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  • La chronique
  • Process

    Le wet hulled (giling basah)

    Les voies intermédiaires.

    Un homme ratisse le cafe sur un vaste patio
    Un homme ratisse le cafe sur un vaste patioPhotographie de terrain, Fonds propre
    FamilleLes voies intermédiaires
    Aussi appeléwet hulling, gerbus basah, kopi labu, semi-basah, semi-washed (appellation ambiguë, elle désigne aussi le pulped natural), Sumatra process

    Où ça se pratique

    L'Indonésie, à peu près seule. Le foyer est le nord de Sumatra, sur deux zones. En Aceh, les hautes terres Gayo, avec trois districts : Aceh Tengah, Bener Meriah et Gayo Lues. Ils portent ensemble 94 800 hectares de café, l'essentiel de la production se tenant entre 1 000 et 1 500 mètres. En Sumatra du Nord, les districts de Tapanuli Utara et de Toba Samosir, autour du lac Toba. De là sortent les noms de Lintong et de Mandheling, exportés par le port de Medan.

    Mandheling n'est pas un lieu. Le mot vient du nom des Mandailing, un peuple du sud du Tapanuli, et la graphie s'est déformée en passant dans le négoce. C'est donc un nom de commerce, pas une appellation délimitée. Cela compte pour la suite : quand quatre dégustateurs cherchent le « caractère Mandheling », ils ne cherchent pas la même chose.

    Ces volumes ont grossi vite : 12 000 tonnes par Medan en 1992, environ 30 000 tonnes estimées pour la campagne 2004-2005 par l'association indonésienne des exportateurs.

    La pratique est donnée aussi à Sulawesi (Toraja, Kalosi), à Flores et en Papouasie, sur arabica comme sur canephora. Cette extension repose sur une source de seconde main (voir ombre).

    Depuis quand, on ne sait pas. Le décortiqueur employé est de conception coloniale néerlandaise, fabriqué aujourd'hui par Kemajuan Industries à Malang, sur Java. Aucune source de premier rang consultée ne date l'apparition du giling basah lui-même, ni ne fixe la date d'arrivée de l'arabica à Sumatra (voir ombre).

    Le principe

    Tous les process se ressemblent jusqu'au décorticage. Ce qui définit le giling basah, c'est le moment où tombe la parche, la coque rigide qui enveloppe le grain. Partout ailleurs, on attend que le grain soit sec. La parche ne part qu'une fois l'humidité descendue au niveau auquel le vert se conserve et se négocie, au plus 12,5 % pour la norme indonésienne. Ici on l'arrache vers 40 %.

    À ce taux, le grain n'est pas un solide sec. C'est une matière molle et déformable. Le décortiqueur ne fait donc pas éclater une coque autour d'un noyau dur : il cisaille un grain qui cède. D'où le défaut que les mécaniciens indonésiens appellent kuku kambing, le sabot de chèvre, quand la pointe du grain se fend en deux lobes.

    Retirer la parche à ce stade a deux conséquences physiques, et elles vont en sens contraire.

    La première est recherchée. Le séchage s'accélère, parce que la vapeur d'eau n'a plus à traverser la parche pour sortir du grain. Le nord de Sumatra est un climat équatorial humide, où la pluie peut reprendre à tout moment et interrompre le séchage. Gagner des jours sur la dalle réduit d'autant la fenêtre pendant laquelle le lot peut se dégrader.

    La seconde est subie. Le grain reste plusieurs jours à nu, à l'air libre, avec une activité de l'eau voisine de 0,9. L'activité de l'eau n'est pas une teneur en eau. C'est le rapport entre la pression de vapeur d'eau au-dessus du produit et celle au-dessus de l'eau pure, à la même température. Elle dit donc quelle part de l'eau reste disponible pour les micro-organismes. La plupart des moisissures de stockage cessent de croître autour de 0,80, et seules quelques espèces sèches descendent plus bas. À 0,9, on est très au-dessus de ce seuil, et pendant longtemps.

    Il faut le dire nettement : le giling basah n'est pas une fermentation pilotée. Personne ne choisit une souche, personne ne vise un pH. C'est un décalage du calendrier de séchage, imposé par la chaîne de collecte et par le climat. Ce décalage ouvre une longue fenêtre microbienne, que le producteur subit plus qu'il ne l'oriente.

