Aujourd'hui (septembre 2026)
Où en est-on à l'heure où cette planche s'arrête ? Voici l'état des lieux, en quatre temps.
Le prix. Le 4 septembre 2026, l'arabica cote 295,6 cents la livre à New York. C'est 5,1 % de moins qu'un mois plus tôt et 23,3 % de moins qu'un an plus tôt, au plus bas depuis fin juin.
La baisse a ses raisons. La récolte brésilienne 2026/27 s'achève sur de bons rendements, et Rabobank projette un excédent mondial de 8,9 millions de sacs. Quand l'offre annoncée dépasse la demande, le prix cède.
Et pourtant les stocks certifiés de l'ICE, c'est-à-dire le café déjà entreposé dans les magasins agréés par la bourse, sont au plus bas depuis 1999. Ce sont eux qui servent à honorer un contrat arrivé à terme.
Excédent annoncé et entrepôts vides en même temps : c'est le paradoxe de cette fin de cycle.
Les récoltes attendues. Les prévisionnistes ne s'accordent pas, et ce désaccord est en soi une information. Voici, pour la même récolte brésilienne, trois chiffres publiés à trois moments.
- Conab, 5 février66,2 millions de sacs.
- StoneX, dès novembre 202570,7 millions de sacs.
- USDA, juin 202671,9 millions de sacs.
Entre l'estimation la plus basse et la plus haute, l'écart dépasse cinq millions de sacs. Sur le premier producteur mondial, cela fait une marge d'incertitude considérable.
Le Vietnam, lui, était attendu à un record de 32,5 millions de sacs. Et cela malgré un déficit de pluie de 20 à 25 % dans le Dak Lak et le Dak Nong. Ce déficit est tombé pendant le grossissement des cerises, c'est-à-dire au moment où le fruit se remplit.
Le chemin parcouru. L'indicateur composé de l'ICO touchait 267,57 cents en février 2026, après un pic de 4,41 dollars la livre un an plus tôt, en février 2025.
Ce qui arrive. Le règlement européen contre la déforestation s'applique le 30 décembre 2026. C'est l'échéance qui commande tout le travail de cartographie décrit plus haut, et le rapport de simplification de la Commission qui l'accompagne date du 4 mai 2026.
Du côté des projections, Rabobank a publié le 30 mars 2026 une estimation de 20 % de surfaces d'arabica inaptes en 2050. Ce chiffre n'est pas revu par les pairs : il se lit comme un signal, pas comme une mesure.
Enfin, World Coffee Research a sorti son rapport annuel 2025. Le programme Innovea y est étendu au canephora, au Vietnam et au Ghana. La sélection organisée ne porte donc plus sur le seul arabica.
Et deux silences, qu'il faut signaler comme tels. Aucune réévaluation par l'UICN des 130 espèces de Coffea n'a été publiée depuis 2019. Et aucun compte rendu de la première récolte des stenophylla greffés de Sierra Leone n'est disponible. On attend.
Trading Economics, coffee, 4 sept. 2026, tradingeconomics.com ; ICO, CMR février 2026 ; USDA FAS, juin 2026 ; StoneX, 10 nov. 2025 et 5 juin 2026 ; Rabobank, 30 mars 2026 ; WCR, Annual Report 2025 ; Commission européenne, 4 mai 2026Dans cette planche
- 01Le cahier des charges d'une plante de sous-boisLe caféier arabica demande une moyenne annuelle de 20 à 25 °C, tolère des minima autour de 15 °C et des maxima autour de 30 °C, et ne supporte pas le gel : l'arbre meurt entre moins deux et moins trois degrés.
- 02Ce que le climat fait déjà : rouille, gel, sécheresseLe premier signal n'a pas été une température mais un champignon.
- 03Ce que les modèles annoncent pour 2050La première projection globale revue par les pairs est celle de Bunn, Läderach, Ovalle-Rivera et Kirschke, parue dans Climatic Change en 2015.
- 04Première réponse : monter, ombrager, irriguerLes producteurs ne lisent pas les modèles, ils déplacent des pépinières.
- 05Mécaniser : ce que la machine compense, et où elle ne passe pasDans un café cueilli à la main, la récolte est le poste le plus lourd du coût de production.
- 06Deuxième réponse : les hybrides F1 et l'industrialisation de la sélectionUn hybride F1 est le croisement de première génération entre deux parents génétiquement éloignés, typiquement une lignée résistante issue de l'hybride de Timor et une accession sauvage éthiopienne ou soudanaise ; il cumule vigueur, rendement et résistance dans des proportions qu'on ne sait pas obtenir autrement.
- 07Troisième réponse : lire, puis éditer les génomesEn avril 2024, Salojärvi et coauteurs publient dans Nature Genetics le génome de référence de l'arabica.
- 08Ce qui se passe sous l'arbreCette planche parle d'ombrage, d'altitude, d'irrigation, de variétés.
- 09La réserve des espèces oubliéesLe genre Coffea compte 130 espèces décrites depuis que Davis et Rakotonasolo en ont ajouté six du nord de Madagascar dans Kew Bulletin en 2021 (C. callmanderi, C. darainensis, C. kalobinonensis, C. microdubardii, C. pustulata, C. rupicola), quatre d'entre elles strictement endémiques d'un massif.
- 10Le canephora comme avenir, et ses limitesLe canephora représente aujourd'hui environ 40 % de la production mondiale, contre 25 % au début des années 1990.
- 11Ce qui reste à sauver : 60 % des espèces menacéesL'arabica sauvage lui-même est classé « en danger », et la manière dont il y est arrivé est le fait le plus troublant de l'article : évalué sur les critères habituels, il sort en « préoccupation mineure » ; en intégrant les projections climatiques, il saute trois catégories.
- 12Les banques de gènes : une plantation, pas un coffreLa graine de café n'accepte pas le traitement qui rend possibles les grandes réserves de semences.
- 13L'économie : record de production, fermes minuscules, recherche sous-financéeLe paradoxe de 2025-2026 tient en deux chiffres.
- 14La réglementation : le règlement européen contre la déforestationPour le café, toute la difficulté tient dans un verbe : géolocaliser.
- 15La demande : l'Asie, la spécialité, le café sans grainLa demande se déplace vers l'est. Le rapport GAIN de l'USDA de janvier 2026 chiffre le marché chinois du café à 42 milliards de dollars en 2024.
- 16Ce qu'on ne sait toujours pasLa revue de Yang et coauteurs (2026) dresse la liste explicite de ce que la science ignore : la fonction des gènes candidats dans un fond tétraploïde, les voies de biosynthèse des précurseur…
- 17Aujourd'hui (septembre 2026)Où en est-on à l'heure où cette planche s'arrête ? Voici l'état des lieux, en quatre temps.
- 18Continuer la baladeAilleurs sur le site, les passages qui parlent des mêmes choses que cette planche.