé consacré au café

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      Fausto Nairone publie à Rome le premier traité imprimé consacré au café ; la même année, Marseille ouvre la première maison de café de France, près de la Loge.

      Ukers 1922, chronologie p. 726

    31. 1672

      A Broad-side Against Coffee, or the Marriage of the Turk raille Pasqua Rosée et…

      interdit
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      A Broad-side Against Coffee, or the Marriage of the Turk raille Pasqua Rosée et son associé cocher : « un cocher fut ici le premier à faire du café, et depuis les autres mènent le commerce ». Charles II demande la même année aux juges jusqu'où il peut légalement sévir contre les cafés ; ils répondent que « ce pourrait être un commerce innocent ».

      Ukers 1922, p. 75-76 et 77 ; Roger North, Examen

    32. 1674

      À Londres paraît The Women's Petition Against Coffee

      interdit
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      À Londres paraît The Women's Petition Against Coffee : les femmes accusent la boisson de rendre leurs maris stériles et bavards. Les hommes répondent par une contre-pétition.

      Le pamphlet londonien accuse le café de rendre les hommes « aussi stériles que les déserts d'où l'on rapporte cette malheureuse baie », et de les tenir des heures à bavarder au lieu de rentrer. La réponse masculine paraît la même année. Derrière la farce, une inquiétude réelle : la maison de café était le premier espace public où l'on discutait politique sans boire d'alcool, et Charles II tentera de les fermer l'année suivante pour la même raison.

      The Women's Petition Against Coffee (Londres, 1674) ; Ukers 1922, chronologie p. 726

    33. 29 décembre 1675

      Charles II ordonne la fermeture de toutes les maisons de café de Londres,…

      interdit
      Un café au temps de Charles II, gravure sur bois de 1674
      Un café au temps de Charles II, gravure sur bois de 1674
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      Charles II ordonne la fermeture de toutes les maisons de café de Londres, foyers de sédition ; devant la pétition des marchands, l'ordre est révoqué en janvier 1676.

      Ukers 1922, chronologie p. 726

    34. 27 février 1679

      Dispute publique à l'Hôtel de Ville de Marseille sur les dangers du café

      peut-êtreinterdit
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      Dispute publique à l'Hôtel de Ville de Marseille sur les dangers du café. La réponse honnête tient en un mot : on ne sait pas.

      La Roque 1716 ; LC ch. 7

    35. 1683

      Siège de Vienne

      légende
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      Siège de Vienne : la légende de Kolschitzky et des sacs de café abandonnés par l'armée ottomane.

      Ukers 1922 ; LC ch. 7 (légende de Kolschitzky)

    36. 1685

      Dufour écrit que le café ne pousse qu'en Arabie, sans culture, et nulle part…

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      Dufour écrit que le café ne pousse qu'en Arabie, sans culture, et nulle part ailleurs.

      Dufour, Traitez nouveaux & curieux du café (1685) ; LC ch. 6-8

    37. 17 janvier 1685

      Le premier café de Vienne n'est pas celui de Kolschitzky

      légende
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      Le premier café de Vienne n'est pas celui de Kolschitzky. Le privilège de servir du café dans la ville est accordé ce jour-là au marchand arménien Johannes Diodato. L'histoire du héros du siège recevant les sacs abandonnés par les Ottomans et ouvrant la Bouteille bleue a été écrite en 1783 par Gottfried Uhlich, un siècle après les faits ; l'historien Karl Teply l'a établi en 1980. La légende a survécu quarante-cinq ans à sa réfutation.

      Privilège du 17 janvier 1685 accordé à Johannes Diodato ; Karl Teply (1980) sur l'invention de la légende par Gottfried Uhlich en 1783 ; Ville de Vienne, histoire de la culture du café viennois

    38. 1686

      Le Procope ouvre à Paris

      arts
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      Le Procope ouvre à Paris ; Voltaire, Diderot et Rousseau y passeront. Vienne avait ouvert en 1683, Lloyd's à Londres se constituera en 1774.

      Ukers 1922 ; LC ch. 7

    39. 1687

      Newton, Principia

    40. vers 1688

      Edward Lloyd tient une maison de café dans Tower Street, puis Lombard Street,…

      institution
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      Edward Lloyd tient une maison de café dans Tower Street, puis Lombard Street, où il affiche des listes de navires pour ses clients armateurs et assureurs : la Lloyd's List et la Lloyd's of London en descendent.

      La maison de café d'Edward Lloyd n'était qu'un lieu de rafraîchissement pour marins et négociants. Par commodité, Lloyd rédigeait à la main des listes de navires que les souscripteurs présents pouvaient assurer. De ces feuilles manuscrites naquirent la Lloyd's List, l'un des plus anciens journaux du monde, et la Lloyd's of London, le marché de l'assurance maritime, qui garda le nom du cafetier après avoir quitté le café pour le Royal Exchange en 1774. La bourse de Londres a la même origine : le Jonathan's Coffee House.

      Ukers 1922, ch. sur les cafés de Londres, Lloyd's coffee house, p. 86 ; Lloyd's of London, historique

    41. 1688

      Jonathan's Coffee House, dans Change Alley, « marché général des agioteurs »…

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      Jonathan's Coffee House, dans Change Alley, « marché général des agioteurs » selon le Tatler : la Bourse de Londres en descend, comme la Lloyd's descend du café de Tower Street. Garraway, en face, se dit le premier à avoir vendu du thé en Angleterre.

      Ukers 1922, p. 84-86 et 89 ; Tatler

    42. vers 1690

      Les cafés de Londres auraient inventé le pourboire

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      Les cafés de Londres auraient inventé le pourboire : des boîtes de laiton marquées To Insure Promptness, dont les initiales feraient le mot tip. Étymologie que les dictionnaires rejettent, mais qu'Ukers rapporte.

      Ukers 1922, p. 73 (étymologie rapportée, rejetée par l'Oxford English Dictionary)

    43. 1692

      Un édit royal accorde à Damame François, bourgeois de Paris, le monopole de la…

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      Un édit royal accorde à Damame François, bourgeois de Paris, le monopole de la vente du café et du thé dans tout le royaume pour dix ans, avec droit d'entrepôt.

      Ukers 1922, p. 34

    44. 1696–1699

      Plants du Malabar portés à Java (Batavia) par les Hollandais.

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      Ukers 1922 ; WCR 2025, histoire du Typica, p. 9-10

    1700 → 1800

    Le XVIIIe siècle

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    47 repères du café, 5 jalons du monde

    Gravure au trait en noir et blanc d'un caféier entier planté dans un paysage, le tronc et les branches finement hachurés, accompagnée à part des détails de la fleur, de la cerise ouverte et du grain.
    Le caféier, gravure au trait de H. Burgh, vers 1726
    1. 1700

      Ye Coffee House

      Frontispice d'un traité de 1707 contre l'abus des boissons chaudes : quatre femmes en robe à paniers et coiffe haute sont attablées dans un salon sous un lustre, l'une tend la main vers sa tasse, une autre feuillette un livre, et la devise gravée au bas de la planche ironise sur le fait que l'on se tue à boire, mais selon la mode. C'est la seule pièce du lot où la consommation du café est montrée entre femmes.
      Buveuses de café, de thé et de chocolat, frontispice de 1707
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      Samuel Carpenter bâtit à Philadelphie, sur Front Street, Ye Coffee House, première du nom dans la ville du Quaker Penn ; son tenancier Henry Flower est maître de poste, et Franklin vendra « très bon café chez l'imprimeur » dans sa Gazette vers 1740.

      Ukers 1922, p. 125-126 ; Watson, Annals of Philadelphia ; Pennsylvania Gazette (1734, 1740)

    2. 1706

      Un plant unique quitte Java pour le jardin botanique d'Amsterdam

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      Un plant unique quitte Java pour le jardin botanique d'Amsterdam. Presque tout le Typica du monde en descend.

      Un plant unique quitte le jardin de la Compagnie à Java pour le jardin botanique d'Amsterdam. Les Hollandais cultivaient le café à Java depuis 1696-1699 à partir de plants du Malabar. De cet arbre d'Amsterdam descendent le rejeton offert à Louis XIV en 1714, le plant embarqué par de Clieu en 1723 et, par eux, presque tout le Typica des Amériques. Dufour écrivait encore en 1685 que le café ne pousse qu'en Arabie ; en 1712, les envoyés français à Moka entendaient la même chose. La plante poussait à Amsterdam depuis six ans.

      WCR 2025, p. 10 ; Ukers 1922 ; LC ch. 8

    3. 1707

      À Leipzig paraît le premier périodique du café, The New and Curious Coffee…

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      À Leipzig paraît le premier périodique du café, The New and Curious Coffee House, organe du premier Kaffeeklatsch.

      Ukers 1922, chronologie p. 727

    4. 1711

      Première vente publique de café de Java à Amsterdam

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      Première vente publique de café de Java à Amsterdam : 894 livres, adjugées vingt-trois stuivers et deux tiers la livre, environ 47 cents. La Compagnie impose ensuite aux régents de Java des livraisons obligatoires : la culture forcée précède le Cultuurstelsel de 1832.

      Ukers 1922, p. 43-44 et chronologie p. 727

    5. 1712

      Expédition française à Moka et Bétel-faguy

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      Expédition française à Moka et Bétel-faguy ; La Roque (1716) décrit terrasses, tri à la main et monopole yéménite.

      La Roque, Voyage de l'Arabie heureuse (1716, trad. 1732) ; LC ch. 6

    6. 29 juillet 1714

      Au Jardin du Roi, à Paris, Antoine de Jussieu examine le caféier offert par…

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      Au Jardin du Roi, à Paris, Antoine de Jussieu examine le caféier offert par Amsterdam.

      Le dimanche 29 juillet 1714, quatre hommes se déplacent au Jardin du Roi, à Paris, pour regarder un arbuste : le caféier offert par la ville d'Amsterdam, qu'Antoine de Jussieu décrit devant l'Académie. Personne ne pouvait savoir que la valeur d'un arbuste se mesurerait un jour à sa descendance. La Roque publie deux ans plus tard le récit du voyage au Yémen et le premier traité historique du café en français.

      La Roque 1716, trad. 1732, p. 398-399 ; LC ch. 8

    7. 1714

      À la fin du règne d'Anne, les taxes sur le thé, le café et les journaux font…

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      À la fin du règne d'Anne, les taxes sur le thé, le café et les journaux font passer la tasse à deux pence ; le café au détail vaut cinq shillings la livre, le thé de douze à vingt-huit. Avant 1715, on compte à Londres deux mille cafés, trois mille selon Dufour.

      Ukers 1922, p. 58 et 73 ; Dufour 1683 (trois mille cafés)

    8. 1715–1718

      Introductions françaises du Yémen vers l'île Bourbon (La Réunion)

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      Introductions françaises du Yémen vers l'île Bourbon (La Réunion) ; WCR date de 1708 la présence de la plante.

      Les Français plantent des graines de Moka sur l'île Bourbon, aujourd'hui La Réunion, en 1715 puis en 1718 ; WCR date de 1708 la présence de la plante sur l'île. La plupart des plants meurent. Le groupe Bourbon tout entier descend d'un seul survivant, vers 1720. Deux siècles plus tard, la Réunion perdra les trois quarts de sa production sous la rouille (années 1880-1890) et ne conservera que quelques Bourbon pointu dans les jardins.

      WCR 2025, p. 10 et p. 20 ; LC ch. 8

    9. 1718

      Le café arrive au Surinam hollandais, puis en Guyane française (Cayenne, 1722)

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      Le café arrive au Surinam hollandais, puis en Guyane française (Cayenne, 1722) : la voie sud vers le Brésil.

      Diderot, dans Le Neveu de Rameau, raconte qu'il va chaque soir vers cinq heures au Palais-Royal et, s'il pleut, se réfugie à la Régence regarder jouer aux échecs : « nulle part au monde on ne joue aussi bien qu'à Paris, et nulle part à Paris comme dans ce café ». Michelet fera de ce siècle celui du café : « Paris devint un vaste café », le cabaret détrôné, la conversation à son zénith, et les prophètes de la caverne de Procope qui « voyaient au fond du breuvage noir les rayons futurs de 89 ». Danton prenait plusieurs tasses avant de monter à la tribune : « le cheval doit avoir son avoine ».

      Ukers 1922 ; Thurber 1881, p. 124

    10. 1718

      Leclerc rachète le café de Lefèvre près du Palais-Royal et le nomme Café de la…

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      Gravure montrant une jeune femme ottomane assise en tailleur sur un sopha, une petite tasse à café dans son porte-tasse à la main ; derrière elle se tient une servante en turban et robe longue, devant une fenêtre ouverte sur un paysage.
      Fille turque prenant le café sur le sopha, 1714
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      Leclerc rachète le café de Lefèvre près du Palais-Royal et le nomme Café de la Régence : Philidor y joue aux échecs, Diderot y écrit l'Encyclopédie avec les neuf sous quotidiens que lui donne sa femme, Robespierre y joue la vie d'un amant contre une jeune fille déguisée en garçon, Bonaparte y est « plus connu pour ses échecs que pour ses empires ».

      Diderot, dans Le Neveu de Rameau, raconte qu'il va chaque soir vers cinq heures au Palais-Royal et, s'il pleut, se réfugie à la Régence regarder jouer aux échecs : « nulle part au monde on ne joue aussi bien qu'à Paris, et nulle part à Paris comme dans ce café ». Michelet fera de ce siècle celui du café : « Paris devint un vaste café », le cabaret détrôné, la conversation à son zénith, et les prophètes de la caverne de Procope qui « voyaient au fond du breuvage noir les rayons futurs de 89 ». Danton prenait plusieurs tasses avant de monter à la tribune : « le cheval doit avoir son avoine ».

      Ukers 1922, p. 96-98 ; Diderot, Le Neveu de Rameau ; Michelet, Histoire de France, cité par Ukers

    11. vers 1720

      Un seul plant survivant fonde le groupe Bourbon.

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      Un seul plant. Le Bourbon qui tient debout vers 1720 n'est pas le rescapé d'une catastrophe unique, c'est le seul qui ait réussi à se reproduire sur une île où tout le reste a échoué. De lui : le Bourbon de Campinas en 1859, le French Mission du Kenya en 1893, SL28, Caturra, Pacas, Villa Sarchí, Tekisic, et par Caturra tous les Catimors. Quand WCR écrit que 97,55 % des cultivars brésiliens descendent de Typica et de Bourbon, c'est de ce plant et de celui de 1706 qu'il parle.

      WCR 2025, p. 10 ; LC ch. 3 et 8

    12. 1720

      Floriano Francesconi ouvre le Caffè Florian sur la place Saint-Marc, à Venise

      Un vendeur de café ambulant parisien vu de profil, en pied : chapeau rabattu sur le front, longue redingote et bas tombants, il se penche en tenant par l'anse une haute cafetière de cuivre posée sur une borne de pierre et avance une tasse ; le titre gravé dans la pierre dit Caffé Caffé, au-dessus de la mention de la suite et de sa date.
      Caffé Caffé, le vendeur de café ambulant des Cris de Paris, 1746
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      Floriano Francesconi ouvre le Caffè Florian sur la place Saint-Marc, à Venise ; en 1721, Berlin a sa première maison de café.

      Ukers 1922, chronologie p. 727

    13. 1721

      Frédéric-Guillaume Ier accorde à un étranger le privilège d'un café à Berlin…

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      Frédéric-Guillaume Ier accorde à un étranger le privilège d'un café à Berlin sans loyer, l'English Coffee House ; les marchands anglais fournissent le nord de l'Allemagne, l'Italie le sud. Sous Frédéric II, Berlin compte une douzaine de cafés et des tentes à café dans les faubourgs.

      Ukers 1922, p. 45-46

    14. 1722

      Le café arrive à Pará (Brésil) depuis Cayenne.

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      Thurber, Coffee: From Plantation to Cup (1881), p. 124

    15. 1723

      Gabriel de Clieu embarque pour la Martinique avec un plant sous verre

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      Gabriel de Clieu embarque pour la Martinique avec un plant sous verre ; première récolte en 1726.

      Gabriel de Clieu embarque pour la Martinique avec un jeune caféier issu du Jardin du Roi, abrité sous une cloche de verre. La légende veut qu'il ait partagé son eau avec la plante pendant la traversée. Première récolte en 1726. Mais le café était déjà à Pará depuis 1722, venu de Cayenne : le récit héroïque et la chronologie ne se recouvrent pas tout à fait. Ce qui se met en place à partir de 1726 aux Antilles sera cultivé par des personnes réduites en esclavage.

      Ukers 1922 ; LC ch. 8

    16. 1725

      Introduction à Saint-Domingue (Haïti), qui fournira la moitié du café mondial à…

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      Introduction à Saint-Domingue (Haïti), qui fournira la moitié du café mondial à la fin du siècle, sur le travail des esclaves.

      Saint-Domingue, aujourd'hui Haïti, reçoit le café en 1725 et devient en cinquante ans le premier producteur du monde : la moitié du café consommé en Europe à la veille de la Révolution. Le système repose entièrement sur l'esclavage, et s'effondre avec la révolution haïtienne de 1791. C'est le Brésil qui prend la place : deux arbres portés à Rio en 1774, 14 millions de livres exportées en 1820, 391 785 sacs sortis du seul port de Rio en 1830.

      Ukers 1922 ; Thurber 1881, p. 124

    17. 1727

      Le Portugais Francisco de Melo Palheta, envoyé à Cayenne arbitrer une querelle…

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      Le Portugais Francisco de Melo Palheta, envoyé à Cayenne arbitrer une querelle de frontière, obtient les graines que la Guyane française refuse d'exporter grâce à l'épouse du gouverneur, qui lui offre en partant un bouquet où sont cachés des plants. Le Brésil date de là son café ; le premier caféier de Pará, planté en 1723 avec des plants de Cayenne, avait échoué.

      La version brésilienne veut que Madame d'Orvilliers, femme du gouverneur de Cayenne, ait glissé des graines et des boutures dans le bouquet d'adieu de l'officier, qui avait su lui plaire. Ce qui est établi : le Portugal cherchait des graines, la Guyane les interdisait à l'export, Palheta rentra à Belém avec des plants, et la première plantation de Pará de 1723 avait échoué. Le Brésil produisait moins que Cuba en 1820 ; il exportait plus que le reste du monde en 1880, et brûlerait sa surproduction cinquante ans plus tard.

      Tradition brésilienne rapportée par Pendergrast, Uncommon Grounds (1999), ch. 1 ; Ukers 1922, chronologie p. 727 (1723, échec de Pará) ; Thurber 1881, p. 124

    18. 1728

      Le gouverneur Nicholas Lawes plante du Typica en Jamaïque

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      Le gouverneur Nicholas Lawes plante du Typica en Jamaïque : futur Blue Mountain.

      Ukers 1922 ; WCR 2025, fiche Typica, p. 84

    19. 1729

      Les cafetiers de Londres, sûrs de leur puissance, demandent au gouvernement le…

      institution
      Estampe intitulée Das Coffe-Haus : autour d'une table éclairée à la chandelle, cinq hommes penchés jouent au trictrac pendant qu'une servante apporte des bols de café ; des vers allemands gravés au-dessus et au-dessous avertissent que le jeu fait perdre à la fois l'argent et le temps que l'on tenait pour précieux.
      Das Coffe-Haus, le café allemand de 1711
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      Les cafetiers de Londres, sûrs de leur puissance, demandent au gouvernement le monopole des nouvelles : une Coffee House Gazette écrite par les clients eux-mêmes sur des ardoises de laiton, relevées deux fois par jour. Le projet est accueilli par le mépris qu'il méritait.

      Ukers 1922, p. 74

    20. 1730

      Le jésuite José Gumilla, dans El Orinoco ilustrado, note la présence du café à…

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      Le jésuite José Gumilla, dans El Orinoco ilustrado, note la présence du café à la mission de Santa Teresa de Tabajé, près de l'embouchure du Meta : le plus ancien témoignage écrit du café en Colombie.

      Gumilla, El Orinoco ilustrado (1741, rédigé vers 1730) ; Federación Nacional de Cafeteros, historique du café en Colombie

    21. 1732

      Traduction anglaise du Voyage de l'Arabie heureuse de La Roque, avec un traité…

      arts
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      Traduction anglaise du Voyage de l'Arabie heureuse de La Roque, avec un traité historique du café qui démonte déjà la légende de Kaldi et des chèvres.

      Ukers 1922, p. 46 et chronologie p. 727 ; Bach, Schweigt stille, plaudert nicht, BWV 211

    22. 1732

      Bach publie à Leipzig sa Cantate du café, protestation en musique contre les…

      arts
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      Bach publie à Leipzig sa Cantate du café, protestation en musique contre les libelles qui interdisaient le café aux femmes : « Ah, que le café est doux ».

      Ukers 1922, p. 46 et chronologie p. 727 ; Bach, Schweigt stille, plaudert nicht, BWV 211

    23. vers 1734

      Le duc de Wurtemberg vend à Joseph Süss-Oppenheimer le privilège exclusif des…

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      Le duc de Wurtemberg vend à Joseph Süss-Oppenheimer le privilège exclusif des cafés du duché ; le financier revend les licences aux enchères et amasse une fortune. Ukers en fait le premier « roi du café ».

      Ukers 1922, p. 48

    24. 1737

      Linné crée le genre Coffea dans Genera Plantarum

      Un rameau de caféier pressé sur papier ivoire, huit grandes feuilles opposées devenues brun tabac, la tige plantée dans un vase à l'antique gravé à l'eau-forte et imprimé sur la planche elle-même. En bas à gauche, un cartouche gravé porte à la plume le nom d'avant Linné : Jasminum arabicum castaneae folio, flore albo odoratissimo, cujus fructus Coffee in officinis. C'est la planche qui fixe aujourd'hui le nom Coffea arabica.
      Planche de Coffea arabica de l'herbier de George Clifford, lectotype de l'espèce, 1730
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      Linné crée le genre Coffea dans Genera Plantarum ; l'espèce Coffea arabica est nommée en 1753 dans Species Plantarum.

