PXL Roasters
  • La chronique
  • Planche VII · section 09 sur 20

    Les constructeurs, un par un

    Vue d'un étage d'usine où des trémies et des goulottes descendent vers les machines de torréfaction.
    Étage supérieur d'une installation Jubilee : torréfacteur, refroidisseur et épierreur
    Configuration (cuisson moyenne, 600 s)kJ par kg de vert
    Tambour à recirculation, post-combustion catalytique1 621
    Idem, très clair / très foncé1 491 / 1 729
    Idem, post-combustion thermique3 426
    Convection rapide, air/grain 0,73, thermique3 266
    Mesuré : tambour 250 kg, catalytique (Dorfner)1 245
    Mesuré : Probat type R, catalytique (Rothfus)1 675
    Mesuré : Probat SP, thermique (Rothfus)4 060
    Schwartzberg, Batch coffee roasting (UMass), table 1 et § Comparisons
    Jabez Burns & Sons, New York (1864)
    • 1864Fondée au 107 Warren Street pour fabriquer le torréfacteur breveté
    • 1867refroidisseur
    • 1867-1874granulateur
    • 1881torréfacteur amélioré
    • 1883torréfacteur d'échantillon
    • 1900flamme directe à porte pivotante
    • 1908cylindre perforé ouvert
    • 1909échantillonneur basculant à gaz ou électrique
    • 1906incorporée
    • 1908usine de six étages à la 43e rue
    • 1917doublée
    • « le plus grand atelier de machines à café des États-Unis » en 1922. Les Jumbo d'Arbuckle et les batteries de vingt-quatre Burns des grandes maisons new-yorkaises en sortent.
    Probat, Emmerich (1868)
    • Emmericher Maschinenfabrik und Eisengiesserei (van Gülpen, Lensing, von Gimborn)
    • 1870sphère
    • brevet 1892, Perfekt au début du XXe siècle
    • série G « groß » en 1930 (dont un modèle dédié à l'espresso)
    • 7 octobre 1944usine détruite
    • 1949reconstruite
    • 1950exportations supérieures aux ventes intérieures
    • 1959nom Probat
    • Jupiter tangentiel en 1969 (presse professionnelle)
    • 1985rachat de Bauermeister
    • 2012centre R&D
    • 2018150 ans
    • mai 2022Neptune 1000 industriel
    • 2022-2023gamme électrique P01/P05 E/P12 E
    • 2022essais à l'hydrogène annoncés
    • 2024rachats de A.C. Horn et Royal Duyvis Wiener
    • 2025marque unifiée « Probat Group »
    Gothot, Mülheim-sur-la-Ruhr

    Ukers cite la maison en 1922 pour son torréfacteur rapide Ideal-Rapid, chauffé au coke ou au gaz, et pour sa version manuelle Favour.

    Le nom du modèle dit son époque. C'est le moment où la « torréfaction rapide » agite le métier allemand, et Gothot vend la vitesse comme argument de catalogue.

    La machine a survécu au constructeur. Schwartzberg cite encore, d'après Rothfus, un « Gothot Rapido Nova » à post-combustion thermique consommant 2 680 kJ/kg. Le chiffre est élevé, et la raison n'est pas dans le tambour. La post-combustion thermique, celle qui brûle les fumées à haute température, est le plus gourmand des traitements d'air.

    Quand Gothot a été absorbé par Probat, on ne le sait pas. La date n'a pas pu être vérifiée dans les sources consultées (voir zones d'ombre).

    Petroncini, Bologne puis Ferrare (1919)

    Ruggero Petroncini fonde la maison en artisan, et avec un parti pris : la convection. C'est-à-dire la chaleur portée par l'air chaud, et non par le contact avec la paroi du tambour. Le choix n'est pas théorique. Moins le grain touche le métal brûlant, moins il risque le roussissement.

    Les engrenages brevetés et le premier tambour de 120 kg arrivent entre 1931 et 1937. Les installations industrielles complètes suivent à partir des années 1980. Le siège passe à Sant'Agostino, près de Ferrare, au début des années 1990.

    En 2005 sort le TMR720, « le plus gros tambour du monde », 720 kg par fournée. La trajectoire tient dans ces deux nombres : partie d'un tambour d'artisan, la maison a fini par revendiquer la plus grosse fournée du marché.

    L'aboutissement est aussi une fin d'indépendance. Petroncini est intégrée au groupe IMA en 2017.

