PXL Roasters
  • La chronique
  • Process

    Le tri, de la flottaison au trieur optique (sorting, grading)

    Après le séchage.

    Entrepot de lots, sacs blancs et rouges empiles
    Entrepot de lots, sacs blancs et rouges empilesPhotographie de terrain, région d'Antigua, Sacatepéquez, Guatemala, 4 février 2026, Fonds propre
    FamilleAprès le séchage
    Aussi appeléflottaison, flotation, clasificación por densidad, tanque sifón, canal semisumergido, calibrage, granulométrie, malla, peneira, screen size, table densimétrique, mesa densimétrica, gravity table, catador, tri optique, trieur couleur, color sorter, tri par fluorescence, tri électronique

    Où ça se pratique

    Le tri n'appartient à aucun pays. Il encadre tous les process, partout, et il existe sous une forme ou une autre dans chaque beneficiadero et chaque usine de déparchage. Les sources qui le chiffrent, elles, sont concentrées.

    La flottaison à la réception est documentée en Colombie par Cenicafé, à Chinchiná. Quatre dispositifs y ont été évalués et chiffrés :

    • le tanque sifón, un bac où l'eau part par un siphon ;
    • le canal semi-submergé ;
    • un classificateur pneumatique, qui sépare par courant d'air et non par eau ;
    • un séparateur hydraulique à trémie et vis sans fin.

    Ces travaux s'échelonnent de 1987 à 2009.

    Le calibrage par tamis est documenté en Colombie, où les mailles 12 à 17 servent de base commerciale, et en Éthiopie, où la norme nationale porte sur la maille 14. Le tri optique et la lecture spectrale font l'objet d'essais de laboratoire publiés en Colombie et en Chine entre 2011 et 2026.

    Un mot sur la famille. La fiche est classée dans l'après, parce que le calibrage, la table densimétrique et le tri optique interviennent une fois le café sec. Mais le premier étage, la flottaison, se fait à la réception des cerises, avant le dépulpage. Le tri est donc une chaîne qui commence avant le process et se referme après lui.

    Planche de neuf vignettes photographiques montrant chacune deux ou trois grains de café vert représentant un défaut nommé : grains noirs, grains brisés, cerises sèches, grains attaqués par un champignon, fragments de coque, grains immatures, grains restés dans leur parche, coquilles et grains aigres.
    Neuf types de défauts du grain vert : noir, brisé, cerise sèche, moisi, coque, immature, parche, coquille, aigreJiao Y., Zhao Y. et coll. · CC BY 4.0

    Le principe

    Le tri ne juge pas la qualité. Il mesure trois propriétés physiques, et seulement trois : la densité, la taille, l'apparence de surface. Chaque étage de la chaîne agit sur une seule de ces propriétés et reste aveugle aux deux autres.

    La densité d'abord. Une cerise mûre et bien remplie est plus dense que l'eau. Le petit coléoptère qui perce le fruit s'appelle la broca. Une cerise qu'il a vidée contient de l'air, donc elle flotte. Flottent aussi la cerise séchée sur l'arbre et celle dont le grain ne s'est pas formé. L'eau, à environ 1 000 kg par mètre cube, sert de seuil. C'est une simple poussée d'Archimède, pas un test de maturité. Cenicafé le dit sans détour : la classification par densité n'élimine pas les fruits immatures. Un fruit vert est dense et plein, il coule.

    La taille ensuite. Un tamis à trous ronds retient ce qui est plus large que son ouverture. Un numéro de tamis vaut un soixante-quatrième de pouce : la maille 17 correspond donc à 17/64 de pouce. Le calibrage ne dit rien de la qualité du grain. Il produit de l'homogénéité, ce qui compte à la torréfaction, où un petit grain mélangé à des gros brûle avant eux.

