Le Q Grader

Le Coffee Quality Institute, organisme à but non lucratif créé par la SCAA, lance en 2004 le programme Q Grader. Le but n'est pas de distribuer un titre de plus. Il est de donner aux pays producteurs des évaluateurs que les acheteurs reconnaissent, parce qu'une note ne vaut rien tant que l'autre partie s'en méfie.
La licence certifie un dégustateur calibré sur la grille de 2004. Le cours dure six jours, trois de révision et trois d'examens, soit une vingtaine d'épreuves réparties en neuf modules. L'essentiel porte moins sur ce que le candidat sait que sur ce que ses sens font.
- Dégustations notéesen calibration avec l'instructeur, c'est-à-dire en vérifiant qu'on note comme lui.
- Triangulationstrouver le bol différent parmi trois.
- Reconnaissance olfactiveles 36 flacons du Nez du café de Jean Lenoir.
- Seuilsrepérer le sucré, le salé et l'acide en solution.
- Acides organiquesapparier l'acétique, le citrique, le malique et le phosphorique.
- Torréfactionidentifier le degré de cuisson.
- Défautsclasser ceux du vert sur 350 g, puis ceux du torréfié.
- Connaissance généralela seule épreuve qui relève de la tête plutôt que du nez.
La licence se recalibre tous les trois ans. Elle atteste un état des sens à une date, pas un diplôme acquis une fois pour toutes.
En vingt ans, le CQI a certifié environ 10 000 Q Graders arabica et canephora selon la presse professionnelle, « plus de 8 000 » selon son propre communiqué. Deux chiffres pour un même bilan, et personne n'explique l'écart.
Coffee Quality Institute, Q Grader Exams and Calibrations ; Perfect Daily Grind, mai 2025 ; Daily Coffee News, 25 avril 2025 ; niveau de preuve : institut et presse professionnelleLe 22 avril 2025, la SCA et le CQI annoncent que la SCA reprend le programme au 1er octobre 2025. Le Q Grader est reconstruit sur le Coffee Value Assessment, c'est-à-dire sur le système d'évaluation qui a remplacé l'ancienne grille. Les titulaires ne gardent donc pas leur licence en l'état. Ils doivent suivre le cours « CVA for Cuppers » avant le 31 décembre 2025 pour devenir « Evolved Q Graders ».
Le mécontentement précède la reprise. En octobre 2022 déjà, la SCA reconnaissait que des Q Graders se sentaient « mal servis et mal représentés » par l'administration du programme.
Les réactions publiées vont du soutien à la critique, et chacune vise un point différent. Spencer Turer (Coffee Enterprises) juge que le passage brutal de la grille de 2004 au CVA compromet le lancement. Krzysztof Blinkiewicz (Red Ink Coffee) déplore des décisions prises « dans des bureaux fermés, sans la communauté ». Spencer Ross (UMass Lowell) note que des licenciés ont vu « la valeur de leur certification s'évaporer du jour au lendemain » : le titre qu'ils entretenaient tous les trois ans cesse d'être la référence.
Les termes financiers de la reprise n'ont pas été publiés.
SCA, communiqué du 22 avril 2025 ; Daily Coffee News, 25 avril 2025 ; Perfect Daily Grind, mai 2025 ; Coffee Intelligence, mai 2025Dans cette planche
- 01Ce que le grain vert contientUn grain vert ne sent presque rien et ne contient aucun des arômes du café torréfié.
- 02Ce que la chaleur en faitDeux familles de réactions gouvernent la torréfaction, et ce sont celles de la croûte de pain et du caramel.
- 03Cinq saveurs, et le toucherLa langue distingue cinq saveurs, pas quatre : le sucré, le salé, l'acide, l'amer, et l'umami.
- 04Le nez, deux foisPresque tout ce qu'on croit goûter, on le sent.
- 05Nommer : du vocabulaire de négoce à la roueLe vocabulaire moderne naît avec Ted Lingle, directeur exécutif de la Specialty Coffee Association of America.
- 06L'acidité, six acides et une confusionL'acidité est la saveur qui sépare un café complexe d'un café plat, et celle que les torréfacteurs déguisent en « vivacité » pour ne pas effrayer.
- 07Combien d'acide citrique dans un café ? Six réponsesPuisqu'on vient de nommer six acides, une question simple : combien y en a-t-il ? Six sources publiées répondent, et la comparaison est instructive pour qui veut lire de la littérature scien…
- 08Le cupping, d'où vient le gesteJusqu'à la fin du XIXe siècle, presque tous les cafés achetés et vendus aux États-Unis étaient jugés sur l'apparence du grain vert ou torréfié.
- 09Le protocoleLe protocole que la SCAA publie en 2004 fixe des chiffres que le monde entier adopte.
- 10La grille de 2004 et ce que valent 80 pointsLa grille de la SCAA, approuvée par son comité des standards techniques en 2003 et publiée en 2004 avec le protocole, note dix attributs sur une échelle de 6 à 10 par quarts de point : fragrance/arôme, saveur, arrière-goût, acidité, corps, équilibre, uniformité, propreté de tasse, douceur et impression générale.
- 11Cinq formulaires, cinq philosophiesIl n'existe pas une grille de notation mais plusieurs, et la seule façon de s'y retrouver est de se demander, pour chacune, à quelle question elle répond.
- 12Quand la chimie discrimine, et ce qu'elle discrimine vraimentOn aimerait qu'une analyse chimique puisse dire à la place du dégustateur si un café est bon.
- 13Le Q GraderLe Coffee Quality Institute, organisme à but non lucratif créé par la SCAA, lance en 2004 le programme Q Grader.
- 14Les défauts de tasse et leur causeLe défaut le mieux élucidé est le rio, ce goût médicinal, phénolique ou iodé.
- 15Ce que chaque maillon changeLa synthèse de 2026 permet de dire, maillon par maillon, ce qui est établi.
- 16L'extraction : Lockhart, 18 à 22 %, et ce qu'on en a faitCe qui arrive dans la tasse dépend de deux nombres qu'il ne faut pas confondre.
- 17Les instruments : ce que chacun mesure, et ce qu'il rateLe réfractomètre part d'un principe optique simple : la lumière est déviée quand elle traverse un liquide, et l'angle de cette déviation dépend de ce qu'il y a dedans.
- 18Aujourd'huiLa grille de 2004 n'est plus le standard. La SCA a d'abord interrogé 1 600 dégustateurs dans le monde.
- 19Continuer la baladeAilleurs sur le site, les passages qui parlent des mêmes choses que cette planche.