      Linné crée le genre Coffea en 1737 puis nomme l'espèce Coffea arabica en 1753, dans Species Plantarum, sur la foi de spécimens et de descriptions venus du Yémen : d'où « arabica », alors que l'espèce est éthiopienne. Un siècle et demi plus tard, Walsh (1894) comptera encore soixante espèces dont vingt-deux « américaines » : le genre est exclusivement africain et malgache, et compte aujourd'hui environ 130 espèces.

      Linné, Genera Plantarum (1737) et Species Plantarum (1753)

    25. 1737

      Le Merchants' Coffee House ouvre à New York

      Au club de White's Coffee House, 1733, d'après Hogarth
      Au club de White's Coffee House, 1733, d'après Hogarth
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      Le Merchants' Coffee House ouvre à New York : « berceau de la liberté américaine », dit-on, où les comités de correspondance se réuniront.

      Ukers 1922, chronologie p. 727

    26. 1737

      Daniel Bloom, marin, achète la taverne du Jamaica Pilot Boat à l'angle de Wall…

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      Daniel Bloom, marin, achète la taverne du Jamaica Pilot Boat à l'angle de Wall Street et Water Street et la nomme Merchants Coffee House ; la veuve Ferrari la tiendra quatorze ans, puis la déménagera en 1772 de l'autre côté de la rue avec sa clientèle et son nom.

      Ukers 1922, p. 117-118

    27. années 1730–1740

      Le café atteint le Venezuela, la Colombie et Cuba (1748)

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      Le café atteint le Venezuela, la Colombie et Cuba (1748) ; le Guatemala vers 1750, le Costa Rica en 1779.

      Ukers 1922, chronologie

    28. 1750

      Goldoni donne à Venise La bottega del caffè, où Don Marzio, vieux médisant,…

      arts
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      Goldoni donne à Venise La bottega del caffè, où Don Marzio, vieux médisant, tient la chronique de la place ; sous les Procuratie, chaque boutique est un caffè. En 1775, Giorgio Quadri de Corfou y servira le premier vrai café turc, et le Conseil des Dix ordonnera en vain aux Inquisiteurs d'extirper ces « chancres sociaux ».

      Ukers 1922, p. 28-29 ; Goldoni, La bottega del caffè (1750)

    29. 1754

      William Bradford, imprimeur du Pennsylvania Journal, ouvre à Philadelphie le…

      Le second London Coffee House, ouvert en 1754 par William Bradford
      Le second London Coffee House, ouvert en 1754 par William Bradford
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      William Bradford, imprimeur du Pennsylvania Journal, ouvre à Philadelphie le second London Coffee House, « cœur battant » de la ville : le gouverneur y a sa stalle, on y vend aux enchères chevaux et denrées, et des hommes, des femmes et des enfants esclaves exposés sur une estrade dans la rue. En 1765, on y brûle un journal timbré de la Barbade.

      Bradford demande sa licence en expliquant que « certaines personnes peuvent parfois désirer d'autres liqueurs que le café », aveu que le coffee house américain fut toujours une taverne prétentieuse. Les Philadelphiens y vendaient aux enchères des esclaves exposés sur une estrade devant la porte ; en mai 1766 on y acclame le capitaine qui apporte l'abrogation du Stamp Act ; quand les Anglais occupent la ville en 1777, les officiers s'y installent, et à leur départ le lieu ne s'en relève pas. Le bail de 1780 impose au nouveau tenancier de fermer le dimanche et d'interdire cartes, dés et trictrac sous peine de cent livres.

      Ukers 1922, p. 127-129

    30. 1755

      Tremblement de terre de Lisbonne

    31. 1756

      Début de la guerre de Sept Ans

    32. 1760

      En France, la décoction cède la place à l'infusion

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      En France, la décoction cède la place à l'infusion ; en 1763 le ferblantier Donmartin invente une cafetière à sac de flanelle et robinet.

      Ukers 1922, chronologie p. 727

    33. 1763

      Samuel Johnson fonde au Turk's Head du Strand le club littéraire qui siège…

      institution
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      Samuel Johnson fonde au Turk's Head du Strand le club littéraire qui siège jusqu'en 1783 : Goldsmith, Boswell, Burke, Garrick, Reynolds, puis Gibbon et Adam Smith. Ukers en conclut que la meilleure prose anglaise doit quelque chose au café.

      Ukers 1922, p. 81 ; Boswell, Life of Johnson

    34. 1765

      Au Merchants Coffee House de New York, on lit aux citoyens l'ordre de cesser…

      révolution
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      Au Merchants Coffee House de New York, on lit aux citoyens l'ordre de cesser les émeutes contre le Stamp Act ; en 1774, les Fils de la Liberté y manifestent devant le capitaine du navire à thé Nancy, refoulé de Boston, et l'assemblée du 19 mai y propose « une Union vertueuse et résolue ». En 1776, le Comité des Cent y gouverne la ville.

      Ukers 1922, p. 119-120

    35. 1769

      Watt brevette sa machine à vapeur

    36. 16 décembre 1773

      Boston Tea Party

      révolution
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      Boston Tea Party : les colons jettent le thé à la mer, et le café devient la boisson patriote. Les conjurés se réunissaient à la Green Dragon Tavern, « quartier général de la Révolution » selon Daniel Webster.

      Le soir du 16 décembre 1773, des colons déguisés en Mohawks jettent 342 caisses de thé dans le port de Boston pour protester contre la taxe britannique. Boire du thé devient un acte de loyalisme, boire du café un acte de patriotisme, et le café s'installe durablement comme boisson nationale américaine. Ukers rappelle que les conjurés se réunissaient à la Green Dragon Tavern, où Warren, John Adams, James Otis et Paul Revere formaient le « comité des voies et moyens » de la liberté ; à New York, le Merchants' Coffee House servait la même fonction, et c'est de là qu'en 1774 partit vers Boston la lettre proposant l'Union.

      Ukers 1922, p. 106, 110-111 (Green Dragon) et 689

    37. 1770–1774

      Deux arbres portés à Rio de Janeiro

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      Deux arbres portés à Rio de Janeiro ; Ukers date de 1770 la première plantation.

      Thurber 1881, p. 124 ; Ukers 1922

    38. 1774

      Du Merchants' Coffee House de New York, le comité de correspondance écrit à…

      révolution
      Le Merchants Coffee House, tel qu'il apparaissait de 1772 à 1804
      Le Merchants Coffee House, tel qu'il apparaissait de 1772 à 1804
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      Du Merchants' Coffee House de New York, le comité de correspondance écrit à Boston pour proposer l'Union américaine.

      Ukers 1922, chronologie p. 727

    39. 1776

      Au Bunch of Grapes de Boston, un délégué de Philadelphie lit la Déclaration…

      révolution
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      Au Bunch of Grapes de Boston, un délégué de Philadelphie lit la Déclaration d'indépendance depuis le balcon ; un enthousiaste allume un feu de joie si près des murs que l'auberge manque de brûler. Le British Coffee House, où James Otis fut roué de coups, est rebaptisé American dès le départ des troupes du roi.

      Ukers 1922, p. 111-112

    40. 1776

      Déclaration d'indépendance des États-Unis

    41. 13 septembre 1777

      Frédéric II de Prusse publie son manifeste du café et de la bière

      interdit
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      Frédéric II de Prusse publie son manifeste du café et de la bière : « il est dégoûtant de voir la quantité de café qu'emploient mes sujets… mon peuple doit boire de la bière ». En 1781 il fait de la torréfaction un monopole d'État et lance les « renifleurs de café ».

      Le manifeste de Frédéric II tient du mercantilisme et de la nostalgie : l'argent du café quitte le royaume, Sa Majesté a été élevée à la bière, ses officiers aussi, et « bien des batailles ont été livrées et gagnées par des soldats nourris de bière ». En 1781, le roi va plus loin : les torréfactions d'État deviennent monopole, le peuple n'a plus le droit de griller son café, et des invalides de guerre reconvertis, les Kaffeeriecher, sillonnent les rues au nez, pour surprendre l'odeur d'une torréfaction clandestine. La haine populaire qu'ils suscitèrent est restée proverbiale.

      Ukers 1922, ch. sur l'Allemagne (manifeste cité) et chronologie p. 727

    42. juillet 1777

      La Boston Coffee Party, moins connue que celle du thé et plus expéditive

      révolution
      Feuille imprimée annonçant au Neptune's Coffee-House le cabinet de curiosités de M. Curtius : de longues colonnes de texte typographique détaillent les pièces exposées, avec au centre une petite gravure de navire et la mention d'une frégate de verre à vingt-six canons.
      Réclame pour le Neptune's Coffee-House, 1800
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      La Boston Coffee Party, moins connue que celle du thé et plus expéditive. Le bruit court qu'un riche marchand, Thomas Boylston, retient un tonneau de café qu'il refuse de vendre en dessous de six shillings la livre. Une centaine de femmes se présentent devant l'entrepôt avec une charrette et réclament les clés ; il refuse, elles l'attrapent par le cou et le jettent dans la charrette. Il rend les clés. Abigail Adams raconte la scène à son mari le 31 juillet.

      Abigail Adams à John Adams, 31 juillet 1777, Founders Online, National Archives

    43. vers 1780

      Gustave III de Suède, hostile au café, aurait commué la peine de deux jumeaux…

      légendeinterdit
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      Gustave III de Suède, hostile au café, aurait commué la peine de deux jumeaux condamnés à mort : l'un boirait trois pots de café par jour, l'autre trois pots de thé, sous surveillance de deux médecins, pour voir lequel mourrait le premier. Les médecins moururent, le roi fut assassiné en 1792, et le buveur de thé serait mort le premier, à 83 ans.

      L'expérience des jumeaux est le plus célèbre essai clinique jamais raconté et jamais documenté. Aucun registre suédois ne le mentionne ; les versions divergent sur la date et sur le roi, tantôt Gustave III, tantôt son père Adolphe-Frédéric, ce qui en fait une légende au sens propre. Ce qui est attesté, en revanche : la Suède, qui importait le café depuis 1674, l'a interdit ou surtaxé à cinq reprises entre 1756 et 1823, pour les mêmes raisons mercantiles que Frédéric II, et sans plus de succès. Le pays est aujourd'hui l'un des premiers consommateurs par habitant au monde.

      Légende sans source primaire, rapportée notamment par Weinberg et Bealer, The World of Caffeine (2001) ; la Suède a interdit le café cinq fois entre 1756 et 1823

    44. 1781

      La Déclaration du Roi concernant la vente du café brûlé, publiée le 21 janvier,…

      interditpénurie
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      La Déclaration du Roi concernant la vente du café brûlé, publiée le 21 janvier, réserve la torréfaction aux établissements royaux et aux licenciés, noblesse, clergé, fonctionnaires ; la régie est confiée au comte de Lannay, les soldats réformés reçoivent le quart des amendes. Les pauvres se rabattent sur l'orge, le blé, la chicorée et la figue séchée.

      Ukers 1922, p. 47-48 ; Déclaration du Roi du 21 janvier 1781

    45. vers 1780-1800

      À Salazar de las Palmas, dans le Norte de Santander, le père Francisco Romero,…

      légendeévasion
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      À Salazar de las Palmas, dans le Norte de Santander, le père Francisco Romero, venu de Rubio au Venezuela, impose comme pénitence à ses paroissiens de planter des caféiers : trois ou quatre pieds par péché confessé, et l'on plante le dimanche. La tradition, cautionnée par la Federación Nacional de Cafeteros, fait de ce village le berceau du café colombien ; il en partit en 1835 la première exportation, 2 592 sacs, par le lac de Maracaibo.

      Tradition orale de Salazar de las Palmas, reprise par la Federación Nacional de Cafeteros (Salazar de las Palmas, cuna del café colombiano) et El Tiempo ; aucune source écrite contemporaine, date approximative

    46. 17 février 1784

      L'électeur de Cologne, Maximilien-Frédéric, évêque de Münster, interdit dans le…

      interdit
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      L'électeur de Cologne, Maximilien-Frédéric, évêque de Münster, interdit dans le duché de Westphalie la vente du café brûlé ou vert sous peine de cent thalers ou deux ans de prison ; seuls les achats de cinquante livres d'un coup restent permis. Les dénonciations et les « reniflages » qui suivent empoisonnent le duché, sans effet sur la consommation.

      Ukers 1922, p. 48 (décret cité)

    47. 1789 → 1872

      Droits de douane américains sur le café

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      Droits de douane américains sur le café : 2,5 cents en 1789, 10 cents en 1812, liste franche en 1832, 5 cents pendant la guerre civile, franchise définitive en 1872.

      Walsh, Coffee: Its History (1894), p. 286 ; LC ch. 11

    48. 12 juillet 1789

      Sortant du Café de Foy, au Palais-Royal, Camille Desmoulins monte sur une table…

      peut-êtrerévolution
      Une annonce parue dans le New York Packet, 1er janvier 1791
      Une annonce parue dans le New York Packet, 1er janvier 1791
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      Sortant du Café de Foy, au Palais-Royal, Camille Desmoulins monte sur une table et harangue la foule ; la Bastille tombe deux jours plus tard. Le 23 avril de la même année, George Washington avait été accueilli président élu au Merchants' Coffee House de New York.

      Le Palais-Royal était, dit Ukers, le foyer de la Révolution, et ses cafés ses tribunes. Le dimanche 12 juillet, à l'annonce du renvoi de Necker, Camille Desmoulins, jeune journaliste, sort du Café de Foy, monte sur une table, pistolet au poing, et appelle aux armes ; la foule arrache des feuilles vertes en guise de cocarde et marche. La Bastille tombe le 14. Le Café de Foy, gêné par cette réputation, devint ensuite un lieu sage d'artistes et de lettrés. Marat, Robespierre, Danton et Hébert fréquentaient le Procope, où Bonaparte, pauvre officier d'artillerie, aurait laissé son chapeau en gage d'une consommation.

      Ukers 1922, p. 94 (Café de Foy) et chronologie p. 728 (Washington)

    49. 1789

      Prise de la Bastille

    50. 1790

      Premières plantations au Mexique, à Veracruz

      évasion
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      Premières plantations au Mexique, à Veracruz ; Hawaï suit en 1825.

      Ukers 1922, chronologie

    51. 1791

      Révolte des esclaves de Saint-Domingue, qui fournissait alors la majeure part…

      révolution
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      Révolte des esclaves de Saint-Domingue, qui fournissait alors la majeure part du café du monde : la production s'effondre et le centre de gravité passe à Cuba, à la Jamaïque puis au Brésil.

      En 1789, la colonie française de Saint-Domingue exportait plus de café que tout le reste du monde réuni, sur le travail de centaines de milliers d'esclaves ; les plantations de café, plus petites et plus haut que les sucreries, avaient couvert les mornes en trente ans. La révolte d'août 1791, puis la guerre d'indépendance, détruisent les plantations et libèrent les esclaves ; Haïti naît en 1804 et ne retrouvera jamais ce rang. Le vide est comblé par Cuba, la Jamaïque, Java et surtout le Brésil, qui prend la tête du marché dans les années 1830. Ukers passe l'épisode sous silence dans sa chronologie ; les historiens l'ont depuis replacé au centre : le café du XIXe siècle est fils de la chute de Saint-Domingue autant que de la vapeur.

      Trouillot, Motion in the System (Review, 1982) ; Pendergrast, Uncommon Grounds (1999), ch. 1 ; absent de la chronologie d'Ukers

    52. 5 juin 1792

      Cent cinquante marchands de New York posent la première pierre du Tontine…

      institution
      Le Tontine Coffee House, ouvert en 1793
      Le Tontine Coffee House, ouvert en 1793
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      Cent cinquante marchands de New York posent la première pierre du Tontine Coffee House, société par tontine de 203 actions de 200 livres ; la grande salle est la Bourse de New York, avec deux registres des navires « comme à Lloyd's ». Le Stock Exchange y siège en 1817 ; les bulletins de l'agonie de Hamilton après son duel y sont affichés.

      La tontine, importée en France par Lorenzo Tonti en 1653, fait revenir la part de chaque actionnaire mort aux survivants ; 157 souscripteurs achètent les lots de l'ancien Merchants pour 5 480 livres et bâtissent pour 43 000 dollars. Un visiteur anglais de 1794 décrit la grande salle « qui est la Bourse de New York, où se font tous les marchés », les deux registres de navires, la pension à dix shillings par jour. En 1834 la Cour de chancellerie autorise à louer les lieux en bureaux : la fin de l'ère des cafés à New York, remplacés par les bourses, les clubs, les hôtels et les restaurants.

      Ukers 1922, p. 121-123

    1800 → 1900

    Le XIXe siècle

    Lire le chapitre

    70 repères du café, 6 jalons du monde

    Lithographie coloriée d'un café de Jérusalem : sous une arcade de pierre, des consommateurs assis en cercle sur des nattes et des bancs, narguiles posés au sol et petites tasses à la main.
    La maison de café de Jérusalem, 1868
    1. 1806

      Le comte Rumford invente à Paris le percolateur, perfectionnement de la…

      objet
      Photographie d'une tasse à café de porcelaine parisienne et de sa soucoupe : le corps de la tasse porte une frise dorée sur fond bleu nuit, l'intérieur et l'anse sont entièrement dorés, la soucoupe reprend le même bandeau bleu et or.
      Service à thé et à café de la manufacture Denuelle, Paris, 1820
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      Le comte Rumford invente à Paris le percolateur, perfectionnement de la cafetière à filtre de De Belloy apparue vers 1800.

      Ukers 1922, chronologie p. 728

    2. 1808

      Boston ouvre l'Exchange Coffee House de Bulfinch

      institution
      Estampe coloriée montrant, devant la façade du Gloucester Coffee House à Piccadilly, plusieurs malles-poste attelées au départ, entourées de voyageurs, de bagages et de badauds.
      Les malles de l'Ouest au Gloucester Coffee House, Piccadilly, 1828
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      Boston ouvre l'Exchange Coffee House de Bulfinch : sept étages de pierre, de marbre et de brique, un demi-million de dollars, deux cents chambres, la salle des nouvelles maritimes sur le modèle de Lloyd's ; le banquet du président Monroe s'y tient en 1817, l'édifice brûle en 1818.

      Ukers 1922, p. 113-114

    3. vers 1810

      Mutation Laurina (Bourbon pointu) à la Réunion.

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      WCR 2025 ; Coste 1955 ; LC ch. 8

    4. 1811

      Le Café des Mille Colonnes, le Tortoni du limonadier Velloni, puis le Café de…

      arts
      Le café des Mille Colonnes en 1811, gravure de Bosredon
      Le café des Mille Colonnes en 1811, gravure de Bosredon
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      Le Café des Mille Colonnes, le Tortoni du limonadier Velloni, puis le Café de Paris de 1822 où « l'on ne peut pousser la porte pour moins de quinze francs », selon Musset : le boulevard des Italiens invente le café de luxe.

      Ukers 1922, p. 101-103 ; Musset, cité par Ukers

    5. 1815

      Waterloo et le congrès de Vienne

    6. 1818

      Le marché du café du Havre est fondé

      institution
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      Le marché du café du Havre est fondé ; la bourse à terme y ouvrira en 1882.

      Ukers 1922, chronologie p. 728 et 732

    7. 1830

      391 785 sacs sortent du seul port de Rio

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      391 785 sacs sortent du seul port de Rio : le Brésil devient premier producteur, sur une économie esclavagiste (1 476 567 personnes recensées esclaves en 1876).

      Thurber 1881, p. 120-124

    8. 1830-1832

      Aux Indes néerlandaises, le Cultuurstelsel impose la culture forcée du café

      révolution
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      Aux Indes néerlandaises, le Cultuurstelsel impose la culture forcée du café ; chaque famille des districts Sunda doit entretenir mille pieds. Multatuli en fera le roman Max Havelaar en 1860.

      Ukers 1922, chronologie p. 729 ; Walsh 1894, p. 129-134 ; Multatuli, Max Havelaar (1860)

    9. 1831

      Antonio Pedrocchi, limonadier de Padoue, ouvre après quinze ans de travaux le…

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      Antonio Pedrocchi, limonadier de Padoue, ouvre après quinze ans de travaux le plus beau café du monde ; la légende veut qu'en creusant sa cave il ait trouvé le trésor d'une ancienne église. Le bâtiment, achevé en 1842, compte parmi les grandes architectures italiennes du siècle.

      Ukers 1922, p. 29-30 (légende du trésor rapportée par Ukers)

    10. 1833–1834

      James Wilde installe à New York, sur Wooster Street, le premier ensemble de…

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      James Wilde installe à New York, sur Wooster Street, le premier ensemble de torréfaction et de mouture importé d'Angleterre ; les Hope Mills suivent en 1835 et brûlent en 1845.

      Thurber 1881, p. 23 ; LC ch. 11

    11. 1834

      George Don décrit Coffea stenophylla, le café des Highlands de Sierra Leone.

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      G. Don, General History of the Dichlamydeous Plants (1834) ; Davis et al. 2020 ; LC ch. 10

    12. 1836

      Benjamin Green Arnold arrive du Rhode Island à New York comme comptable d'un…

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      Benjamin Green Arnold arrive du Rhode Island à New York comme comptable d'un épicier ; associé en 1851, chef de la maison en 1868 avec un demi-million de crédit, il lance en 1869 la première grande spéculation sur le café vert et la tient dix ans. Premier président du New York Coffee Exchange, ami du président des États-Unis, il tombe avec le krach de 1880 ; ses créanciers lui gardent leur estime. Il meurt en décembre 1894.

      Ukers 1922, p. 517-518

    13. 1839

      Balzac publie le Traité des excitants modernes

      peut-êtrearts
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      Balzac publie le Traité des excitants modernes : le café « tombe dans votre estomac… dès lors tout s'agite ». Il en aurait bu jusqu'à cinquante tasses par jour.

      Balzac, Traité des excitants modernes (1839) ; Ukers 1922, p. 102

    14. vers 1840

      Robert Napier invente en Écosse la machine à café sous vide, distillation et…

      objet
      L'appareil de Napier, 1841
      L'appareil de Napier, 1841
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      Robert Napier invente en Écosse la machine à café sous vide, distillation et filtration, jamais brevetée ; Vardy et Platow avaient breveté en 1839 le percolateur à vide au globe de verre.