    L'apparence enfin. Une caméra éclaire le grain, mesure la lumière renvoyée, et un jet d'air éjecte ce qui sort d'une plage de couleur acceptée. Le capteur peut travailler dans le visible ou dans le proche infrarouge, qui atteint des liaisons chimiques plutôt que des pigments. Ce que la surface ne trahit pas, aucun trieur couleur ne le voit.

    Ces trois propriétés sont corrélées aux défauts, sans se confondre avec eux. La correspondance est statistique, jamais exacte. Une analyse en composantes principales rattache les défauts sensoriels terreux et fermentés à des défauts physiques visibles, les grains brocados, noirs et vinagre. Mais un défaut logé dans la chimie du grain, sans marque de surface ni écart de densité, traverse les trois étages.

    Le déroulé

    • Réception et flottaison. Les cerises tombent dans un volume d'eau, les flottants sont écrémés. Le tanque sifón a été évalué en Colombie, avec une différence de niveau de 0,70 m et un tube de 114 mm. Il sépare 88,9 % des flottants et 49,3 % des objets durs. Il consomme 4,7 L d'eau par kilogramme de café parche sec. Son rapport eau-fruits optimal est de 0,94 L/kg, pour une capacité maximale de 6,1 tonnes de fruits par heure.
    • Variantes mesurées de cette même étape. Le canal semi-submergé sépare 100 % des flottants et des objets durs, mais consomme 6,5 L/kg de café sec. Un classificateur pneumatique a été testé avec une colonne de 0,8 m et une vitesse d'air moyenne de 14,9 m/s. Il sépare 61,0 % des flottants et 100 % des objets durs, à 326,1 kg de cerises par heure. Le séparateur hydraulique à trémie et vis sans fin de Cenicafé sépare en moyenne 96,7 % des flottants. Le minimum observé est de 91 %, le maximum de 98,8 %. Il retire aussi 88,2 % des objets durs en moyenne, avec un minimum observé de 52,5 %. Réglé à 60 degrés d'élévation et 200 à 300 tours par minute, il consomme moins de 0,01 L d'eau par kilogramme de cerise. Il traite jusqu'à 1 000 kg de fruits par heure avec moins de 80 L d'eau.
    • Ce que la flottaison retire réellement. Sur les essais colombiens, les flottants réunissent quatre catégories. Les fruits attaqués par la broca. Les fruits mal remplis pendant leur développement. Les fruits secs. Les fruits touchés par la mancha de hierro ou le mal rosado, deux maladies du caféier. Les objets durs visés sont définis physiquement : résistance à la compression supérieure à 50 MPa, dureté Mohs supérieure à 3, densité supérieure à 2,5 g/cm3. Ce sont eux qui cassent les dépulpeuses.
    • Calibrage du café dépulpé, dans la voie traditionnelle. Une zaranda circulaire à barreaux, écartement moyen 8,38 mm, sépare les grains avant la fermentation. Cenicafé décrit ce qu'elle retire et ce qu'elle rate. Elle retire beaucoup de grains immatures, de fruits secs et de morceaux de pulpe. Mais elle envoie les gros grains défectueux avec le bon café, et les petits grains immatures aussi. Un tamis ne mesure que la taille.
    • Classification par densité pendant le lavage. Canal de correteo, canal semi-submergé ou tanque sifón : le grain lourd se dépose, le grain léger part avec l'eau. Cette étape a un coût mesuré : elle retire aussi du café sain, qui finit dans le produit de seconde qualité et diminue le rendement en première qualité.