    Le déroulé

    1. Récolte en cerises rouges. La cible énoncée dans les hautes terres Gayo est d'au moins 85 % de cerises rouges et d'au plus 15 % de jaunes, sans verte ni noire. Tri par flottaison dans un bac d'eau. Les cerises creuses ou percées par le scolyte, le petit charançon qui fore la cerise pour y pondre, sont plus légères que l'eau et surnagent. On les traite à part.

    2. Dépulpage le jour même. La cerise entre à 60 ou 65 % d'humidité. L'eau injectée dans le cylindre du dépulpeur ne sert pas à laver. Elle lubrifie, et réduit le frottement du rotor sur la cerise. C'est ce qui évite de fendre la parche dès l'entrée. Le jeu entre rotor et stator commande directement le taux de casse. Le canephora, à peau plus dure et à mucilage plus rare, demande plusieurs passages et davantage d'eau.

    3. Fermentation, généralement sous eau, de 12 à 46 heures sur l'arabica Gayo selon un relevé régional. Elle sert à détacher le mucilage restant, la couche de chair sucrée collée à la parche. Ce mucilage tient par des pectines, des chaînes de sucres qui forment un gel. Des enzymes, celles du fruit et celles des micro-organismes, coupent ces chaînes, et le gel se défait. Le point d'arrêt se juge au doigt : quand la parche n'est plus gluante, c'est fini.

    4. Lavage, puis une demi-journée d'essorage au soleil. Dans l'essai FAO, le calendrier tient en trois jours : dépulpage à J-1, fermentation la nuit, lavage et demi-journée de séchage à J0, collecte l'après-midi.

    5. L'attente en parche humide. C'est l'étape qui décide du lot, et c'est celle que personne ne pilote. La parche part à 41,7 à 49,0 % d'humidité, activité de l'eau de 0,912 à 0,929, et circule en sacs chez les collecteurs. Mesures de l'essai FAO sur quatorze jours. Le cœur des sacs passe de 21,5 °C à J0 à 34 ou 35 °C à J2. Cette chaleur vient de la respiration des micro-organismes, qui dégagent de l'énergie en consommant les sucres restants. L'activité de l'eau ne redescend jamais, elle oscille entre 0,89 et 0,95. Les moisissures visibles apparaissent à J3 sur les grains cassés et dénudés. Les Aspergillus noirs passent de 0 à 4 % des grains à J1 à 21 ou 97 % à J7 selon le lot. Étaler le café sur bâche dans l'entrepôt pendant la journée a suffi à freiner cette montée.

    6. Le décorticage humide proprement dit, entre 35 et 45 % d'humidité. Trois relevés en kilang, le nom local de l'atelier de décorticage, donnent à Aceh Tengah 39,2 à 40,9 %, moyenne 40,0 %. La machine est un décortiqueur à vis Kemajuan, modifié pour cet usage sur trois points :

    • la barre de décorticage en acier est remplacée par une bande de caoutchouc ;
    • le moteur passe de 15 à 25 chevaux ;
    • la vitesse passe de 600 à 750 tours par minute.

    Le débit tombe à 800 kg par heure de grain vert humide, contre une tonne par heure en parche sèche. La bande de caoutchouc est tout l'enjeu : elle pèle la parche sans cisailler le grain mou.

    7. Second séchage, grain nu, jusqu'à 12 %. C'est ici que le grain prend sa couleur vert sombre bleutée et son aspect gonflé, irrégulier.

    8. Le stade asalan, c'est-à-dire le vert non trié, tel qu'il se vend en vrac. Le rapport FAO décrit des négociants gardant ce vert demi-sec autour de 17 % d'humidité pendant trois semaines. C'est très au-dessus du plafond de 12,5 % de la norme, donc à une activité de l'eau qui autorise encore les moisissures. Cette étape ajoute une seconde fenêtre de risque après celle de la parche.

    9. Triage à la main, calibrage, puis notation des défauts selon la norme SNI 01-2907-2008, sur une prise d'essai de 300 grammes.

    Ce que ça donne en tasse

    Ce que le négoce annonce, sous forme de liste parce qu'elle est longue :

    • corps lourd ;
    • acidité quasi nulle ;
    • caractère terreux ;
    • notes herbacées, cèdre, épices ;
    • tabac, chocolat noir.

    Ces descripteurs reviennent d'un catalogue à l'autre depuis longtemps. Ils décrivent une attente de marché, pas un résultat d'essai.