      Ukers 1922, chronologie p. 729-730

    15. 1843

      Paris compte plus de trois mille cafés, contre six cents sous Louis XV et huit…

      arts
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      Paris compte plus de trois mille cafés, contre six cents sous Louis XV et huit cents à la fin du XVIIIe siècle. Le café chantant naît de la concurrence ; au Café Momus et à la Rotonde, les étudiants font durer une tasse toute une soirée en la partageant dans un verre d'eau.

      Ukers 1922, p. 94, 99-100 ; Schanne, Souvenirs de Schaunard

    16. 1846

      Brevet de James W. Carter pour un torréfacteur à tambour.

      objet
      Planche de brevet gravée au trait, quatre figures d'un torréfacteur de 1846. Le tambour de tôle est maçonné dans un fourneau surmonté d'une cheminée conique ; la coupe montre les grains logés contre la paroi chauffée et les portes ménagées dans le cylindre. Pour vider la machine il fallait la tirer entière hors du feu, exactement le geste que les brevets suivants chercheront à supprimer.
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      Planche de brevet gravée au trait, quatre figures d'un torréfacteur de 1846. Le tambour de tôle est maçonné dans un fourneau surmonté d'une cheminée conique ; la coupe montre les grains logés contre la paroi chauffée et les portes ménagées dans le cylindre. Pour vider la machine il fallait la tirer entière hors du feu, exactement le geste que les brevets suivants chercheront à supprimer.

      James W. Carter, Boston ; brevet américain n° 4 849, « Coffee Roaster », United States Patent Office, Washington, 1846 ; planche lithographiée par N. Peters, Washington ; https://patents.google.com/patent/US4849A/en

    17. 1848

      Le brûlot de La Nouvelle-Orléans, café à l'écorce d'orange et au cognac flambé,…

      pénurie
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      Le brûlot de La Nouvelle-Orléans, café à l'écorce d'orange et au cognac flambé, naît dans les coffee houses du Vieux Carré et les transforme peu à peu en saloons ; à St. Louis, le café de Conrad Leonhard sera fameux de 1844 à 1905 pour son café et son coffee cake.

      Ukers 1922, p. 106-107 (dates du brûlot non précisées par Ukers, placé au milieu du XIXe siècle)

    18. 1848

      Le printemps des peuples

    19. 1852

      la cafetière à piston

      objet
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      Deux Français, Mayer et Delforge, déposent le premier brevet de cafetière à piston. Leur presse ne ferme pas contre la paroi du verre : elle ne filtre donc pas vraiment. Il faudra les Italiens Calimani et Moneta, en 1929, pour le disque cerclé d'un ressort, et le Suisse Bondanini, en 1958, pour le modèle qui fera la fortune de l'objet. La cafetière « française » aura demandé un siècle et quatre nationalités.

      Brevet Mayer et Delforge (1852) ; brevet Calimani et Moneta (1929) ; brevet Bondanini (1958), fabriqué en France sous le nom Chambord puis repris par Bodum

    20. 1857

      Les missionnaires français introduisent l'arabica au Vietnam

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      Les missionnaires français introduisent l'arabica au Vietnam ; le canephora n'y arrivera qu'au XXe siècle et fera du pays le premier producteur de canephora.

      Sucafina, Vietnam ; Sweet Maria's, Vietnam overview

    21. 1857 → 1879

      La livre de Rio « fair to prime » à New York

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      La livre de Rio « fair to prime » à New York : 11,04 cents en 1857, 42,5 cents en 1864 en pleine guerre civile, 13,25 cents en septembre 1879.

      Thurber 1881, p. 186-188 ; Walsh 1894, p. 286-287

    22. 1859

      Le Bourbon arrive au Brésil (Campinas).

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      WCR 2025, fiche Bourbon, p. 20

    23. 1861

      Début de la guerre de Sécession

    24. 1864

      Jabez Burns, à New York, brevette le premier torréfacteur qu'on n'a plus besoin…

      objet
      Feuille 1 du brevet de Jabez Burns. En bas, la coupe longitudinale du tambour logé dans son fourneau de brique hachuré, avec le cône de vidange rabattu sur la gauche ; en haut, la vue de bout de la machine, le tambour vu en rond au milieu de son bâti. C'est la disposition qui permet pour la première fois de vider le café rôti sans retirer le tambour du feu. La signature de l'inventeur est portée en bas à droite, face à celle des deux témoins.
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      Jabez Burns, à New York, brevette le premier torréfacteur qu'on n'a plus besoin d'écarter du feu pour vider : la torréfaction industrielle commence.

      Ukers 1922, chronologie p. 730 ; brevet US Jabez Burns, 1864

    25. 1865

      Percolateur à café de James H. Nason, brevet américain n° 51 741.

      objet
      Une seule figure, la cafetière ouverte en coupe verticale : le corps de métal hachuré, le panier à mouture suspendu dans la partie haute, et sous lui le ressort en spirale qui maintient la pression du couvercle sur la galette. L'eau chaude traverse la mouture au lieu de bouillir avec elle : c'est le principe du percolateur, que ce brevet de 1865 compte parmi les premiers à formuler aux États-Unis.
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      Une seule figure, la cafetière ouverte en coupe verticale : le corps de métal hachuré, le panier à mouture suspendu dans la partie haute, et sous lui le ressort en spirale qui maintient la pression du couvercle sur la galette. L'eau chaude traverse la mouture au lieu de bouillir avec elle : c'est le principe du percolateur, que ce brevet de 1865 compte parmi les premiers à formuler aux États-Unis.

      James H. Nason, Franklin (Massachusetts) ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US51741A/en

    26. 1866–1868

      Brevets de glaçage du café torréfié

      falsification
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      Brevets de glaçage du café torréfié : Pidding en Angleterre (1866), Berry (1867), John Arbuckle Jr. le 21 janvier 1868, à la mousse d'Irlande. Officiellement pour protéger l'arôme, en pratique pour masquer les grains tachés et ajouter 5 à 6 % de poids.

      Thurber 1881, p. 254 ; Walsh 1894, p. 195-196 ; LC ch. 10

    27. 1868

      Alexius Van Gulpen, Lensing et von Gimborn fabriquent des torréfacteurs à…

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      Alexius Van Gulpen, Lensing et von Gimborn fabriquent des torréfacteurs à Emmerich, en Allemagne : la maison deviendra Probat.

      Ukers 1922, chronologie p. 730 ; Probat, historique

    28. 1869

      District de Madulsima, Ceylan

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      District de Madulsima, Ceylan : première observation d'Hemileia vastatrix. Berkeley la nomme le 6 novembre.

      District de Madulsima, Ceylan : quelqu'un remarque une poudre orange sous des feuilles de caféier. Miles Berkeley baptise le champignon Hemileia vastatrix le 6 novembre dans The Gardeners' Chronicle. Ceylan atteint son rendement record l'année suivante, 616 livres par acre, jamais revu ; les planteurs plantent davantage et aggravent tout ; la colonie perd 26 millions de roupies sur la seule campagne 1878-79 et se convertit au thé. Barat, en 1955, dira que la catastrophe tient autant à l'ignorance agronomique, plantations sans ombrage ni anti-érosion, qu'au champignon.

      McCook, Coffee Is Not Forever (2019), p. 1, 36, 43 ; Thurber 1881, p. 92-98

    29. 1869 → 1879

      B. G. Arnold, « roi du commerce du café », gagne 1,2 million de dollars en une…

      argent
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      B. G. Arnold, « roi du commerce du café », gagne 1,2 million de dollars en une seule année ; Thurber qualifiera la décennie de bulle spéculative.

      Thurber 1881, p. 219 ; LC ch. 11

    30. 1869

      Hermann Sielcken, fils d'un petit boulanger de Hambourg, débarque pauvre à San…

      peut-êtreargent
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      Hermann Sielcken, fils d'un petit boulanger de Hambourg, débarque pauvre à San Francisco après un an au Costa Rica ; acheteur de laine entre les Rocheuses et le Pacifique, il survit à un accident de diligence dans l'Oregon qui lui laisse le dos voûté. Chez Crossman, il disparaît des mois en Amérique du Sud, revient avec un paquet d'ordres et exige d'être associé : il l'est en 1881, roi du café en 1904.

      À Baden-Baden, la villa Mariahalden est un parc de deux cents acres, quatre villas, une roseraie de vingt mille pieds en 168 variétés, une serre d'orchidées, six jardiniers et quarante aides ; les invités y comptent plus de quatre-vingts câbles reçus et trente envoyés en un jour, que le maître traite sans secrétaire. Cinq heures de sommeil, une Mercedes de quatre-vingts chevaux pour Paris ou Hambourg à l'aube. Il refuse le titre de roi : « je n'ai jamais entendu parler d'un roi qui n'ait pas échoué ». Parti en Allemagne en juillet 1914 en pariant mille livres qu'il n'y aurait pas de guerre, il y meurt le 8 octobre 1917, sa firme dissoute par le Trading with the Enemy Act ; la Cour suprême de Californie confirmera en 1921 sa citoyenneté américaine, ses papiers de 1873 ayant coulé dans un naufrage au large du Brésil.

      Ukers 1922, p. 518-520

    31. 1869

      Ouverture du canal de Suez

    32. 1870

      Mutation Maragogipe à Bahia

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      Mutation Maragogipe à Bahia. La même année, Ceylan atteint son rendement record, jamais revu.

      WCR 2025, fiche Maragogipe, p. 52 ; Thurber 1881, p. 92

    33. 1870

      Machine à laver et nettoyer le café de Samuel Thompson, Baltimore, brevet…

      objet
      Quatre figures. La principale montre en coupe un long cylindre horizontal à claire-voie, tournant dans une auge pleine d'eau : les grains y sont brassés et frottés pendant que l'eau sale s'échappe par les fentes et se renouvelle par la tubulure d'amenée. Les figures annexes donnent la vue de bout, la commande par manivelle et le détail des palettes intérieures.
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      Machine à laver et nettoyer le café de Samuel Thompson, Baltimore, brevet américain n° 108 407.

      Quatre figures. La principale montre en coupe un long cylindre horizontal à claire-voie, tournant dans une auge pleine d'eau : les grains y sont brassés et frottés pendant que l'eau sale s'échappe par les fentes et se renouvelle par la tubulure d'amenée. Les figures annexes donnent la vue de bout, la commande par manivelle et le détail des palettes intérieures.

      Samuel Thompson, Baltimore (Maryland) ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US108407A/en

    34. 1870

      Machine à nettoyer le café de J. W. Brady, Baltimore, brevet américain n° 100…

      objet
      Une seule grande figure occupe la feuille : un énorme tambour cylindrique à claire-voie, presque aussi large que haut, porté par un axe entre deux montants de bois en A et manœuvré par une manivelle. Les grains tournent dans ce panier plongé dans son bain ; toute la machine tient en une roue, un axe et deux chevalets, ce qui la mettait à la portée d'un atelier de plantation.
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      Machine à nettoyer le café de J. W. Brady, Baltimore, brevet américain n° 100 493.

      Une seule grande figure occupe la feuille : un énorme tambour cylindrique à claire-voie, presque aussi large que haut, porté par un axe entre deux montants de bois en A et manœuvré par une manivelle. Les grains tournent dans ce panier plongé dans son bain ; toute la machine tient en une roue, un axe et deux chevalets, ce qui la mettait à la portée d'un atelier de plantation.

      James W. Brady, Baltimore (Maryland) ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US100493A/en

    35. 1871

      Amarelo de Botucatu

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      Amarelo de Botucatu : la mutation jaune du Typica.

      IAC ; Setotaw et al., Crop Science 53 (2013)

    36. 1871

      Appareil de Giuseppe Tagliabue pour mesurer la richesse en alcool d'un moût en…

      objet
      Deux hautes colonnes de verre graduées montées sur un socle de bois, reliées par un col de cygne à un petit ballon chauffé : l'appareil distille un échantillon du moût et lit sur la colonne sa richesse en alcool, donc l'avancement de la fermentation. C'est l'ancêtre direct des densimètres et des alcoomètres que les stations de lavage du café emprunteront à la brasserie et à la distillerie pour suivre leurs bacs.
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      Appareil de Giuseppe Tagliabue pour mesurer la richesse en alcool d'un moût en fermentation, brevet américain n° 111 885, planche de dessin.

      Deux hautes colonnes de verre graduées montées sur un socle de bois, reliées par un col de cygne à un petit ballon chauffé : l'appareil distille un échantillon du moût et lit sur la colonne sa richesse en alcool, donc l'avancement de la fermentation. C'est l'ancêtre direct des densimètres et des alcoomètres que les stations de lavage du café emprunteront à la brasserie et à la distillerie pour suivre leurs bacs.

      Giuseppe Tagliabue, facteur d'instruments à New York ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US111885A/en

    37. 1871

      Coffre de traitement du café de John Ashcroft, brevet américain n° 113 832.

      objet
      Un grand coffre de bois assemblé à tenons, dessiné en perspective et ouvert sur un de ses côtés, avec les claies qui s'y empilent. Le café y séjourne dans l'humidité pour être macéré et ramolli avant le décorticage : c'est un des tout premiers appareils brevetés pour ce que les planteurs appelaient le curing.
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      Un grand coffre de bois assemblé à tenons, dessiné en perspective et ouvert sur un de ses côtés, avec les claies qui s'y empilent. Le café y séjourne dans l'humidité pour être macéré et ramolli avant le décorticage : c'est un des tout premiers appareils brevetés pour ce que les planteurs appelaient le curing.

      John Ashcroft ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US113832A/en

    38. 1872

      Machine à polir le café de José Guardiola, Chocolá (Guatemala), brevet…

      objet
      Trois figures au trait fin. La figure 1 donne l'élévation de la machine, une colonne montée sur un piètement bas et coiffée d'une trémie en entonnoir. La figure 2 l'ouvre en coupe : un arbre vertical garni de battes tourne dans un manchon perforé contre lequel les grains se frottent, et la pellicule argentée détachée tombe à travers les trous. La figure 3 montre ce manchon à plat. Le nom de Guardiola restera attaché aux machines de traitement du café centraméricain.
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      Machine à polir le café de José Guardiola, Chocolá (Guatemala), brevet américain n° 129 947, planche de dessin.

      Trois figures au trait fin. La figure 1 donne l'élévation de la machine, une colonne montée sur un piètement bas et coiffée d'une trémie en entonnoir. La figure 2 l'ouvre en coupe : un arbre vertical garni de battes tourne dans un manchon perforé contre lequel les grains se frottent, et la pellicule argentée détachée tombe à travers les trous. La figure 3 montre ce manchon à plat. Le nom de Guardiola restera attaché aux machines de traitement du café centraméricain.

      José Guardiola, Chocolá (Amérique centrale) ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US129947A/en

    39. 1873

      John Arbuckle lance Ariosa, première marque nationale de café en paquet aux…

      argentréclame
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      John Arbuckle lance Ariosa, première marque nationale de café en paquet aux États-Unis ; la même année la panique Jay Cooke fait tomber le Rio de 24 à 15 cents en un jour.

      Ukers 1922, chronologie p. 731

    40. 1873

      À Londres, l'Edinburgh Castle ouvre comme « palais du café », destiné à…

      falsification
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      À Londres, l'Edinburgh Castle ouvre comme « palais du café », destiné à remplacer le public house pour les ouvriers ; le mouvement gagne les îles Britanniques et les États-Unis. Les cafés de Londres, eux, étaient devenus clubs ou tavernes.

      Ukers 1922, p. 74 et chronologie p. 731

    41. 1874

      Appareil de traitement du café de J. H. Grubb, brevet américain n° 155 300,…

      objet
      Trois figures gravées au trait : en haut la machine en coupe longitudinale, un long caisson horizontal traversé par un arbre garni de palettes qui brassent la masse de grains ; en dessous, la vue de bout de l'appareil et le détail circulaire du rotor. Le café est remué dans son bain au lieu d'être laissé au repos, principe que reprendront les brasseurs mécaniques des stations de lavage.
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      Appareil de traitement du café de J. H. Grubb, brevet américain n° 155 300, planche de dessin.

      Trois figures gravées au trait : en haut la machine en coupe longitudinale, un long caisson horizontal traversé par un arbre garni de palettes qui brassent la masse de grains ; en dessous, la vue de bout de l'appareil et le détail circulaire du rotor. Le café est remué dans son bain au lieu d'être laissé au repos, principe que reprendront les brasseurs mécaniques des stations de lavage.

      J. H. Grubb ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US155300A/en

    42. 1876–1894

      La rouille fait le tour de l'océan Indien et du Pacifique

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      La rouille fait le tour de l'océan Indien et du Pacifique : Sumatra 1876, Natal 1878, Fidji 1879, Timor ~1886, Philippines 1890, Nouvelle-Guinée 1892, Usambara 1893-94.

      Le champignon voyage par bateau à vapeur, dans les plants vivants et sur les vêtements : Inde du Sud en 1872, Sumatra en 1876, Natal en 1878, Fidji en 1879, Timor vers 1886, Philippines en 1890, Nouvelle-Guinée en 1892, Samoa en 1894, montagnes de l'Usambara en 1893-94. Les Indes néerlandaises perdent la moitié de leurs exportations entre 1883 et 1887. C'est cette diffusion qui fait naître le canephora comme culture, décrit seulement en 1897 et introduit à Java vers 1900.

      McCook 2019, p. 66-69, 112

    43. 1876

      William Hiern décrit Coffea liberica, que les planteurs de Ceylan et de Java…

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      William Hiern décrit Coffea liberica, que les planteurs de Ceylan et de Java plantent en remplacement des arabica rouillés.

      Hiern, Transactions of the Linnean Society (1876) ; Coste 1955, p. 24

    44. 1876

      Nettoyeur à café de H. B. Stevens, Buffalo, brevet américain n° 172 671.

      objet
      Une haute figure unique : un grand entonnoir conique monté sur quatre pieds surmonte un corps cylindrique, l'ensemble dessiné en coupe pour laisser voir la colonne de grains qui descend et le courant qui la traverse. Le dessin est presque un schéma hydraulique — un cône, une colonne, une sortie — où l'on lit tout de suite le trajet de la matière et celui du fluide.
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      Une haute figure unique : un grand entonnoir conique monté sur quatre pieds surmonte un corps cylindrique, l'ensemble dessiné en coupe pour laisser voir la colonne de grains qui descend et le courant qui la traverse. Le dessin est presque un schéma hydraulique — un cône, une colonne, une sortie — où l'on lit tout de suite le trajet de la matière et celui du fluide.

      Henry B. Stevens, Buffalo (New York) ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US172671A/en

    45. 1878

      Jabez Burns, inventeur du torréfacteur de 1864, fonde The Spice Mill, premier…

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      Jabez Burns, inventeur du torréfacteur de 1864, fonde The Spice Mill, premier journal américain du café et des épices, où il conseille les débutants ; William H. Ukers en sera rédacteur de 1902 à 1904 avant de fonder le Tea and Coffee Trade Journal.

      Ukers 1922, p. 526 et chronologie p. 731

    46. 1878

      Machine à décortiquer, écurer et nettoyer le café de P. McAuliffe, brevet…

      objet
      La machine vue de bout, dessinée comme un meuble : un haut bâti de fonte et de bois, la grande poulie de transmission d'un côté, le tambour cylindrique logé au centre derrière son capot, et sous lui les caissons où se collectent séparément les coques, les pellicules et le grain propre. La feuille dit ce qu'était une décortiqueuse de la fin du XIXe siècle, une pièce d'atelier haute comme un homme.
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      Machine à décortiquer, écurer et nettoyer le café de P. McAuliffe, brevet américain n° 208 324.

      La machine vue de bout, dessinée comme un meuble : un haut bâti de fonte et de bois, la grande poulie de transmission d'un côté, le tambour cylindrique logé au centre derrière son capot, et sous lui les caissons où se collectent séparément les coques, les pellicules et le grain propre. La feuille dit ce qu'était une décortiqueuse de la fin du XIXe siècle, une pièce d'atelier haute comme un homme.

      P. McAuliffe, New York ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US208324A/en

    47. 1880–1881

      Krach de New York et Boston

      argent
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      Krach de New York et Boston : 5 à 7 millions de dollars perdus entre juillet 1880 et janvier 1881, les trois plus grandes maisons emportées.

      Thurber 1881, p. 195, 220 ; LC ch. 11 et 18

    48. 1880

      Brevet Edwin L. Henington n° 232 714, dépulpeuse et séparatrice à café.

      objet
      Planche d'une dépulpeuse à café de 1880, vue de bout en haut et développée au centre. La cerise tombe d'une trémie sur un disque tournant garni de dents fines, logé dans un tambour cylindrique dont la paroi ajourée occupe la moitié de la feuille ; la pulpe est chassée d'un côté, le grain de l'autre. Toute l'opération qui sépare le fruit de la graine tient ici dans une pièce de fonte et une manivelle.
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      Planche d'une dépulpeuse à café de 1880, vue de bout en haut et développée au centre. La cerise tombe d'une trémie sur un disque tournant garni de dents fines, logé dans un tambour cylindrique dont la paroi ajourée occupe la moitié de la feuille ; la pulpe est chassée d'un côté, le grain de l'autre. Toute l'opération qui sépare le fruit de la graine tient ici dans une pièce de fonte et une manivelle.

      Edwin L. Henington ; brevet américain n° 232 714, « Coffee Pulper and Separator », United States Patent Office, Washington, 1880 ; planche lithographiée par N. Peters, Washington ; https://patents.google.com/patent/US232714A/en

    49. 1881

      Francis Beatty Thurber publie Coffee

      falsification
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      Francis Beatty Thurber publie Coffee: From Plantation to Cup. Formule type de la falsification américaine, pour 1 000 livres : 400 de pois, 200 de seigle, 200 de café, 100 de chicorée, 100 de divers.

