PXL Roasters
  • La chronique
  • Planche VII · section 17 sur 20

    Torréfier à l'origine

    Planche numérotée réunissant onze torréfacteurs domestiques et de boutique du dix-neuvième siècle.
    Torréfacteurs anciens anglais et américains

    Les pays producteurs ont toujours torréfié pour eux-mêmes, très foncé selon Ukers, à la poêle ou au petit cylindre. Exporter du torréfié est une autre affaire, et trois obstacles s'y ajoutent.

    Le premier est physique : le grain torréfié voyage mal, puisqu'il se dégaze et que ses huiles s'oxydent dès les premiers jours, quand le vert se garde des mois. Le deuxième est commercial : les marques et la distribution sont chez le consommateur. Le troisième est fiscal : les droits de douane frappent le produit transformé plus que le vert.

    L'Éthiopie tente quand même. Premier producteur africain, elle attend un record de 11,6 millions de sacs en 2025/26. Elle en consomme 3,6 millions sur place, soit 2,3 kg par habitant. Et elle a triplé ses exportations de torréfié, à plus de 27 000 sacs en 2023/24. Le chiffre paraît gros ; rapporté aux 5,63 millions de sacs exportés, il reste minuscule. Le café lui a rapporté 2,7 milliards de dollars en 2024/25, et sa politique de valeur ajoutée vise vingt marchés nouveaux en Asie et au Moyen-Orient.

    La réponse américaine dit le rapport de force. En avril 2025, les États-Unis ont annoncé un droit de 10 % sur le café torréfié, moulu ou emballé venant d'Éthiopie. Le vert, lui, restait exempté. Le droit a été appliqué à l'été 2025. La structure tarifaire continue de pousser la valeur vers le pays consommateur.

    Deux outils vont dans l'autre sens. Cropster, née en 2007 en travaillant avec des producteurs, et la campagne Ikawa-Algrano de 2020, qui a mis des torréfacteurs d'échantillon dans les fermes. L'idée est la même : donner au producteur le moyen de goûter ce qu'il vend. Voir l'économie.

    Ukers 1922, ch. XXV, p. 387 ; Daily Coffee News, 09/06/2025, d'après USDA FAS, mai 2025 ; Finance in Africa, Ethiopia's 2.7bn coffee boom at risk (2025, consulté 07/09/2026) ; FurtherAfrica, 18/07/2024 ; Cropster, historique ; Daily Coffee News, 05/02/2020

    Dans cette planche

    1. 01Ce que la torréfaction fait, et ce qu'elle ne fait pasUn grain vert contient des précurseurs, non des arômes.
    2. 02Du brasero au cylindre, 1200-1800Selon la reconstitution d'Ukers, les premières graines et coques séchées sont grillées entre 1200 et 1300 dans des plats d'argile cuite ou de pierre, sur feu ouvert.
    3. 03L'industrialisation, 1824-1864Richard Evans obtient en 1824 le premier brevet anglais de torréfacteur commercial, et son appareil contient déjà trois idées qui ne bougeront plus.
    4. 04Le gaz, la sphère et la « torréfaction rapide », 1868-1922Le gaz change le métier, et pour une raison qu'il faut avoir en tête : avec du charbon, on règle la chaleur en attendant ; avec du gaz, on la règle en tournant un robinet.
    5. 05La physique : comment la chaleur entre dans le grainTrois modes de transfert coexistent. La conduction, par contact du grain avec le métal chaud du tambour et de grain à grain ; la convection, par l'air chaud qui traverse la masse ; le rayonnement, de la paroi et de la flamme.
    6. 06Cinq étapes, deux cracksLes étapes sont une simplification pédagogique.
    7. 07La chimie, étape par étapeLes deux familles de réactions sont celles de la cuisine.
    8. 08Les technologies, une par unePrincipe : un cylindre horizontal, souvent perforé, tourne au-dessus d'une flamme, au charbon, au coke, puis au gaz.
    9. 09Les constructeurs, un par unUkers cite la maison en 1922 pour son torréfacteur rapide Ideal-Rapid, chauffé au coke ou au gaz, et pour sa version manuelle Favour.
    10. 10Les outilsL'humidité du vert, 10 à 12 %, se mesure par capacité ou par étuve.
    11. 11Le profil : charge, temps, taux de montée, ratio de développement, chuteUn profil se décrit par quelques nombres.La chargemasse de vert et température de tambour au chargement, qui décident de la vigueur du séchage ; Ukers notait déjà qu'on ne dépasse pas 90 % de la capacité nominale et qu'une charge trop faible chauffe trop vite.Le temps total8 à 12 minutes pour un échantillon, 10 à 14 minutes pour un café de spécialité selon l'auteur du livre, rarement plus de 20 ; 25 à 45 minutes dans les cylindres à charbon du XIXe siècle.
    12. 12Couleurs et échellesLe degré se lit à la couleur, et il n'existe aucun standard partagé d'un torréfacteur à l'autre.
    13. 13Les défauts de cuissonUn fait mérite d'ouvrir cette section, parce qu'il est plus surprenant qu'il n'en a l'air : les défauts que décrivait Ukers en 1922 sont exactement ceux qu'on décrit aujourd'hui.
    14. 14Dégazage, repos, fraîcheurLe CO2 formé reste en grande partie piégé sous pression dans le grain ; quantité et pression dépendent du profil, et les cuissons rapides et foncées en produisent plus et le libèrent plus vite.
    15. 15Espresso, filtre, décaféinéUn « profil espresso » n'est pas nécessairement plus foncé : les torréfacteurs interrogés par Perfect Daily Grind en 2019 gardent souvent la même température et le même temps après le premie…
    16. 16Industriel contre artisanal : temps, énergie, émissionsSchwartzberg chiffre d'abord le secteur : 6,7 milliards de kg de café torréfiés par an, surtout en fournées.
    17. 17Torréfier à l'origineLes pays producteurs ont toujours torréfié pour eux-mêmes, très foncé selon Ukers, à la poêle ou au petit cylindre.
    18. 18Aujourd'huiLe fait dominant de ces trois dernières années tient en un mot : l'électrification.
    19. 19Planches d’archivesGravures et photographies de l’ouvrage de William Ukers, All About Coffee (1922), tombé dans le domaine public.
    20. 20Continuer la baladeAilleurs sur le site, les passages qui parlent des mêmes choses que cette planche.
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