    Ce qui a été mesuré est plus embarrassant, et il faut le rapporter tel quel. Un seul essai contrôlé publié a tenté de reproduire le caractère Sumatra par le process. Marsh, pour le projet FAO/CFC/ICO, a pris six lots de parche humide du Sumatra du Nord. Il leur a appliqué sept itinéraires différents, ce qui donne 42 échantillons. Ils sont partis à l'aveugle chez quatre maisons de négoce rompues aux cafés de cette région. Résultats :

    • L'essai n'a reproduit le caractère Mandheling de façon cohérente dans aucun groupe de process ni aucun groupe d'origine.
    • Les dégustateurs ont trouvé l'ensemble des échantillons atypiques : trop propres en tasse, corps moins complexe, couleur trop verte.
    • Le caractère existe pourtant comme objet reconnaissable : trois dégustateurs sur quatre ont désigné le même échantillon, le numéro 2, comme le meilleur Mandheling.
    • Mais le quatrième a classé ce même échantillon parmi les plus mauvais Mandheling. La profession n'a donc pas de définition partagée.
    • Le meilleur caractère est venu du traitement le plus rapide : parche décortiquée après un seul jour d'attente, puis séchée directement à 12 %. Pas des attentes longues.
    • Le témoin séché en parche entière, sans décorticage humide, a été jugé par plusieurs dégustateurs plus acide et plus propre.

    Un détail résume le problème. Le dégustateur qui a noté l'échantillon 2 au maximum pour le caractère Mandheling a écrit en commentaire, sur ce même échantillon : moisi. Il a écrit moisi sur neuf échantillons, dont les deux qu'il jugeait les meilleurs. Le caractère recherché et le défaut ne se séparent pas proprement dans la pratique.

    Les notes SCAA relevées dans cet essai vont de 71 à 80 pour un dégustateur, de 63 à 74 pour un autre. Le rapport précise lui-même que ce barème se prête mal à l'exercice, puisqu'il note l'intensité : un bon Mandheling doit y obtenir une note d'acidité basse.

    Conclusion honnête. Le profil peu acide et corpulent est assez réel pour que des acheteurs expérimentés le reconnaissent. Mais aucun essai publié ne l'a rattaché au décorticage humide. Le rapport écrit lui-même que le mécanisme reste obscur. Tout ce qui suit la liste du négoce est donc mesuré ; la liste elle-même ne l'est pas.

    Ce qui rate

    Moisi, apek en indonésien, noté berbau kapang par la norme. Cause : l'attente en parche humide, puis le stade asalan à 17 %. Les mesures suivent la durée d'attente de près. La norme SNI ne compte pas ce défaut en points : une odeur de moisi ou de pourri disqualifie le lot d'emblée, c'est une exigence générale.

    Aigre. Les dégustateurs de l'essai FAO ont relevé sour surtout sur les échantillons issus de sept et quatorze jours d'attente. L'acide s'accumule dans une masse humide et tiède qui continue de fermenter sans contrôle.

    Fermenté et fruité. Signalé par les quatre dégustateurs sur le même échantillon, celui qui avait été décortiqué tôt puis maintenu à 17 % pendant trois semaines.

    Kuku kambing et grain cassé. Le décortiqueur fend la pointe du grain mou. Mesures sur trois kilang d'Aceh Tengah : 2,7 à 4,6 % de grains cassés, moyenne 3,5 %, et 4,1 à 7,1 % de grains abîmés, moyenne 5,2 %. Un grain cassé vaut un cinquième de point de défaut. Un grain resté en parche, décorticage incomplet, en vaut un demi.

    Note de défaut globale. Ces mêmes trois kilang donnent 29,5 à 54,6, moyenne 39,2. La norme SNI place le mutu 1, c'est-à-dire le grade le plus haut, à 11 points au maximum, et le mutu 3 entre 26 et 44. Au-delà de 44 points viennent le mutu 4 et les grades inférieurs. Le café sortant du kilang n'est donc pas un grade 1. C'est le triage à la main en aval qui fait descendre la note.

    Sous-séchage. Toujours dans la même étude, le vert sort du kilang à 14,1 à 14,4 % d'humidité, moyenne 14,3 %, alors que la norme plafonne à 12,5 %. Un lot qui part trop humide entre en stockage avec une activité de l'eau encore favorable aux moisissures, et le risque court tant que le séchage n'est pas achevé.

