Rototec Eletro Mecânica Ltda
Les tambours de production, Alfenas, sud du Minas Gerais, Brésil.
L'histoire
Rototec naît en 1993 à Alfenas, dans le sud du Minas Gerais, au milieu des plantations de café. Sa page « A Empresa », archivée en avril 2001, dit d'où elle vient. Elle a commencé par des projets spéciaux et de la maintenance sur des lignes de traitement et d'empaquetage d'aliments, de poudres et de granulés, le café en particulier. L'ordre est l'inverse de celui des grandes maisons européennes. Rototec a réparé les machines des autres avant de vendre les siennes, et c'est la région qui lui a appris le métier. Cette origine tient encore au registre fédéral, qui lui laisse la maintenance de machines alimentaires en activité secondaire. La même page de 2001 signale un technicien ayant alors plus de vingt ans dans le secteur. L'atelier n'a jamais déménagé, Rua da Liberdade 153, et reste une micro-entreprise au registre fédéral, quinze mille reais de capital social. Le catalogue de 2001 se donnait comme « projets spéciaux sur demande » et couvrait déjà toute la chaîne. Son torréfacteur d'alors prenait seize kilos par charge. La gamme s'est ensuite resserrée vers le bas. En mars 2009 comme en août 2019, le plus gros modèle au catalogue est le RT-12, douze à treize kilos. Le tournant est récent. La refonte du site, montée sous WordPress en octobre 2020, fait apparaître le RT-15 Master et le RT-30. Le kit complet est annoncé dans la foulée, comme lancement 2021.
Ce qu'elle fabrique
Rototec fabrique des torréfacteurs à tambour chauffés au GPL, le gaz de pétrole liquéfié vendu en bouteille. Le constructeur ne dit nulle part si la flamme lèche le tambour ou si elle chauffe une chambre séparée. Il ne publie ni coupe, ni schéma. Ce qu'il met en avant, c'est une « technologie de micro-flamme », soit un brûleur qui descend très bas en puissance sans s'éteindre. Il annonce aussi un réglage numérique du débit d'air et de la vitesse de rotation du tambour. Ces deux réglages gouvernent la part de la convection, la chaleur portée par l'air qui traverse la charge, face à la conduction, la chaleur transmise par contact contre le métal. Le torréfacteur de 2001 était entièrement doublé de laine de verre, contre les pertes par la paroi. Le RT-14 refroidit par aspiration d'air à travers la charge. Pour le RT-5, la fiche dit seulement « refroidi à l'air », sans préciser le mécanisme. Les deux grandes machines ont un refroidisseur circulaire à cyclone et un ramasse-pellicules, qui écarte par la force centrifuge la pellicule argentée détachée du grain. Elles portent en outre un « système anti-explosion » que le constructeur n'explique pas. Le terme désigne d'ordinaire une protection contre l'inflammation des pellicules et des poussières accumulées dans les conduits. Autour du torréfacteur, la maison construit toute la chaîne : moulins, silos en acier au carbone, élévateur pneumatique, doseuse-ensacheuse, scelleuses sous vide et machine à retirer la pellicule. Le registre fédéral la classe en fabrication de machines pour les industries alimentaires, non en négoce, ce qui écarte l'hypothèse du revendeur.
Les modèles
Quatre torréfacteurs au catalogue de 2026. Le RT-5, 5 kg par fournée, vingt minutes, moteur WEG de 1/4 de cheval, soit environ 184 watts, chauffage au GPL, refroidissement par air. Le RT-14, charge de 12 à 13 kg, trente minutes, refroidi à l'air, 0,37 kW pour l'aspiration, en 110 ou 220 volts, avec une variante à refroidisseur et mélangeur. Le RT-15 Master, 15 kg en vingt minutes, 1,75 m de haut. Le RT-30, 30 kg en vingt minutes, 2,10 m de haut. Ces deux derniers ajoutent le refroidisseur circulaire à cyclone et le ramasse-pellicules. Ils ajoutent aussi le contrôle électronique de la température et du temps, le réglage de la rotation des moteurs et une entrée pour logiciel de courbe. Le RT-14 s'appelait RT-12 jusqu'en août 2019 au moins, à charge identique. Autour viennent les moulins SM-40, 40 kg par heure, et SM-80C, 80 kg par heure. S'y ajoutent des silos de 10, 15 et 20 sacs et un élévateur pneumatique. Puis l'ensacheuse RT-52, donnée à 300 ou 350 kg par heure. Enfin la scelleuse sous vide à double chambre RT-10, jusqu'à 700 kg par heure. Et le RT-80, qui retire la pellicule, donné à 250 par heure dans une unité fautive.
Ce qu'on y gagne
Le chiffre de consommation publié tient au calcul. Treize kilos de GPL pour 450 kg de café font 29 grammes de gaz par kilo, soit environ 1,3 mégajoule. Or sécher un kilo de café vert et le porter à 210 degrés en demande à peu près 0,6 mégajoule. Près de la moitié de la chaleur du brûleur atteindrait donc le grain. Le même calcul donne une puissance moyenne de brûleur voisine de 9,6 kilowatts, sur treize kilos en trente minutes. L'ordre de grandeur sert à quelque chose : il dit quelle bouteille prévoir et quel débit de gaz installer avant de commander. La micro-flamme descend bas en puissance, donc une demi-charge n'oblige pas à couper puis rallumer le brûleur. Sur les deux grandes machines, le réglage numérique de l'air et de la rotation déplace la part de convection sans toucher à la mécanique. Le refroidisseur à cyclone tire l'air à travers la couche de grains, ce qui arrête vite la cuisson résiduelle.
Ce qu'on y perd
Le catalogue ne publie ni diamètre de tambour, ni vitesse de rotation, ni puissance de brûleur en kilowatts. On ne sait donc pas, avant d'acheter, si la flamme touche le tambour ou non. Le RT-5 et le RT-14 n'ont ni contrôle électronique de température, ni entrée pour logiciel de courbe. On torréfie au nez et à la montre, et le profil ne se rejoue pas d'une fournée sur l'autre. Pour le RT-15 Master, aucune consommation de gaz n'est publiée. Pour le RT-30, la seule valeur publiée figure sur la page du kit, et elle reprend mot pour mot celle du RT-14. Un chiffre recopié ne renseigne pas sur la machine. Le plafond reste de trente kilos par fournée, sans rien au-dessus. Les fiches traînent enfin de vieilles erreurs, un RT-5 haut de 110 millimètres, un RT-80 donné en kilomètres par heure. Ces coquilles étaient déjà en ligne en 2019 et ont survécu à la refonte.