    Officine Vittoria, Italie
    Constructeur italien de tambours artisanaux et semi-industriels ; ni le site ni la presse consultée n'ont fourni de date de fondation vérifiable (voir zones d'ombre).
    Loring Smart Roast, Santa Rosa (1998-2003)

    Brûleur unique et recirculation : le principe est décrit plus haut, dans les technologies. La gamme en est la déclinaison, et ses noms se lisent tout seuls. Le chiffre donne la capacité, de 7 à 70 kg, l'oiseau donne le modèle : S7 Nighthawk, S15 Falcon, S35 Kestrel, S70 Peregrine.

    Deux compléments entourent le tambour. Le système de pesée W70 ramène la conduite à la plus ancienne mesure du métier, la perte de poids entre le vert et le torréfié. Le logiciel Roast Architect, lui, enregistre le profil et en calcule le taux de montée.

    Le parc dépasse 60 pays, ce qui est beaucoup pour un constructeur aussi jeune.

    Diedrich Roasters, Idaho
    • Brûleurs infrarouges au gaz et tambours à chauffe indirecte
    • mars 2016changement de propriétaires au départ des fondateurs
    • juin 2020nouveau siège de 7 400 m²
    • janvier 2022DR-3 remplaçant les IR-1 et IR-2.5
    • avril 2024DR3-E tout électrique
    • décembre 2025DR-280 (quatre sacs)
    Giesen, Ulft (Pays-Bas)

    Giesen construit des tambours à gaz de 1 à 60 kg. C'est toute l'échelle du métier, du torréfacteur d'échantillon à la petite unité industrielle, sans jamais aller vers les fournées de plusieurs centaines de kilos.

    La suite épouse le mouvement général. En juin 2022 arrivent le W6 Pro et l'annonce d'un 15 kg électrique, au moment précis où l'électrification devient le fait dominant du secteur. En février 2024 vient le logiciel Profiler 2.0, maison, comme Loring avec Roast Architect et Aillio avec RoasTime. En mai 2025, la firme est rebaptisée Giesen Roasting Solutions ; en juillet, elle annonce la refonte de ses gammes 6 et 15.

    La date de fondation manque. Les sources qui la donnent n'ont pas été consultables, et on préfère laisser le trou visible.

    IMF, Occhiobello (1994)
    • Chauffe indirectechambre de combustion « vortex » sous régulation PID mélangeant air ambiant et air chaud, brûleur unique servant de post-combustion, recirculation revendiquée jusqu'à 30 % d'économie
    • reprise par Alessandro Garbin en 2010
    • gammes boutique et industrielle
    • ISO 9001 et 14001.
    Stronghold, Séoul

    Stronghold chauffe à l'électricité, et par trois moyens à la fois : l'air chaud, des lampes halogènes et une plaque chauffante. Le trio recouvre exactement les trois façons dont la chaleur entre dans un grain, la convection, le rayonnement et la conduction, décrites plus haut.

    La suite est une série de dates. Décembre 2016 : le S7 est présenté pour les États-Unis. 2022-23 : le S7 Pro devient la machine officielle des championnats américains. Une machine de concours doit être assez répétable pour que les concurrents soient jugés sur leur conduite et non sur leur matériel.

    Le 28 mai 2025 sont dévoilés le S8X, de 4,5 kg, et le S2 compact. Le S2 passe en vente mondiale en avril 2026.

    Aillio
    • Bullet R1 de 1 kg à induction
    • présenté en 2015 avant sa commercialisation
    • 2019mise à jour et annonce du Bullseye 2 kg
    • 2022AiO 2 kg
    • Bullet R2 et R2 Pro en juillet 2024, logiciel RoasTime, compatibilité Cropster et Artisan
    • août 2026showroom en Amérique latine (Salvador)
    Ikawa, Londres

    Torréfacteurs d'échantillon à lit fluidisé pilotés par application :

    • 2018Pro V3
    • 2020application Pro 3.0
    • 2021Pro100 à capacité doublée
    • 2022formulaire de dégustation numérique
    • 2023Pro100x
    • 2025Pro50X
    • 2026Ikawa Go
    • 2023partenariats Algrano (2020) et Bühler
    Bühler, Uzwil (Suisse)
    • Groupe d'ingénierie alimentaire revendiquant plus de cinquante ans de torréfaction
    • tambours RoastMaster jusqu'à une tonne par heure avec régulation « Infinity Profile Control » du rapport air/grain
    • usine « ultra basses émissions » planifiée avec Joh. Johannson (Norvège) en 2018
    • partenariat Ikawa en 2023.
    Neuhaus Neotec, Ganderkesee (1931)

    La maison naît à Delmenhorst et commence en fabriquant sous licence Burns. Les moulins et les torréfacteurs continus brevetés à New York se construisent ainsi en Allemagne, sous contrat, avant que le constructeur allemand ne développe ses propres principes.

