SAMIAC
Les tambours de production, Le Cateau-Cambrésis, France.
L'histoire
« L'unique créateur fabricant français de torréfacteurs, depuis 1919 » : c'est la marque qui le dit d'elle-même, et la nuance compte. La continuité est celle du nom, pas de l'entreprise. L'activité torréfaction a été reprise en 1986 par SASA, la Société d'Application des Silicones Alimentaires du Cateau-Cambrésis, créée en 1978 et connue aujourd'hui pour ses moules en silicone. L'entité de 1919 et la signification du sigle ne sont établies nulle part.
SASA Industrie entre au Second Marché en décembre 1996, annonce en 2008 la fin de la fabrication de torréfacteurs et ferme le département fin 2009 pour se recentrer sur la boulangerie. Une lettre laconique rassure les clients sur le service après-vente, et la presse spécialisée conclut que les torréfacteurs indépendants français devront désormais se fournir en Allemagne ou en Italie. Le parc, lui, dure : ces machines « extrêmement robustes » tournent encore, entretenues par des ateliers tiers.
Ce qu'elle fabrique
Des tambours à fond perforé chauffés directement par-dessous, au gaz, au fuel ou par résistances : brassage par palettes en étoile, tambour sur roulements entraîné par moto-réducteur, gaz de combustion traversant les grains puis évacués par le pelliculier. Ni chambre séparée, ni recirculation, ni lit fluidisé.
Les modèles
Série GE, gaz ou électrique : GE 3 kg (3,65 kW), GE 5/7 kg (12 kW), GE 10 kg (25 kW). Série GM, gaz ou fuel : GM 20, 30, 60, 90, 150, 240 et 300 kg par « broche », le mot traditionnel pour une fournée ; le GM 60 pèse 1 600 kg. Aussi des torréfacteurs à épices et à cacao, des fours tunnels, et la distribution exclusive des moulins Mahlkönig en France.
Ce qu'on y gagne
Un brûleur sous un tambour perforé chauffe par trois voies à la fois, contact, rayonnement et gaz qui traversent le lit : transfert puissant, réponse rapide à la flamme, ce pour quoi la flamme directe est « la plus utilisée dans le milieu artisanal ». Une construction en acier mécano-soudé, calorifugée à la fibre céramique, qui explique des décennies de service.
Ce qu'on y perd
Le même contact direct expose au tipping et au scorching, la brûlure ponctuelle du grain sur une paroi trop chaude, et demande une main sûre. Le vrai point faible est daté : la régulation d'origine est un régulateur pyrométrique avec sonnerie de fin de cycle, sans courbe enregistrée, sans vitesse de montée, sans pilotage de l'air. Une SAMIAC d'origine est une machine de tradition, pas de profilage ; et plus aucune pièce n'est fabriquée depuis 2009.