Le marc dans les villes : biocarburant, bûches, cosmétique, charbon actif

Capsules et carbone
- À l'échelle industrielleles rendements sont connus. La transestérification des lipides du marc donne du biodiesel avec un rendement de 73 à 96 % de l'huile extraite
- l'hydrolyse et la fermentation donnent du bioéthanol (15,3 g/l, 87,2 % de rendement après prétraitement)
- la pyrolyse donne du biochar
- le traitement thermique au-delà de 170 °C ouvre la porosité et produit un charbon actif, matière filtrante dont l'industrie de l'eau et de l'air consomme des quantités considérables
- un procédé intégré extrait 25,6 g de D-mannose pour 100 g de marc sec. L'obstacle n'est pas la chimie mais la collecte : le marc est produit en petites quantités, humide, dans des milliers de points, et moisit en quelques jours.
L'histoire de Bio-bean résume la difficulté. La société est fondée à Londres en 2013 par Arthur Kay, alors étudiant en architecture.
En 2015, elle ouvre dans le Cambridgeshire une usine capable de traiter 50 000 t de marc par an. La matière vient des cafés, des bureaux, des gares et des aéroports, Caffè Nero et London Stansted parmi eux. L'usine la sèche, puis la presse en pellets et en bûches pour poêles, les « Coffee Logs », chacune tirée du marc d'environ 25 tasses.
La filière monte d'un cran en 2017. Avec Shell, Argent Energy et Transport for London, Bio-bean produit un biodiesel de marc qui alimente des bus londoniens.
La chute est brutale. En mars-avril 2023, après un incendie de l'usine et sans avoir jamais été rentable, la société est placée en administration. Envar Composting rachète les actifs en juillet 2023, et les bûches cessent d'être fabriquées.
À Copenhague, Kaffe Bueno suit l'autre voie. Cette société de bioscience certifiée B Corp ne brûle pas le marc, elle en extrait des molécules rares. Il y a l'huile de café pour la cosmétique, le Kaffoil. Il y a un ingrédient fonctionnel, le Kaffage, avec des résultats cliniques annoncés en octobre 2025. Il y a enfin un tensioactif, c'est-à-dire une molécule qui détache les corps gras, le Kleanstant, primé en 2024 et 2025. L'ICO la cite comme référence de la cosmétique du marc.
La comparaison des deux trajectoires donne la règle. Le modèle qui survit est celui qui vend le gramme cher, pas celui qui brûle la tonne : collecter et sécher une matière humide et dispersée coûte trop pour ce que vaut un combustible.
Wikipedia, « Bio-bean », consulté le 07/09/2026 ; Lekto Woodfuels, « What happened to Coffee Logs? », mise à jour janvier 2025 ; Biofuels International, « Caffè Nero teams up with Bio-bean » ; kaffebueno.com, consulté le 07/09/2026 ; ICO 2024, p. 72Dans cette planche
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- 09La pellicule argentée : le plus petit poste, le plus industrialiséSous la parche, collée à la graine, se trouve le tégument séminal, plus fin qu'une pelure d'oignon.
- 10Le marc : composition, phytotoxicité, usages domestiquesLe marc n'appartient plus à la cerise mais à cette histoire.
- 11Le marc dans les villes : biocarburant, bûches, cosmétique, charbon actifL'histoire de Bio-bean résume la difficulté.
- 12Les capsulesLa capsule ajoute un déchet que la cerise n'avait pas prévu :
- 13L'empreinte carbone d'une tasseMark Maslin et Carmen Nab (University College London) chiffrent l'empreinte du café au kilo de vert.
- 14Du linéaire au cercle : ce qui bloque et ce qui marcheSi tout cela est connu, chiffré, testé et parfois commercialisé, pourquoi 86 % du poids de la récolte mondiale part-il encore en tas ? D'abord la structure : la pulpe sort humide, en volume,…
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