      Thurber est négociant à New York quand il écrit. Il décrit la chaîne mécanique brésilienne bac par bac, la salle de torréfaction où l'homme juge à l'odeur emportée par la fumée, le paquet d'une livre scellé à chaud, et l'échelle industrielle américaine : six cents moulins, plus de mille machines à torréfier, 1 200 000 livres par jour. Il documente aussi la falsification à une échelle qu'on a du mal à imaginer, chicorée, pois, seigle, marc de café recyclé et revendu 12 dollars le baril, et il pose une phrase qui reste vraie : « Wherever grinding is done, there adulteration is practised. »

      Thurber 1881, p. 162-168 ; LC ch. 10

    50. 1881

      Le Chat Noir, rue Victor-Massé, mêle café et cabaret

      arts
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      Le Chat Noir, rue Victor-Massé, mêle café et cabaret ; le Café Guerbois avait vu Manet tenir cour, et le Café Littéraire offrira un volume à tout client qui dépense un franc.

      Ukers 1922, p. 103-104

    51. 1881

      Brevet Jabez Burns n° 241 295, torréfacteur chauffé au gaz.

      objet
      Quatre figures du torréfacteur à gaz breveté par Jabez Burns dix-sept ans après sa machine fondatrice. Au centre, la coupe longitudinale du cylindre laisse voir les aubes hélicoïdales et, alignée sous lui, la rangée de chambres de combustion qui remplacent le feu de charbon par une flamme réglable dirigée au point même où elle doit chauffer. Les deux autres figures donnent la vue de bout du bâti et le détail d'un brûleur.
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      Quatre figures du torréfacteur à gaz breveté par Jabez Burns dix-sept ans après sa machine fondatrice. Au centre, la coupe longitudinale du cylindre laisse voir les aubes hélicoïdales et, alignée sous lui, la rangée de chambres de combustion qui remplacent le feu de charbon par une flamme réglable dirigée au point même où elle doit chauffer. Les deux autres figures donnent la vue de bout du bâti et le détail d'un brûleur.

      Jabez Burns, Brooklyn, New York, cédant à William Durbrow ; brevet américain n° 241 295, « Coffee-Roaster », United States Patent Office, Washington, 1881 ; planche lithographiée par N. Peters, Washington ; https://patents.google.com/patent/US241295A/en

    52. 1881

      Moulin à café d'Onward E. Winger, Freeport (Illinois), brevet américain n° 243…

      objet
      La figure 1 montre le moulin en perspective, un coffret de bois cubique surmonté de son couvercle à charnière, la manivelle coudée sur le dessus et le petit tiroir de réception en façade. Les figures suivantes l'ouvrent : l'arbre vertical, les meules coniques dentées vues de face et de dessus, et l'écrou de réglage qui commande à lui seul la finesse de la mouture.
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      Moulin à café d'Onward E. Winger, Freeport (Illinois), brevet américain n° 243 338.

      La figure 1 montre le moulin en perspective, un coffret de bois cubique surmonté de son couvercle à charnière, la manivelle coudée sur le dessus et le petit tiroir de réception en façade. Les figures suivantes l'ouvrent : l'arbre vertical, les meules coniques dentées vues de face et de dessus, et l'écrou de réglage qui commande à lui seul la finesse de la mouture.

      Onward E. Winger, Freeport (Illinois) ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US243338A/en

    53. 1882

      Le New York Coffee Exchange ouvre ses guichets

      institution
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      Le New York Coffee Exchange ouvre ses guichets ; Le Havre inaugure la première bourse à terme française du café ; Amsterdam et Hambourg suivent en 1887.

      Ukers 1922, chronologie p. 732

    54. 1883

      Cafetière-filtre d'Albert Rutenick, brevet américain n° 272 481.

      objet
      Quatre figures réunies sur une feuille presque vide. La figure 1 donne la cafetière entière, un cylindre étroit et haut à anse latérale et à bec verseur, coiffé d'un couvercle bombé. La figure 2 isole la pièce de fermeture, la figure 3 montre le disque filtrant percé de trous, vu de face, la figure 4 une petite coupe de détail. Le filtre plat posé au fond de la colonne d'eau est toute l'invention.
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      Quatre figures réunies sur une feuille presque vide. La figure 1 donne la cafetière entière, un cylindre étroit et haut à anse latérale et à bec verseur, coiffé d'un couvercle bombé. La figure 2 isole la pièce de fermeture, la figure 3 montre le disque filtrant percé de trous, vu de face, la figure 4 une petite coupe de détail. Le filtre plat posé au fond de la colonne d'eau est toute l'invention.

      Albert Rutenick, New York ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US272481A/en

    55. 16 mai 1884

      Angelo Moriondo dépose à Turin le brevet d'une machine à vapeur « pour la…

      objet
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      Angelo Moriondo dépose à Turin le brevet d'une machine à vapeur « pour la confection économique et instantanée du café » et l'expose la même année : la première machine à café à vapeur, avant Bezzera.

      Brevet italien n° 33/256 d'Angelo Moriondo, Turin, 16 mai 1884 ; Barista Hustle, Who really invented the first espresso machine?, part 1

    56. 1884

      Sans câble direct avec le Brésil, une coupure de la ligne par le Portugal…

      argent
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      Sans câble direct avec le Brésil, une coupure de la ligne par le Portugal empêche les agents du syndicat brésilien de couvrir leurs marges un samedi : leurs comptes sont liquidés, le Rio tombe de 11,5 à 8,25 cents ; le lundi, les fonds arrivent et tout est réglé avec intérêts. La spéculation dépend désormais du télégraphe.

      Ukers 1922, p. 527

    57. années 1880

      À Sumatra, les Typica survivants deviennent le Bergendal

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      À Sumatra, les Typica survivants deviennent le Bergendal ; à Ceylan, le café cède la place au thé ; le liberica connaît son heure.

      McCook 2019, p. 70 ; Royal Coffee, Indonesian cultivars

    58. 1885

      Conférence de Berlin et partage de l'Afrique

    59. 1886-1888

      Le « grand boom » porte le Rio 7 de 7,5 à 22,25 cents

      Planche de quatre gravures sur bois légendées en anglais, gravées d'après les photographies de Muybridge, sous le titre général COFFEE CULTIVATION IN GUATEMALA, CENTRAL AMERICA. En haut, deux récoltes à deux altitudes différentes, à Las Nubes à cinq mille pieds, soit environ mille cinq cents mètres, et à San Isidro à quinze cents pieds, soit environ quatre cent cinquante mètres, avec échelles et paniers. En bas à gauche, le séchage sur une aire cimentée que des hommes ratissent le long d'un canal ; en bas à droite, le chargement d'une chaloupe à café dans la houle de Champerico, le vapeur mouillé au large. La planche résume en une page le trajet de la cerise au navire.
      Les quatre temps du café au Guatemala, gravure sur bois de 1877
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      Le « grand boom » porte le Rio 7 de 7,5 à 22,25 cents ; la panique le ramène à 9. Le New York Coffee Exchange traite 47,9 millions de sacs en 1887-1888.

      Ukers 1922, chronologie p. 732

    60. 1888

      Hybride naturel Kalimas (liberica × arabica) repéré à Java pour sa résistance à…

      révolution
      Planche lithographiée réunissant un jeune rameau de caféier couvert de cochenilles vertes, la larve et la femelle adulte de l'insecte, une feuille envahie par la fumagine noire qui pousse sur son miellat, et les mouches et micro-guêpes qui s'en nourrissent.
      Planche I : la cochenille verte du caféier et ses ennemis naturels, Java 1897
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      Hybride naturel Kalimas (liberica × arabica) repéré à Java pour sa résistance à la rouille.

      Le Brésil abolit l'esclavage le 13 mai 1888. Le recensement de 1876 comptait 1 476 567 personnes esclaves ; la loi du ventre libre datait de 1871. Thurber, négociant new-yorkais, écrivait en 1881 que certains planteurs, sachant le système condamné, travaillaient leur terre jusqu'à épuisement. Les fazendas de São Paulo se tournent vers l'immigration italienne, et le Bourbon de Campinas devient le café d'un pays d'immigrants.

      Coste 1955, p. 348 ; LC ch. 14

    61. 1888

      Abolition de l'esclavage au Brésil

      révolution
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      Abolition de l'esclavage au Brésil ; les fazendas se tournent vers l'immigration italienne.

      Le Brésil abolit l'esclavage le 13 mai 1888. Le recensement de 1876 comptait 1 476 567 personnes esclaves ; la loi du ventre libre datait de 1871. Thurber, négociant new-yorkais, écrivait en 1881 que certains planteurs, sachant le système condamné, travaillaient leur terre jusqu'à épuisement. Les fazendas de São Paulo se tournent vers l'immigration italienne, et le Bourbon de Campinas devient le café d'un pays d'immigrants.

      Coste 1955, p. 348 ; LC ch. 14

    62. 1889 → 1930

      café com leite

      révolutionargent
      Carte dépliante imprimée en bleu couvrant la province de Rio de Janeiro entre Minas Gerais, l'Espírito Santo et l'Atlantique, où une teinte plus soutenue délimite la zone contaminée le long des vallées, avec le titre « Zona affectada pela molestia do cafeeiro » porté en bas.
      Carte de la zone atteinte par la maladie du caféier, août 1887
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      Pendant quarante ans, la présidence brésilienne alterne entre les oligarchies de São Paulo, qui tient le café, et du Minas Gerais, qui tient le lait, chacune s'engageant à soutenir le candidat de l'autre au scrutin suivant. On appelle le régime « café com leite ». Le krach de 1929 emporte le café, donc le système : la révolution de Vargas y met fin en 1930.

      Historiographie de la Première République brésilienne (1889-1930) ; révolution de 1930

    63. 1889

      Exposition universelle de Paris et tour Eiffel

    64. 1891

      Brevet Charles Morgan n° 461 784, moulin à café.

      objet
      Six figures d'un moulin à café de table breveté en 1891. Au centre, le moulin en coupe : trémie évasée, axe vertical, manivelle coudée et tiroir de réception sous le coffre de bois hachuré. Autour, le détail des meules coniques vues de face et de dessus, et l'écrou papillon qui, seul, commande la finesse de la mouture.
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      Six figures d'un moulin à café de table breveté en 1891. Au centre, le moulin en coupe : trémie évasée, axe vertical, manivelle coudée et tiroir de réception sous le coffre de bois hachuré. Autour, le détail des meules coniques vues de face et de dessus, et l'écrou papillon qui, seul, commande la finesse de la mouture.

      Charles Morgan ; brevet américain n° 461 784, « Coffee Mill », United States Patent Office, Washington, 1891 ; planche lithographiée par N. Peters, Washington ; https://patents.google.com/patent/US461784A/en

    65. 1893

      Les Pères du Saint-Esprit plantent du Bourbon réunionnais à Bura (Kenya)

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      Les Pères du Saint-Esprit plantent du Bourbon réunionnais à Bura (Kenya) : le French Mission.

      WCR 2025, fiche K7, p. 47 ; LC ch. 8

    66. 1893

      Le premier torréfacteur à gaz à flamme directe d'Amérique, la machine anglaise…

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      Le premier torréfacteur à gaz à flamme directe d'Amérique, la machine anglaise de Tupholme, est installé à New York ; Hollande, Allemagne et France en brevetaient depuis 1877.

      Ukers 1922, chronologie p. 733

    67. 1893

      George Kaltenbach, spéculateur parisien, casse en 1891 un corner de New York…

      argent
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      George Kaltenbach, spéculateur parisien, casse en 1891 un corner de New York avec trois opérateurs du Havre, de Hambourg et d'Anvers, puis achète sur tous les marchés du monde ; à 17,7 cents, ses profits dépassent le million. Le krach de mai 1893 emporte trente maisons de Hambourg, du Havre et de Rotterdam et son agent de New York.

      Ukers 1922, p. 528

    68. 1894

      Joseph M. Walsh publie Coffee

      falsification
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      Joseph M. Walsh publie Coffee: Its History, Classification and Description. Le faux Moka par « stove-piping » et « steaming » des balles ; le Canephora n'existe encore dans aucun des deux livres.

      Walsh 1894, p. 202-217 ; LC ch. 10

    69. 1894

      Machine à faire le café de J. List et W. B. Smith, brevet américain n° 517 283.

      objet
      La figure 1 montre en coupe une grande fontaine à café de comptoir : le corps cylindrique sur son piètement, la double enveloppe hachurée où circule la vapeur, la colonne centrale et le robinet de service. Autour, quatre petites figures donnent les disques perforés et les pièces d'assemblage. C'est la machine des restaurants et des buffets de gare, celle qui tient le café chaud toute la journée.
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      La figure 1 montre en coupe une grande fontaine à café de comptoir : le corps cylindrique sur son piètement, la double enveloppe hachurée où circule la vapeur, la colonne centrale et le robinet de service. Autour, quatre petites figures donnent les disques perforés et les pièces d'assemblage. C'est la machine des restaurants et des buffets de gare, celle qui tient le café chaud toute la journée.

      J. List et W. B. Smith ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US517283A/en

    70. 1895

      Guzmán Blanco, ancien président du Venezuela vivant à Paris, riche de vingt…

      argent
      Planche botanique coloriée d'un rameau de caféier dressé au centre de la feuille, feuilles vert sombre opposées deux à deux, fleurs blanches à l'aisselle et cerises rouges groupées le long de la tige.
      Coffea arabica, planche de la Flora de Filipinas de Blanco, 1880
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      Guzmán Blanco, ancien président du Venezuela vivant à Paris, riche de vingt millions, achète 200 000 sacs au Havre et des contrats partout pour un corner ; aidé par le choléra à Rio, il porte le Rio 7 à 15,5 cents en octobre, avant trois ans de baisse jusqu'à 4,5 cents en 1898.

      Ukers 1922, p. 528

    71. 1896

      la guerre du sucre

      argent
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      Arbuckle, qui glace son café au sucre et aux œufs, ouvre sa propre raffinerie contre le trust Havemeyer ; le trust riposte en achetant pour deux millions la Woolson Spice de Toledo et sa marque Lion, avec Sielcken au conseil. Dix ans de guerre des prix sur le café et le sucre, des millions en frais de justice ; à la fin, Arbuckle vend toujours les deux.

      Ukers 1922, p. 519 et 523-524

    72. 1897

      C. canephora est décrit

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      C. canephora est décrit. Ni Thurber (1881) ni Walsh (1894) ne le connaissaient.

      Froehner 1897 ; LC digest Thurber-Walsh

    73. 1898

      Le Vénézuélien Olavarria propose le premier plan de restriction de la…

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      Le Vénézuélien Olavarria propose le premier plan de restriction de la production et de régulation des exportations ; une campagne baissière ramène le Rio 7 à 4,5 cents.

      Ukers 1922, chronologie p. 733

    74. 1899

      Le chimiste japonais Satori Kato invente à Chicago le café soluble, vendu à…

      objet
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      Le chimiste japonais Satori Kato invente à Chicago le café soluble, vendu à l'Exposition panaméricaine de Buffalo en 1901 ; G. Washington en lance une version raffinée en 1909.

      Ukers 1922, chronologie p. 733-735 ; brevet US Kato, 1903

    75. 1899

      La peste bubonique met les ports brésiliens en quarantaine, et les vapeurs…

      argent
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      La peste bubonique met les ports brésiliens en quarantaine, et les vapeurs arrivés à New York avec eux : la pénurie fait passer le Rio de 4,25 cents en septembre 1899 à 8,25 en juillet 1900, avant que la levée de la quarantaine ne le ramène à 5 en 1901.

      Ukers 1922, p. 528-529

    76. 1899

      Dépulpeuse à café de R. T. Richards, Honolulu, brevet américain n° 620 053.

      objet
      Deux figures au trait. En haut, la machine en coupe : la trémie évasée déverse les cerises sur un disque tournant logé dans un carter, et deux goulottes divergentes emportent d'un côté la pulpe, de l'autre le grain en parche. En bas, l'élévation de l'ensemble monté sur son bâti, avec la poulie d'entraînement. Toute la question du dépulpage tient dans cette bifurcation : séparer proprement les deux flux pour que le déchet ne souille pas la graine.
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      Deux figures au trait. En haut, la machine en coupe : la trémie évasée déverse les cerises sur un disque tournant logé dans un carter, et deux goulottes divergentes emportent d'un côté la pulpe, de l'autre le grain en parche. En bas, l'élévation de l'ensemble monté sur son bâti, avec la poulie d'entraînement. Toute la question du dépulpage tient dans cette bifurcation : séparer proprement les deux flux pour que le déchet ne souille pas la graine.

      R. T. Richards, Honolulu (Hawaï) ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US620053A/en

    1900 → 1950

    1900 à 1950

    Lire le chapitre

    82 repères du café, 6 jalons du monde

    Caféiers en fleurs devant un bungalow de planteur, Mysore, 1909
    Caféiers en fleurs devant un bungalow de planteur, Mysore, 1909
    1. vers 1900

      Le canephora est introduit à Java depuis le Congo, via Bruxelles, pour remplacer…

      Photographie de démonstration où toute la récolte d'un caféier robusta de huit ans a été étalée branche par branche, les rameaux chargés de cerises disposés en éventail pour montrer le rendement d'un seul arbre.
      Fructification d'un caféier robusta de huit ans, Malang, Java, 1900
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      Le canephora est introduit à Java depuis le Congo, via Bruxelles, pour remplacer les arabica décimés.

      Coste 1955, p. 22-30 ; McCook 2019, p. 202

    2. 1900

      Hills Bros, à San Francisco, est le premier à emballer le café torréfié sous…

      objet
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      Hills Bros, à San Francisco, est le premier à emballer le café torréfié sous vide, sous les brevets Norton : le café peut désormais voyager loin de son torréfacteur.

      Ukers, All About Coffee (1922), ch. sur l'emballage : Hills Bros, San Francisco, premiers à emballer sous vide sous les brevets Norton, 1900 ; Smithsonian, Hills Bros. Coffee Company Records (NMAH.AC.0395)

    3. 1901

      Coffea eugenioides est décrit

      objet
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      Coffea eugenioides est décrit ; il faudra un siècle pour comprendre qu'il est le parent maternel de l'arabica.

      Wester 1901 ; Salojärvi et al. 2024

    4. 1901

      Luigi Bezzera, mécanicien milanais, dépose en juin 1901 le brevet « innovations…

      objet
      Feuille 1 du brevet américain déposé par Luigi Bezzera. À gauche, la chaudière verticale en forme d'obus posée sur son socle, ses portes de foyer rondes, son robinet et sa soupape rassemblés en grappe à mi-hauteur ; à droite, trois coupes du robinet de distribution et du porte-filtre qui reçoit la mouture. C'est la machine milanaise de 1901, celle qui fonde l'espresso, redessinée pour l'office des brevets des États-Unis et signée de la main de l'inventeur.
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      Luigi Bezzera, mécanicien milanais, dépose en juin 1901 le brevet « innovations dans les machines pour préparer et servir immédiatement le café » ; Achille Gaggia ajoute le levier et la crema en 1947.

      Brevet Luigi Bezzera n° 153/94 (61707), déposé à Milan en juin 1901, délivré le 5 juin 1902 (Barista Hustle, Who really invented the first espresso machine?, part 1) ; Gaggia, brevet du levier, 1947

    5. 1902

      Appareil de nettoyage des cerises de café de W. A. Hastings et N. J.…

      objet
      La figure 1 montre en coupe un long cylindre à claire-voie couché dans son auge, avec l'arbre à palettes qui pousse les cerises vers la sortie et la tubulure d'eau qui les prend à contre-courant. La figure 2 donne la vue de bout, deux cylindres accolés dans un même bâti de maçonnerie. La circulation à contre-courant, qui économise l'eau, est l'idée centrale de la planche.
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      Appareil de nettoyage des cerises de café de W. A. Hastings et N. J. Harrington, brevet américain n° 700 327.

      La figure 1 montre en coupe un long cylindre à claire-voie couché dans son auge, avec l'arbre à palettes qui pousse les cerises vers la sortie et la tubulure d'eau qui les prend à contre-courant. La figure 2 donne la vue de bout, deux cylindres accolés dans un même bâti de maçonnerie. La circulation à contre-courant, qui économise l'eau, est l'idée centrale de la planche.

      William A. Hastings (Oakland) et N. J. Harrington (San Francisco) ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US700327A/en

    6. 1902

      Appareil de traitement du café de Hiram Stevens Maxim, brevet américain n° 701…

      objet
      Une haute colonne cylindrique posée sur un socle, dessinée en coupe : le café descend lentement dans la cuve pendant qu'un liquide circule à contre-courant par les tubulures latérales, avec le robinet de vidange et la soupape en pied. L'inventeur de la mitrailleuse s'est intéressé au traitement du café et propose ici de conduire la macération en continu dans une colonne verticale plutôt qu'en bacs ouverts.
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      Appareil de traitement du café de Hiram Stevens Maxim, brevet américain n° 701 750.

      Une haute colonne cylindrique posée sur un socle, dessinée en coupe : le café descend lentement dans la cuve pendant qu'un liquide circule à contre-courant par les tubulures latérales, avec le robinet de vidange et la soupape en pied. L'inventeur de la mitrailleuse s'est intéressé au traitement du café et propose ici de conduire la macération en continu dans une colonne verticale plutôt qu'en bacs ouverts.

      Hiram Stevens Maxim, Londres ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US701750A/en

    7. 1903

      Porto Rico

      Planche photographique montrant de près le tronc d'un caféier vivant dont l'écorce s'est fendue et soulevée en longues plaques sur toute la hauteur du cliché, suite à une inoculation expérimentale du champignon.
      Planche V : tronc de caféier inoculé au Fusarium, Porto Rico 1915
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      Porto Rico : seule éradication réussie de la rouille dans l'histoire.

      McCook 2019, p. 69

    8. 1903

      La surproduction brésilienne fait tomber le Santos 4 à 3,55 cents à New York,…

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      La surproduction brésilienne fait tomber le Santos 4 à 3,55 cents à New York, plus bas jamais enregistré ; Roselius brevette en Allemagne la décaféination.

