Maladies de sol, de fruits, et ce qui n'est pas vivant

| Agent | A. orbitalis, A. thunbergii (Afrique de l'Est) |
| Cycle | 2 mois ; adulte 8 mois ; 9-12 œufs, parasités à 70-90 % |
| Conditions | ombrage dense, baies vertes disponibles |
| Dispersion | vol |
| Pertes | grains atrophiés, flottants, stigmatomycose, balais de sorcière ; goût de pomme de terre (Pantoea coffeiphila, 2015) |
| Lutte | seuil 5 punaises/arbre (1955), pyrèthre, taille d'aération, auxiliaires |
Les pourridiés portent les noms de couleur que les planteurs ont donnés à ce qu'ils voyaient sur les racines déterrées : champignon blanc (Leptoporus lignosus), pourriture brune (Phellinus lamaensis), champignon noir (Rosellinia bunodes, mort apoplectique). Les pourridiés à agarics (Armillariella mellea, Clitocybe tabescens) tuent par taches en partant des arbres d'ombrage ; Barat en a vu de plus d'un hectare. L'UCDA décrit pour Armillaria (root rot, collar crack) un bois décomposé en masse blanche humide traversée de lignes noires, des fissures verticales au collet, et une lutte par annelage des arbres avant abattage pour vider les racines de leurs réserves glucidiques, dont le champignon dépend.
Une maladie racinaire ne coûte pas une récolte : deux à trois ans d'attente plus quatre ans avant la première récolte, elle coûte une décennie.
Coste 1955, p. 210-217 (Barat) ; UCDA 2019, p. 86-87 ; LC ch. 15Sur les fruits, trois maladies, dont deux sont datées de leur premier signalement.
- Maladie poudreuseTrachysphaera fructigena, signalée en Gold Coast en 1919.
- Maladie verruqueuseBotrytis cinerea, Kenya vers 1929.
- Red blisterCercospora coffeicola, en Ouganda et à Bukoba (Tanzanie), sur les vieux canephora de semis. Des taches rouges en relief se rejoignent en cloques à centre noir ; les cerises sèchent et se dépulpent mal, si bien que le défaut se paie encore au traitement.
Contre le red blister, aucune chimie n'est proposée. Tout se joue sur la conduite de la parcelle : variétés tolérantes, fumure NPK, taille, espacement, au moins 50 % d'ombrage et drainage. Autrement dit, on retire au champignon le côté « environnement » du triangle au lieu de viser le champignon lui-même.
Sur les feuilles, le catalogue est plus long.
- Yeux brunsCercospora, surtout en pépinière.
- Maladie roseCorticium salmonicolor.
- KolerogaPellicularia koleroga, une des plus graves en Inde.
- Viruela mancha, ou ojo de galloOmphalia flavida, aujourd'hui Mycena citricolor. Exclusivement américaine, 30 à 40 taches par feuille. En recul depuis 2012 en Amérique centrale, mais plus fréquente sur les variétés résistantes à la rouille.
- Fumagines et « lèpre »La fumagine doit son nom à la suie qu'elle imite sur la feuille. La « lèpre », elle, n'est pas due à un champignon mais à une algue, Cephaleuros virescens.
Une ligne de ce catalogue mérite qu'on s'y arrête. L'ojo de gallo se fait plus fréquent sur les variétés résistantes à la rouille. Résister à un champignon ne protège d'aucun autre, et replanter un verger entier en variétés anti-rouille peut déplacer le problème plutôt que le supprimer.
Enfin le black tip, qui noircit l'extrémité des jeunes pousses, n'appartient pas à cette liste : il n'est pas infectieux. Jurion l'a rattaché à une saute de 26 °C en deux heures au lever du soleil, que le tissu jeune ne supporte pas. Aucun produit n'y peut rien, puisqu'il n'y a rien à tuer ; seul l'ombrage amortit l'écart.