    Ochratoxine A. Les Aspergillus noirs dominent, c'est-à-dire les espèces de la section Nigri, nommées ainsi pour leurs têtes porteuses de spores sombres. Une facilité courante veut que seul le groupe ochre soit toxinogène : c'est faux. Aspergillus carbonarius produit de l'ochratoxine A, et une partie des souches d'Aspergillus niger également. Le groupe ochre, qui contient Aspergillus ochraceus, en est un producteur de plus. Il est absent de la parche à J1 et à J7, mais présent dans cinq lots sur six à J14. Sur les 42 verts de l'essai, sept contenaient de l'ochratoxine A, de 0,07 à 2,24 ppb, soit des microgrammes par kilo. Quatre de ces sept venaient de parche gardée quatorze jours. La réglementation européenne ne fixe pas de teneur maximale pour le café vert : ces valeurs ne se comparent donc à aucun seuil légal à ce stade de la filière.

    Défauts de sac et de manipulation. Baggy, papery, metallic reviennent souvent dans les commentaires de l'essai. Le grain nu, poreux, sans parche pour le protéger, capte les odeurs de son contenant.

    Les repères

    • Humidité au décorticage35 à 45 %, moyenne mesurée 40,0 % en Aceh Tengah
    • Activité de l'eau de la parche pendant l'attente0,89 à 0,95 sur quatorze jours
    • Température au cœur des sacs21,5 °C à J0, 34 à 35 °C à J2
    • Grains porteurs d'Aspergillus noirs0 à 4 % à J1, 21 à 97 % à J7
    • Note de défaut en sortie de kilang39,2 en moyenne, quand le mutu 1 exige 11 au maximum
    • Humidité en sortie de kilang14,3 % en moyenne, quand la norme plafonne à 12,5 %
    Zone d'ombreAvertissement de méthode. La passe de contradiction qui a produit cette version n'a pas pu rouvrir les sources en ligne : les recherches web n'étaient pas disponibles pendant le contrôle. Les chiffres attribués à une source nommée ont donc été laissés tels quels, sans nouvelle vérification ligne à ligne. Ce qui a été corrigé l'a été sur des bases internes : cohérence arithmétique, exactitude des mécanismes nommés, exactitude des traductions, contradictions de la fiche avec elle-même. La date d'apparition du giling basah n'est établie par aucune source de premier ou second rang consultée. Le négoce avance deux récits incompatibles, l'un plaçant l'origine dans l'Aceh des années 1970, l'autre la faisant remonter à la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Ni l'un ni l'autre n'est documenté. Le seul fait solide est la lignée de la machine : un décortiqueur à vis de conception coloniale néerlandaise, fabriqué à Malang. La date d'arrivée de l'arabica à Sumatra a été retirée du champ « ou ». La version précédente donnait les années 1780. Aucune source de premier rang ne la porte, et la littérature de filière fait circuler des dates nettement plus tardives pour les plantations du nord de l'île. Tant que le point n'est pas tranché sur une source de rang 1 ou 2, il n'a rien à faire dans le corps de la fiche. Le mécanisme reliant le décorticage humide au profil peu acide et corpulent n'est pas établi. Marsh l'écrit noir sur blanc dans sa conclusion, et son essai n'a pas su reproduire ce profil. Une hypothèse circule, et elle est presque toujours mal énoncée. On lit « hydrolyse des esters d'acide chlorogénique » : la formule n'a pas de sens, parce que les acides chlorogéniques sont eux-mêmes les esters. Ce sont des esters entre l'acide quinique et des acides hydroxycinnamiques, l'acide caféique surtout. Correctement posée, l'hypothèse dit que l'humidité favorise l'hydrolyse de cette liaison ester, qui libère de l'acide quinique et de l'acide caféique. Reste une difficulté que la littérature de filière escamote : cette coupure libère des acides libres, elle n'en supprime pas. Elle n'explique donc pas d'elle-même une acidité perçue plus basse. L'hydrolyse des acides chlorogéniques au stockage du vert est documentée en général. Elle n'a pas été testée sur le giling basah. Le lien avec la tasse reste une conjecture. Elle n'est pas portée dans le champ principe. La réduction de l'amertume par la fermentation, affirmée dans la version précédente à l'étape 3, a été retirée. C'est un effet en tasse énoncé comme un fait, sans essai à l'aveugle, dans un champ qui décrit des gestes. Il contredisait la position que la fiche tient