PXL Roasters
  • La chronique
  • Planche XX · section 07 sur 11

    Savoir quand c'est fini

    Histogramme en barres empilées où chaque barre, de 48 à 192 heures, se partage entre bactéries lactiques en bleu, bactéries acétiques en orange et entérobactéries en vert, pour du café dépulpé et pour des fruits entiers.
    Part des bactéries lactiques, acétiques et des entérobactéries au fil de la fermentationPeñuela-Martínez A.E., Osorio-Giraldo C.V. et coll. · CC BY 4.0

    C'est la vraie compétence du métier, et elle tient encore beaucoup à la main.

    Le geste classique : on plonge la main dans la cuve et on frotte une poignée de grains. Tant que ça glisse, le mucilage est là. Quand ça crisse, comme du gravier lavé, c'est fini. Un autre geste consiste à enfoncer un bâton dans la masse : si le trou garde sa forme au lieu de se refermer, la chair a lâché.

    Ces gestes sont fiables entre les mains de quelqu'un qui les pratique depuis dix ans. Ils ne se transmettent pas par écrit, ils ne se contrôlent pas à distance, et ils ne disent rien à celui qui achète le café six mois plus tard.

    D'où les instruments. Le plus répandu est un petit cône gradué qu'on remplit de grains au début de la fermentation et qu'on laisse dans la cuve : à mesure que le mucilage se dissout, le contenu se tasse, et la graduation dit où l'on en est. C'est simple, ça coûte peu, et surtout ça donne un chiffre que deux personnes peuvent comparer.

    Les méthodes de fin de fermentation, et ce que chacune vaut
    • Toucher et bâtonGratuit, immédiat, et le seul à intégrer réellement l'état du mucilage. Non transmissible et non traçable.
    • Cône gradué de tassementLe Fermaestro et ses équivalents. Mesure le retrait volumique du mucilage, donc exactement la grandeur qui intéresse. Sensible au remplissage initial et à la taille des grains.
    • pHReproductible, peu coûteux, mais indirect : il mesure ce que les microbes ont produit, pas l'état du mucilage. Les seuils sont locaux.
    • Degré BrixSuit la consommation du sucre. Bon indicateur de la vitesse, mauvais indicateur du point d'arrêt, parce que le mucilage peut rester collé alors que le sucre libre a disparu.
    • TempératureNe sert pas à décider, sert à expliquer après coup pourquoi la même durée n'a pas donné le même résultat.

    Aucune de ces méthodes ne mesure ce qui est passé dans le grain. Elles mesurent l'état du bain. C'est une limite réelle du contrôle de procédé aujourd'hui : on pilote un transfert en surveillant son milieu de départ.

    Planche IX, sections « Savoir quand c'est fini » et « La voie lavée, mesurée une fois » ; document de formation professionnelle
    © 2026 Marco De Sousa Rosa · PXL RoastersTextes sous CC BY-NC-SA 4.0 · outils tous droits réservés · images : voir la provenanceAccueil · Colophon