      Ukers 1922, chronologie p. 734-735

    9. 1903

      Ludwig Roselius, négociant de Brême, attribue la mort de son père à l'abus de…

      peut-être
      Première page typographiée du second brevet déposé le même jour par la même équipe de Brême, deux colonnes serrées de texte détaillant le gonflement des grains à la vapeur puis le lavage répété au solvant qui emporte la caféine sans emporter les arômes.
      Brevet américain n° 897 840 de Meyer, Roselius et Wimmer, extraction de la caféine, 1908
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      Ludwig Roselius, négociant de Brême, attribue la mort de son père à l'abus de café et cherche à en ôter la caféine ; le procédé Meyer-Roselius-Wimmer, grains gonflés à la vapeur puis lavés au benzène, est breveté en 1905-1908 et vendu sous le nom de Kaffee HAG, Dekafa aux États-Unis en 1910, Sanka en France.

      La décaféination naît d'un deuil et d'un accident : Roselius aurait remarqué qu'une cargaison de café trempée d'eau de mer avait perdu sa caféine sans perdre tout son goût. Le brevet allemand de 1905 gonfle les grains verts à la vapeur puis extrait la caféine au benzène, solvant qu'on abandonnera. Kaffee HAG est lancé à Brême en 1906, la Kaffee Hag Corporation à New York en 1914, saisie comme bien ennemi en 1919. La caféine extraite se vend aux fabricants de sodas. Les procédés au CO₂ et à l'eau, décrits à la planche XII, viendront après 1970.

      Ukers 1922, p. 517-519 et chronologie p. 735-736 (brevets 1905 et 1908, Dekafa 1910, Kaffee Hag 1914-1919) ; Kaffee HAG, historique

    10. 1903

      Percolateur adaptable aux cafetières et théières de Walter R. Montgomery,…

      objet
      Cinq figures, dont deux très grandes. Deux cylindres de toile métallique fine sont dessinés en perspective sur presque toute la hauteur de la feuille, l'un ouvert, l'autre fermé par son fond ; à côté, un disque vu de dessus et deux coupes montrent comment la pièce se glisse dans une cafetière ordinaire. L'invention n'est pas une cafetière mais un panier à poser dans celle qu'on possède déjà.
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      Percolateur adaptable aux cafetières et théières de Walter R. Montgomery, brevet américain n° 745 883.

      Cinq figures, dont deux très grandes. Deux cylindres de toile métallique fine sont dessinés en perspective sur presque toute la hauteur de la feuille, l'un ouvert, l'autre fermé par son fond ; à côté, un disque vu de dessus et deux coupes montrent comment la pièce se glisse dans une cafetière ordinaire. L'invention n'est pas une cafetière mais un panier à poser dans celle qu'on possède déjà.

      Walter R. Montgomery, Muncie (Indiana) ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US745883A/en

    11. février 1904

      La « bande du coton », menée par l'ancien roi du coton D. J. Sully, porte le…

      argent
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      La « bande du coton », menée par l'ancien roi du coton D. J. Sully, porte le café à 11,85 cents ; le 5 février, plus d'un million de sacs changent de mains en une séance, record de la Bourse, et Sielcken vend massivement pendant que Sully part en vacances. La bulle crève en trois jours.

      Ukers 1922, p. 529 et chronologie p. 735

    12. 1904

      Décortiqueuse à café de Kensett Champney, Senahú (Guatemala), brevet américain…

      objet
      Un long cylindre horizontal dessiné en coupe sur toute la largeur de la feuille : la vis intérieure pousse le café en parche d'un bout à l'autre entre l'arbre et la chemise, les coques éclatées s'échappent par les fentes ménagées dans l'enveloppe, le grain nu sort à l'autre extrémité. Deux petites figures donnent la vue de bout et le détail du réglage de pression.
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      Décortiqueuse à café de Kensett Champney, Senahú (Guatemala), brevet américain n° 773 544, planche de dessin.

      Un long cylindre horizontal dessiné en coupe sur toute la largeur de la feuille : la vis intérieure pousse le café en parche d'un bout à l'autre entre l'arbre et la chemise, les coques éclatées s'échappent par les fentes ménagées dans l'enveloppe, le grain nu sort à l'autre extrémité. Deux petites figures donnent la vue de bout et le détail du réglage de pression.

      Kensett Champney, Senahú (Guatemala) ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US773544A/en

    13. 1904

      Machine à séparer le café de C. R. Groff, brevet américain n° 778 576.

      objet
      Deux vues d'une longue machine de triage. En haut, l'élévation latérale : un châssis bas sur lequel courent des courroies et des tambours, avec la goulotte d'alimentation à une extrémité. En bas, la coupe développe les auges étagées où le flux se divise. Sur cinq feuilles de dessin, celle-ci est la vue d'ensemble qui permet de suivre le trajet des grains d'un bout à l'autre.
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      Deux vues d'une longue machine de triage. En haut, l'élévation latérale : un châssis bas sur lequel courent des courroies et des tambours, avec la goulotte d'alimentation à une extrémité. En bas, la coupe développe les auges étagées où le flux se divise. Sur cinq feuilles de dessin, celle-ci est la vue d'ensemble qui permet de suivre le trajet des grains d'un bout à l'autre.

      Charles R. Groff ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US778576A/en

    14. 1906

      Accord de Taubaté

      argent
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      Accord de Taubaté : le Brésil « valorise » son café en stockant les excédents. Il produit alors plus des trois quarts du café mondial.

      À Taubaté, les États de São Paulo, Minas Gerais et Rio décident de « valoriser » le café : acheter et stocker les excédents pour tenir les prix. Le Brésil produit alors plus des trois quarts du café mondial, sur des Typica et des Bourbon presque exclusivement. La logique des stocks, des quotas et des accords internationaux domine le XXe siècle jusqu'à l'effondrement de 1989.

      Thurber 1881 (contexte) ; LC ch. 18 ; ICO

    15. 1906

      Ludwig Roselius met au point la décaféination à Brême, brevetée en 1906 .

      argent
      Première page typographiée du brevet, sans aucune figure : l'en-tête de l'office américain des brevets, les trois noms des inventeurs de Brême, puis le texte en deux colonnes qui décrit l'extraction de la caféine des grains verts sous vide à l'aide d'un solvant volatil.
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      Brevet allemand Roselius/Kaffee HAG, Brême, 1906 ; document de formation professionnelle, caféine et décaféination, p. 2 ; à recouper sur le registre DPMA

    16. 1906-1907

      Le Brésil récolte 20 190 000 sacs, record absolu, et l'État de São Paulo lance…

      argent
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      Le Brésil récolte 20 190 000 sacs, record absolu, et l'État de São Paulo lance la « valorisation » : acheter et stocker pour tenir les cours. En 1908 Hermann Sielcken place l'emprunt de 75 millions de dollars auprès des banques d'Europe et d'Amérique.

      La récolte brésilienne de 1906-1907 dépasse vingt millions de sacs quand le monde en consomme moins. L'État de São Paulo, soutenu par un emprunt, achète le café et le retient dans des entrepôts à New York, au Havre, à Hambourg, pour ne le relâcher qu'au compte-gouttes : c'est la valorisation, première tentative d'un État producteur de fixer lui-même le cours. Hermann Sielcken, négociant new-yorkais d'origine allemande, en est le banquier et le cerveau ; le gouvernement américain l'attaque en 1912 pour entrave au commerce. La valorisation réussira assez pour être répétée, jusqu'à la version extrême des années 1930 : brûler.

      Ukers 1922, p. 517-519 et chronologie p. 735

    17. août 1906

      Le commissaire de São Paulo, éconduit par les Rothschild et par toutes les…

      argent
      Un homme coiffé d'un chapeau de feutre se tient debout tout en haut d'une échelle de bois brut appuyée contre un caféier déjà dépouillé, dans une rangée au feuillage dense. Au sol, des femmes en robe longue et fichu, des adolescents et un enfant en tunique attendent alignés le long de l'allée de terre sablonneuse, jonchée de branches cassées. L'échelle dit la taille qu'atteignaient les caféiers non recépés, et la file dit que la cueillette mobilisait des familles entières.
      Cueilleurs de café dans l'intérieur de São Paulo, Brésil, 1900
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      Le commissaire de São Paulo, éconduit par les Rothschild et par toutes les banques d'Europe, monte à la villa de Sielcken à Baden-Baden : « financez-nous cinq à huit millions de sacs ». Sielcken refuse, puis accepte à 80 % d'une valeur de sept cents la livre ; la récolte record oblige l'État à acheter neuf millions de sacs et le laisse en quasi-faillite, jusqu'à ce que Sielcken ramène les Rothschild et fasse interdire par loi toute nouvelle plantation au Brésil.

      Ukers reconstitue la scène d'après Robert Sloss et les propres discours de Sielcken. Le plan de 1908 : 75 millions empruntés à un syndicat de banquiers américains, anglais, allemands, français et belges ; dix millions de sacs achetés par São Paulo et entreposés à New York et en Europe sous la garde d'un comité de sept, dont Sielcken, Bunge et Schroeder ; les exportations limitées à dix millions de sacs ; une surtaxe de cinq francs-or par sac. Le comité refuse de livrer le café valorisé sur les bourses publiques et fait signer aux acheteurs l'engagement de ne pas l'y livrer ; en deux ans le cours double, en 1911 il atteint seize cents. « De la capacité du marchand à livrer du café sur le New York Coffee Exchange dépend le prix du café dans le monde. » São Paulo réemprunte 37,5 millions en 1913 et 21 en 1915 ; l'emprunt de 1908 est soldé en 1919, et la surtaxe est toujours là en 1922. Le Brésil valorise encore en 1918 et en 1922, avant de brûler.

      Ukers 1922, p. 529-534, d'après Sloss, World's Work

    18. 1907

      Theodore Roosevelt, servi d'une tasse de Maxwell House à Nashville, l'aurait…

      légenderéclame
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      Theodore Roosevelt, servi d'une tasse de Maxwell House à Nashville, l'aurait déclarée « good to the last drop » ; la marque en fit son slogan. Aucun témoin n'a jamais confirmé le mot.

      Légende de marque, rapportée par Pendergrast 1999, ch. 8, et par Maxwell House ; aucune source contemporaine

    19. 1907

      Séparateur à café de Ramón F. Cordero, Chivacoa (Venezuela), brevet américain…

      objet
      Deux figures. La première montre en coupe un conduit coudé qui s'évase en chambre de détente : le mélange y entre par le haut, la veine ralentit dans l'élargissement et les éléments lourds décrochent du courant. La seconde figure donne le caisson de réception, avec ses cloisons et le fond hachuré où se déposent les grains triés.
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      Séparateur à café de Ramón F. Cordero, Chivacoa (Venezuela), brevet américain n° 844 253.

      Deux figures. La première montre en coupe un conduit coudé qui s'évase en chambre de détente : le mélange y entre par le haut, la veine ralentit dans l'élargissement et les éléments lourds décrochent du courant. La seconde figure donne le caisson de réception, avec ses cloisons et le fond hachuré où se déposent les grains triés.

      Ramón F. Cordero, Chivacoa (Venezuela) ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US844253A/en

    20. 1908

      Le 20 juin, Melitta Bentz, ménagère de Dresde, fait enregistrer son filtre en…

      objet
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      Le 20 juin, Melitta Bentz, ménagère de Dresde, fait enregistrer son filtre en papier buvard ; sa société entre au registre du commerce le 15 décembre.

      Deutsches Patent- und Markenamt, Melitta Bentz : Gebrauchsmuster enregistré le 20 juin 1908 au Kaiserliches Patentamt ; société inscrite au registre du commerce de Dresde le 15 décembre 1908

    21. 1909

      Machine à nettoyer et calibrer le café de E. C. Smith, brevet américain n° 940…

      objet
      La machine entière en élévation latérale, un haut caisson rectangulaire dans lequel s'étagent plusieurs plans inclinés à claire-voie. Le café entre par la trémie du sommet, descend de tamis en tamis, et chaque étage retient un calibre pendant que le courant emporte les déchets légers. Le dessin fait voir la succession des grilles, c'est-à-dire le classement par taille qui suit immédiatement le lavage.
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      Machine à nettoyer et calibrer le café de E. C. Smith, brevet américain n° 940 989.

      La machine entière en élévation latérale, un haut caisson rectangulaire dans lequel s'étagent plusieurs plans inclinés à claire-voie. Le café entre par la trémie du sommet, descend de tamis en tamis, et chaque étage retient un calibre pendant que le courant emporte les déchets légers. Le dessin fait voir la succession des grilles, c'est-à-dire le classement par taille qui suit immédiatement le lavage.

      Elvah C. Smith ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US940989A/en

    22. années 1910

      S.26, hybride spontané arabica × liberica, repéré à Coorg (Inde).

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      CCRI, Coffee Board of India ; WCR 2025, fiche S795, p. 73

    23. 1910

      Appareil d'extraction de la caféine du café de Heinrich Trillich, brevet…

      objet
      Une colonne verticale élancée, coiffée d'un réfrigérant à serpentin et reposant sur un ballon chauffé, le tout relié par un tube latéral de retour. C'est l'extracteur continu de laboratoire transposé à l'échelle industrielle : le solvant bout en bas, se condense en haut, percole à travers la charge de café et redescend chargé de caféine.
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      Appareil d'extraction de la caféine du café de Heinrich Trillich, brevet américain n° 964 944.

      Une colonne verticale élancée, coiffée d'un réfrigérant à serpentin et reposant sur un ballon chauffé, le tout relié par un tube latéral de retour. C'est l'extracteur continu de laboratoire transposé à l'échelle industrielle : le solvant bout en bas, se condense en haut, percole à travers la charge de café et redescend chargé de caféine.

      Heinrich Trillich, Munich ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US964944A/en

    24. 1910

      Appareil d'extraction de la caféine sur grains entiers de Heinrich Trillich,…

      objet
      Une figure unique d'appareillage chimique dessinée au trait : un récipient fermé posé sur son support, coiffé d'un serpentin réfrigérant en spirale, relié par un col coudé à une seconde capacité. Le solvant s'évapore, se condense dans le serpentin et retombe sur les grains entiers restés dans le corps de l'appareil — un montage à reflux qui épuise la caféine sans jamais moudre le café.
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      Appareil d'extraction de la caféine sur grains entiers de Heinrich Trillich, brevet américain n° 953 074.

      Une figure unique d'appareillage chimique dessinée au trait : un récipient fermé posé sur son support, coiffé d'un serpentin réfrigérant en spirale, relié par un col coudé à une seconde capacité. Le solvant s'évapore, se condense dans le serpentin et retombe sur les grains entiers restés dans le corps de l'appareil — un montage à reflux qui épuise la caféine sans jamais moudre le café.

      Heinrich Trillich, Munich ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US953074A/en

    25. 1910

      Appareil de nettoyage du café de W. D. Balcom, brevet américain n° 957 138.

      objet
      Une grande figure en coupe occupe toute la feuille : une colonne verticale hachurée, coiffée d'un coude et prolongée par une large gaine, dans laquelle un courant ascendant emporte les pellicules et les poussières pendant que les grains, plus lourds, retombent. C'est le principe du triage pneumatique, cousin direct du triage par l'eau et souvent installé juste après lui.
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      Une grande figure en coupe occupe toute la feuille : une colonne verticale hachurée, coiffée d'un coude et prolongée par une large gaine, dans laquelle un courant ascendant emporte les pellicules et les poussières pendant que les grains, plus lourds, retombent. C'est le principe du triage pneumatique, cousin direct du triage par l'eau et souvent installé juste après lui.

      William D. Balcom, Oberlin ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US957138A/en

    26. 1910

      Procédé d'extraction de la caféine de Heinrich Trillich, brevet américain n°…

      objet
      L'installation vue en coupe et développée horizontalement : deux capacités cylindriques reliées par des tubulures coudées, avec les robinets d'isolement et le réfrigérant intercalé entre elles. Le dessin se lit comme un schéma de procédé plutôt que comme le portrait d'une machine, le café restant dans l'une des capacités pendant que le solvant fait la navette.
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      Procédé d'extraction de la caféine de Heinrich Trillich, brevet américain n° 950 357.

      L'installation vue en coupe et développée horizontalement : deux capacités cylindriques reliées par des tubulures coudées, avec les robinets d'isolement et le réfrigérant intercalé entre elles. Le dessin se lit comme un schéma de procédé plutôt que comme le portrait d'une machine, le café restant dans l'une des capacités pendant que le solvant fait la navette.

      Heinrich Trillich, Munich ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US950357A/en

    27. 1911

      L. P. Kent sélectionne à Mysore le premier arabica « résistant » à la rouille.

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      WCR 2025 ; CCRI ; Counter Culture Coffee, India's arabica varieties

    28. 1911

      Le sénateur Norris du Nebraska accuse le syndicat de valorisation de coûter 35…

      argent
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      Le sénateur Norris du Nebraska accuse le syndicat de valorisation de coûter 35 millions par an aux Américains ; l'enquête traîne, le procès de 1912 est abandonné après que Sielcken et le Brésil ont promis de vendre les 746 539 sacs entreposés aux États-Unis. La loi Norris de février 1913 interdit toute participation américaine à une valorisation ; Sielcken offre 5 000 dollars à qui saura l'expliquer.

      Ukers 1922, p. 532-533

    29. 1911

      Dépulpeuse à café de Richard Bahmann, brevet américain n° 991 413.

      objet
      Deux coupes verticales de la machine occupent toute la feuille : une trémie conique très évasée coiffe un cône tournant grêlé de dents, logé dans une chemise fixe ; la cerise est écrasée entre les deux surfaces, le grain tombe par le bas, la pulpe est chassée latéralement dans le conduit visible sur le côté. Une petite figure annexe donne le détail du réglage d'écartement, réglage dont dépend le fait de déchirer la pulpe sans blesser la graine.
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      Deux coupes verticales de la machine occupent toute la feuille : une trémie conique très évasée coiffe un cône tournant grêlé de dents, logé dans une chemise fixe ; la cerise est écrasée entre les deux surfaces, le grain tombe par le bas, la pulpe est chassée latéralement dans le conduit visible sur le côté. Une petite figure annexe donne le détail du réglage d'écartement, réglage dont dépend le fait de déchirer la pulpe sans blesser la graine.

      Richard Bahmann ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US991413A/en

    30. 1912

      Le Conilon est introduit dans l'Espírito Santo.

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      Ferrão et al., Informe Agropecuário 41 (2020) ; Incaper

    31. 1912

      Le gouvernement américain poursuit les détenteurs de stocks de valorisation aux…

      Grand plateau ciselé portant une cafetière centrale entourée de petites tasses posées dans leurs coquetiers.
      Service à café turc, collection Peter, musée national des États-Unis, 1922
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      Le gouvernement américain poursuit les détenteurs de stocks de valorisation aux États-Unis ; Sielcken, « dernier roi du café », meurt en 1917.

      Ukers 1922, p. 517-519 et chronologie p. 736

    32. 27 mars 1912

      John Arbuckle meurt à Brooklyn après quatre jours de maladie

      argent
      Façade d'un immeuble de bureaux de plusieurs étages, vue depuis la rue en contre-plongée.
      L'immeuble de la Bourse du café et du sucre de New York, 1922
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      John Arbuckle meurt à Brooklyn après quatre jours de maladie ; la Bourse du café ferme à deux heures. Son usine de Brooklyn torréfie 8 à 9 000 sacs par jour, expédie 800 000 paquets d'Ariosa, reçoit 108 millions de coupons par an contre quatre millions de primes, dont assez d'anneaux de mariage pour « assister à 80 000 noces ». Succession : 33 millions de dollars.

      Ukers 1922, p. 522-525

    33. 1912

      Appareil de lavage du café de Roberto Okrassa, Antigua (Guatemala), brevet…

      objet
      Trois figures. La figure 1 donne l'élévation latérale de la laveuse, un long cylindre horizontal ajouré porté par un bâti bas, avec sa poulie et son conduit d'amenée d'eau. La figure 2 la coupe en travers pour montrer les aubes hélicoïdales qui font avancer la masse. La figure 3, un disque hachuré, développe le fond perforé par lequel l'eau chargée de mucilage s'écoule.
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      Appareil de lavage du café de Roberto Okrassa, Antigua (Guatemala), brevet américain n° 1 013 807.

      Trois figures. La figure 1 donne l'élévation latérale de la laveuse, un long cylindre horizontal ajouré porté par un bâti bas, avec sa poulie et son conduit d'amenée d'eau. La figure 2 la coupe en travers pour montrer les aubes hélicoïdales qui font avancer la masse. La figure 3, un disque hachuré, développe le fond perforé par lequel l'eau chargée de mucilage s'écoule.

      Roberto Okrassa, Antigua (Guatemala) ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US1013807A/en

    34. 1912

      Chaîne de traitement des cerises de café de José Marcelino Urgellés, brevet…

      objet
      Toute l'installation humide vue en élévation sur une seule feuille : la trémie de réception en haut, la dépulpeuse, le conduit d'évacuation de la pulpe, la cuve où le grain séjourne, puis l'élévateur à godets qui le reprend vers le lavage. Le brevet ne protège pas une machine mais l'enchaînement des opérations, ce qui en fait un des rares schémas d'ensemble d'une station de traitement de cette époque.
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      Chaîne de traitement des cerises de café de José Marcelino Urgellés, brevet américain n° 1 038 032, planche de dessin.

      Toute l'installation humide vue en élévation sur une seule feuille : la trémie de réception en haut, la dépulpeuse, le conduit d'évacuation de la pulpe, la cuve où le grain séjourne, puis l'élévateur à godets qui le reprend vers le lavage. Le brevet ne protège pas une machine mais l'enchaînement des opérations, ce qui en fait un des rares schémas d'ensemble d'une station de traitement de cette époque.

      José Marcelino Urgellés ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US1038032A/en

    35. 1914

      Le secrétaire à la Marine Josephus Daniels interdit l'alcool à bord des navires…

      légendemot
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      Le secrétaire à la Marine Josephus Daniels interdit l'alcool à bord des navires américains ; les marins, réduits au café, l'auraient baptisé « cup of Joe ». L'étymologie est contestée par la Marine elle-même.

