PXL Roasters
  • La chronique
  • Constructeur

    JM Estrada S.A.

    Les tambours de production, La Estrella et Medellín, Antioquia, Colombie.

    OùLa Estrella et Medellín, Antioquia, Colombie
    Depuis1865
    FamilleLes tambours de production

    L'histoire

    La date de 1865 n'est pas celle des Estrada. Elle est celle de la Ferrería de Amagá, en Antioquia. Après l'indépendance de la Colombie, des familles de Marmato perdent leurs mines, expropriées. Les Ospina, l'une d'elles, fondent en 1865 une ferrerie, c'est-à-dire une fonderie de fer, pour fabriquer du matériel de mine. Elle coule d'abord des moulins californiens, ces bocards dont les pilons écrasent le minerai de filon, pour des mines comme celle du Zancudo. Le constructeur attribue les roues Pelton de la ferrerie à Pedro Nel Ospina, ingénieur mécanicien formé à Berkeley. Il en fut le gérant, puis président de la République de 1922 à 1926. Une fonderie de mine disposait donc d'un ingénieur capable de dessiner des turbines hydrauliques. Elle passe ensuite aux trapiches, les moulins à canne, et importe des dépulpeuses de café. La dépulpeuse arrache la pulpe de la cerise pour en libérer le grain. Ces importations coûtent trop cher, et les Estrada, proches des Ospina, décident de les fondre eux-mêmes. Jesús María Estrada Ochoa naît en 1857 à Caldas, en Antioquia. À dix-neuf ans il ouvre une forge dans son village natal, et le constructeur date de 1876 cette petite fonderie de Caldas. En 1884 il l'a élevée au rang de fonderie. Elle coule des roues Pelton, des tuyaux, des moulins à canne, des moulins californiens, des dépulpeuses, des poulies et des paliers. En 1903 son fils Ernesto le rejoint, au retour d'un voyage d'étude aux États-Unis. La même année l'atelier quitte Caldas pour La Estrella, au bord de la quebrada Grande, un torrent. La raison est mécanique : il fallait une chute d'eau assez forte pour entraîner les machines-outils. Les Estrada rachètent la Ferrería en 1927, puis exploitent les deux sociétés séparément pendant vingt-quatre ans. En 1931 l'ensemble est la plus grande entreprise de construction mécanique du pays, selon un supplément industriel du quotidien El Colombiano de Medellín daté du 13 octobre 1931. Les deux sociétés fusionnent le 9 février 1951, sous le nom de Hijos de JM Estrada Ltda. Jorge Eduardo Estrada M., arrière-petit-fils du fondateur, signe aujourd'hui le texte de la maison.

    Ce qu'elle fabrique

    L'usine de La Estrella comptait 7 800 mètres carrés bâtis et 230 personnes en mars 2020. La maison garde un bureau d'études et sa propre fonderie, qui coule les pièces de ses machines. Jorge Estrada résumait alors la règle ainsi : rien n'est envoyé se faire fabriquer dehors. Le café pèse 65 % des ventes, et les machines de traitement après récolte partent vers trente pays. Toute la production est passée à l'acier inoxydable, pour un motif énoncé : le café est un aliment et doit être traité comme tel. L'inox tient aussi mieux dans le temps, ce qu'un chantier de Kona, à Hawaï, a vérifié en air salin. La maison affiche une certification ISO 9001 et un certificat IQNet daté de décembre 2021. Le torréfacteur travaille sur le principe du tambour rotatif. Un brûleur au gaz propane porte le tambour à 220 degrés Celsius. La fiche technique du constructeur précise un tambour à double paroi non perforée. Ni la flamme ni les gaz de combustion ne traversent donc la masse de grain : la chaleur passe par le métal. La chambre de combustion est en acier réfractaire, annoncée sans entretien. Le brûleur marche au gaz de pétrole liquéfié, avec quatre intensités, et la même fiche mentionne aussi le gasoil. Un ventilateur extrait et recircule l'air chaud. Le constructeur y voit une économie d'énergie, puisque la chaleur reprise a déjà été payée en gaz. L'allumage est automatique. Le corps du tambour tourne sur roulements. La carcasse est en acier inoxydable, isolée à la laine de verre pour limiter les fuites de chaleur. Tout le corps de la machine bascule pour vider la fournée.

