Planche VI · section 06 sur 20
Sélectionner un allogame : cinq stratégies en un siècle

| Caractère | C. canephora | C. arabica |
|---|---|---|
| Chromosomes | 2n = 22, diploïde | 2n = 44, allotétraploïde |
| Reproduction | allogame (auto-incompatible) | autogame à plus de 90 % |
| Génome | 568,6 Mb assemblées (710 Mb) | deux sous-génomes, dont un canephora |
| Caféine | 2,7 % | 1,5 % |
| Sucres | 3-7 % | 6-9 % |
| 5-CQA par fruit | 16,9 mg | 13,6 mg |
| Fleur à cerise mûre | 9-11 mois | 6-8 mois |
| Cerises pour 1 kg marchand | 5 kg | 5-7 kg |
| Rendement (Coste) | 700-1 000 kg/ha | 400-600 kg/ha |
| Température | 22-28 °C (UCDA) ; 30/26 °C jour/nuit (Yang) | 20-24 °C de moyenne annuelle |
| Altitude en Ouganda | 900-1 500 m | 1 300-2 300 m |
- Parce que le canephora ne se féconde pas lui-même
- aucune lignée ne se fixe par semis comme chez l'arabica : chaque graine est un hybride entre deux arbres. Les sélectionneurs ont donc essayé cinq voies. La sélection massale et les tests de descendance de Java (1907-1930) retiennent les meilleures mères et sèment leur graine : simple, bon marché, mais la descendance ségrège et le gain se perd en partie à chaque génération
- c'est encore le principe de l'« Elite » ougandaise (1995), donnée à 2 000 kg/ha. La sélection clonale
- rendue possible à Java par le bouturage et le greffage puis généralisée (séries BP et SA 1920-1940, Emcapa 1993, KR 2009-2017, TR vietnamiens), copie à l'identique un individu supérieur : rendement doublé (3 000 à 4 000 kg/ha de café marchand en Ouganda contre 1 500 pour la graine), maturité groupée, résistances certaines, mais obligation de planter plusieurs clones compatibles
- base génétique étroite et pépinières coûteuses. La sélection récurrente réciproque de Côte d'Ivoire (années 1980-1990) croise les groupes guinéen et congolais et exploite l'hétérosis
- +16 à +140 % chez Leroy (1997), au prix de cycles longs. Les variétés-graines issues de clones intercroisés
- TRS1 au Vietnam ou Conquista (2019) au Brésil, cherchent à rendre le progrès génétique accessible aux petites exploitations qui ne peuvent pas acheter de boutures. La sélection génomique enfin
- testée depuis 2025 pour guider les appariements de parents et tirer parti de la vigueur hybride, promet de raccourcir des cycles que Kawuki estime à plus de vingt ans par variété. Le programme Nestlé (clones Roubi 1-10) illustre la voie privée, à parenté non publiée.
À lire ensuiteCe qui vientLe canephora comme avenir, et ses limitesLes deux parlent de clones, de sélection et d'hybride.Les maladiesAujourd'hui : 2023-2026Les deux parlent d'hybride, de graine et de clones.
Section précédenteDeux groupes, puis huit : la géographie génétiqueSection suivanteKouilou, Niaouli, Conilon : la lignée guinéenne et atlantique
Dans cette planche
- 01Une espèce, pas une variétéDans le commerce, le mot robusta désigne toute la production de Coffea canephora.
- 02Découverte et baptême, 1880-1900Presque en même temps, et sans lien avec Pierre, le botaniste belge Émile Laurent repère au Congo un caféier sauvage vigoureux.
- 03Java, 1900-1919 : la rouille fait le lit du canephoraLa rouille orangée a détruit les arabicas de Ceylan à partir de 1869 et atteint Sumatra en 1876 ; dans les Indes néerlandaises, elle chasse l'arabica de tous les districts situés sous 3 500 pieds, soit un peu plus de 1 000 mètres.
- 04Le génome : diploïde, allogame, parent de l'arabicaLe canephora est diploïde, avec 2n = 22 chromosomes et un nombre de base x = 11.
- 05Deux groupes, puis huit : la géographie génétiqueLa structure de l'espèce a été lue deux fois : d'abord au champ, à l'œil, puis dans l'ADN.
- 06Sélectionner un allogame : cinq stratégies en un siècle
- 07Kouilou, Niaouli, Conilon : la lignée guinéenne et atlantiqueLe nom Kouilou vient d'une rivière côtière du sud du Gabon et du Congo, là où l'espèce pousse spontanément.
- 08L'Ouganda : l'espèce sur son terrain natifLe croissant du lac Victoria est l'habitat d'origine du canephora ougandais, et ce n'est pas une figure de style : du canephora sauvage y pousse encore, dans les forêts du bassin du lac et dans les réserves de Kibaale et de Zoka-Adjumani, sur 150 à 400 hectares estimés.
- 09La trachéomycose, 1927-1993La maladie qui a redessiné le canephora africain s'appelle coffee wilt disease, ou trachéomycose.
- 10Agronomie : ce que l'espèce demandeLe manuel ougandais fixe les conditions du canephora, poste par poste.
- 11Multiplier, irriguer, recéper : les options du planteurLe plant. Deux matériels se vendent en pépinière certifiée.
- 12Récolte et traitement : le Kiboko et le lavéDeux récoltes par an, la principale et la « fly crop », décalées d'une région à l'autre (voir le tableau en marge).
- 13Un siècle de parts de marchéLa montée du canephora se lit par période, et chaque palier tient à un régime de marché.
- 14Le Vietnam depuis 1990Le décollage tient à une politique. Le Đổi Mới de 1986 ouvre le marché, autorise l'entreprise privée et la privatisation des terres.
- 15Les robustas fins et le protocole CQIL'idée qu'un canephora puisse être bon n'est pas neuve.
- 16Le prix : le record de 2024-2025Le canephora est coté à Londres, sur l'ICE, par contrats de dix tonnes.
- 17L'hybride de Timor : ce que le canephora donne à l'arabicaSur une plantation de la moitié portugaise de Timor, aujourd'hui Timor-Leste, un arabica et un canephora se sont croisés spontanément.
- 18Ce qui a changé, 2023-2026Quatre faits datés résument l'état de l'espèce.
- 19Planches d’archivesGravures et photographies de l’ouvrage de William Ukers, All About Coffee (1922), tombé dans le domaine public.
- 20Continuer la baladeAilleurs sur le site, les passages qui parlent des mêmes choses que cette planche.