    Depuis environ trente-cinq ans, elle développe le RFB, pour Roasting by Fluid Bed, c'est-à-dire la torréfaction en lit fluidisé portée à l'échelle industrielle : 30 à 240 kg par fournée. Les grains y flottent dans l'air chaud au lieu de frotter contre une paroi.

    Elle annonce des profils du rapide au lent. C'est une réponse à la réputation du procédé, que le café de spécialité soupçonne de ne savoir qu'aller vite. Elle vend aussi des tambours, pour les clients attachés aux cuissons longues. Un constructeur qui vend les deux principes reconnaît que le débat n'est pas tranché.

    Ukers 1922, ch. XXXI, p. 531-533 ; ch. XXXIV, p. 641-643 ; chronologie p. 731-737 ; Probat, page historique ; Daily Coffee News, 10/08/2015, 14/03/2024 et recherches d'archives citées plus haut ; IMA Group, Petroncini (consulté 07/09/2026) ; IMF, Company ; Loring, Our story ; Neuhaus Neotec, About us ; Bühler, Coffee (consulté 07/09/2026) ; Schwartzberg, § Comparisons

    Trois antériorités, une machine absente, et une source à manier avec des gants

    \n

    Un article du Book of Roast complète cette section sur trois points de date et lui ajoute une machine qu'elle n'a pas. Il faut d'abord dire d'où il vient : il est signé du responsable marketing de Probat-Werke, et Probat en est le héros d'un bout à l'autre, de van Gülpen et des ateliers d'Emmerich au Lifter, au Quick Roaster, au Perfect, au tambour à double paroi, au Jupiter et au Saturn.

    Les dates de catalogue sont probablement exactes ; la sélection ne l'est pas. On peut donc s'en servir pour les faits datés, pas pour la hiérarchie qu'il suggère entre les maisons.

    Le tambour perforé, ou le geste qui fait basculer le métier

    Le premier apport n'est pas une date mais un mécanisme, et il touche directement au transfert thermique. Le tambour perforé du Jubilee de Burns, en 1906, augmente la part de convection par rapport aux cylindres pleins qui le précèdent, dont la conductivité était nettement plus élevée, et permet de descendre à seize minutes de cuisson et trois fournées par heure. La perforation du tambour est donc le geste technique qui fait passer le métier de la conduction à la convection, et tout ce qui se dit aujourd'hui sur la domination de l'air date de là.

    La conséquence arrive dans la foulée et elle est souvent racontée à l'envers : la vidange rapide devient nécessaire non pas parce qu'on aurait découvert la cuisson résiduelle, mais parce que le transfert s'était accéléré au point de la rendre problématique. Un grain qui sort d'une machine lente continue de cuire lentement ; un grain qui sort d'une machine rapide continue de cuire vite. Le bac refroidisseur à aspiration est une réponse à une accélération, non un progrès venu de nulle part.

    Deux dates plus anciennes que celles de la planche

    Antonio Scolari brevète en 1957 une machine à torréfier par lampes infrarouges. Le concept n'a pas pris, et c'est précisément ce qui le rend utile à connaître : l'infrarouge revient périodiquement dans les annonces de constructeurs comme une nouveauté, et il a soixante-dix ans.

    La compagnie allemande Caasen sort un lit fluidisé européen en 1926, soit un demi-siècle avant Sivetz. Si la date est exacte, c'est la plus ancienne du corpus pour une machine à air commerciale, et elle déplace sérieusement la chronologie que la planche donne. Mais elle est avancée sans référence, dans un article de constructeur, et elle est assez conséquente pour mériter une vérification ailleurs avant d'être reprise sans réserve.

    Le torréfacteur centrifuge, absent de la planche

    Probat présente en 1973 le premier torréfacteur centrifuge, le Saturn : un bol de cuisson muni d'un anneau à lamelles, dans lequel le café circule de manière toroïdale, c'est-à-dire en tore, en tournant autour de l'axe du bol tout en roulant sur lui-même. La conception vise une part élevée de transfert convectif, ce qui la range du côté des machines à air sans qu'elle soit un lit fluidisé. C'est une famille entière que la section ignore, et elle a laissé des descendants industriels.

    Trois détails à vérifier avant reprise

    La mention d'un Jabez Burns âgé de vingt ans en 1864 ne s'accorde pas avec les dates habituellement retenues pour lui, et l'article n'étaye la sienne par aucune année de naissance.

    La phrase selon laquelle la conception du cylindre intérieur de Burns serait encore utilisée dans tous les tambours plus de cent cinquante ans après son brevet emploie un absolu que rien ne soutient, et qu'un seul contre-exemple suffirait à défaire.

