Probat
L'industrie et le continu, Emmerich-sur-le-Rhin, Allemagne.
L'histoire
Tout commence par une machine à trier. Alexius van Gülpen produit à Emmerich, en 1860, un calibreur de café vert ; en 1868 il s'associe à Johann Heinrich Lensing et Theodor von Gimborn pour fonder l'Emmericher Maschinenfabrik und Eisengießerei. En 1870 la maison lance son torréfacteur sphérique, l'Emmericher Kugelröster, chauffé au bois et au coke.
L'usine est détruite par les bombardements en 1944 et reconstruite en 1949 ; la maison prend le nom Probat en 1959. Puis elle achète : Bauermeister en 1985, un spécialiste du broyage et non de la torréfaction ; Hamburg Dresdner Maschinenfabriken en 2013, cacao et chocolat ; A. C. Horn et Royal Duyvis Wiener en 2024, la seconde pour entrer dans le cacao ; et une marque unifiée « Probat » en 2025. Gothot, le concurrent de Mülheim, a été absorbé à une date que Probat ne publie nulle part, pas même dans son communiqué pour les 125 ans de Gothot. La société devient Probat AG le 5 septembre 2022, puis Probat SE le 14 juillet 2023 : 198,3 millions d'euros de chiffre d'affaires et environ 900 salariés en 2023, 80 % à l'export.

Ce qu'elle fabrique
Pas un principe mais quatre, ce qui est la marque d'un constructeur qui couvre toute la filière : le tambour à convection dominante et chauffe indirecte (série G, « heat is transferred primarily via convection ») ; la chambre fixe à air tangentiel brassée par pelles, avec recirculation (Jupiter) ; la cuve rotative centrifuge (Saturn) ; le tambour industriel à recirculation (Neptune). Plus les lignes complètes, du sac au paquet.
Les modèles
Boutique et artisan : P01 (0,8 à 1,2 kg, électrique), P05 (1 à 6 kg), P12 (1 à 15 kg), P25 (1 à 30 kg), au gaz, au propane, à l'électricité ou à l'hydrogène. Tambours convectifs G45, G75, G120 (20 à 120 kg) et Cx70. Industrie : Jupiter 500 à 5000 (jusqu'à 5 000 kg/h), Neptune 1000 à 4000, Saturn 2500 et 4000. Le BRZ pour l'échantillon.
Ce qu'on y gagne
La chauffe indirecte supprime le marquage du grain par la flamme et découple deux réglages que la flamme directe mélange : la puissance thermique et le débit d'air. C'est ce découplage qui rend un profil reproductible toute l'année, exigence numéro un d'un industriel. La recirculation renvoie les fumées nettoyées vers la chambre de combustion au lieu de les jeter chaudes : la presse professionnelle chiffre l'ordre de grandeur autour de 25 %, Probat annonce jusqu'à 30 %. Et l'on change d'échelle, de 0,8 kg à 5 000 kg/h, sans changer de vocabulaire de réglage.
Ce qu'on y perd
Un circuit à recirculation a plus d'inertie qu'un tambour ouvert : l'air renvoyé est déjà chaud, une baisse de consigne se traduit moins vite, les corrections sont moins nerveuses qu'une petite machine à flamme directe. La conformité impose une post-combustion, investissement et consommation que les petites structures absorbent mal. Et sur la série P, Probat ne publie pas la construction de ses tambours, simple ou double paroi, ni la part de conduction : les pages restent commerciales, ce qui gêne la comparaison avec un concurrent qui, lui, publie.