Les moyens de lutte comparés

| Agent | Leucoptera coffeella (Amérique), L. caffeina (Afrique) |
| Cycle | ~22 j à 25 °C ; 8-12 générations/an ; plus de 50 œufs |
| Conditions | saison sèche, plein soleil, arabica |
| Dispersion | vol ; 1 piège à phéromone pour 4 ha |
| Pertes | 30-70 %, jusqu'à 87 % ; défoliation 75 % |
| Lutte | jusqu'à 20 pulvérisations/an au Brésil, résistances ; parasitisme 8-89 % ; neem ; Siriema VC4 et AS1 résistants |
| Moyen | Pour | Contre | Coût, dates |
|---|---|---|---|
| Fongicides de contact (cuivre, bouillie bordelaise depuis les années 1880) | Préventifs, bon marché, autorisés en bio ; efficaces sous 10 % d'inoculum | Lessivés par la pluie, 3-5 passages par an, bouillie bordelaise jugée peu efficace ; antagonisme avec les systémiques en mélange | Barat 1955 : 6-10 hl/ha par passage ; Brésil : 4-5 passages à 30 jours |
| Fongicides systémiques et mésostémiques (triazoles, années 1970 ; strobilurines, années 1990) | Curatifs, agissent sur l'infection en cours, moins de passages | Coût, résistances possibles, pas en bio ; retrait progressif de molécules (chlorpyrifos côté insecticides, LMR UE 0,01 mg/kg en 2020) | 60 % des produits homologués au Brésil ; ligne de coût permanente qui décide qui continue |
| Variétés résistantes (Kent 1911, S.795 1946, Catimor 1959, Colombia 1982, Ruiru 11 1985, Castillo 2005, F1 2010-2019) | Protection continue sans passage ; seule réponse à l'échelle d'un pays | Contournées en 10 à 40 ans (Lempira 2017, Catimor au Pérou 2024) ; pénalité de tasse liée à l'introgression ; replanter = 3 ans sans récolte ; F1 à cloner | Graine Starmaya ~0,07 $, moitié d'une plantule d'embryogenèse ; cycle de sélection 30 ans, objectif WCR 8 ans |
| Lutte biologique (Prorops nasuta et Beauveria décrits en 1955 ; Lecanicillium depuis les années 1980) | Compatible bio, préserve les auxiliaires ; Beauveria infecte 30-40 % des scolytes ; oiseaux moins 50 % | Efficacité variable selon humidité et température, coût élevé (Beauveria), Lecanicillium jamais probant au champ | Hawaï 2011-2021 : 52 M$ de bénéfices pour Beauveria seul |
| Lutte culturale (ombrage, taille, fumure, hygiène, ramassage, désinfection des plaies, dessouchage, greffage sur canephora) | Sans résidus, agit sur les trois côtés du triangle ; ramassage = base de la lutte contre le scolyte ; greffage = seule réponse aux nématodes | Très gourmande en main-d'œuvre (100 arbres/homme/jour pour les foreurs ; 3 mois de ramassage) ; effets de l'ombrage contradictoires selon le contexte | Vayssière 1955 ; UCDA 2019 ; CATIE 2019 (manuel rouille) |
| Pièges et seuils (5 punaises/arbre 1955 ; Brocap années 1990 ; 30 arbres Hawaï 2012 ; ExpeRoya 2022) | On ne traite que quand cela coûte plus que le traitement ; suivi des vols et des foyers | Pièges surtout indicateurs (piégeage de masse limité) ; seuils mal établis pour la mineuse ; modèles récents et locaux | 15 pièges/ha, éthanol 75 % ; contact sous 5 % d'incidence, systémique au-dessus (Brésil) |
| Éradication et quarantaine | Seule victoire totale : Porto Rico 1903 ; CBD toujours absent des Amériques | Exige une île, un foyer pris tôt et une autorité ; barrière brésilienne franchie en un an (1971) | McCook 2019 |
Le principe de la lutte intégrée, diffusé dans l'agriculture mondiale à partir des années 1960 en réaction aux traitements au calendrier, tient en une phrase : on ne traite pas parce qu'un ravageur est présent, mais parce qu'il dépasse le niveau où il coûte plus que le traitement, et on préserve les auxiliaires qui font l'essentiel du travail gratuitement. Le protocole des cinq arbres et des cinq punaises de Vayssière (1955) en est une formulation complète, sept ans avant que le concept ait un nom.