    • Séchage à 10 à 12 % d'humidité, activité de l'eau sous 0,62. Ce n'est pas un tri, mais c'est la condition qui rend les tris suivants utiles. L'activité de l'eau mesure l'eau libre, celle dont un champignon peut se servir. Cenicafé donne deux seuils distincts. La croissance initiale du champignon démarre à une activité de l'eau de 0,76, soit 14,2 % d'humidité sur grain vert. La production d'ochratoxine A demande davantage, une activité de l'eau minimale comprise entre 0,83 et 0,87. C'est à la croissance du champignon, et non à la toxine, que Cenicafé rattache le seuil de 13 % d'humidité en base humide.
    • Calibrage du parche sec avant déparchage. Dans le procédé écologique évalué par Cenicafé, une zaranda plane d'ouverture 4,4 mm précède la trilla.
    • Déparchage puis analyse granulométrique du grain vert, sur plaque perforée à trous ronds. Sur un lot colombien trié à la main, la maille 17 retient 73,32 % du poids et la maille 16 en retient 16,96 %. Les mailles 15, 14 et 12 se partagent 6,83 %, 2,33 % et 0,50 %. Sur le même café non trié, la maille 17 tombe à 67,32 %. Le café retenu sur maille 17 correspond au Supremo colombien. En Éthiopie, plus de 85 % du lot doit dépasser la maille 14 pour satisfaire la norme nationale.
    • Table densimétrique. Un plateau perforé, incliné et vibrant, traversé de bas en haut par un flux d'air. Le lit de grains se fluidise et se stratifie. Les grains denses touchent la tôle et remontent la pente, poussés par l'oscillation. Les grains légers surnagent sur le coussin d'air et redescendent. C'est le principe d'un lit fluidisé. Aucun essai publié mesurant son efficacité sur le café n'a été trouvé dans cette recherche : voir OMBRE.
    • Tri optique. Les grains défilent en chute libre ou sur bande, éclairés, observés par caméra, puis éjectés par jet d'air. Les performances publiées sont des performances de laboratoire, obtenues sur des jeux d'images. Un modèle de détection atteint 99,2 % de mAP@50 sur sept catégories de défauts du référentiel SCA, avec une latence de 2,0 ms par image. Un autre classe trois grades et neuf sous-niveaux de défaut, à 96,34 % sur son propre jeu d'images.
    • Lecture spectrale, qui est autre chose. L'essai colombien publié en 2026 travaille de 400 à 2 498 nm. Il mesure 110 g de café versés dans une cellule de réflexion. Il classe donc un lot, pas un grain. Les quatre classes reprennent les quatre groupes de défauts sensoriels colombiens. Le surfermenté. L'âpre. Le terreux. Le contaminé. La réussite est de 93,5 % sur café parche sec, avec un kappa de 0,90. Le kappa mesure l'accord au-delà de ce que le hasard donnerait. Sur café vert, la réussite retombe à 82,4 % et le kappa à 0,55. La matrice verte est plus difficile à lire.
    • Tri par fluorescence. Le principe consiste à éclairer le grain dans l'ultraviolet et à lire la lumière qu'il réémet. Sur maïs, un essai publié montre qu'un tri grain par grain sur la fluorescence jaune-vert sépare bien les grains selon leur teneur en aflatoxine. Cet essai ne donne pas de taux de réduction chiffré. Sur le café, rien n'a été trouvé : voir OMBRE.
    • Tri manuel final, et parfois tri après torréfaction. C'est le seul étage qui voit le quaker, ce grain immature qui ne caramélise pas et reste pâle une fois torréfié.

