OùIdar-Oberstein, Rhénanie-Palatinat, Allemagne
Depuis1920
FamilleL'échantillonnage et la mesure
L'histoire
Fritsch naît en 1920 à Idar-Oberstein, la ville allemande des pierres précieuses. Ce n'est pas une maison d'instruments à ses débuts, mais un négoce technique de pierres. Elle vend aux pharmaciens et aux laboratoires de chimie des mortiers en agate. Ce sont des bols taillés dans une pierre très dure, où l'on réduit une matière en poudre à la main. Tout le métier de la maison tient déjà là : réduire et diviser, jamais chauffer. En 1955 elle se range parmi les spécialistes du laboratoire d'application. C'est l'atelier où l'on prépare l'échantillon et où l'on mesure ses grains, avant l'analyse proprement dite. Ce déplacement la fait passer du commerce de pierres à la construction d'instruments. En 1962 elle sort son premier broyeur planétaire de conception propre, qu'elle dit breveté. En 1973 elle bâtit son premier atelier, Industriestrasse 8, pour réunir au même endroit la fabrication et le contrôle qualité. C'est l'adresse qu'elle occupe encore. En 1985 elle entre dans le laser avec le granulomètre Analysette 22. Elle y emploie une optique dite Reverse Fourier, dont elle se dit l'inventrice. La lentille y est placée avant la cuve, donc l'échantillon est traversé par un faisceau qui converge au lieu d'un faisceau parallèle. La maison affirme l'avoir gardée sur tous ses granulomètres depuis. Elle ouvre sa première représentation étrangère à Singapour en 2005, puis en Russie, en Chine, aux États-Unis et en France. En 2007 elle pousse le broyage jusqu'au nanomètre avec le Pulverisette 7 premium line. En 2012 elle met au point l'analyseur d'images Analysette 28. En 2014 elle bâtit un atelier de 4 900 mètres carrés, pour rassembler toute sa fabrication sur un seul site. Elle fête ses cent ans en 2020, toujours aux mains de la famille, avec Sebastian et Maximilian Fritsch à sa tête. Elle compte alors 115 salariés au siège et 15 dans ses bureaux de vente, pour environ 20 millions d'euros de chiffre d'affaires. En 2022 elle ouvre sur place un centre technologique de 240 mètres carrés. Elle signe FRITSCH GmbH, Milling and Sizing.
Ce qu'elle fabrique
Fritsch ne construit aucune machine à torréfier, et rien n'indique qu'elle en ait jamais construit. Elle fabrique des instruments de laboratoire qui préparent l'échantillon avant l'analyse, et qui mesurent ensuite la taille de ses grains. Elle les fabrique elle-même, dans son atelier d'Idar-Oberstein : ce n'est ni un distributeur ni un assembleur. Son appareil le plus utile au café est le diviseur à cône rotatif Laborette 27. Un entonnoir laisse tomber la matière au sommet d'un cône qui tourne. La rotation projette le flux vers l'extérieur le long du cône, et le répartit dans huit, dix ou trente canaux selon la tête montée. Le partage se fait donc dans le temps, par prélèvements successifs sur un flux en mouvement. Il ne se fait pas par gravité, dans un tas immobile, comme chez le diviseur à riffles. Ce dernier est un appareil à goulottes alternées, qui coupe simplement le tas en deux. La maison construit aussi des broyeurs, des tamiseuses, des distributeurs vibrants et des granulomètres laser. Rien de tout cela ne chauffe le café.
Les modèles
Rien ici ne torréfie, donc la gamme se compte en millilitres et en millimètres, jamais en kilos par fournée. Diviseur à cône rotatif Laborette 27, référence 27.1600.00. Jusqu'à 3 000 pas de division par minute, vitesse réglable de 80 à 120 tours par minute. Précision de division annoncée jusqu'à 99,9 %, sept têtes de division au choix. Tête 1:8, grain de 10 mm au plus, 4 000 ml par passe, flacons de 500, 250 et 32 ml. Tête 1:10, grain de 10 mm, 2 500 ml, flacons de 250 et 32 ml. Tête 1:30, grain de 2,5 mm seulement, 300 ml, flacons de 15, 20 et 30 ml. Têtes en plastique POM, en aluminium anodisé pour les matières abrasives, en aluminium revêtu de PTFE pour la tête 1:30 et les matières agressives. Entonnoir de 10 mm livré en série, 5 mm ajouté avec la tête 1:30, entonnoirs de 15 et 22 mm en option. Boîtier en fonte d'aluminium, tête démontable, matériaux de qualité alimentaire, minuterie et liaison RS232. Distributeurs vibrants Laborette 24 : canal en V, référence 24.0030.00, de 1 à 1 500 g par minute ; canal en U, référence 24.0020.00, de 5 à 2 500 g par minute. Côté broyage, le constructeur documente lui-même deux appareils sur le café torréfié. Le broyeur à couteaux Pulverisette 11, référence 11.3020.00, tourne de 2 000 à 10 000 tours par minute. Il avale un grain de 40 mm et descend sous 300 micromètres. Le broyeur à rotor Pulverisette 14 classic line, référence 14.5020.00, tourne de 6 000 à 20 000 tours par minute. Il pousse la matière contre un anneau tamiseur choisi entre 0,08 et 6 mm, et n'accepte qu'un grain d'entrée de 10 mm. Côté mesure, les granulomètres laser Analysette 22. La version NeXT Micro, référence 22.9000.00, couvre 0,5 à 1 500 micromètres. Enfin l'analyseur d'images Analysette 28, qui donne aussi la forme des particules et pas seulement leur taille.
