L'AeroPress
L'AeroPress est un cylindre où l'on fait infuser le café avant de chasser l'infusion à travers un filtre en poussant un piston, à la façon d'une seringue. Inventée pour faire vite une seule bonne tasse, elle est devenue un instrument d'essai pour les amateurs et l'objet d'un championnat mondial.
Comment l'AeroPress extrait-il le café ?
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Le cylindre est posé sur la tasse, le filtre de papier pris sous le capuchon. On y met 16 à 18 g de café moulu moyen-fin, puis une eau à 85 °C selon le fabricant : l'immersion commence, et c'est ici que se fait l'essentiel de l'extraction.
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- Mouiller la moutureLe cylindre est posé sur la tasse, le filtre de papier pris sous le capuchon. On y met 16 à 18 g de café moulu moyen-fin, puis une eau à 85 °C selon le fabricant : l'immersion commence, et c'est ici que se fait l'essentiel de l'extraction.
- RemuerTrois secondes de palette mettent chaque particule au contact de l'eau : plus de poche sèche. Pour Jonathan Gagné, cette facilité à remuer la bouillie de café est le grand atout de l'appareil.
- Poser le pistonLe fabricant fait attendre trente secondes, soixante pour un café acheté moulu. On pose le piston : son joint ferme le cylindre, et une poche d'air reste enfermée entre le joint et le liquide. C'est cet air comprimé qui poussera le café.
- PresserD'une poussée douce et constante, sans forcer, on descend le piston : l'air comprimé chasse le liquide à travers le filtre et le capuchon, jusqu'au sifflement de l'air. Cette courte percolation termine l'extraction, et le filtre retient les particules.
- ÉjecterCapuchon ôté, le piston pousse la galette de marc hors du cylindre et l'essuie au passage : l'appareil est propre pour la tasse suivante. Avec 18 g de café, la chambre ne laisse place qu'à environ 260 mL d'eau, un rapport voisin de 1:14.
À retenir : L'AeroPress est une immersion terminée par une courte percolation : l'air comprimé sous le piston pousse l'infusion à travers un filtre.
Dans l’histoire : Alan Adler dépose le 18 mai 2005 le brevet de sa presse filtrante ; c'est l'air comprimé sous le piston, écrit-il, qui chasse le liquide à travers le capuchon.
Lire l’article complet et ses sources ↓L'histoire
Alan Adler n'était pas un homme du café. Selon la société qui porte aujourd'hui l'objet, il inventait depuis l'âge de treize ans, avait fondé en 1984 Superflight pour vendre ses anneaux volants, dont l'Aerobie, et rebaptisa la société Aerobie en 2005 (source 2). Déçu par les cafetières domestiques, il partit d'une conversation sur la difficulté de faire une seule bonne tasse, étudia les variables de l'infusion, et se servit de la pression de l'air pour raccourcir le temps de contact et réduire l'amertume (source 2).
Le brevet américain 7 849 784, « Presse filtrante à café ou à thé », déposé le 18 mai 2005 et accordé le 14 décembre 2010, décrit l'objet presque pièce par pièce : un cylindre creux ouvert aux deux bouts, un capuchon perforé amovible qui ferme le bas et retient un filtre, un piston qu'on enfonce par le haut, un appui qui pose la presse sur la tasse, et une palette pour remuer (source 1). Adler précise que c'est l'air comprimé sous le piston qui chasse le liquide à travers le capuchon, et que le même piston, poussé plus loin une fois le capuchon retiré, éjecte la galette de marc pendant que son joint essuie le cylindre (source 1). Il donne les dimensions qui fonctionnent très bien selon lui : environ 2,25 pouces de diamètre intérieur et 5 pouces de long, soit à peu près 57 et 127 mm (calculé) (source 1).
Après deux ans et plus de trente prototypes, l'AeroPress est présentée au Coffee Fest de Seattle en novembre 2005, selon le fabricant (source 2). Le brevet a été cédé en 2017 à Aerobie, puis à AeroPress Inc., société de Californie ; Google Patents le donne toujours en vigueur, avec une expiration ajustée au 1er juin 2027 (source 1). La société a été rachetée à l'été 2021 par Tiny Ltd (source 2).
Le geste
Le mode d'emploi du fabricant est court : poser la chambre sur une tasse, y mettre 16 à 18 g de café moulu moyen-fin ou une mesure bombée, verser une eau à 85 °C jusqu'au repère 4, remuer trois secondes, attendre trente secondes, puis presser le piston d'une poussée douce et constante, sans forcer, jusqu'au sifflement de l'air (source 3). Avec un café acheté moulu, plus gros, l'attente passe à soixante secondes (source 3).