    Ce que ça donne en tasse

    Ce qui est mesuré porte sur la qualité physique du lot, pas sur la note en tasse. Il faut le dire clairement, parce que le commerce fait souvent le saut.

    Sur un lot colombien, trier la masse à la main avant beneficio fait passer la proportion de grains défectueux, les pasillas, de 9,19 % à 5,41 %. Sur la même base, le poids de grain vert obtenu après déparchage monte de 185,39 g à 194,08 g. La part retenue sur maille 17 passe de 67,32 % à 73,32 %. La moyenne colombienne du grain sain se situe à 74 %. Le facteur de rendement national est de 94 kg de parche sec pour 70 kg d'excelso. Le reste se partage en 18,7 kg de cisco, la pellicule du parche, et 5,3 kg de grain défectueux.

    Le beneficio écologique ajoute le démucilaginage mécanique et la classification par densité. Comparé au beneficio traditionnel, il divise par deux la proportion de pasillas. Il réduit les défauts du premier groupe de 82 % sur le café de première qualité, et de 84 % sur celui de seconde.

    Sur la tasse elle-même, trois mesures existent, et elles sont indirectes.

    • Les fruits immatures dégradent la tasse à partir de 2,5 % de la masse récoltée, seuil établi par Cenicafé. C'est ce seuil qui oblige à une cueillette sélective, et qui rend la récolte si coûteuse en main-d'oeuvre.
    • Les quakers ont un seuil compté. Sept grains quaker dans une tasse de 65 grains suffisent à dégrader le profil sensoriel d'un café nature de spécialité. Les grains concernés sont ceux dont la couleur après torréfaction atteint ou dépasse 82,8 sur l'échelle Agtron, où un nombre élevé désigne une torréfaction claire. L'essai a été monté pour éprouver la règle de la Specialty Coffee Association, qui exige l'absence totale de quakers dans un lot de spécialité.
    • Les grains défectueux, en particulier les noirs, sont associés aux descripteurs âcre et âpre. Ces deux termes sont définis par la norme colombienne NTC 2758. L'âcre y est une sensation amère, astringente et lourde. L'âpre y est une sensation tactile râpeuse.

    Ce qui est revendiqué sans preuve lue. Le commerce paie le gros calibre plus cher, et présente parfois la maille comme un indice de qualité en tasse. Une étude éthiopienne trouve bien que la taille du grain contribue à la variation de qualité, avec un poids de 0,46 sur le deuxième axe d'une analyse en composantes principales. Cela n'isole pas une relation de cause à effet. Aucun essai à l'aveugle comparant le même lot calibré en maille 17 et en maille 15 n'a été lu ici. Le calibrage se justifie par l'homogénéité de torréfaction, que la même étude rappelle en toutes lettres. C'est un argument technique, pas une supériorité gustative démontrée.

    Ce qui rate

    Le premier risque du tri est le tri lui-même. Les dispositifs de classification par densité du lavage retirent du café sain avec le café léger. Ce café sain bascule dans les pasillas, le produit de seconde qualité, et le rendement en première qualité baisse d'autant. Personne ne mesure ce faux positif au quotidien.

    Le deuxième risque est l'angle mort de la flottaison. Un fruit vert est dense : il coule. La flottaison ne trie donc pas la maturité. Or les fruits verts pèsent lourd dans la masse récoltée. Une caractérisation colombienne mesure les fruits verts par période de récolte : 11,37 % au début, 7,35 % au milieu, 9,61 % à la fin. La norme de la Fédération nationale des caféiculteurs fixe le maximum à 2 %. Une autre évaluation, sur la récolte principale, mesure 27 % de fruits verts et pintons, le pinton étant le fruit qui vire, entre vert et mûr. Les fruits secs sont mesurés de 3,47 % à 6,40 %, pour une norme de 2 %. Les fruits attaqués par la broca vont de 4,84 % à 6,93 %, pour une norme de 5 %. Le tri ne rattrape pas une cueillette non sélective.

    Le troisième risque est ce qu'aucun étage ne voit.

    • Le défaut patate, qui touche l'Afrique de l'Est, ne se lit ni sur la balance ni sur la couleur. Il tient à des méthoxypyrazines, des molécules à odeur de terre et de légume cru. La principale est l'IPMP. Sa concentration va de 1,6 à 529,9 ng/g sur les échantillons défectueux, contre 2,0 ng/g en moyenne sur un café sain. C'est un marqueur chimique, mesuré au laboratoire, et non un signe repérable par une machine de tri : voir OMBRE.
    • Les défauts sensoriels se gradent dans la tasse, pas sur le grain. La norme NTC 2758 définit le stinker par une odeur forte de matière organique putréfiée, jamais par une apparence. Aucun seuil optique ne correspond donc à ce défaut.
    • Un dégât interne sans marque de surface passe le trieur couleur par construction, puisqu'une caméra dans le visible ne lit que la surface.
    • L'ochratoxine A déjà formée ne se détruit pas par un tri, puisqu'elle est dans le grain. Un tri peut seulement abaisser la teneur du lot en écartant les grains atteints. Ce chemin est chiffré sur d'autres grains, pas sur le café : voir OMBRE.