    La date de 1926 pour le lit fluidisé de Caasen est donnée sans source, alors qu'elle est l'affirmation la plus conséquente de l'article.

    \n Jens Roelofs, Machinery, Ingenuity, Discovery: A History of Roasting Equipment, dans The Book of Roast, Roast Magazine, JC Publishing, 2017, p. 28 pour Burns et la chute des temps de cuisson, p. 29 pour le Jubilee et le tambour perforé, p. 30 pour le brevet Scolari et le lit fluidisé Caasen, p. 31 pour le Saturn. L'auteur est responsable marketing de Probat-Werke, ce qui commande la prudence sur la sélection des faits.\n

    Dans cette planche

    1. 01Ce que la torréfaction fait, et ce qu'elle ne fait pasUn grain vert contient des précurseurs, non des arômes.
    2. 02Du brasero au cylindre, 1200-1800Selon la reconstitution d'Ukers, les premières graines et coques séchées sont grillées entre 1200 et 1300 dans des plats d'argile cuite ou de pierre, sur feu ouvert.
    3. 03L'industrialisation, 1824-1864Richard Evans obtient en 1824 le premier brevet anglais de torréfacteur commercial, et son appareil contient déjà trois idées qui ne bougeront plus.
    4. 04Le gaz, la sphère et la « torréfaction rapide », 1868-1922Le gaz change le métier, et pour une raison qu'il faut avoir en tête : avec du charbon, on règle la chaleur en attendant ; avec du gaz, on la règle en tournant un robinet.
    5. 05La physique : comment la chaleur entre dans le grainTrois modes de transfert coexistent. La conduction, par contact du grain avec le métal chaud du tambour et de grain à grain ; la convection, par l'air chaud qui traverse la masse ; le rayonnement, de la paroi et de la flamme.
    6. 06Cinq étapes, deux cracksLes étapes sont une simplification pédagogique.
    7. 07La chimie, étape par étapeLes deux familles de réactions sont celles de la cuisine.
    8. 08Les technologies, une par unePrincipe : un cylindre horizontal, souvent perforé, tourne au-dessus d'une flamme, au charbon, au coke, puis au gaz.
    9. 09Les constructeurs, un par unUkers cite la maison en 1922 pour son torréfacteur rapide Ideal-Rapid, chauffé au coke ou au gaz, et pour sa version manuelle Favour.
    10. 10Les outilsL'humidité du vert, 10 à 12 %, se mesure par capacité ou par étuve.
    11. 11Le profil : charge, temps, taux de montée, ratio de développement, chuteUn profil se décrit par quelques nombres.La chargemasse de vert et température de tambour au chargement, qui décident de la vigueur du séchage ; Ukers notait déjà qu'on ne dépasse pas 90 % de la capacité nominale et qu'une charge trop faible chauffe trop vite.Le temps total8 à 12 minutes pour un échantillon, 10 à 14 minutes pour un café de spécialité selon l'auteur du livre, rarement plus de 20 ; 25 à 45 minutes dans les cylindres à charbon du XIXe siècle.
    12. 12Couleurs et échellesLe degré se lit à la couleur, et il n'existe aucun standard partagé d'un torréfacteur à l'autre.
    13. 13Les défauts de cuissonUn fait mérite d'ouvrir cette section, parce qu'il est plus surprenant qu'il n'en a l'air : les défauts que décrivait Ukers en 1922 sont exactement ceux qu'on décrit aujourd'hui.
    14. 14Dégazage, repos, fraîcheurLe CO2 formé reste en grande partie piégé sous pression dans le grain ; quantité et pression dépendent du profil, et les cuissons rapides et foncées en produisent plus et le libèrent plus vite.
    15. 15Espresso, filtre, décaféinéUn « profil espresso » n'est pas nécessairement plus foncé : les torréfacteurs interrogés par Perfect Daily Grind en 2019 gardent souvent la même température et le même temps après le premie…
    16. 16Industriel contre artisanal : temps, énergie, émissionsSchwartzberg chiffre d'abord le secteur : 6,7 milliards de kg de café torréfiés par an, surtout en fournées.
    17. 17Torréfier à l'origineLes pays producteurs ont toujours torréfié pour eux-mêmes, très foncé selon Ukers, à la poêle ou au petit cylindre.
    18. 18Aujourd'huiLe fait dominant de ces trois dernières années tient en un mot : l'électrification.
    19. 19Planches d’archivesGravures et photographies de l’ouvrage de William Ukers, All About Coffee (1922), tombé dans le domaine public.
    20. 20Continuer la baladeAilleurs sur le site, les passages qui parlent des mêmes choses que cette planche.
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