Ce qu'on y gagne
Le cône ne partage pas un tas, il découpe un flux dans le temps. À trente canaux et 3 000 pas par minute, chaque flacon reçoit une centaine de prélèvements par minute. Cela revient à cent tours par minute, au milieu de la plage 80 à 120. Un grain lourd n'a donc pas le temps de rouler au bas du tas et d'échapper au prélèvement. C'est tout l'enjeu sur un lot de café, où les grains lourds et les grains légers ne se valent pas à la tasse. L'autre gain est arithmétique. Un diviseur à riffles coupe en deux : il faut cinq passes pour descendre au trente-deuxième, donc cinq manipulations et cinq pertes. Le Laborette 27 descend au trentième en une seule.
Ce qu'on y perd
La tête qui divise le plus finement, 1:30, n'accepte que 2,5 mm de grain et 300 ml. Le café entier n'y passe jamais, ni vert ni torréfié : il faut le broyer d'abord, donc renoncer à diviser le lot tel quel. Restent les têtes 1:8 et 1:10, limitées à 10 mm, soit le diamètre de l'entonnoir de série. Un gros grain franchit alors une ouverture de sa propre taille. Il finit par faire voûte, c'est-à-dire par former au-dessus de l'orifice un arceau de grains coincés les uns contre les autres, qui arrête l'écoulement. Surtout, la machine reproduit fidèlement ce qu'on lui donne. Un prélèvement mal fait au départ ressort trente fois, à 99,9 % de précision.
Zone d'ombreLe point le plus important d'abord, comme pour Retsch : Fritsch ne construit aucune machine à torréfier, d'aucune taille. Elle est rangée ici dans la famille des torréfacteurs d'échantillon pour une seule raison. Ses appareils servent le travail qui entoure la cuisson d'un échantillon, la division du prélèvement et le contrôle de la mouture. Ce n'est pas un fabricant de torréfacteurs et la fiche ne doit pas laisser croire le contraire. La différence avec Retsch tient à un détail vérifié : Fritsch, elle, documente le café. Sa base de rapports de broyage propose deux entrées, café en grains et café en grains torréfiés, mais les deux rapports qui s'affichent portent en réalité sur du café torréfié. Aucun rapport sur le café vert n'a été trouvé, et aucune note d'application consacrée au café vert non plus. L'usage sur le café vert décrit ici est donc une déduction, pas une affirmation du constructeur. Le constructeur avertit lui-même que ces rapports ne valent qu'à titre indicatif, l'humidité résiduelle, la teneur en matière grasse et la morphologie variant d'un lot à l'autre. La liste des matières et cet avertissement ont été revus en septembre 2026 ; les deux rapports eux-mêmes n'ont pas pu être rouverts à cette occasion, faute d'accès direct à leur page. Une divergence subsiste sur la cuve du Pulverisette 11 : le rapport la donne en Tritan, la fiche produit actuelle la donne en polycarbonate, pour le même volume de 1,4 litre. Le mot cuve plastique a donc été préféré aux deux. Sur l'histoire ensuite. Le nom du fondateur n'est publié nulle part. La maison se dit familiale et cite Sebastian et Maximilian Fritsch à sa tête à partir de 2020. Les mentions légales de septembre 2026 ne nomment plus qu'un gérant, Maximilian Fritsch. Elles ne nomment jamais celui de 1920. La quatrième génération est affirmée par le catalogue du constructeur, et par lui seul : aucune source indépendante ne l'établit, et la fiche ne la reprend donc pas dans son histoire. L'année de fondation, 1920, est une donnée constructeur, cohérente sur trois documents distincts. Les mentions légales donnent bien un numéro de registre, HRB 10148 au tribunal de Bad Kreuznach. Ce registre n'a pas été consulté, et une inscription au registre ne donne de toute façon pas la date de fondation. Le brevet du broyeur planétaire de 1962 est affirmé par la maison, jamais référencé : aucun numéro n'a pu être relevé, faute d'accès à un registre de brevets. L'invention de l'optique Reverse Fourier est elle aussi revendiquée par la maison seule, sans brevet ni publication produite à l'appui. Attention enfin à un homonyme qui prête à confusion. Il existe une autre maison allemande nommée Fritsch, établie à Markt Einersheim. Elle fabrique des machines de boulangerie et n'a rien à voir avec celle-ci. Sur la technique. Le tableau des têtes du Laborette 27, tête par tête, vient du seul catalogue PDF : la fiche produit en ligne ne publie que les valeurs d'ensemble, 4 000 ml au plus et flacons de 5 à 500 ml, qui elles concordent. Le rapport des 3 000 pas par minute aux 80 à 120 tours est une déduction arithmétique, trente canaux à cent tours. Ce n'est pas un chiffre publié comme tel. Le débit réel en grammes par minute d'un Laborette 27 n'est publié nulle part. Le volume maximal de 4 000 ml n'a pas été converti en kilos de café, faute d'une masse volumique apparente vérifiée pour le café vert en vrac. Le rapport M002198 laisse vides les cases de finesse d'entrée et de sortie de son premier essai. Le rapport M200082 laisse sa case de finesse finale à un mot tronqué. Les chiffres retenus viennent donc des colonnes du tableau de recherche et des commentaires de l'opérateur. Le prix des appareils n'est publié nulle part. La page de base de connaissances par application et le site iso.org ont renvoyé des erreurs, si bien qu'aucune norme d'échantillonnage du café vert n'est citée ici. Enfin, aucune archive d'entreprise ni presse professionnelle indépendante n'a pu être consultée pendant ce travail : toute la matière vient du constructeur.