    Le quatrième risque est le défaut fabriqué en aval du champ. La liste officielle colombienne vient de la Résolution n° 2 du Comité national des caféiculteurs, du 25 avril 2016, qui range les défauts du café vert en deux groupes. Les noms disent d'où vient chaque défaut.

    • Mordido, cortado : grain abîmé au dépulpage, qui développe des taches brunes ou noires.
    • Aplastado : grain aplati et partiellement fracturé par une pression indue au séchage ou au déparchage d'un café encore humide.
    • Cristalizado, sobresecado : grain gris clair et cassant, produit par des températures de séchage trop élevées.
    • Flojo : grain gris foncé et mou, séchage incomplet.
    • Cardenillo : taches jaune orangé de champignon, séchage interrompu ou stockage de café humide.
    • Decolorado veteado : veines blanches, dues à une réhumidification.
    • Decolorado reposado : grain viré au jaune par un stockage long ou mal conduit.
    • Negro et vinagre : surfermentation, ramassage de cerises sèches, lavage incorrect.
    • Ámbar ou mantequillo : grain jaune translucide, nutrition déficiente au champ.
    • Averanado, arrugado : grain ridé et léger, sécheresse ou nutrition déficiente.
    • Picado por insectos : petits orifices laissés par la broca ou par le charançon.
    • Inmaduro : petit grain entièrement couvert de sa pellicule argentée, récolté avant formation complète.

    Le cinquième risque est l'excès de confiance dans le tri instrumental. Sur café parche, la classification spectrale des défauts sensoriels atteint 93,5 %, avec un kappa de 0,90. Sur café vert, elle tombe à 82,4 % et le kappa à 0,55. Le grain vert est une matrice plus complexe, et l'eau y domine le signal autour de 1 900 nm. Surtout, cette mesure porte sur 110 g versés dans une cellule de réflexion. Elle ne porte pas sur un grain éjecté à la volée. Elle ne dit donc rien de ce que vaut une machine de tri en ligne.

    Enfin, les objets durs non retirés cassent les dépulpeuses. C'est un risque mécanique, mais il finit en défaut : une dépulpeuse abîmée mord les grains.