    Les modèles

    Le constructeur ne donne pas de noms commerciaux à ses torréfacteurs. Il en vend trois, désignés par leur degré d'automatisation, plus un moulin. Le torréfacteur manuel prend 1 à 3 livres de café trillado, soit 0,45 à 1,4 kg. Trillado veut dire déparché : la parche, l'enveloppe sèche qui entoure le grain, a été retirée. C'est donc une charge de café vert, et non un rendement en café torréfié. Le récipient et le couvercle sont en aluminium coulé, avec un système de fermeture rapide. La manivelle est verticale et porte des pales internes, pour que le grain roule et cuise également. Des trous laissent sortir la vapeur et servent à juger la température interne. Le manche métallique est gainé de bois, la main ne touchant ainsi jamais le métal chaud. La maison range cet appareil parmi ses développements propres, pour torréfier des échantillons à la ferme. Sa page produit le présente aussi comme un appareil de maison. Le torréfacteur semi-automatique cuit par fournées d'environ quinze minutes, quatre cycles par heure. Le temps se règle selon l'humidité du café entrant, ou au jugé du torréfacteur. Le brûleur est au gaz et la machine est en inox. Un cyclone traite les vapeurs et les fumées et refroidit le grain. Deux hublots en verre réfractaire équipent la machine. L'un regarde la masse de café, l'autre les rampes du brûleur, ces tubes percés d'où sortent les flammes. On voit ainsi si la flamme est allumée et régulière sans rien ouvrir. Une cuiller de prélèvement sort des échantillons en cours de cuisson. Un thermomètre numérique mesure la température dans la masse de café, et non celle de l'air. La cuve de refroidissement est de grande capacité, ce qui homogénéise le refroidissement, et le cyclone récupère les poussières. Un système extrait la pellicule argentée, la fine peau qui se détache du grain à la cuisson. Le torréfacteur automatique reprend le même débit annoncé. Il a une trémie de chargement du café vert et un tableau de commande. Le constructeur décrit ce tableau comme un programmateur de courbes de torréfaction. Une note du 17 novembre 2021 décrit plutôt neuf cycles préréglés, choisis sur écran tactile. Le cycle choisi, la machine ouvre le gaz et préchauffe la chambre au point voulu par ce cycle. Elle charge ensuite le café de la trémie, cuit, envoie à la cuve de refroidissement, puis dépose la fournée en bouche de sortie. Des électrovannes commandent le gaz, et la machine extrait fumées et pellicule. Le constructeur annonce 20 kg par heure, pour le semi-automatique comme pour l'automatique. La charge d'une fournée n'est jamais publiée. S'y ajoute un moulin à disques pour café torréfié : 2 chevaux électriques, disques à 600 à 900 tours par minute, 100 à 120 kg par heure, 34 kg net. Il donne des moutures fines, mais le constructeur précise qu'elles n'atteignent ni la farine ni l'impalpable. Il sert aussi au cacao, aux céréales, au fromage et aux condiments. Le reste du catalogue café couvre le traitement après récolte. On y trouve la préclassification et le transport, les dépulpeuses, les modules classeurs Ecoplus, Becolsub, compacts et Ecomill. Puis les séchoirs manuels, solaires et automatiques, les guardiolas, les trilladoras et le traitement des eaux. La guardiola est un séchoir à tambour rotatif, la trilladora la machine qui déparche le café sec.

    Ce qu'on y gagne

    La double paroi non perforée met du métal entre la flamme et le grain. Aucun gaz de combustion ne traverse la charge. Il n'y a donc ni goût de fumée ni brûlure de surface par contact direct de la flamme. Cette masse de métal stocke la chaleur. Une charge froide fait moins chuter la température qu'avec un tambour mince. Le thermomètre numérique lit la masse de café, pas l'air du tambour. L'opérateur suit donc ce qui arrive réellement au grain, sans passer par une mesure indirecte. Le hublot braqué sur les rampes du brûleur montre l'état de la flamme sans rien ouvrir. Une extinction ou un brûleur encrassé se voient aussitôt. Le préchauffage automatique amène la machine au même point de départ à chaque fournée. Cela supprime la première cause d'écart entre deux cuissons. La recirculation de l'air chaud réutilise une chaleur déjà payée en gaz. L'inox, choisi parce que le café est un aliment, tient aussi en atmosphère saline, ce qu'un chantier hawaïen a montré.