      Naval History and Heritage Command, Cup of Joe, FAQ (étymologie contestée) ; General Order 99 du 1er juin 1914

    36. 1914

      Moulin à café de Walter F. Stimpson, brevet américain n° 1 086 868.

      objet
      Deux figures superposées. En haut, le moulin de comptoir en élévation : la trémie évasée, le corps de fonte et le grand cône de réception ouvert vers le bas, le tout porté par une console. En bas, la même machine ouverte en coupe laisse voir les meules, l'arbre et le mécanisme de réglage. C'est le moulin des épiceries, celui qui moud devant le client.
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      Deux figures superposées. En haut, le moulin de comptoir en élévation : la trémie évasée, le corps de fonte et le grand cône de réception ouvert vers le bas, le tout porté par une console. En bas, la même machine ouverte en coupe laisse voir les meules, l'arbre et le mécanisme de réglage. C'est le moulin des épiceries, celui qui moud devant le client.

      Walter F. Stimpson ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US1086868A/en

    37. 1914

      Début de la Première Guerre mondiale

    38. 1915–1918

      Mutation Caturra au Brésil

      Une planche pleine page qui superpose deux photographies. En haut, la fazenda Boa Vista au Brésil : les aires de séchage en damier, le bâtiment de dépulpage et, alignés contre lui, les bacs de fermentation. En bas, une station du Costa Rica où les mêmes bacs, longs bassins rectangulaires de maçonnerie, courent au pied du hangar à machines ; on distingue les rigoles qui les alimentent et les hommes qui les brassent.
      Aires de séchage, bâtiment de dépulpage et bacs de fermentation au Brésil et au Costa Rica, planche de All About Coffee, 1922
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      Mutation Caturra au Brésil ; sélection par l'IAC à partir de 1937.

      WCR 2025, fiche Caturra, p. 30 ; Setotaw et al. 2013 (IAC 477, 1951)

    39. 1918

      Les États-Unis placent importateurs et torréfacteurs sous licence de guerre

      En bas de page, quatre formules développées alignées et légendées à la main : caféine (théine), théobromine, xanthine et acide urique, dessinées avec leurs cycles, leurs doubles liaisons et leurs groupes méthyles, pour montrer que la caféine n'est qu'un membre méthylé du groupe purique. En haut à droite, la table de solubilité de la caféine donne pour chaque solvant, de l'eau au toluène, la masse dissoute pour cent grammes de solution saturée.
      Formule de la caféine et sa place dans le groupe purique, avec la table de solubilité de l'alcaloïde, page de All About Coffee, 1922
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      Les États-Unis placent importateurs et torréfacteurs sous licence de guerre ; la Soluble Coffee Company fournit l'armée américaine ; plus de 9 millions de sacs s'accumulent dans les ports brésiliens.

      Ukers 1922, chronologie p. 736-737

    40. juin 1918

      Une gelée réelle au Paraná et à São Paulo, prise pour la rumeur saisonnière…

      argent
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      Une gelée réelle au Paraná et à São Paulo, prise pour la rumeur saisonnière habituelle : les acheteurs américains ne suivent pas, les bateaux repartent vides, et le Santos 4 passe de 8,25 cents en mai à 20,5 le 10 décembre après l'armistice. Hoover, au Food Administration, avait dû imposer que le café soit reconnu comme aliment pour obtenir du tonnage.

      Ukers 1922, p. 535-538 ; Food Administration, règles de février 1918

    41. 1918

      Armistice du 11 novembre

    42. 1919

      Le gaz moutarde rend le café soluble « un des articles de subsistance les plus…

      Salle de marché où une centaine d'hommes en costume se pressent autour de la corbeille de cotation circulaire.
      La corbeille du café à la Bourse du café et du sucre de New York, 1922
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      Le gaz moutarde rend le café soluble « un des articles de subsistance les plus importants de l'armée » : trois quarts d'once par ration de réserve, en sachets après essais de bâtonnets et de tablettes ; l'intendance de New York demande 42 500 livres par jour à partir du 1er janvier 1919. Ukers, en 1922, tient encore le soluble pour « un feu follet » qui perd l'arôme.

      Ukers 1922, p. 539-540 (Holbrook, War Department)

    43. 1920

      Après la flambée de 1919 où l'on prédisait cinquante cents, la déflation ramène…

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      Après la flambée de 1919 où l'on prédisait cinquante cents, la déflation ramène le café « bien au-dessous de sa valeur intrinsèque » ; la demande européenne attendue ne vient pas, l'intérieur américain est engorgé de stocks, et le négoce enregistre des pertes qu'Ukers espère « à jamais sans exemple ».

      Ukers 1922, p. 538

    44. 1922

      Fondation des Scott Agricultural Laboratories à Kabete (Kenya)

      En bas de page, une photographie prise au ras du sol montre une batterie de bacs de fermentation et de lavage en béton sur une fazenda de São Paulo : des bassins rectangulaires accolés, séparés par des cloisons basses, avec deux ouvriers qui y poussent le café à la raclette. En haut de la même page, une seconde vue montre le travail du café sur les aires de séchage.
      Bacs de fermentation et de lavage sur une fazenda de São Paulo, page de All About Coffee, 1922
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      Fondation des Scott Agricultural Laboratories à Kabete (Kenya) ; le coffee berry disease est décrit la même année dans le pays. Ukers publie All About Coffee.

      Trabocca, Kenyan varieties ; Ukers 1922

    45. 1922

      William H. Ukers publie à New York All About Coffee

      En bas de page, six rectangles numérotés montrent à plat le relief des chemises de cuivre dont on habille le cylindre d'une dépulpeuse : bossages ovales plus ou moins serrés, plus ou moins hauts. La légende attribue chaque modèle à une espèce ou à un calibre, l'arabica ordinaire, le liberica, le robusta, le maragogype. Le même fruit n'ayant pas la même taille selon l'espèce, la peau ne s'arrache pas avec le même grain.
      Six types de chemises de cuivre pour cylindres de dépulpeuses, page de All About Coffee, 1922
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      William H. Ukers publie à New York All About Coffee : 800 pages, 492 dates, 1 380 références, la somme dont cette chronique reprend la chronologie.

      Ukers, All About Coffee (1922), préface p. XXVII

    46. 1922 → 1931

      la Böttcherstraße

      Annonce de presse en noir et blanc pour le café décaféiné de la marque fondée par Ludwig Roselius, composée d'un titre en gros caractères, d'un texte d'argumentaire et du logotype rond de la marque.
      Publicité pour le Kaffee HAG, café décaféiné de Ludwig Roselius, 1932
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      Ludwig Roselius, l'inventeur du café décaféiné, emploie la fortune de Kaffee HAG à racheter une ruelle médiévale de Brême, la rue des tonneliers, et à la faire entièrement reconstruire par le sculpteur expressionniste Bernhard Hoetger. Elle abrite depuis 1927 le musée Paula Modersohn-Becker, premier musée au monde consacré à une femme peintre. Roselius soutient ensuite le parti nazi, qui le lui rend mal : au congrès de Nuremberg de septembre 1936, Hitler condamne publiquement la rue et la classe « art dégénéré ». Elle échappe à la démolition parce que Roselius accepte en échange d'investir dans Focke-Wulf, le constructeur d'avions de la ville.

      Wikipedia, Ludwig Roselius, Bernhard Hoetger, Paula Modersohn-Becker Museum et Barbara Goette, consultés le 18/09/2026

    47. 1923 → 1932

      Le livre de prière le plus répandu du judaïsme américain est un cadeau…

      réclame
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      Le livre de prière le plus répandu du judaïsme américain est un cadeau publicitaire de torréfacteur. En 1923, le publicitaire Joseph Jacobs fait établir par un rabbin du Lower East Side que le grain de café est botaniquement une baie et non une légumineuse : il est donc casher pour Pessa'h. En 1932, en pleine Dépression, il convainc Maxwell House d'offrir une Haggada avec chaque boîte. Plus de soixante millions d'exemplaires distribués depuis.

      Yeshiva University Libraries, Coffee for Passover: The Maxwell House Haggadah in the American Jewish Home, 1932 and Beyond (2019) ; chiffre de soixante millions arrêté en 2022

    48. 1923

      Machine à café de Raoul Felice Bossini, brevet américain n° 1 473 898.

      objet
      Une longue chaudière horizontale dessinée en élévation, de laquelle descendent plusieurs groupes de distribution alignés comme les tuyaux d'un orgue, chacun avec son robinet et son porte-filtre ; à côté, un réservoir annexe et sa tuyauterie. La feuille montre la machine de comptoir à plusieurs postes, celle qui permet de servir plusieurs tasses à la file.
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      Une longue chaudière horizontale dessinée en élévation, de laquelle descendent plusieurs groupes de distribution alignés comme les tuyaux d'un orgue, chacun avec son robinet et son porte-filtre ; à côté, un réservoir annexe et sa tuyauterie. La feuille montre la machine de comptoir à plusieurs postes, celle qui permet de servir plusieurs tasses à la file.

      Raoul Felice Bossini (Italie) ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US1473898A/en

    49. 1923

      Machine à faire et à infuser le café de Vittorio Casoletti, Turin, brevet…

      objet
      La machine entière en coupe verticale au centre de la feuille : la chaudière en forme de cloche, le tube montant, la chambre d'infusion et le robinet de distribution alignés sur un même axe, avec le foyer sous le pied. Quatre petites figures détachées donnent le détail du robinet, du joint et du porte-filtre. La pression de vapeur pousse l'eau à travers la mouture : c'est la mécanique italienne de l'entre-deux-guerres.
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      Machine à faire et à infuser le café de Vittorio Casoletti, Turin, brevet américain n° 1 462 322.

      La machine entière en coupe verticale au centre de la feuille : la chaudière en forme de cloche, le tube montant, la chambre d'infusion et le robinet de distribution alignés sur un même axe, avec le foyer sous le pied. Quatre petites figures détachées donnent le détail du robinet, du joint et du porte-filtre. La pression de vapeur pousse l'eau à travers la mouture : c'est la mécanique italienne de l'entre-deux-guerres.

      Vittorio Casoletti, Turin (Italie) ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US1462322A/en

    50. 1924

      Cuve verticale de traitement du café vert de Lawrence K. Watrous, brevet…

      objet
      Une cuve cylindrique fermée, dessinée en coupe verticale, traversée de haut en bas par un faisceau de tubes ; à droite, la vue de dessus montre la plaque perforée qui porte ces tubes, et une troisième figure donne le détail d'un élément. Le liquide circule dans les tubes pendant que les grains occupent le corps de la cuve, dispositif d'échange thermique que l'on retrouvera dans les fermenteurs fermés.
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      Cuve verticale de traitement du café vert de Lawrence K. Watrous, brevet américain n° 1 498 410, planche de dessin.

      Une cuve cylindrique fermée, dessinée en coupe verticale, traversée de haut en bas par un faisceau de tubes ; à droite, la vue de dessus montre la plaque perforée qui porte ces tubes, et une troisième figure donne le détail d'un élément. Le liquide circule dans les tubes pendant que les grains occupent le corps de la cuve, dispositif d'échange thermique que l'on retrouvera dans les fermenteurs fermés.

      Lawrence K. Watrous, Minneapolis ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US1498410A/en

    51. 1924

      Dépulpeuse à café de J. C. H. Grant, brevet américain n° 1 496 265, planche de…

      objet
      En haut, la machine en coupe : les cerises glissent d'une trémie inclinée entre deux rouleaux garnis, et la pulpe arrachée tombe dans un caisson séparé. Le bas de la feuille est occupé par six figures de détail qui développent à plat le grain de la surface travaillante, cannelures droites, cannelures obliques, picots : la planche est en réalité un catalogue de textures, car c'est la texture qui fait la séparation.
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      Dépulpeuse à café de J. C. H. Grant, brevet américain n° 1 496 265, planche de dessin.

      En haut, la machine en coupe : les cerises glissent d'une trémie inclinée entre deux rouleaux garnis, et la pulpe arrachée tombe dans un caisson séparé. Le bas de la feuille est occupé par six figures de détail qui développent à plat le grain de la surface travaillante, cannelures droites, cannelures obliques, picots : la planche est en réalité un catalogue de textures, car c'est la texture qui fait la séparation.

      Josceline Charles Herbert Grant ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US1496265A/en

    52. 1924

      Machine à faire le café de Manuel Iglesias, brevet américain n° 1 493 984.

      objet
      Deux grandes coupes. La première montre le corps de la machine, une enveloppe évasée en forme de cloche renversée qui coiffe la chambre d'infusion, avec la tubulure d'arrivée et le volant de manœuvre. La seconde ouvre le mécanisme, engrenages et vis de pression qui serrent la galette de mouture. La mouture n'est plus seulement traversée, elle est comprimée.
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      Deux grandes coupes. La première montre le corps de la machine, une enveloppe évasée en forme de cloche renversée qui coiffe la chambre d'infusion, avec la tubulure d'arrivée et le volant de manœuvre. La seconde ouvre le mécanisme, engrenages et vis de pression qui serrent la galette de mouture. La mouture n'est plus seulement traversée, elle est comprimée.

      Manuel Iglesias ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US1493984A/en

    53. 1925

      Ouverture de la station de Balehonnur (CCRI, Inde)

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      Ouverture de la station de Balehonnur (CCRI, Inde) ; croisements arabica × canephora dès 1927.

      Cheney, Coffee: a monograph of the economic species (1925)

    54. 1925

      Ralph Cheney publie sa monographie des espèces économiques du genre Coffea.

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      Cheney, Coffee: a monograph of the economic species (1925)

    55. 1926

      Percolateur à filtration lente de Lloyd S. Roberts, brevet américain n° 1 581…

      objet
      L'appareil en coupe verticale occupe la gauche de la feuille : le réservoir supérieur, la chambre à mouture au milieu et le récipient de réception en bas, reliés par un ajutage étroit qui règle le débit. À droite, deux figures de détail montrent la pièce de réglage et le disque perforé. Le brevet porte le nom de « french drip percolator », celui que les catalogues américains donnaient à la cafetière à filtration lente.
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      Percolateur à filtration lente de Lloyd S. Roberts, brevet américain n° 1 581 871.

      L'appareil en coupe verticale occupe la gauche de la feuille : le réservoir supérieur, la chambre à mouture au milieu et le récipient de réception en bas, reliés par un ajutage étroit qui règle le débit. À droite, deux figures de détail montrent la pièce de réglage et le disque perforé. Le brevet porte le nom de « french drip percolator », celui que les catalogues américains donnaient à la cafetière à filtration lente.

      Lloyd S. Roberts ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US1581871A/en

    56. 1927

      Identification de l'hybride de Timor, croisement spontané arabica × canephora,…

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      Identification de l'hybride de Timor, croisement spontané arabica × canephora, tétraploïde et fertile.

      La rouille est arrivée à Timor vers 1886. Dans les années 1920, sur une plantation portugaise de l'île, des arbres ne tombent pas malades : un croisement spontané entre un arabica et un canephora. Contrairement aux hybrides antérieurs, diploïdes et stériles, celui-ci est tétraploïde et autofertile comme l'arabica, ce qui permet de le rétrocroiser. Identifié en 1927, il devient au CIFC d'Oeiras le géniteur des Catimors (1959) et des Sarchimors. Son introgression couvre 7 à 11 % du génome de ses descendants, porte les gènes de résistance du chromosome 4, et une pénalité de qualité mesurable (Salojärvi 2024, Yang 2026). La même année, à Balehonnur, en Inde, on commence à croiser arabica et canephora.

      Salojärvi et al. 2024, p. 726 ; McCook 2019, p. 134 ; LC ch. 14

    57. 1927

      Fondation de la Federación Nacional de Cafeteros de Colombia, qui organise les…

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      Fondation de la Federación Nacional de Cafeteros de Colombia, qui organise les producteurs, garantit l'achat et financera Cenicafé (1938).

      Federación Nacional de Cafeteros de Colombia, historique ; Wikipedia

    58. 1929

      Piza compte 2n = 44 chromosomes chez l'arabica, 22 chez les autres caféiers.

      objet
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      Piza, au Brésil, compte 44 chromosomes chez l'arabica et 22 chez tous les autres caféiers cultivés. Coste, en 1955, consigne le chiffre et note qu'on ne peut en tirer aucune conclusion. Il tenait la clé de l'origine allotétraploïde, canephora × eugenioides, et ne pouvait pas la lire : elle ne sera établie que des décennies plus tard, et datée en 2024.

      Coste 1955, p. 331 ; LC ch. 14

    59. 1929–1930

      Krach de 1929

      argent
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      Krach de 1929 : les cours du café s'effondrent avec les stocks accumulés par la « valorisation » ; le Brésil est en crise avant même la révolution de Vargas.

      Ukers 1935 ; Daily Coffee News (2021) ; LC ch. 18

    60. 1929

      L'Italien Attilio Calimani brevette la cafetière à piston avec joint autour du…

      objet
      Trois dessins techniques, dont deux en coupe, montrant des cafetières à filtre et leur circulation d'eau.
      Dessins de brevets de cafetières françaises anciennes, 1922
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      L'Italien Attilio Calimani brevette la cafetière à piston avec joint autour du filtre : la French press moderne.

      Brevet italien Attilio Calimani, 1929 ; Barista Hustle, The History of French Press

    61. 1929

      Machine à café express de grand débit d'Angelo Torriani, Pavie, brevet…

      objet
      Une haute machine verticale dessinée en coupe sur toute la hauteur de la feuille : la chaudière en colonne, les organes de réglage étagés le long du fût, et en bas le groupe de distribution avec son porte-filtre et sa grille d'égouttage. Le titre du brevet, « large output express coffee machine », dit l'objet du dessin : tenir la cadence d'un café italien de grande ville.
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      Machine à café express de grand débit d'Angelo Torriani, Pavie, brevet américain n° 1 709 290.

      Une haute machine verticale dessinée en coupe sur toute la hauteur de la feuille : la chaudière en colonne, les organes de réglage étagés le long du fût, et en bas le groupe de distribution avec son porte-filtre et sa grille d'égouttage. Le titre du brevet, « large output express coffee machine », dit l'objet du dessin : tenir la cadence d'un café italien de grande ville.

      Angelo Torriani, Pavie (Italie) ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US1709290A/en

    62. 1929

      Procédé et appareil de Steven Birnie, Gombong (Java), pour dégager l'amande des…

      objet
      Quatre figures. En haut, l'appareil en coupe longitudinale : un cylindre horizontal à trémie d'entrée, dans lequel un arbre garni de doigts fait rouler les cerises contre une paroi ajourée. En dessous, trois coupes transversales successives montrent le jeu qui se resserre le long de la machine, et par où les résidus sont évacués au fur et à mesure.
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      Procédé et appareil de Steven Birnie, Gombong (Java), pour dégager l'amande des cerises de café, brevet américain n° 1 737 071.

      Quatre figures. En haut, l'appareil en coupe longitudinale : un cylindre horizontal à trémie d'entrée, dans lequel un arbre garni de doigts fait rouler les cerises contre une paroi ajourée. En dessous, trois coupes transversales successives montrent le jeu qui se resserre le long de la machine, et par où les résidus sont évacués au fur et à mesure.

      Steven Birnie, Gombong, Java (Indes néerlandaises) ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US1737071A/en

    63. 1929

      Krach de Wall Street

    64. 1930

      Appareil à faire le café de Theodore C. Miller, Brooklyn, brevet américain n° 1…

      objet
      En haut de la feuille, deux grands ovales hachurés montrent à plat le tissu filtrant, tendu puis relâché. En dessous, la coupe de l'appareil fait voir le cône de filtration suspendu au-dessus du récipient, avec l'armature qui maintient la toile et l'ajutage qui règle l'écoulement. C'est un brevet de filtre en tissu, la solution qui a précédé le papier dans les cuisines américaines.
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      Appareil à faire le café de Theodore C. Miller, Brooklyn, brevet américain n° 1 767 544.

      En haut de la feuille, deux grands ovales hachurés montrent à plat le tissu filtrant, tendu puis relâché. En dessous, la coupe de l'appareil fait voir le cône de filtration suspendu au-dessus du récipient, avec l'armature qui maintient la toile et l'ajutage qui règle l'écoulement. C'est un brevet de filtre en tissu, la solution qui a précédé le papier dans les cuisines américaines.

      Theodore C. Miller, Brooklyn (New York) ; United States Patent Office, Washington ; https://patents.google.com/patent/US1767544A/en

    65. 1931–1936

      Collectes britanniques en Éthiopie

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      Collectes britanniques en Éthiopie : l'accession Geisha plantée à Lyamungu (VC-496) ; Whalley en collecte dix livres en 1936.

      En 1931, une mission britannique collecte des graines sauvages en Éthiopie pour les programmes du Kenya, de l'Ouganda et du Tanganyika. Une accession étiquetée « Geisha » est plantée à Lyamungu sous le numéro VC-496. En 1936, le consul Richard Whalley en collecte dix livres près du mont Gesha avec l'aide des Tishana. 1953 : des plants de Lyamungu entrent au CATIE, T2722. 1963 : Don Pachi Serracín les plante à Boquete pour leur tolérance à la rouille. Ils y restent un café médiocre au rendement faible pendant quarante ans.

      Rincón et al., Revista Mexicana de Ciencias Agrícolas (INIFAP) ; WCR 2025, fiche Geisha, p. 38

    66. 1931–1944

      Le Brésil détruit 78,2 millions de sacs de café exportable, brûlés à Santos,…

      argent
      Halle où des sacs pleins sont alignés sous des goulottes de remplissage, à côté de piles de sacs cousus.
      Intérieur d'un entrepôt de nettoyage et de classement à Santos, 1922
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      Le Brésil détruit 78,2 millions de sacs de café exportable, brûlés à Santos, jetés à la mer, utilisés comme combustible de locomotive ou comme remblai : l'équivalent de trois récoltes mondiales.