    Les repères

    • Flottaison, tanque sifón88,9 % des flottants, 49,3 % des objets durs, 4,7 L d'eau par kg de parche sec
    • Flottaison, séparateur à vis Cenicafé96,7 % des flottants en moyenne, moins de 0,01 L d'eau par kg de cerise
    • Fruits verts dans la masse récoltée7,35 à 11,37 % mesurés, norme de 2 %
    • Calibrageun numéro de tamis vaut 1/64 de pouce, et la maille 17 définit le Supremo colombien
    • Norme éthiopienne de calibreplus de 85 % du lot au-dessus de la maille 14
    • Seuil de gêne des quakers7 grains sur 65 dans la tasse, à partir d'Agtron 82,8
    • Défaut patateIPMP de 1,6 à 529,9 ng/g contre 2,0 ng/g sur café sain, et rien de visible
    • Séchage10 à 12 % d'humidité et activité de l'eau sous 0,62, contre 0,76 pour le départ des moisissures
    Zone d'ombreDix points restent ouverts, et deux d'entre eux touchent au coeur du sujet. La table densimétrique n'est pas mesurée sur le café. Aucun essai publié quantifiant l'efficacité d'une table densimétrique sur un lot de café n'a été trouvé. La description donnée dans DÉROULÉ est la mécanique de la machine, pas un résultat. Les seuls chiffres de tri par gravité lus concernent d'autres grains. Sur blé, la séparation gravimétrique seule retire 30,85 % du déoxynivalénol. Sur maïs, un nettoyage mécanique associant tamisage et séparation par densité, avec ou sans tri optique, retire de 36 à 67 % du même toxique. Ces valeurs sont des repères d'ordre de grandeur hors café, et ne doivent pas être transposées. Le tri par fluorescence n'a pas pu être documenté sur le café. Sur maïs, un essai montre qu'un tri grain par grain sur la fluorescence jaune-vert sépare bien les grains selon leur teneur en aflatoxine. Son résumé n'en donne aucun taux de réduction. Le chiffre de 65 à 84 % qui circule pour le maïs ne concerne pas la fluorescence. Il vaut pour une ligne de nettoyage industrielle complète, où le tri optique n'est que le dernier poste après le calibrage, l'aspiration et la séparation par densité. Sur le café, aucune publication évaluant un trieur à fluorescence n'a été trouvée. Ce qui est vendu sous ce nom dans le métier n'a donc pas pu être vérifié. L'abaissement de l'ochratoxine A par le tri n'est pas chiffré sur le café. Le principe est simple : écarter les grains atteints baisse la teneur du lot. Il est mesuré sur maïs et sur blé, pour d'autres toxines. Aucune mesure équivalente sur un lot de café n'a été lue ici. La densité individuelle des grains sains et défectueux n'a pas été obtenue. C'est pourtant la grandeur sur laquelle agit une table densimétrique. Les densités publiées par Cenicafé sont des densités apparentes en vrac, mesurées par chute libre selon la norme NTC 4607 : elles décrivent un tas, pas un grain. L'article de Franca et al., Food Chemistry 90(1-2):89-94, 2005, contient probablement cette donnée, mais son texte est sous péage et n'a pas été lu. Aucun de ses chiffres n'est repris ici. L'apparence d'un grain surfermenté n'est pas établie. Le métier affirme qu'un stinker peut se présenter comme un grain normal, donc passer tous les étages de tri. Aucune source lue ici ne le mesure. Ce qui est établi est plus faible. La norme colombienne définit le stinker par le goût seul. Et le lien entre classe sensorielle et défaut physique visible reste seulement statistique. La signature physique du défaut patate n'est pas documentée. Ce qui est mesuré est un marqueur chimique dosé au laboratoire, l'IPMP. Aucune publication lue ici n'affirme ni ne réfute que les grains atteints ont une couleur ou une densité normales. Le mécanisme de formation du défaut, et le rôle exact de la punaise antestia, n'ont pas non plus été vérifiés. Deux défauts du métier ne figurent pas dans la liste officielle lue. Astillado et partido, le grain éclaté à la trilla, sont absents du texte de la Résolution n° 2 reproduit par