par ailleurs dans le champ tasse. Le seuil de 16 % d'humidité, au-dessus duquel les moisissures de stockage auraient repris, a été retiré des champs déroulé et risques. Aucune source de la liste ne le porte. Il contredisait de plus la fiche elle-même, qui s'alarme à juste titre d'une sortie de kilang à 14,3 % et d'un plafond de norme à 12,5 %. Un seuil placé à 16 % rendrait ces deux constats inoffensifs. Le rapport entre teneur en eau et activité de l'eau dépend de la température et de la courbe de sorption du grain. Cette courbe n'a pas été relevée dans les sources consultées. La fourchette de fermentation de 12 à 46 heures ne repose que sur une publication régionale, Kembaren et Muchsin. Elle n'est corroborée par aucune autre source de la liste. La borne haute est inhabituelle et mériterait un contrôle sur le texte original. La surface de 94 800 hectares pour les trois districts Gayo est une statistique administrative. Aucune source de la liste n'en est explicitement créditée. Elle est conservée faute de pouvoir la contredire, mais elle n'est pas sourcée au même niveau que les mesures de l'essai FAO. La cause chimique de la couleur vert sombre bleutée n'est expliquée dans aucune source lue. L'aspect est décrit partout, le mécanisme nulle part. La durée du second séchage, grain nu, n'est chiffrée dans aucune source de premier rang lue. Le négoce cite environ deux jours. Le protocole FAO prévoit des relevés quotidiens à partir de 25 % d'humidité mais ne publie pas de durée. L'extension du procédé hors de Sumatra repose sur un seul document, publié par la Specialty Coffee Association of Indonesia en 2008. Il donne la pratique à Sulawesi, à Flores et en Papouasie, sur canephora comme sur arabica. Je ne l'ai pas lu directement, seulement via une citation. Le foyer sumatranais, lui, est solidement documenté. La part de l'arabica indonésien réellement traité en giling basah n'est chiffrée nulle part. La norme nationale elle-même ne reconnaît que deux catégories de traitement, pengolahan kering et pengolahan basah : le giling basah n'y a pas d'existence propre. La fragilité du vert wet hulled au vieillissement est affirmée partout dans le négoce et mesurée dans aucune publication que j'aie trouvée. Deux publications du même essai divergent sur l'ochratoxine A. Le rapport FAO donne sept échantillons positifs sur 42, de 0,07 à 2,24 ppb, ce que confirme son tableau 8. Le résumé paru dans Pelita Perkebunan annonce cinq échantillons, de 0,17 à 2,24 ppb. J'ai retenu les chiffres du rapport, vérifiables ligne à ligne. Enfin, les valeurs réglementaires européennes exactes pour l'ochratoxine A du café torréfié et du café soluble n'ont pas pu être vérifiées sur le texte du règlement lui-même. Seul est établi qu'aucune teneur maximale ne s'applique au café vert. == Dix points d'humidité d'écart sur un grain mou, et un calendrier qui explique tout Cette fiche donne le déparchage entre trente-cinq et quarante-cinq pour cent d'humidité, avec une moyenne relevée de quarante pour cent en Aceh Tengah, d'après des observations en atelier. Hackler et Särchen écrivent que le café est pré-séché à vingt-cinq ou trente-cinq pour cent au lieu de onze ou douze, avant retrait de la parche. Les deux fourchettes ne se touchent qu'en un point, trente-cinq pour cent, et ne se recouvrent nulle part ailleurs. Dix points d'humidité sur un grain encore mou ne sont pas un détail de cahier des charges, et il faut dire pourquoi. Deux grandeurs en dépendent directement. La première est le taux de casse : plus le grain est humide, plus il est plastique, donc plus il se déforme sous les rouleaux du déparcheur au lieu de laisser partir sa parche, et c'est ce qui donne au wet hulled sa proportion caractéristique de grains éclatés et de becs abîmés. La seconde est la durée de la fenêtre à risque fongique : un grain déparché à quarante-cinq pour cent est un grain nu, sans son enveloppe protectrice, qui doit encore perdre plus de trente points d'humidité à l'air libre, alors qu'un grain déparché à vingt-cinq pour cent n'en a que treize à perdre. La durée d'exposition n'est pas la même, et le risque d'ochratoxine non plus. Aucune des deux sources ne donne sa méthode de mesure, et c'est peut-être là que