Coste 1955, p. 224 et 228-229 (Barat) ; UCDA 2019, p. 86 ; BSPP 2022, p. 21 ; LC ch. 11b et 15Dans cette planche
- 01Le triangle de la maladieUne épidémie végétale exige trois choses réunies au même endroit et au même moment : un agent pathogène capable d'attaquer (présent et virulent), un hôte capable d'être attaqué (une plante sensible à cet agent précis), et un environnement qui autorise la rencontre (température, eau libre sur les organes, lumière, conduite culturale).
- 02Champignons, spores, parasites obligatoiresUn champignon n'a pas de chlorophylle : il ne fabrique rien et prélève une matière déjà fabriquée, dans du bois mort, des débris ou une plante vivante.
- 03La rouille orangée : biologie et cycleLes symptômes décrits par Barat en 1955 n'ont pas changé : sur la face inférieure de la feuille, des taches jaunâtres de 1 à 2 mm, dispersées puis coalescentes, translucides à contre-jour comme des taches d'huile sur du papier, couvertes d'une poudre orange vif d'urédospores qui reste sur les doigts.
- 04Ceylan, 1869-1890 : la naissance de la phytopathologieEn 1869, Donald Reid, superintendant du domaine de Galloola, remarque des feuilles qui jaunissent.
- 05Le tour du monde d'un champignon, 1872-2020Rouille orangée
- 06Races, gènes SH et le catalogue d'OeirasPuisque le champignon existe en races, il faut savoir lesquelles, où, et lesquelles ouvrent quoi.
- 07La résistance : Kent, S.795, l'hybride de Timor et sa descendanceScolyte des baies
- 08Le Big Rust, 2008-2013, pays par paysBaisse de production attribuée à l'épidémie de rouille, par pays, entre 2008 et 2013.
- 09Les nuits moins froidesTrachéomycose
- 10L'érosion des résistances, 2017-2024Honduras, janvier 2017 : l'IHCAFE reçoit des signalements de rouille sur Lempira, le Catimor (HdT 832/1 × Caturra) massivement replanté après 2012 et devenu une part importante du verger national.
- 11Diagnostic, surveillance et alerteAnthracnose des baies (CBD)
- 12Le scolyte des baies, l'ennemi capitalHypothenemus hampei (Stephanoderes coffeae chez Vayssière, qui défend ce nom en note et a perdu) est un coléoptère africain.
- 13La trachéomycose : de l'Oubangui à l'OugandaNématodes
- 14L'anthracnose des baies, Kenya 1922 et 1971Barat décrit l'anthracnose sous le nom de Glomerella cingulata, dont la forme asexuée s'appelle Colletotrichum coffeanum.
- 15Nématodes, punaises, mineuses, cochenilles, foreursPunaises Antestiopsis
- 16Maladies de sol, de fruits, et ce qui n'est pas vivantLes pourridiés portent les noms de couleur que les planteurs ont donnés à ce qu'ils voyaient sur les racines déterrées : champignon blanc (Leptoporus lignosus), pourriture brune (Phellinus lamaensis), champignon noir (Rosellinia bunodes, mort apoplectique).
- 17La pharmacopée d'hier et d'aujourd'huiMineuse des feuilles
- 18Les moyens de lutte comparésLe principe de la lutte intégrée, diffusé dans l'agriculture mondiale à partir des années 1960 en réaction aux traitements au calendrier, tient en une phrase : on ne traite pas parce qu'un ravageur est présent, mais parce qu'il dépasse le niveau où il coûte plus que le traitement, et on préserve les auxiliaires qui font l'essentiel du travail gratuitement.
- 19Aujourd'hui : 2023-2026Honduras. L'incidence nationale moyenne de rouille, relevée par l'IHCAFE, est passée de 7,57 % à 8,44 % en mars 2026.
- 20Continuer la baladeAilleurs sur le site, les passages qui parlent des mêmes choses que cette planche.