Les amateurs ont fait de cette base un terrain d'essai. Gagné note que, pour garder un lit de café assez épais et éviter un écoulement irrégulier au pressage, une dose de 18 g ne laisse place qu'à 260 mL d'eau, soit un rapport voisin de 1:14, et que ses tasses avaient souvent le profil d'un café sous-extrait (source 4). Il a obtenu une douceur qui l'a stupéfié en infusant à 99 °C pendant dix minutes, durée qu'il juge déraisonnable au comptoir mais acceptable chez soi (source 4). La facilité à remuer la bouillie de café, et donc à mettre chaque particule au contact de l'eau, est selon lui le grand atout de l'appareil (source 4).
Les réglages
- MoutureMoyenne-fine, réglage 11 à 13 d'un moulin Baratza Encore selon le fabricant (source 3).
- Dose16 à 18 g ou une mesure bombée (source 3).
- RatioEnviron 1:14 au plus avec 18 g, la chambre ne contenant qu'environ 260 mL d'eau (source 4).
- Température85 °C selon le fabricant (source 3) ; Gagné monte jusqu'à 99 °C (source 4).
- TempsTrois secondes de brassage et 30 à 60 secondes d'attente avant le pressage (source 3) ; jusqu'à dix minutes chez Gagné (source 4).
- PressionManuelle et non chiffrée : c'est l'air comprimé sous le piston qui pousse le liquide (source 1).
Ce qu'elle a pour elle
- Elle fait une seule tasse, vite, ce pour quoi elle a été conçue (source 2).
- On remue facilement, ce qui met toute la mouture au contact de l'eau de façon régulière (source 4).
- Le piston éjecte le marc en galette et essuie le cylindre au passage, ce qui réduit le nettoyage à un geste (source 1).
- Le temps de contact se règle librement, de trente secondes à dix minutes, ce qui en fait un instrument d'essai pour comprendre l'extraction (sources 3 et 4).
- Gagné dit l'avoir beaucoup appréciée, surtout en voyage (source 4).
Ce qu'on lui reproche
- La capacité est petite : avec 18 g de café, il ne reste de place que pour environ 260 mL d'eau (source 4).
- Ce rapport plafonné pousse vers des tasses sous-extraites, vives en acidité mais pauvres en douceur sur les torréfactions claires (source 4).
- Le fabricant déconseille de presser fort, et pousser un liquide concentré à travers le lit peut tirer des saveurs astringentes (sources 3 et 4).
Ce que ça donne en tasse
L'AeroPress est une méthode mixte, et sa tasse penche du côté de l'immersion. Gagné la range avec le siphon parmi les immersions : le pressage final est une percolation, mais l'essentiel de l'extraction se fait pendant que la mouture baigne, et le goût s'en ressent (source 5). Il soupçonne aussi que la poussée du piston laisse très peu de liquide entre les particules, ce qui change le calcul du rendement d'extraction à partir de la concentration mesurée (source 6).
Aucune étude publiée donnant la concentration d'une tasse d'AeroPress n'a été trouvée. Ce que décrit Gagné tient à des tendances : les recettes courtes et à basse température donnent une acidité vive et peu de douceur sur les cafés clairs, les infusions longues et presque bouillantes une douceur marquée, et le pressage d'une infusion déjà saturée peut encore rendre la tasse plate et astringente (source 4). Le filtre pris sous le capuchon retient les particules (source 1).
Les anecdotes
- Avant le café, Adler était connu pour un jouet : son anneau volant Aerobie a établi un record du monde Guinness du plus long lancer d'objet, 406 mètres, selon le fabricant (source 2).
- Le championnat du monde d'AeroPress, organisé par les amateurs, est né en 2008 à Oslo d'une idée de Tim Wendelboe et Tim Varney ; la première édition ne comptait que trois concurrents et fut gagnée par le Norvégien Anders Valde. En 2023, plus de 5 000 concurrents s'affrontaient dans 178 épreuves nationales et régionales, selon le fabricant (source 2).
Les sources de cette fiche
- Alan J. Adler, brevet US 7 849 784 B2, « Coffee or tea filtering press », déposé le 18 mai 2005, accordé le 14 décembre 2010 ; cessions et statut selon Google Patents · en ligne · primaire
- AeroPress Inc., « About AeroPress, Inc. and Alan Adler », consulté le 21 octobre 2026 (fabricant) · en ligne · fabricant
- AeroPress Inc., « How to use », consulté le 21 octobre 2026 (fabricant) · en ligne · fabricant
- Jonathan Gagné, « Reaching Fuller Flavor Profiles with the AeroPress », Coffee ad Astra, 7 septembre 2021 · en ligne · secondaire
- Jonathan Gagné, « Why do Percolation and Immersion Coffee Taste so Different? », Coffee ad Astra, 16 juillet 2019 · en ligne · secondaire
- Jonathan Gagné, « A More Accurate Way to Calculate Average Extraction Yield », Coffee ad Astra, 20 février 2019 · en ligne · secondaire