      La valorisation de 1906 avait appris au Brésil à stocker ; le krach de 1929 le laisse avec des stocks invendables et une récolte record. À partir de 1931, sous le ministre des Finances Oswaldo Aranha puis le Conselho Nacional do Café créé par Vargas en 1932, l'État rachète le café et le détruit : brûlé sur les quais de Santos, jeté à la mer au large des côtes, brûlé dans les chaudières des locomotives, enfoui comme remblai sous des routes. Le total, jusqu'en 1944, atteint 78,2 millions de sacs, environ 4,7 millions de tonnes, soit plus que trois récoltes mondiales de l'époque. C'est l'épisode qui fonde la logique des accords internationaux d'après-guerre : plutôt organiser la rareté que brûler l'abondance.

      Daily Coffee News, 90 Years Ago… (2021) ; Time, Brazil: Smoke & Mirth (1936) ; Conselho Nacional do Café

    67. 1932

      Wilson Mayne publie dans Nature la génétique mendélienne de la résistance à la…

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      Wilson Mayne publie dans Nature la génétique mendélienne de la résistance à la rouille et ses races.

      IAC ; Setotaw et al. 2013 ; LC ch. 14

    68. 1932

      Création de l'Instituto Agronômico de Campinas (IAC) comme centre de sélection…

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      Création de l'Instituto Agronômico de Campinas (IAC) comme centre de sélection du café ; Krug et Carvalho y fondent la génétique du caféier.

      IAC ; Setotaw et al. 2013 ; LC ch. 14

    69. janvier 1932

      Au Salvador, où quatorze familles tiennent le café et la terre, la révolte…

      révolution
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      Au Salvador, où quatorze familles tiennent le café et la terre, la révolte paysanne menée par Farabundo Martí est écrasée : la Matanza fait de dix à trente mille morts en quelques semaines. Le café avait fait le pays, et sa dictature.

      Le Salvador s'était converti au café après la chute de l'indigo ; les terres communales indiennes furent privatisées en 1881-1882 au profit des planteurs, et une oligarchie qu'on appela « les quatorze familles » tint le pays. Quand les cours s'effondrèrent en 1929-1931, les salaires des cueilleurs suivirent. Le soulèvement de janvier 1932, dans l'ouest caféier, fut réprimé par le général Hernández Martínez en quelques semaines ; les estimations vont de dix à trente mille morts, en majorité des paysans indiens. Le café explique la richesse, la concentration des terres et la violence de la réponse.

      Anderson, Matanza: El Salvador's Communist Revolt of 1932 (1971) ; Pendergrast 1999, ch. 8 ; Paige, Coffee and Power (1997)

    70. 1932

      pourquoi l'orange

      Planche numérotée de vingt et une boîtes de fer-blanc et paquets de café de marques américaines.
      Différents types de contenants pour le café en 1922
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      General Foods rachète Sanka à Roselius et lance une campagne massive : entre autres, la maison expédie gratuitement à des milliers de restaurants américains des verseuses neuves à col orange, couleur du paquet. Le message voulu était « ici on sert du Sanka ». Le message reçu fut « ici, l'orange, c'est le décaféiné ». La marque a quitté les comptoirs, la couleur est restée, et elle sert encore de code partout dans le monde.

      Sprudge, A brief history of decaf and the color orange ; The Takeout, How orange became the new black for decaf coffee pots ; Wikipedia, Sanka, consultés le 18/09/2026

    71. 1931–1935

      Les Scott Laboratories sélectionnent SL28 (fond Bourbon) puis SL34 (fond…

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      Les Scott Laboratories sélectionnent SL28 (fond Bourbon) puis SL34 (fond Typica).

      WCR 2025, fiches SL28 p. 75 et SL34 p. 76

    72. 1933

      Alfonso Bialetti crée la Moka Express en aluminium

      objet
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      Alfonso Bialetti crée la Moka Express en aluminium : l'espresso domestique italien, par la vapeur.

      Bialetti, historique de la Moka Express (1933)

    73. 1936

      S.288 diffusé en Inde

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      S.288 diffusé en Inde ; K7 sélectionné au Kenya.

      CCRI ; WCR 2025, fiche K7, p. 47

    74. 1937

      L'IAC commence la sélection du Caturra, mutation naine repérée vingt ans plus…

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      L'IAC commence la sélection du Caturra, mutation naine repérée vingt ans plus tôt.

      WCR 2025, fiche Caturra, p. 30

    75. 1938

      Fondation de Cenicafé à Chinchiná, en Colombie.

      objetpénurie
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      Cenicafé

    76. 1938

      Le 1er avril, Nestlé lance le Nescafé depuis l'usine d'Orbe

      objetpénurie
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      Le 1er avril, Nestlé lance le Nescafé depuis l'usine d'Orbe : un café soluble né d'une demande brésilienne, écouler les excédents des années 1930.

      Nestlé, Nescafé marks its 75th anniversary (2013) : lancement en Suisse le 1er avril 1938, usine d'Orbe ; Musée national suisse, blog, octobre 2018 ; document de formation professionnelle, café soluble, p. 2

    77. 1939

      Début de la Seconde Guerre mondiale

    78. 1941–1942

      Collectes sur le plateau de Boma (Soudan)

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      Collectes sur le plateau de Boma (Soudan) : Rume Sudan et Barbuk Sudan.

      Crop Trust & WCR 2017 ; Cafe Imports, glossaire

    79. 1941

      Peter Schlumbohm, chimiste allemand émigré à New York, invente la Chemex,…

      objet
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      Peter Schlumbohm, chimiste allemand émigré à New York, invente la Chemex, cafetière-filtre en verre à collier de bois.

      Chemex Corporation, historique ; Schlumbohm, brevet US 1941

    80. 1943

      Mundo Novo, croisement naturel Typica × Bourbon, trouvé à Urupês.

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      WCR 2025, fiche Mundo Novo, p. 58 ; Setotaw et al. 2013

    81. hiver 1943

      Un hydravion parti de Foynes pour New York fait demi-tour après des heures de…

      objetpénurie
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      Un hydravion parti de Foynes pour New York fait demi-tour après des heures de mauvais temps. Chargé de réchauffer les passagers, le chef Joe Sheridan met du whiskey irlandais dans le café et le coiffe de crème. À un passager qui demande si c'est du café brésilien, il répond que non, c'est du café irlandais. Le chroniqueur Stanton Delaplane le rapporte en 1952 et le fait reconstituer au Buena Vista de San Francisco.

      Foynes Flying Boat & Maritime Museum, Irish Coffee Centre ; Buena Vista Cafe, San Francisco, historique

    82. 1945–1946

      S.795 (S.288 × Kent) diffusé

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      S.795 (S.288 × Kent) diffusé : première variété résistante largement cultivée.

      WCR 2025, p. 73 ; Wikipedia, S795 coffee

    83. 1945

      Capitulation du Japon et bombes atomiques

    84. 1946

      Le cà phê trứng naît d'une pénurie de lait

      pénurie
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      Le cà phê trứng naît d'une pénurie de lait. Pendant la guerre d'Indochine, Nguyễn Văn Giang, barman à l'hôtel Metropole de Hanoï, remplace la crème introuvable par un jaune d'œuf battu avec du lait concentré. Le café Giang, qu'il ouvre ensuite, est aujourd'hui tenu par son fils.

      Sofitel Legend Metropole Hanoi, historique de l'établissement ; Café Giang, Hanoï

    85. 1947

      Indépendance de l'Inde

    86. 1948

      Achille Gaggia commercialise à Milan la machine à levier

      objet
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      Achille Gaggia commercialise à Milan la machine à levier : neuf bars de pression, une crema que personne n'avait vue, l'espresso moderne est né.

      La machine de Bezzera et Pavoni poussait l'eau par la vapeur, à moins de deux bars, et le café en sortait brûlé et mince. Achille Gaggia, cafetier milanais, brevette en 1938 puis commercialise en 1948 un piston à levier : le barista arme un ressort, l'eau à 90 degrés est poussée à neuf bars à travers la mouture, et une mousse dorée apparaît, qu'on baptise crema et qu'il faut d'abord expliquer aux clients inquiets. L'espresso moderne, court, dense, avec sa crema, date de ce levier ; l'E61 de Faema en 1961 remplace le bras de l'homme par une pompe et fixe le standard.

      Gaggia, historique ; brevet italien Achille Gaggia 1938 ; Barista Hustle, Bezzera, Pavoni and Arduino

    87. 1949

      Année faste

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      Année faste : Pacas au Salvador, Pache au Guatemala, croisement Catuaí à Campinas, début de Tekisic.

      Coffee Research Foundation, Kenya ; Coste 1955, p. 323

    88. 1949

      Ouverture de la station de Ruiru au Kenya, qui donnera son nom à Ruiru 11.

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      Coffee Research Foundation, Kenya ; Coste 1955, p. 323

    1950 → 2000

    1950 à 2000

    Lire le chapitre

    38 repères du café, 5 jalons du monde

    Photographie de deux hommes accroupis dans le désert autour d'un foyer de sable chaud, où sont enfoncées des cafetières à long bec et des ustensiles servant à préparer le café.
    Bédouins préparant le café dans le sable, 1960
    1. 1950

      L'IAC lance le programme Icatu (canephora tétraploïdisé × Bourbon).

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      IAC ; Setotaw et al. 2013 (Icatu Vermelho, 1992)

    2. 1952

      Le Pan-American Coffee Bureau, financé par les producteurs latino-américains,…

      réclame
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      Le Pan-American Coffee Bureau, financé par les producteurs latino-américains, lance la campagne « Give yourself a Coffee-Break » : la pause-café entre au vocabulaire et dans le droit du travail américain.

      Pendergrast 1999, ch. 12 ; Pan-American Coffee Bureau, campagne 1952

    3. 1953

      Des plants Geisha de Lyamungu entrent au CATIE sous le numéro T2722.

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      WCR 2025, fiche Geisha, p. 38 ; Rincón et al. (INIFAP)

    4. 1954

      Au Kenya, le plan Swynnerton autorise enfin les paysans africains à cultiver le…

      révolution
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      Au Kenya, le plan Swynnerton autorise enfin les paysans africains à cultiver le café, réservé depuis 1900 aux colons européens ; dix ans plus tard, ils en produisent la majorité.

      Swynnerton, A Plan to Intensify the Development of African Agriculture in Kenya (1954) ; Pendergrast 1999, ch. 13

    5. 1955

      Fondation du CIFC à Oeiras (Portugal)

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      Fondation du CIFC à Oeiras (Portugal) ; Coste publie « Les caféiers » et écrit encore que la rouille n'existe pas en Amérique.

      McCook 2019, p. 132-133 ; Coste 1955, p. 224

    6. 1957

      Le frappé grec naît d'un manque d'eau chaude

      objetpénurie
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      Le frappé grec naît d'un manque d'eau chaude. À la foire internationale, Dimitris Vakondios, employé de Nestlé venu présenter une boisson chocolatée qui se prépare au shaker, ne trouve pas d'eau chaude pour son café soluble et le secoue à l'eau froide dans le shaker de la démonstration. La mousse obtenue deviendra la boisson nationale grecque.

      Nestlé Hellas ; Perfect Daily Grind, An Exploration of Greek Frappés (2020)

    7. 1958

      Pacamara (Pacas × Maragogipe) à l'ISIC.

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      WCR 2025, fiche Pacamara, p. 64

    8. 1959

      Le CIFC croise HdT 832/1 × Caturra

      réclame
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      Le CIFC croise HdT 832/1 × Caturra : naissance des Catimors.

      Au CIFC, on croise l'hybride de Timor 832/1 avec Caturra : la résistance de l'un, le port nain de l'autre. Le résultat n'est pas une variété mais une famille : chaque pays en tire ses lignées, T5175 et T8667 au Costa Rica, Costa Rica 95, IHCAFE 90 et Lempira au Honduras, Oro Azteca au Mexique, Cauvery en Inde, Ateng à Sumatra, P4 au Yunnan. Un jugement porté sur un Catimor du Honduras en 2009 ne vaut pas pour une sélection colombienne de 2023.

      WCR 2025, p. 27 ; CIFC

    9. 1959

      La Federación Nacional de Cafeteros crée avec l'agence Doyle Dane Bernbach le…

      réclame
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      La Federación Nacional de Cafeteros crée avec l'agence Doyle Dane Bernbach le personnage de Juan Valdez : un pays devient une marque.

      Federación Nacional de Cafeteros ; Doyle Dane Bernbach, campagne Juan Valdez (1959)

    10. 1959

      Brevet Achille Gaggia n° 2 898 844, machine à infuser le café.

      objet
      Feuille 1 du brevet d'Achille Gaggia, dessinée à plat comme un plan de mécanique : le bâti vu de l'intérieur, la pompe et son volant à gauche, le groupe de percolation au centre, et la timonerie du levier tracée en diagonale jusqu'à la poignée. C'est le piston commandé au levier qui remplace ici la pression de vapeur par une pression d'eau bien plus forte, et fait apparaître la crème au-dessus de la tasse.
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      Feuille 1 du brevet d'Achille Gaggia, dessinée à plat comme un plan de mécanique : le bâti vu de l'intérieur, la pompe et son volant à gauche, le groupe de percolation au centre, et la timonerie du levier tracée en diagonale jusqu'à la poignée. C'est le piston commandé au levier qui remplace ici la pression de vapeur par une pression d'eau bien plus forte, et fait apparaître la crème au-dessus de la tasse.

      Giovanni Achille Gaggia, Milan ; brevet américain n° 2 898 844, « Machines for Infusing Coffee and Like Liquid Extracts », United States Patent Office, Washington, 1959 ; https://patents.google.com/patent/US2898844A/en

    11. 1961

      Faema lance l'E61 d'Ernesto Valente

      objet
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      Faema lance l'E61 d'Ernesto Valente : pompe électrique, échangeur thermique, groupe à pré-infusion. La plupart des machines d'aujourd'hui en descendent.

      Faema, E61 (1961) ; Ernesto Valente, brevet

    12. 1961

      Gagarine, premier homme dans l'espace

    13. 1962

      Premier Accord international sur le café

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      Premier Accord international sur le café : quotas d'exportation, jusqu'à leur effondrement en 1989.

      Premier Accord international sur le café, signé sous l'égide des Nations unies en pleine guerre froide : des quotas d'exportation pour tenir les prix et, en filigrane, tenir les pays producteurs loin de l'influence cubaine. Le système s'effondre en 1989 ; McCook y voit le passage à la phase néolibérale de l'histoire de la rouille, où la vulnérabilité des vergers change de nature.

      ICO ; McCook 2019, p. 173 ; LC ch. 18

    14. 1963

      Don Pachi Serracín plante le Geisha à Boquete (Panama).

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      Rincón et al. (INIFAP) ; WCR 2025, p. 38

    15. 1964–1966

      Missions FAO puis ORSTOM en Éthiopie

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      Missions FAO puis ORSTOM en Éthiopie : les accessions qui nourrissent encore la sélection.

      Crop Trust & WCR, Global Conservation Strategy (2017), p. 9-11

    16. 1966

      Alfred Peet ouvre à Berkeley Peet's Coffee & Tea et torréfie foncé de l'arabica

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      Alfred Peet ouvre à Berkeley Peet's Coffee & Tea et torréfie foncé de l'arabica : le modèle de Starbucks, fondé à Seattle le 30 mars 1971 par trois de ses admirateurs.

      Peet's Coffee, historique (Berkeley, 1966) ; Starbucks, Our Original Store (30 mars 1971)

    17. 1967

      Fondation du Jimma Agricultural Research Center en Éthiopie.

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      JARC / EIAR

    18. 1969

      Premiers pas sur la Lune

    19. 1970

      La rouille est détectée à Bahia

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      La rouille est détectée à Bahia ; la « barrière sanitaire » échoue dès 1971. Toute l'Amérique est désormais concernée.

      En 1955, Coste pouvait encore écrire que la rouille n'existe pas en Amérique. En 1966 elle atteint l'Angola, dernier verrou avant l'Atlantique. En 1970 elle est détectée à Bahia ; le Brésil tente une barrière sanitaire, une ligne sur une carte, qui échoue dès 1971. En moins d'un siècle depuis Ceylan, le champignon est sur tous les continents producteurs, et tout ce qui a été sélectionné depuis l'a été contre lui.

      McCook 2019, p. 143-146 ; LC ch. 13

    20. 1971

      Épidémie de CBD au Kenya

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      Épidémie de CBD au Kenya : elle déclenche Ruiru 11 et, en Éthiopie, le programme de Jimma (1973).

      L'épidémie de coffee berry disease au Kenya, en 1971, détruit une part de la récolte et pousse la Coffee Research Foundation à créer Ruiru 11, hybride F1 composite diffusé en 1985. En Éthiopie, la même maladie, entrée dans le pays au début des années 1970, déclenche le programme de Jimma : à partir de 1973, des arbres-mères locaux sont criblés pour leur résistance, et 74110 puis 74112 sont diffusés en 1979.

      McCook 2019 ; JARC ; Green Coffee Collective, JARC varieties

    21. 1972

      Diffusion du Catuaí au Brésil.

      objet
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      Setotaw et al. 2013, table 1 ; WCR 2025, p. 29

    22. 1972

      Mr

      objet
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      Mr. Coffee, première cafetière filtre électrique domestique, remplace le percolateur dans les cuisines américaines.

      The Henry Ford Museum, Mr. Coffee electric coffee maker ; Vincent Marotta

    23. 1974

      Erna Knutsen emploie pour la première fois l'expression « specialty coffee »…

      mot
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      Erna Knutsen emploie pour la première fois l'expression « specialty coffee » dans Tea & Coffee Trade Journal, pour les petits lots de microclimats qu'elle importe ; la SCAA est fondée en 1982.

      Erna Knutsen, entretien dans Tea & Coffee Trade Journal (1974), première occurrence de « specialty coffee » ; SCA, historique ; Roast Magazine, Evolving the Concept of Specialty Coffee, part 1

    24. 17–18 juillet 1975

      La gelée noire au Brésil

      argent
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      La gelée noire au Brésil : environ 1,5 milliard d'arbres tués, le Paraná dévasté ; le prix mondial va plus que tripler.

      Dans la nuit du 17 au 18 juillet 1975, une gelée dite noire s'abat sur le Paraná et le sud de São Paulo. Pendergrast la décrit comme la pire du siècle : environ un milliard et demi d'arbres tués, plus de la moitié du verger brésilien. Les cours mondiaux montent pendant deux ans, jusqu'au sommet de mars 1977 à plus de 3 dollars la livre ; c'est la hausse la plus forte, en valeur réelle, de l'histoire moderne du café. La plantation se déplace vers le nord, dans le Minas Gerais, qui devient le premier État producteur.

      Pendergrast, Uncommon Grounds (1999), ch. 18 ; Daily Coffee News (2014)

    25. 1975

      Fin de la guerre du Vietnam

    26. 1977

      Pic historique

      argent
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      Pic historique : l'arabica dépasse 3 dollars la livre à New York en mars 1977, niveau réel jamais retrouvé depuis.

      ICO, séries de prix ; Daily Coffee News (2014) ; Beverage Daily (2011)

    27. 1979

      JARC diffuse 74110 et 74112.

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      JARC ; Green Coffee Collective ; Kofio

    28. 1982

      Cenicafé lance la Variedad Colombia.

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      Cenicafé lance la Variedad Colombia, un composite de lignées Caturra × HdT 1343 en génération F5, un an avant l'arrivée de la rouille en Colombie (1983). C'est l'exemple le plus net d'une variété prête avant la maladie. Elle devient Castillo en 2005, avec des versions régionales, et occupe aujourd'hui plus de 40 % du verger colombien. Pendant le Big Rust, la Colombie perd 33 % de sa production, bien moins que ses voisins.

      Cenicafé ; WCR 2025, fiche Catimor 129, p. 27

    29. 1983

      La rouille atteint la Colombie

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      La rouille atteint la Colombie ; Variedad Colombia, lancée l'année précédente, est prête.

      Cenicafé ; McCook 2019, p. 171

    30. 1985

      Ruiru 11 diffusé au Kenya.

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      WCR 2025, fiche Ruiru 11, p. 71

    31. 1986

      Nestlé lance Nespresso, la capsule d'Éric Favre

      objet
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      Nestlé lance Nespresso, la capsule d'Éric Favre ; en 1987 Howard Schultz rachète Starbucks et y greffe le bar italien.

      Nestlé Nespresso, Our history (1986) ; Britannica, Starbucks

    32. 1988

      Le 15 novembre, Nico Roozen, Frans van der Hoff et Solidaridad lancent aux…

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      Le 15 novembre, Nico Roozen, Frans van der Hoff et Solidaridad lancent aux Pays-Bas le label Max Havelaar, premier label de commerce équitable, face à l'effondrement des cours.

      Stichting Max Havelaar, label lancé le 15 novembre 1988 aux Pays-Bas par Nico Roozen, Frans van der Hoff et Solidaridad ; Guinness World Records, first fair trade coffee label

    33. 1988

      Le Costa Rica interdit par la loi la culture du canephora sur son territoire,…

      interdit
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      Le Costa Rica interdit par la loi la culture du canephora sur son territoire, pour pousser ses planteurs vers l'arabica : seul pays producteur à l'avoir jamais fait. Une tentative d'abrogation échoue en 2018 faute des deux tiers du Congrès, et plusieurs sources font pourtant état d'une ouverture accordée aux zones chaudes au titre de l'adaptation au climat. Le verger reste presque entièrement en arabica.

      Daily Coffee News (février 2018) sur la tentative d'abrogation ; BeanScene ; le texte législatif costaricien lui-même reste à retrouver

    34. 1989

      Effondrement du système de quotas de l'Accord international sur le café

      argent
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      Effondrement du système de quotas de l'Accord international sur le café ; les prix chutent, la phase néolibérale commence (McCook).

      Le système de quotas mis en place par l'Accord international de 1962 s'effondre en juillet 1989 quand les membres ne parviennent pas à renouveler les clauses économiques. Les prix chutent, les instituts nationaux du café s'affaiblissent, l'Instituto Brasileiro do Café est dissous en 1990. McCook y lit le passage à la troisième phase de l'histoire de la rouille : après la phase coloniale et celle de la Guerre froide, une phase où la vulnérabilité des vergers tient à la disparition des filets institutionnels autant qu'au champignon.