Cenicafé. Ils ont donc été retirés de la liste de cette fiche plutôt que cités sans base. La table complète des ouvertures de tamis de la norme ISO 4150 n'a pas été lue. La page de la norme est inaccessible. La convention du soixante-quatrième de pouce est vérifiée par la méthode éthiopienne, et les mailles 12 à 17 par les travaux colombiens. Mais la série métrique normalisée n'est pas reproduite ici, faute de source. Les barèmes de calibre d'autres pays n'ont pas été vérifiés. Les grades kenyans, brésiliens et centraméricains circulent partout dans la littérature commerciale, avec des seuils qui varient d'une source à l'autre. Aucun texte officiel n'a pu être lu pour les confirmer. Ils sont donc absents de cette fiche plutôt que cités de mémoire. La séparation du caracolillo, le grain rond, n'est documentée par aucune des sources lues. Le métier explique qu'on le sépare par épaisseur, avec des tamis à fentes, et non par largeur avec des tamis à trous ronds. Ce principe n'a pas pu être vérifié. Enfin, une réserve de méthode sur le tri optique. Les taux cités dans DÉROULÉ sont des précisions de classification obtenues en laboratoire. Elles portent sur des jeux d'images ou sur des échantillons en cellule, constitués pour l'essai. Elles ne disent rien du comportement d'une machine industrielle à plusieurs tonnes par heure. Aucun audit de terrain indépendant n'a été lu. La recherche de publications sur le tri optique industriel du café, avec débit, efficacité et taux de faux rejets, n'a rien donné. Ce silence est en soi une information sur l'état des sources publiques.
    Oliveros-Tascón C.E., Sanz-Uribe J.R., Montoya-Restrepo E.C., Moreno-Cárdenas E.L., « Dispositivo hidráulico de bajo impacto ambiental para limpieza y clasificación del café en cereza », Cenicafé 60(3):229-238, 2009, résumé, introduction, note 1 de bas de page et section Resultados, pages 229, 230, 231 et 236 (efficacités du tanque sifón d'après Márquez 1987, du canal semi-submergé, du classificateur pneumatique d'après Vargas et Lozano et du SHTS, composition des flottants, définition physique des objets durs) ; Montilla-Pérez J., Arcila-Pulgarín J., Aristizábal-Loaiza M., Montoya-Restrepo E.C., Puerta-Quintero G.I., Oliveros-Tascón C.E., Cadena-Gómez G., « Caracterización de algunas propiedades físicas y factores de conversión del café durante el proceso de beneficio húmedo tradicional », Cenicafé 59(2):120-142, 2008, résumé, tableaux 7 et 19 et page 140 (composition de la masse récoltée, normes de la Fédération à 2 % de verts, 2 % de secs et 5 % de brocados, analyse granulométrique par maille, équivalence Supremo et maille 17, pasillas) ; Fajardo-Pérez I.F., Sanz-Uribe J.R., « La calidad física y el rendimiento del café en los procesos de beneficio tradicional y beneficio ecológico : Becolsub », Avance Técnico Cenicafé n° 323, 2004, sections Materiales y métodos, Resultados et Conclusiones (zarandas de 8,38 mm et 4,4 mm, 27 % de verts et pintons sur la récolte principale, retrait de café sain par les classificateurs, pasillas réduites de moitié, défauts du premier groupe à 82 % et 84 %) ; Osorio V., « La calidad del Café », dans Guía más agronomía, más productividad, más calidad, 3e éd., Cenicafé, 2021, pages 219-234, DOI 10.38141/10791/0014_12 (grain sain moyen à 74 %, facteur de rendement 94 kg pour 70 kg d'excelso, liste des défauts du café vert selon la Résolution n° 2 du Comité national des caféiculteurs du 25 avril 2016, quatre groupes de défauts sensoriels, définitions NTC 2758 de l'âcre, de l'âpre et du stinker, seuils d'activité de l'eau à 0,62, 0,76 et 0,83 à 0,87) ; Ramos-Giraldo P.J., Sanz-Uribe J.R., Estrada-Estrada J.H., « Sistema opto electrónico para la identificación de frutos de café por estados de maduración », Cenicafé 62(1):87-99, 2011, résumé et introduction (la classification par densité n'élimine