    Ce qu'on y perd

    La même masse de métal se retourne contre l'opérateur. Changer l'intensité du brûleur ne change pas tout de suite la température du grain. Il faut d'abord chauffer ou refroidir la paroi. Une montée qui dérape se rattrape en dizaines de secondes, pas en secondes. Les quatre intensités du brûleur sont des crans, pas une modulation continue. Entre deux crans, il n'y a rien. Le débit publié plafonne à vingt kilos par heure, et le catalogue ne monte pas au-dessus. Le moulin, de l'aveu du constructeur, ne descend ni jusqu'à la farine ni jusqu'à l'impalpable. Une mouture d'espresso sort donc de sa portée. Enfin la maison énonce quatre critères de conception pour ses machines : respect de la norme environnementale colombienne, qualité du café produit, prix d'achat bas, entretien bas. La finesse du pilotage de torréfaction n'y figure pas, et la gamme s'en ressent.

    Zone d'ombreL'année de fondation reste le point le plus incertain de cette fiche. Le chiffre de 1865 est celui de la Ferrería de Amagá, que les Estrada n'ont rachetée qu'en 1927 et fusionnée qu'en 1951. La maison Estrada elle-même commence en 1876, date que le constructeur donne lui-même. Sa page Empresa porte trois âges incompatibles. Elle annonce 131 ans de production ininterrompue de dépulpeuses, 142 ans de travail ininterrompu, et plus de 165 ans d'expérience. Aucun des trois ne tombe juste, ni depuis 1865 ni depuis 1876, en 2026. La date exacte de l'ouverture de la forge n'est pas donnée : elle se déduit d'une naissance en 1857 et de la mention « à dix-neuf ans ». Aucune archive, aucun registre du commerce colombien, aucun acte notarié n'a pu être consulté. Le supplément d'El Colombiano du 13 octobre 1931 est cité par le constructeur, mais n'a pas été lu. La date de mort de Jesús María Estrada est inconnue. Le compte de quatre générations repose sur le site, qui nomme Jorge Eduardo Estrada M. arrière-petit-fils du fondateur, et sur un entretien de 2020. Aucune généalogie ne l'a recoupé. Le rôle exact de Jorge Estrada dans l'entreprise n'est pas publié : il signe le texte de la maison et a donné l'entretien de 2020, rien de plus n'est établi. Les capacités publiées, ensuite, ne se recoupent pas. Les pages du semi-automatique et de l'automatique annoncent toutes deux 20 kg par heure. L'étiquette anglaise placée à côté indique 22 LBS sur le semi-automatique. Celle de l'automatique porte 44 LBS dans un bloc et 22 LBS dans l'autre. Or 44 livres valent 20 kg et 22 livres en valent 10. La charge d'une fournée n'est écrite nulle part. Quatre cycles de quinze minutes à 20 kg par heure mettraient environ 5 kg dans le tambour. Le constructeur ne l'écrit nulle part, et ce chiffre n'est donc pas retenu ici. Les 220 degrés sont attribués au tambour, et non à l'air ou à la masse de grain, mais aucune température de fin de torréfaction n'est publiée. Rien n'est publié non plus sur le diamètre du tambour, sa vitesse de rotation, la puissance du brûleur en kilowatts, la consommation de gaz, la masse ou l'encombrement des machines. La fiche de 2014 ne comporte aucun tableau de capacités. Elle porte 2014 dans son nom de fichier et n'a été mise en ligne qu'en décembre 2021 : elle peut décrire un état ancien de la machine. Ses mentions du gasoil et des quatre intensités de brûleur figurent dans une liste générale de caractéristiques, sans qu'on sache lesquelles sont réellement proposées aujourd'hui. Cette même fiche ne dit pas si l'air chaud recirculé est de l'air de combustion ou de l'air de la chambre de torréfaction. Dans le second cas, une part des gaz toucherait le grain, ce que la double paroi est censée empêcher, et la question reste ouverte. Le tableau de commande pose la même difficulté. La page de l'automatique parle de programmation de courbes de torréfaction. La note de 2021 décrit neuf cycles préréglés choisis sur écran. Savoir si un opérateur peut tracer sa propre courbe n'est pas établi, et la fiche s'abstient donc de trancher. La source de chaleur du torréfacteur manuel n'est pas précisée. Rien ne confirme non plus, hors du constructeur, que les torréfacteurs à tambour soient bâtis dans la maison plutôt qu'achetés et marqués. La fonderie et le bureau d'études intégrés sont attestés. Mais le seul développement propre revendiqué sur la ligne de torréfaction est le torréfacteur manuel. Les 230 salariés, les 7 800 mètres carrés, les trente pays d'export et les 65 % des ventes viennent tous d'un seul article de mars 2020. Aucun n'a pu être réactualisé. Les certificats ISO 9001 et IQNet affichés reposent sur un fichier daté de décembre 2021 ; leur validité actuelle n'a pas été vérifiée. Enfin, aucune recherche de brevet, aucun essai indépendant et aucun dépouillement de presse n'ont été possibles. Le quota de recherche web de la session était épuisé. Le travail s'est fait par consultation directe d'adresses connues.