      McCook 2019, p. 173 ; ICO ; LC ch. 18

    35. 1989

      Chute du mur de Berlin

    36. 1990

      IHCAFE 90 au Honduras, puis Lempira

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      IHCAFE 90 au Honduras, puis Lempira : les Catimors deviennent la base des vergers d'Amérique centrale.

      IHCAFE ; WCR 2025, fiches IHCAFE 90 p. 42 et Lempira p. 50

    37. 1990–1991

      Dissolution de l'Instituto Brasileiro do Café

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      Dissolution de l'Instituto Brasileiro do Café ; Pinhalense construit la première machine à « cereja descascado », le café dépulpé sans fermentation que le Costa Rica popularisera sous le nom de honey.

      LC ch. 17b (Pinhalense, cereja descascado)

    38. 1991 → 2001

      La première webcam du monde était braquée sur une cafetière

      objet
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      La première webcam du monde était braquée sur une cafetière. Au laboratoire d'informatique de Cambridge, Quentin Stafford-Fraser et Paul Jardetzky installent une caméra sur la cafetière de la Trojan Room pour savoir, depuis leur bureau, s'il en reste : 128 sur 128 pixels en niveaux de gris, rafraîchis toutes les quelques secondes. Branchée sur Internet en novembre 1993, elle est éteinte le 22 août 2001 ; la dernière image montre la cafetière qu'on débranche.

      Quentin Stafford-Fraser, The Trojan Room Coffee Pot, récit de première main ; University of Cambridge Computer Laboratory

    39. 1993

      IAPAR 59 au Brésil

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      IAPAR 59 au Brésil ; premières variétés clonales de Conilon (Emcapa).

      IAPAR (Setotaw 2013 donne 1992 pour l'enregistrement) ; Ferrão et al. 2020

    40. 1994

      Au Rwanda, l'effondrement des cours après 1989 a ruiné les planteurs de café,…

      révolution
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      Au Rwanda, l'effondrement des cours après 1989 a ruiné les planteurs de café, première ressource du pays ; les historiens du génocide comptent cette faillite parmi ses conditions. Les stations de lavage reconstruites après 2000 feront du café rwandais un café de spécialité.

      Le café représentait jusqu'aux trois quarts des exportations rwandaises ; l'État fixait le prix aux planteurs et vivait de la marge. La fin des quotas en 1989 divisa le cours mondial par deux, le programme d'ajustement structurel dévalua le franc rwandais, et des centaines de milliers de familles rurales perdirent leur seul revenu monétaire. Les historiens qui étudient l'économie politique du génocide, Kamola, Verwimp, ne font pas du café une cause, mais une condition : une paysannerie ruinée et une administration sans ressources. Après 2000, avec l'aide américaine et le projet PEARL, le Rwanda construisit des stations de lavage et devint une origine de spécialité, avec sa première Cup of Excellence en 2008.

      Kamola, The Global Coffee Economy and the Production of Genocide in Rwanda, Third World Quarterly 28 (2007) ; Verwimp, Journal of Development Economics (2003) ; Cup of Excellence Rwanda 2008

    41. 1994

      Mandela élu président de l'Afrique du Sud

    42. 1990–2000

      Le Vietnam multiplie sa production par quinze en dix ans, presque tout en…

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      Le Vietnam multiplie sa production par quinze en dix ans, presque tout en canephora, et devient le deuxième producteur mondial.

      USDA FAS, Coffee Annual Vietnam ; Sucafina, Vietnam

    43. 1999

      Première Cup of Excellence, au Brésil

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      Première Cup of Excellence, au Brésil : les variétés deviennent un argument de prix.

      Alliance for Coffee Excellence ; LC ch. 18

    depuis 2000

    Depuis 2000

    Lire le chapitre

    38 repères du café, 5 jalons du monde

    Photographie macro d'une cerise de café encore verte sur sa branche, percée à son extrémité d'un trou noir net d'à peine un millimètre, entouré d'une auréole brunie.
    Trou d'entrée du scolyte dans une cerise de café, Mudigere, Inde, 2013
    1. 2000

      Obatã diffusé par l'IAC.

      réclame
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      IAC ; Setotaw et al. 2013 (enregistrement 1996)

    2. 2000

      Premier championnat du monde de barista, à Monte-Carlo

      réclame
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      Premier championnat du monde de barista, à Monte-Carlo ; en 2002 Trish Rothgeb nomme la « troisième vague » dans la lettre de la Roasters Guild.

      World Barista Championship, historique (Monte-Carlo, 2000) ; Rothgeb, Roasters Guild newsletter (2002)

    3. 2001

      La crise du café

      argent
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      La crise du café : prix réels au plus bas depuis 1900, sous les niveaux de 1930 ; l'ICO tient sa première conférence mondiale à Londres en mai.

      Entre 1997 et 2001, le prix indicatif de l'ICO passe d'environ 1,50 dollar la livre à un tiers de cette valeur. En dollars constants, ce sont les prix les plus bas depuis 1900, sous ceux de la dépression de 1930. Deux causes se cumulent : la fin des quotas en 1989 et l'arrivée massive du canephora vietnamien, dont la production a été multipliée par quinze entre 1990 et 2000. L'ICO tient sa première World Coffee Conference à Londres en mai 2001 ; les certifications, le commerce équitable et le café de spécialité prennent leur essor sur ce fond de crise.

      ICO, Overview of the coffee crisis (ED 1865) ; première World Coffee Conference, Londres, mai 2001

    4. 2001

      Attentats du 11 septembre

    5. 2002

      Tabi en Colombie

      Coffea arabica 'bourbon pointu' from Sliti farm in Reunion island.jpg, 2017
      Coffea arabica 'bourbon pointu' from Sliti farm in Reunion island.jpg, 2017
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      Tabi en Colombie ; relance du Laurina à la Réunion.

      Cenicafé ; Cirad (relance du Laurina)

    6. 2004

      Best of Panama

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      Best of Panama : l'Hacienda La Esmeralda présente son Geisha séparément. Le marché des variétés bascule.

      Best of Panama 2004 : l'Hacienda La Esmeralda de la famille Peterson présente séparément le Geisha planté par Don Pachi en 1963. Le lot bouleverse la hiérarchie des prix et fait de la variété un argument de vente mondial. Le nom est depuis apposé sur des plants qui n'en ont pas la génétique ; la lignée panaméenne documentée descend de T2722, et Salojärvi (2024) la rattache aux accessions sauvages du mont Gesha.

      Best of Panama 2004 ; WCR 2025, p. 38 ; LC ch. 16

    7. 2004

      La Specialty Coffee Association fixe le formulaire de dégustation qui régira la…

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      La Specialty Coffee Association fixe le formulaire de dégustation qui régira la notation jusqu'en 2024.

      SCA ; LC ch. 18

    8. 2004

      Le Coffee Quality Institute lance le système Q et ses dégustateurs certifiés

      objet
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      Le Coffee Quality Institute lance le système Q et ses dégustateurs certifiés ; en 2005 sortent la Hario V60 et l'AeroPress d'Alan Adler.

      Coffee Quality Institute, About (2004) ; Hario, Birth of the V60 ; Alan Adler, AeroPress (2005)

    9. 2004

      l'arabica sans caféine

      Feuille d'herbier d'un caféier sauvage des Comores, deux rameaux séchés fixés sur le carton avec leurs petites feuilles coriaces, accompagnés de l'étiquette de récolte imprimée et de l'échelle de couleurs de numérisation.
      Planche d'herbier de Coffea humblotiana, caféier sans caféine de Mayotte, 2001
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      Une équipe de l'Institut agronomique de Campinas publie dans Nature une note de quelques paragraphes : en criblant trois mille caféiers éthiopiens, elle a trouvé trois arabicas presque dépourvus de caféine, faute de l'enzyme qui la fabrique. Ce sont des arabicas, donc croisables avec les variétés cultivées sans passer par une espèce sauvage. Le nom Decaffito est déposé sur cette perspective. Vingt-deux ans plus tard, rien ne se vend : entre un caractère trouvé sur un arbre et une variété diffusée, il y a plusieurs générations d'une plante qui fructifie à quatre ans.

      Silvarolla, Mazzafera et Fazuoli, A naturally decaffeinated arabica coffee, Nature 429 (2004), p. 826

    10. 2005

      Castillo remplace Variedad Colombia.

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      Cenicafé ; The Colombian Coffee Company, fiche Castillo

    11. 2006

      À la fazenda Camocim, dans l'Espírito Santo, Henrique Sloper voit des jacus —…

      falsificationanimal
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      À la fazenda Camocim, dans l'Espírito Santo, Henrique Sloper voit des jacus — un oiseau sauvage protégé au Brésil — dévorer ses cerises. Son exploitation étant en biodynamie, il ne peut ni les chasser ni les traiter : il ramasse ce qu'ils laissent. Un nuisible devenu le café le plus cher du pays, et le seul de la famille des cafés d'animaux qui ne mette personne en cage.

      Camocim Estate, Pedra Azul (Espírito Santo) ; Atlas Obscura, Jacu Bird Coffee ; AFP, septembre 2023

    12. 2007

      Après un conflit sur les marques Sidamo, Harar et Yirgacheffe déposées par…

      Alignées de part et d'autre d'une longue table éclairée au néon, des trieuses écartent à la main les grains défectueux d'une nappe de café vert.
      Le tri manuel du café vert à Addis-Abeba, 2011
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      Après un conflit sur les marques Sidamo, Harar et Yirgacheffe déposées par l'Éthiopie, Starbucks signe un accord de licence avec Addis-Abeba : le nom d'une origine vaut quelque chose.

      Oxfam, accord Starbucks-Éthiopie (juin 2007) ; Ethiopian Intellectual Property Office

    13. 2007–2013

      Le Big Rust

      Coffee berries in Hacienda Guayabal, Colombia.jpg, 2020
      Coffee berries in Hacienda Guayabal, Colombia.jpg, 2020
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      Le Big Rust : Colombie −33 %, Salvador −57 %, Mexique −46 % ; 373 585 travailleurs déplacés en Amérique centrale. Des variétés « résistantes » tombent.

      Le Big Rust : Colombie de 2007 à 2011, puis l'arc Pérou-Mexique en 2012-2013. Colombie −33 %, Amérique centrale −16 %, Salvador −57 %, Mexique −46 %, Pérou −39 % ; 373 585 travailleurs déplacés en Amérique centrale selon PROMECAFÉ. Le déclencheur n'est pas « il fait plus chaud » mais « les nuits sont moins froides » : la hausse des minimales nocturnes raccourcit la latence du champignon et l'emmène en altitude (McCook). Des variétés censées résister tombent : Lempira perd sa résistance en 2017.

      McCook 2019, p. 171-178

    14. 2008

      Crise financière mondiale

    15. 2010

      Batian au Kenya

      Bassins de béton en gradins servant au lavage et au tri des cerises, devant les hangars du domaine.
      Bassins de lavage d'une station de traitement au Kenya, 2025
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      Batian au Kenya ; Centroamericano (H1) diffusé.

      WCR 2025, fiches Batian p. 19 et Centroamericano p. 31

    16. 2011

      Les cours repassent au-dessus de 3 dollars la livre pour la première fois…

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      Les cours repassent au-dessus de 3 dollars la livre pour la première fois depuis 1977, avant la chute qui accompagnera le Big Rust.

      ICO, indicateur composite ; Beverage Daily (avril 2011)

    17. 2012

      Arara enregistré au Brésil.

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      World Coffee Research, historique

    18. 2012

      Fondation de World Coffee Research

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      Fondation de World Coffee Research ; premiers essais multilocaux de variétés dans 15 pays.

      World Coffee Research, historique

    19. 2014

      Publication des génomes de Coffea canephora (Denoeud et al., Science) et d'un…

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      Publication des génomes de Coffea canephora (Denoeud et al., Science) et d'un premier assemblage de l'arabica.

      Le génome de Coffea canephora paraît dans Science (Denoeud et al.), premier génome complet d'un caféier ; un premier assemblage de l'arabica suit la même année. La génomique remplace les marqueurs microsatellites : une variété peut désormais être authentifiée par empreinte, et les noms commerciaux commencent à être confrontés aux génotypes.

      Denoeud et al., Science 345 (2014) ; Salojärvi et al. 2024

    20. 2015

      Saša Šestić remporte le championnat du monde de barista avec un lot colombien…

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      Saša Šestić remporte le championnat du monde de barista avec un lot colombien en macération carbonique, technique empruntée au Beaujolais.

      World Barista Championship 2015 ; LC ch. 17b

    21. 2015

      Accord de Paris sur le climat

    22. 2016

      Cenicafé 1.

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      Cenicafé

    23. 2017

      Starmaya, premier F1 par graines

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      Starmaya, premier F1 par graines ; premier test ADN du Pink Bourbon (DNA Analytica) ; Lempira perd sa résistance.

      WCR 2025, fiche Starmaya p. 79 ; Cafe Imports, Pink Bourbon (2023) ; IHCAFE

    24. 2018

      Redécouverte de C. stenophylla à l'état sauvage en Sierra Leone.

      Carte de l'Afrique de l'Ouest où une teinte colorée limite l'aire naturelle de Coffea stenophylla à une étroite bande côtière couvrant la Sierra Leone, la Guinée et la Côte d'Ivoire.
      Carte de l'aire de répartition de Coffea stenophylla, 2022
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      Davis et al., Nature Plants (2020-2021) ; LC ch. 21

    25. 2018

      Fusion de Rainforest Alliance et d'UTZ

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      Fusion de Rainforest Alliance et d'UTZ : 400 000 producteurs et près d'un million d'hectares certifiés revendiqués en 2019 ; la certification bio couvrait 890 000 hectares en 2017.

      Rainforest Alliance, rapport 2024 ; ITC Coffee Guide 2021 ; LC ch. 18

    26. 2019

      Davis et al

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      Davis et al. : 60 % des 124 espèces sauvages de Coffea sont menacées d'extinction.

      Davis et al., Science Advances 5 (2019) ; LC ch. 21

    27. 2019

      Zhang, De Bruyn, Pothakos et De Vuyst publient dans Frontiers in Microbiology…

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      Zhang, De Bruyn, Pothakos et De Vuyst publient dans Frontiers in Microbiology le premier jeu de données complet sur la fermentation du café, au Yunnan, à 1 300 m.

      Zhang et al., Frontiers in Microbiology (2019) ; LC ch. 17b

    28. 2020

      Qima Coffee annonce le groupe « Yemenia ».

      Torréfaction à la poêle en fonte, James Dennis' Coffee, Section, paroisse de Portland, Jamaïque, 2018
      Torréfaction à la poêle en fonte, James Dennis' Coffee, Section, paroisse de Portland, Jamaïque, 2018
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      Qima Coffee ; Montagnon et al. 2021

    29. 2020

      La pandémie ferme les cafés du monde

      Mot-symbole PXL Roasters, écran-titre de Coffee Quest, 2026
      Mot-symbole PXL Roasters, écran-titre de Coffee Quest, 2026
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      La pandémie ferme les cafés du monde ; la consommation bascule à domicile, les prix flambent puis chutent, l'ICO publie sa série Coffee Break sur les effets de la COVID-19.

      ICO, Coffee Break Series n° 1 à 5 (2020) ; ICO, Coffee Market Reports 2020

    30. 2020

      Pandémie de COVID-19

    31. 2021

      Davis et al

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      Davis et al. décrivent la tasse de C. stenophylla redécouvert et sa tolérance à la chaleur.

      Davis et al., Nature Plants 7 (2021) ; LC ch. 21

    32. 2021

      L'ITC publie la quatrième édition du Coffee Guide

      Un distributeur automatique de boissons chaudes portant l'inscription Coffee and Sweet Tea, installé en extérieur devant un paysage de montagnes
      Distributeur automatique de café et de thé en plein air, 2021
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      L'ITC publie la quatrième édition du Coffee Guide : pour 2019/20, 55 % de la production mondiale est arabica ; un chapitre entier sur les marchés à terme et la couverture.

      ITC, The Coffee Guide, 4e éd. (2021)

    33. 2022

      Montagnon et al

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      Montagnon et al. : au Yémen, aucun lien entre nom vernaculaire et génotype.

      Montagnon et al., Agronomy 12 (2022), p. 9-11

    34. 2022

      Invasion de l'Ukraine par la Russie

    35. 2023

      Second test ADN du Pink Bourbon (RD2 Vision)

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      Second test ADN du Pink Bourbon (RD2 Vision) : landrace éthiopienne. Poster généalogique WCR.

      Cafe Imports, Pink Bourbon: cryptozoology and genetics (2023) ; WCR poster 2024

    36. 2023

      La Cup of Excellence refond son règlement, tolérance zéro pour les ingrédients…

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      La Cup of Excellence refond son règlement, tolérance zéro pour les ingrédients étrangers hors levures et mosto ; la SCA prend le chemin inverse pour ses championnats, applicable au mondial de 2024.

      Cup of Excellence, règlement 2023 ; SCA, règles 2024 ; LC ch. 17b

    37. 31 mai 2023

      L'Union européenne adopte le règlement contre la déforestation importée, EUDR,…

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      L'Union européenne adopte le règlement contre la déforestation importée, EUDR, qui exigera pour le café une géolocalisation des parcelles ; son application, prévue fin 2024, est reportée.

      Le règlement (UE) 2023/1115 interdit de mettre sur le marché européen du café issu de parcelles déboisées après le 31 décembre 2020 et impose une déclaration de diligence raisonnée avec les coordonnées de chaque parcelle. Pour douze millions d'exploitations dont 95 % font moins de cinq hectares, la géolocalisation est un coût réel. Prévue pour le 30 décembre 2024, l'application a été reportée d'un an par le règlement 2024/3234, puis rediscutée ; les pays producteurs, l'Éthiopie et l'Indonésie en tête, ont dénoncé une barrière commerciale, tandis que les négociants investissaient dans les cartes.

      Règlement (UE) 2023/1115 du 31 mai 2023 ; règlement (UE) 2024/3234 (report) ; ITC 2021, p. 2 pour les 12,5 millions d'exploitations

    38. 2024

      Salojärvi et al

      Hemileia vastatrix - coffee leaf rust.jpg, 2011
      Hemileia vastatrix - coffee leaf rust.jpg, 2011
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      Salojärvi et al. datent l'arabica de 610 000–350 000 ans et cartographient l'introgression du Timor.

      Trois signes la même année. Au Best of Panama, quatre cafés infusés sont disqualifiés pour altération : le débat sur ce qu'on met dans la cuve devient une question de règlement. Le 5 novembre, la Specialty Coffee Association remplace le formulaire de dégustation en vigueur depuis 2004, et sépare pour la première fois la description de l'évaluation. Enfin l'ICO publie Beyond Coffee : la pulpe, le mucilage, la parche, la pellicule et le marc représentent, pour une campagne à 165 millions de sacs, un gisement plus gros que la récolte.

      Salojärvi et al., Nature Genetics 56 (2024)

    39. 2024

      Best of Panama

      Logo PXL Roasters, écran-titre de Coffee Quest, 2026
      Logo PXL Roasters, écran-titre de Coffee Quest, 2026
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      Best of Panama : quatre cafés infusés disqualifiés. Le 5 novembre, la SCA remplace son formulaire de dégustation de 2004. L'ICO publie Beyond Coffee, sur ce qu'on jette : un gisement plus gros que la récolte à venir.

      Trois signes la même année. Au Best of Panama, quatre cafés infusés sont disqualifiés pour altération : le débat sur ce qu'on met dans la cuve devient une question de règlement. Le 5 novembre, la Specialty Coffee Association remplace le formulaire de dégustation en vigueur depuis 2004, et sépare pour la première fois la description de l'évaluation. Enfin l'ICO publie Beyond Coffee : la pulpe, le mucilage, la parche, la pellicule et le marc représentent, pour une campagne à 165 millions de sacs, un gisement plus gros que la récolte.

      Best of Panama 2024 ; SCA, 5 novembre 2024 ; ICO, Beyond Coffee (2024) ; LC ch. 18 et 20

    40. 2025

      Catalogue WCR révisé

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      Catalogue WCR révisé : 117 fiches. Au Brésil, 97,55 % des cultivars descendent de Typica et Bourbon.

      WCR, Coffee Varieties Catalog 2025, p. 10

    41. février 2025

      Le 11 février, l'arabica atteint 440,85 cents la livre à New York, plus haut de…

      argent
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      Le 11 février, l'arabica atteint 440,85 cents la livre à New York, plus haut de toute l'histoire du contrat C : gel et sécheresse au Brésil, stocks au plus bas. Le même mois, un Geisha panaméen se vend 10 000 dollars le kilo aux enchères.

      ICE Futures US, contrat C, plus haut historique 440,85 cents la livre le 11 février 2025 ; Barchart ; Santo Café, Why arabica prices hit an all-time record (2025)

    42. 2025/26

      L'USDA prévoit une production mondiale record de 178,8 millions de sacs pour…

      Photographie rapprochée d'un petit gobelet à café ancien, sombre et patiné, posé au creux d'une main ouverte, devant une fenêtre en contre-jour.
      Ancienne tasse à café kafa, Éthiopie, 2014
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      L'USDA prévoit une production mondiale record de 178,8 millions de sacs pour 2025-2026 : Brésil 65, Vietnam 31,7, Éthiopie 11,6 et Indonésie 11,3 millions, ces deux derniers au plus haut historique.

      USDA FAS, Coffee: World Markets and Trade, juin 2025 et juillet 2026

    43. 2026

      Yang et ses coauteurs publient dans Agriculture la revue From Germplasm to Cup

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      Yang et ses coauteurs publient dans Agriculture la revue From Germplasm to Cup : de la génétique à la tasse, y compris la pénalité de qualité liée à l'introgression du Timor.

      Yang et al., Agriculture (2026)

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    Ailleurs sur le site, les passages qui parlent des mêmes choses que cette planche. Calculé sur le texte, pas choisi à la main.

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