pas les immatures, seuil de 2,5 %, ce que la zaranda retire et ce qu'elle laisse passer) ; Gómez C.R., Ortiz A., Osorio Pérez V., « Near-Infrared Spectroscopy-Based Discriminant Analysis for the Classification of Coffee Quality in Dry Parchment and Green Coffee », Molecules 31(9):1395, 2026, DOI 10.3390/molecules31091395, résumé, section Matériels et méthodes et section Résultats (plage 400 à 2 498 nm, cellule de 110 g, quatre sous-groupes de défauts, 93,5 % et kappa 0,90 sur parche, 82,4 % et kappa 0,55 sur vert, absorption de l'eau vers 1 900 nm, répartition des défauts sensoriels colombiens d'après Puerta) ; Gebreselassie H., Tesfaye B., Gedebo A., Tolessa K., « Evaluation of physical and chemical characteristics of bean and cup quality of arabica coffee genotypes grown in Southern Ethiopia », Heliyon 10(14):e34378, 2024, DOI 10.1016/j.heliyon.2024.e34378, sections Méthodes, Résultats et Discussion (plaque perforée à trous ronds, convention du 1/64 de pouce, seuil éthiopien de 85 % au-dessus de la maille 14, poids 0,46 du calibre sur le deuxième axe, homogénéité de torréfaction) ; Rabelo M.H.S., Borém F.M., Lima R.R. et al., « Impacts of quaker beans over sensory characteristics of specialty coffee », Food Chemistry 342:128304, 2021, DOI 10.1016/j.foodchem.2020.128304, résumé (7 quakers dans une tasse de 65 grains, seuil Agtron 82,8, café nature, règle de la Specialty Coffee Association) ; Cain C.N., Haughn N.J., Purcell H.J. et al., « Analytical Determination of the Severity of Potato Taste Defect in Roasted East African Arabica Coffee », Journal of Agricultural and Food Chemistry 69(7):2253-2261, 2021, DOI 10.1021/acs.jafc.1c00605, résumé (IPMP discriminant, 1,6 à 529,9 ng/g contre 2,0 ng/g) ; Jackels S.C., Marshall E.E., Omaiye A.G., Gianan R.L., Lee F.T., Jackels C.F., « GCMS Investigation of Volatile Compounds in Green Coffee Affected by Potato Taste Defect and the Antestia Bug », Journal of Agricultural and Food Chemistry 62(42):10222-10229, 2014, DOI 10.1021/jf5034416, titre et référence ; Hong S., Zhang D., Chi H. et al., « Automated detection of defective coffee beans based on improved YOLOv10 framework », Current Research in Food Science, 2026, DOI 10.1016/j.crfs.2026.101461, résumé (99,2 % de mAP@50, sept catégories du référentiel SCA, 2,0 ms par image) ; Jiao Y., Zhao Y., Jia A. et al., « Swin-HSSAM : A green coffee bean grading method by Swin transformer », PLoS One, 2025, DOI 10.1371/journal.pone.0322198, résumé (96,34 %, trois grades et neuf sous-niveaux de défaut, jeu d'images propre aux auteurs) ; Pascale M., Logrieco A.F., Graeber M. et al., « Aflatoxin Reduction in Maize by Industrial-Scale Cleaning Solutions », Toxins 12(5):331, 2020, DOI 10.3390/toxins12050331, résumé (réduction de 65 à 84 % par une ligne de nettoyage complète, référence hors café) ; Pascale M., Logrieco A.F., Lippolis V. et al., « Industrial-Scale Cleaning Solutions for the Reduction of Fusarium Toxins in Maize », Toxins 14(11):728, 2022, DOI 10.3390/toxins14110728, résumé (déoxynivalénol réduit de 36 à 67 %, référence hors café) ; Zhang C., Zhuang K., Chen L. et al., « Reducing deoxynivalenol content in wheat by a combination of gravity separation and milling and characterization of the flours produced », Journal of Cereal Science 104:103372, 2022, DOI 10.1016/j.jcs.2021.103372, résumé (30,85 % de réduction par séparation gravimétrique, référence hors café) ; Aoun M., Stafstrom W., Priest P. et al., « Low-cost grain sorting technologies to reduce mycotoxin contamination in maize and groundnut », Food Control 118:107363, 2020, DOI 10.1016/j.foodcont.2020.107363, résumé (tri grain par grain sur la fluorescence jaune-vert, référence hors café)
    © 2026 Marco De Sousa Rosa · PXL RoastersTextes sous CC BY-NC-SA 4.0 · outils tous droits réservés · images : voir la provenanceAccueil · Colophon