Toutes les méthodes propres reposent sur des bras : ramasser à la main toutes les baies tombées pendant trois mois, compter des insectes sur une toile, mastiquer cent arbres par jour, désinfecter chaque plaie de taille, dessoucher une parcelle. Coste consigne sans commentaire que des gouvernements fermaient les écoles pendant la récolte pour libérer la main-d'œuvre enfantine. La chimie a prétendu résoudre la question du travail ; la lutte intégrée y revient, et pose chaque fois la question de qui fait le geste, à quel prix et à quel âge.
Le choix d'une variété, note un document de formation professionnelle, se fait selon trois motivations, le rendement, la résistance à une maladie et la qualité en tasse ; ces trois motivations sont rarement compatibles, et c'est tout le sujet de la planche.
Coste 1955, p. 245-251 et 321 ; document de formation professionnelle, « Caféiculture » (p. 6) ; LC ch. 15Dans cette planche
- 01Le triangle de la maladieUne épidémie végétale exige trois choses réunies au même endroit et au même moment : un agent pathogène capable d'attaquer (présent et virulent), un hôte capable d'être attaqué (une plante sensible à cet agent précis), et un environnement qui autorise la rencontre (température, eau libre sur les organes, lumière, conduite culturale).
- 02Champignons, spores, parasites obligatoiresUn champignon n'a pas de chlorophylle : il ne fabrique rien et prélève une matière déjà fabriquée, dans du bois mort, des débris ou une plante vivante.
- 03La rouille orangée : biologie et cycleLes symptômes décrits par Barat en 1955 n'ont pas changé : sur la face inférieure de la feuille, des taches jaunâtres de 1 à 2 mm, dispersées puis coalescentes, translucides à contre-jour comme des taches d'huile sur du papier, couvertes d'une poudre orange vif d'urédospores qui reste sur les doigts.
- 04Ceylan, 1869-1890 : la naissance de la phytopathologieEn 1869, Donald Reid, superintendant du domaine de Galloola, remarque des feuilles qui jaunissent.
- 05Le tour du monde d'un champignon, 1872-2020Rouille orangée
- 06Races, gènes SH et le catalogue d'OeirasPuisque le champignon existe en races, il faut savoir lesquelles, où, et lesquelles ouvrent quoi.
- 07La résistance : Kent, S.795, l'hybride de Timor et sa descendanceScolyte des baies
- 08Le Big Rust, 2008-2013, pays par paysBaisse de production attribuée à l'épidémie de rouille, par pays, entre 2008 et 2013.
- 09Les nuits moins froidesTrachéomycose
- 10L'érosion des résistances, 2017-2024Honduras, janvier 2017 : l'IHCAFE reçoit des signalements de rouille sur Lempira, le Catimor (HdT 832/1 × Caturra) massivement replanté après 2012 et devenu une part importante du verger national.
- 11Diagnostic, surveillance et alerteAnthracnose des baies (CBD)
- 12Le scolyte des baies, l'ennemi capitalHypothenemus hampei (Stephanoderes coffeae chez Vayssière, qui défend ce nom en note et a perdu) est un coléoptère africain.
- 13La trachéomycose : de l'Oubangui à l'OugandaNématodes
- 14L'anthracnose des baies, Kenya 1922 et 1971Barat décrit l'anthracnose sous le nom de Glomerella cingulata, dont la forme asexuée s'appelle Colletotrichum coffeanum.
- 15Nématodes, punaises, mineuses, cochenilles, foreursPunaises Antestiopsis
- 16Maladies de sol, de fruits, et ce qui n'est pas vivantLes pourridiés portent les noms de couleur que les planteurs ont donnés à ce qu'ils voyaient sur les racines déterrées : champignon blanc (Leptoporus lignosus), pourriture brune (Phellinus lamaensis), champignon noir (Rosellinia bunodes, mort apoplectique).
- 17La pharmacopée d'hier et d'aujourd'huiMineuse des feuilles
- 18Les moyens de lutte comparésLe principe de la lutte intégrée, diffusé dans l'agriculture mondiale à partir des années 1960 en réaction aux traitements au calendrier, tient en une phrase : on ne traite pas parce qu'un ravageur est présent, mais parce qu'il dépasse le niveau où il coûte plus que le traitement, et on préserve les auxiliaires qui font l'essentiel du travail gratuitement.
- 19Aujourd'hui : 2023-2026Honduras. L'incidence nationale moyenne de rouille, relevée par l'IHCAFE, est passée de 7,57 % à 8,44 % en mars 2026.
- 20Continuer la baladeAilleurs sur le site, les passages qui parlent des mêmes choses que cette planche.