Site du constructeur fritsch-international.com, page À propos, rubrique Histoire, pour les jalons de 1920, 1955, 1962, 1973, 1985, 2005, 2007, 2012, 2014, 2020 et 2022, ainsi que pour les 4 900 mètres carrés de 2014, les 115 salariés au siège, les 15 salariés des bureaux de vente, les 20 millions d'euros de chiffre d'affaires et les 240 mètres carrés du centre technologique de 2022, consultée en septembre 2026 ; fritsch-international.com, page Profil, pour la raison sociale FRITSCH GmbH Milling and Sizing et l'adresse Industriestrasse 8, 55743 Idar-Oberstein, consultée en septembre 2026 ; fritsch-international.com, mentions légales, pour Maximilian Fritsch gérant, le registre du commerce du tribunal de Bad Kreuznach sous HRB 10148 et le numéro de TVA DE811189307, consultées en septembre 2026 ; catalogue Product Overview Sample Preparation, PDF anglais, page 3 pour la quatrième génération, les filiales et les deux salariés en France, pages 5 et 6 pour la finesse analytique visée de 20 micromètres à 2 mm et les principes de broyage, pages 26 et 27 pour le tableau des têtes du Laborette 27, page 28 pour le Laborette 24 ; fritsch-international.com, fiche produit Laborette 27, sections Vue d'ensemble, Principe de fonctionnement, Caractéristiques et Équipement, pour la référence 27.1600.00, les 3 000 pas par minute, les 80 à 120 tours par minute, les 99,9 %, les sept têtes aux rapports 1:8, 1:10 et 1:30, les matériaux POM, aluminium anodisé et aluminium revêtu de PTFE, les entonnoirs de 5, 10, 15 et 22 mm, les 4 000 ml, les flacons de 5 à 500 ml, le boîtier en fonte d'aluminium, les matériaux de qualité alimentaire et la liaison RS232, consultée en septembre 2026 ; fritsch-international.com, fiches produit Laborette 24 à canal en V et à canal en U, pour les références 24.0030.00 et 24.0020.00 et les débits de 1 à 1 500 et de 5 à 2 500 g par minute, consultées en septembre 2026 ; fritsch-international.com, fiche produit Pulverisette 11, pour la référence 11.3020.00, les 2 000 à 10 000 tours par minute, le grain d'entrée de 40 mm, la finesse sous 300 micromètres et la cuve de 1,4 litre, consultée en septembre 2026 ; fritsch-international.com, fiche produit Pulverisette 14 classic line, pour la référence 14.5020.00, les 6 000 à 20 000 tours par minute, les anneaux tamiseurs de 0,08 à 6 mm, le grain d'entrée de 10 mm et le principe de choc puis de cisaillement, consultée en septembre 2026 ; base de données des rapports de broyage du constructeur, page de recherche, pour les deux entrées café en grains et café en grains torréfiés et pour l'avertissement du constructeur sur la valeur seulement indicative des résultats, consultée en septembre 2026 ; même base, rapport M200082, café torréfié, broyeur à couteaux Pulverisette 11, cuve plastique de 1,4 L, couteau standard en acier inoxydable, 140 g, grain d'entrée 8 mm, vitesse réduite à 5 000 tours par minute, 2 minutes, finesse obtenue 100 % sous 2 mm ; même base, rapport M002198, café torréfié, broyeur à rotor Pulverisette 14 classic line à 20 000 tours par minute, rotor à douze nervures, anneau tamiseur de 2 mm pour 50 g en 30 secondes, anneau de 0,5 mm pour 30 g en 50 secondes, essai à 0,2 mm abandonné par colmatage ; fritsch-international.com, fiche Analysette 22 NeXT Micro, pour la référence 22.9000.00, la plage 0,5 à 1 500 micromètres et la conception Reverse Fourier revendiquée par le constructeur sur tous ses granulomètres, consultée en septembre 2026