PXL Roasters
  • La chronique
  • Planche VIII · section 09 sur 19

    Le protocole

    Dessin au crayon sur papier brun représentant de profil une cafetière d'argent : le corps galbé, le bec verseur, l'anse et le couvercle sont relevés au trait, avec une annotation manuscrite en haut de la feuille.
    Dessin d'atelier d'une cafetière Tiffany, modèle 8473
    InstrumentMesurePrincipeMarques citéesLimite
    RéfractomètreTDS de la boisson (%)indice de réfraction + calibrationVST, Atago, DiFluidcomposition, température, fines
    ConductimètreTDS de l'eau (ppm)conductivité × 0,5-0,7stylos EC± 30 % ; muet sur l'alcalinité
    Colorimètredegré de torréfactionréflectance proche infrarougeAgtron, Neuhaus, Probat, Lighttellséchelles non convertibles ; surface seulement
    Humidimètre, aw-mètreeau du vertcapacitance ; équilibre de vapeurSinar, Kett, Rotronicseuils 12,5 % et 0,7
    GC-MS, GC-Ovolatils, odorants clésséparation, masse, nezlaboratoirescoût ; non-volatils absents
    Nez électroniqueempreinte volatilecapteurs à oxydes métalliquesprototypes depuis 1992dérive, humidité, recalibration
    Coffrets d'arômesmémoire du nezflacons de référenceLe Nez du Café (36), Scentone (100), Olfactorium (48)pédagogique, pas une mesure
    Gagné 2021 ; SCAA 1995 et 2004 ; Gardner et al. 1992 ; CQI

    Le protocole que la SCAA publie en 2004 fixe des chiffres que le monde entier adopte. Les échantillons sont torréfiés en 8 à 12 minutes, à une couleur claire à moyennement claire (Agtron 58 en grain, 63 en moulu sur l'échelle Gourmet), et reposent entre 8 et 24 heures. La mouture est un peu plus grossière que pour un filtre, 70 à 75 % des particules passant un tamis américain de maille 20, et elle se fait bol par bol, au plus 15 minutes avant l'eau, en purgeant le moulin entre deux cafés.

    Le rapport est de 8,25 g de café pour 150 mL d'eau, à 0,25 g près, ce qui donne 5,5 g par 100 mL ; cinq bols par échantillon. L'eau est propre, sans odeur, entre 125 et 175 ppm de solides dissous, ni distillée ni adoucie, versée à 93 °C directement sur la mouture. Après quatre minutes (au plus cinq), on casse la croûte en poussant trois fois la mouture vers l'arrière avec le dos de la cuillère, nez au ras du bol, on écume, puis on aspire à la cuillère en faisant entrer de l'air.

    On juge la saveur et l'arrière-goût vers 71 °C, l'acidité, le corps et l'équilibre entre 70 et 60 °C, et la douceur, l'uniformité et la propreté quand la liqueur approche 37 °C ; on cesse d'évaluer sous 21 °C.

    SCAA, Cupping Protocols (2004, révisés 2015) ; Lingle, The Coffee Cupper's Handbook, 4e éd. (2011)

    Les variantes de maison sont nombreuses, et chacune dit ce que son auteur cherche. Un protocole de formation professionnelle français en donne un bon exemple : il reprend la trame de la SCAA et y ajoute plusieurs exigences.

    Le cadre d'abord. On déguste entre 8 et 11 heures du matin, dans une pièce sans parfum ni téléphone : rien qui sente, rien qui distraie. Il faut deux dégustateurs au moins et trois bols par café, parce que la grille note justement la constance d'un bol à l'autre.

    La torréfaction ensuite. On mesure la densité du lot, puis on torréfie 100 g dans un torréfacteur à échantillons, en 8 à 12 minutes, sortis avant le second craquement. La couleur visée va de 85 à 95 en grain et de 100 à 120 en moulu, mesurée au Neuhaus Colortest II.

    L'infusion garde le rapport de la SCAA, 8,25 g pour 150 mL. L'eau titre de 50 à 150 ppm et se verse à 93 °C. La fourchette est étroite, et le protocole dit pourquoi : au-delà de 95 °C « on brûle », en dessous de 90 « on sous-extrait ». Quatre minutes, puis trois mouvements pour casser la croûte.