    Site du constructeur, jmestrada.com, page Empresa, consultée en septembre 2026 (naissance de Jesús María Estrada O. en 1857 à Caldas, forge ouverte à dix-neuf ans, fonderie en 1884, association avec le fils Ernesto en 1903, déménagement de la fonderie de Caldas à La Estrella en 1903 pour disposer d'une chute d'eau, Ferrería de Amagá fondée en 1865 à Amagá, moulins californiens de 1865 pour la mine du Zancudo, roues Pelton attribuées à Pedro Nel Ospina, gérant de la ferrerie et président de la République de 1922 à 1926, rachat de la Ferrería en 1927, plus grande entreprise de construction mécanique du pays en 1931 selon un supplément industriel d'El Colombiano du 13 octobre 1931, fusion du 9 février 1951, liste des productions de la fonderie, liste datée des développements propres dont le torréfacteur manuel à fermeture rapide pour les cafés de prueba, signature de Jorge Eduardo Estrada M. comme arrière-petit-fils du fondateur) ; même site, page d'accueil, consultée en septembre 2026 (mention « fundada en 1865 », adresse de l'usine, Carrera 55 Nº 87 Sur-146 Ancón Sur, La Estrella, adresse du dépôt de vente, Carrera 50 Nº 40-05, Medellín, logotypes ISO 9001 et IQNet) ; même site, pages produits Tostadora manual, Tostadora semiautomática, Tostadora automática et Molino de discos café tostado, consultées en septembre 2026 (capacité de 1 à 3 livres de café trillado, aluminium coulé, fermeture, manivelle verticale à pales, trous d'évent, manche gainé de bois ; fournées de quinze minutes et quatre cycles par heure, réglage selon l'humidité d'entrée, brûleur à gaz, inox, cyclone, deux hublots en verre réfractaire dont un sur les rampes du brûleur, cuiller de prélèvement, thermomètre numérique sur la masse de café, cuve de refroidissement, extraction de la pellicule argentée ; tambour rotatif, brûleur au gaz propane portant le tambour à 220 °C, tambour sur roulements, carcasse inox isolée à la laine de verre, corps basculant, trémie de café vert, tableau de commande pour la programmation de courbes de torréfaction, extraction des fumées et de la cuticule ; 2 chevaux électriques, 600 à 900 tours par minute, 100 à 120 kg par heure, 34 kg net, moutures fines mais ni farine ni impalpable) ; même site, article « Tostadora automática de café con 9 ciclos diferentes de tostión », rubrique Noticias, daté du 17 novembre 2021, consulté en septembre 2026 (automate à neuf cycles, écran tactile, ouverture du gaz et préchauffage de la chambre selon le cycle choisi, chargement, cuisson, refroidissement et dépose automatiques, électrovannes, 20 kg par heure) ; fiche technique du constructeur, tostadora-web-2014.pdf, mise en ligne en décembre 2021 et consultée en septembre 2026 (neuf programmes, panneau PLC tactile, tambour à double paroi non perforée, chambre de combustion en acier réfractaire sans entretien, quatre intensités de brûleurs, chauffage au gaz ou au gasoil, ventilateur d'extraction et de recirculation de l'air chaud présenté comme une économie d'énergie, collecteur de cascarilla, allumage automatique, construction en acier inoxydable) ; Luis Román, « JM Estrada: las múltiples caras de la tecnología para el beneficio », paru d'abord dans Revista Roast et repris par Daily Coffee News le 31 mars 2020 (origine minière de Marmato, ferrerie fondée en 1865 par les Ospina pour le matériel de mine puis importatrice de dépulpeuses, fonderie de dépulpeuses montée par les Estrada en 1876 parce que ces importations coûtaient trop cher, Jorge Estrada quatrième génération, 7 800 mètres carrés bâtis, 230 salariés, bureau d'études et fonderie intégrés, rien de sous-traité, café à 65 % des ventes, export vers trente pays, passage complet à l'inox parce que le café est un aliment, tenue de l'inox en air salin à Kona, quatre critères de conception des machines) ; tostarcafe.com, « Máquinas Tostadoras de Café en Colombia », 25 janvier 2021, consulté en septembre 2026 (page tierce donnant 1865, un tambour à double paroi non perforée et jusqu'à 20 kg par heure, en accord avec le constructeur)
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