se trouve une partie de l'explication. L'humidité d'un café en parche peut se mesurer sur le tout, parche comprise, ou sur le grain seul après retrait, et ces deux mesures ne donnent pas le même nombre puisque la parche et le grain ne retiennent pas l'eau de la même façon. Elle peut aussi se lire sur un humidimètre à conductance électrique, dont les tables d'étalonnage sont établies pour des cafés secs autour de douze pour cent et perdent leur fiabilité bien avant vingt-cinq. Il est donc possible que les deux fourchettes décrivent la même pratique lue avec deux instruments et deux conventions. Ce qui permettrait de trancher est modeste : mesurer par étuvage, c'est-à-dire par pesée avant et après séchage complet en étuve, sur des échantillons prélevés au moment même du déparchage dans plusieurs ateliers, en précisant si la mesure porte sur le café en parche ou sur le grain nu. Tant que ces deux conventions ne sont pas distinguées, les deux fourchettes ne sont pas comparables, et cette fiche conserve la sienne en signalant l'écart. == Le calendrier, qui est le vrai argument du procédé Les mêmes auteurs donnent par ailleurs un renseignement que cette fiche n'a pas sous cette forme, et qui explique la persistance du wet hulled mieux que n'importe quel argument gustatif : le procédé permet de sécher plus vite même sous forte humidité, ce qui ramène le délai entre la cueillette et l'expédition à environ un mois, contre deux à trois mois pour un café centraméricain. Retirer la parche à quarante pour cent d'humidité, c'est retirer l'obstacle le plus lent du séchage, puisque l'eau n'a plus à traverser cette enveloppe. Pour un petit producteur qui vend sa récolte au fur et à mesure et qui n'a pas de trésorerie, deux mois de délai en moins ne sont pas un confort, c'est la différence entre vendre et emprunter. Le profil sensoriel qui en résulte, terreux, boisé, herbacé, de noisette et de torréfaction, avec une acidité basse et un corps plein, est une conséquence du calendrier avant d'être un choix de goût. Sources de ce passage : Hackler et Särchen, chapitre 5, p. 77 pour l'humidité de pré-séchage, le calendrier et le profil sensoriel. Relevés en atelier à Aceh Tengah : fiche 08, champ REPERES.
    Marsh, A. (2006), « Storage of wet Arabica parchment prior to wet hulling, including the storage of dry green bean coffee: Origins of Mandheling Coffee Character », projet FAO/CFC/ICO GCP/INT/743/CFC, CFC/ICO/06, annexe E.6, 37 p. : résumé et sections 1 à 6 pour le protocole, les dégustations à l'aveugle et les conclusions, section 2 pour la description du décortiqueur Kemajuan et l'historique, annexe 1 section 2 pour le stade asalan, annexe 3 tableaux 5 à 8 pour les humidités de départ, l'activité de l'eau, les températures de sacs, la mycologie et l'ochratoxine A ; Ismayadi, C., Marsh, A. et Clarke, R. (2005), « Influence of Storage of Wet Arabica Parchment Prior to Wet Hulling on Moulds Development, Ochratoxin A Contamination, and Cup Quality of Mandheling Coffee », Pelita Perkebunan, Indonesian Coffee and Cocoa Research Institute, vol. 21 n° 2, résumé ; Wirayudha, K., Abubakar, Y. et Widayat, H. P. (2024), « Analisis kadar air gabah kopi arabika sebelum hulling dan kualitas fisiknya pada beberapa kilang kopi di ketinggian tempat yang berbeda di Kabupaten Aceh Tengah », Prosiding Seminar Nasional Penelitian dan Pengabdian, Teknologi Hasil Pertanian, Universitas Syiah Kuala, vol. 4, p. 82-88, section 3 (kadar air biji labu, kadar air biji beras, biji pecah, biji rusak, nilai cacat) ; Badan Standardisasi Nasional (2008), SNI 01-2907-2008 « Biji kopi », sections 3.18, 3.23, 3.24, 4.2 et 4.3, tableau 1 (syarat mutu umum), tableau 6 (penggolongan mutu) et tableau 7 (nilai cacat, prise d'essai de 300 g) ; Kembaren, E. T. et Muchsin (2021), « Pengelolaan pasca panen kopi arabika Gayo Aceh », Jurnal Visioner & Strategis, Universitas Malikussaleh, vol. 10 n° 1, p. 29-36, sections I à V pour la récolte, le dépulpage, la fermentation, le séchage et le décorticage ; Specialty Coffee Association of Indonesia (2008), « The Diverse Coffees of Indonesia », cité de seconde main pour l'extension à Sulawesi, Flores et la Papouasie.
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