    Vient alors un geste que la SCAA n'impose pas : on contrôle la concentration au réfractomètre VST avant de noter. Il s'agit de s'assurer que les bols comparés ont tous la même force, faute de quoi on noterait une dilution plutôt qu'un café.

    La lecture suit enfin l'horloge et le thermomètre. Les odeurs se jugent 3 à 4 minutes après l'infusion. Les arômes se jugent à 71 °C, vers 8 à 10 minutes, parce que c'est là qu'ils sont au maximum. La matière, la vivacité et la douceur se jugent entre 71 et 60 °C, en repassant deux ou trois fois sur les bols.

    document de formation professionnelle, guide de dégustation, p. 2-6

    Dans cette planche

    1. 01Ce que le grain vert contientUn grain vert ne sent presque rien et ne contient aucun des arômes du café torréfié.
    2. 02Ce que la chaleur en faitDeux familles de réactions gouvernent la torréfaction, et ce sont celles de la croûte de pain et du caramel.
    3. 03Cinq saveurs, et le toucherLa langue distingue cinq saveurs, pas quatre : le sucré, le salé, l'acide, l'amer, et l'umami.
    4. 04Le nez, deux foisPresque tout ce qu'on croit goûter, on le sent.
    5. 05Nommer : du vocabulaire de négoce à la roueLe vocabulaire moderne naît avec Ted Lingle, directeur exécutif de la Specialty Coffee Association of America.
    6. 06L'acidité, six acides et une confusionL'acidité est la saveur qui sépare un café complexe d'un café plat, et celle que les torréfacteurs déguisent en « vivacité » pour ne pas effrayer.
    7. 07Combien d'acide citrique dans un café ? Six réponsesPuisqu'on vient de nommer six acides, une question simple : combien y en a-t-il ? Six sources publiées répondent, et la comparaison est instructive pour qui veut lire de la littérature scien…
    8. 08Le cupping, d'où vient le gesteJusqu'à la fin du XIXe siècle, presque tous les cafés achetés et vendus aux États-Unis étaient jugés sur l'apparence du grain vert ou torréfié.
    9. 09Le protocoleLe protocole que la SCAA publie en 2004 fixe des chiffres que le monde entier adopte.
    10. 10La grille de 2004 et ce que valent 80 pointsLa grille de la SCAA, approuvée par son comité des standards techniques en 2003 et publiée en 2004 avec le protocole, note dix attributs sur une échelle de 6 à 10 par quarts de point : fragrance/arôme, saveur, arrière-goût, acidité, corps, équilibre, uniformité, propreté de tasse, douceur et impression générale.
    11. 11Cinq formulaires, cinq philosophiesIl n'existe pas une grille de notation mais plusieurs, et la seule façon de s'y retrouver est de se demander, pour chacune, à quelle question elle répond.
    12. 12Quand la chimie discrimine, et ce qu'elle discrimine vraimentOn aimerait qu'une analyse chimique puisse dire à la place du dégustateur si un café est bon.
    13. 13Le Q GraderLe Coffee Quality Institute, organisme à but non lucratif créé par la SCAA, lance en 2004 le programme Q Grader.
    14. 14Les défauts de tasse et leur causeLe défaut le mieux élucidé est le rio, ce goût médicinal, phénolique ou iodé.
    15. 15Ce que chaque maillon changeLa synthèse de 2026 permet de dire, maillon par maillon, ce qui est établi.
    16. 16L'extraction : Lockhart, 18 à 22 %, et ce qu'on en a faitCe qui arrive dans la tasse dépend de deux nombres qu'il ne faut pas confondre.
    17. 17Les instruments : ce que chacun mesure, et ce qu'il rateLe réfractomètre part d'un principe optique simple : la lumière est déviée quand elle traverse un liquide, et l'angle de cette déviation dépend de ce qu'il y a dedans.
    18. 18Aujourd'huiLa grille de 2004 n'est plus le standard. La SCA a d'abord interrogé 1 600 dégustateurs dans le monde.
    19. 19Continuer la baladeAilleurs sur le site, les passages qui parlent des mêmes choses que cette planche.
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