Aussi appelécereja descascado, CD, café descascado, voie semi-sèche, semi-dry, semi-washed (appellation trompeuse : elle désigne aussi le café démucilaginé à la machine), despolpado (appellation fausse au Brésil : le despolpado y désigne un autre traitement, où la parche dépulpée passe en cuve avant le séchage), honey brésilien (appellation commerciale, pas un terme de métier brésilien)
Où ça se pratique
Le Brésil, d'abord et surtout. Le Minas Gerais en est le foyer : Cerrado Mineiro, Sul de Minas, Matas de Minas. Sera et collaborateurs ont publié en 2025 une étude portant sur 175 fermes adhérentes de la BSCA, l'association brésilienne des cafés de spécialité. Elle situe dans le Minas Gerais 82 % des surfaces de café de spécialité qu'elle recense. São Paulo en porte environ 10 %, avec la Mogiana pauliste. Le reste se répartit entre Goiás, Paraná, Mato Grosso do Sul, Rio de Janeiro et Espírito Santo.
Le sud-ouest de Bahia le pratique aussi. C'est là que Lima et collaborateurs ont conduit en 2005 leur comparaison des trois voies de traitement, sur des fermes en exercice.
La même étude de 2025 montre que la voie semi-sèche domine chez les producteurs brésiliens de spécialité, seule ou en parallèle d'autres voies. Sur les 175 fermes, 39 ne pratiquent qu'une seule voie, sèche ou semi-sèche. 52 en pratiquent au moins deux, 52 pratiquent les trois, et 32 n'ont pas pu être classées.
Hors du Brésil, la même opération technique existe sous le nom de honey, en Amérique centrale principalement. Les différences de conduite sont décrites dans la zone d'ombre.
La diffusion date des années 1990. La date de naissance du procédé n'est pas établie, voir la zone d'ombre.
Une branche portant des cerises vertes, jaunes et rouges au meme moment
Le principe
Le pulped natural retire la peau et la pulpe de la cerise, puis sèche la parche avec tout son mucilage. Le mucilage est la couche de chair sucrée et gluante collée à la parche. Il n'y a ni cuve, ni eau de fermentation, ni démucilagineur. Le vocabulaire de l'anaérobie ne s'applique donc pas ici : rien n'est fermé, la parche sèche à l'air libre. Le procédé fait deux choses à la fois.
La première est un tri mécanique de maturité. Le laveur-séparateur écarte d'abord, par densité, les fruits qui flottent. Le descascador, le décortiqueur de cerise, presse ensuite les fruits contre une grille. Seule la peau des fruits mûrs cède. Celle des fruits verts résiste, et les verts ressortent entiers par une autre goulotte. Sera et collaborateurs présentent ce tri comme la raison d'être du procédé, dans un pays où la récolte se fait par dépouillement de la branche, toutes maturités mélangées.
La seconde est un changement de cinétique de séchage. Débarrassée de sa peau et de sa pulpe, la parche entre au séchage vers 45 à 50 % d'humidité en base humide, c'est-à-dire rapportée à la masse totale. Le mucilage, lui, reste. Avallone et collaborateurs en ont dosé les polysaccharides. Les substances pectiques forment environ 30 % du résidu insoluble dans l'alcool. Les pectines extraites portent environ 60 % d'acides uroniques et sont fortement méthylestérifiées. C'est cette matière-là qui colle. Le grain, de son côté, est encore vivant. Kramer et collaborateurs ont suivi sa chimie pendant le séchage. Un premier pic de GABA, un acide aminé qui s'accumule quand la cellule souffre, accompagne l'expression de l'isocitrate lyase. Cette enzyme du cycle du glyoxylate marque une graine qui mobilise ses réserves, donc un métabolisme de germination en cours. Deux pics de GABA suivent, cette fois en phase avec des maxima d'expression des déhydrines. Les déhydrines sont des protéines de réponse au manque d'eau, ici dans l'embryon puis dans l'albumen. La conduite du séchage agit donc sur la chimie interne du grain, et pas seulement sur sa surface. Ce que devient la flore microbienne de surface pendant le séchage sur terreiro, en revanche, aucune des sources que nous avons pu lire ne le mesure pour cette voie.
Le déroulé
1. Récolte. Au Brésil, dépouillement de la branche à la main ou à la machine. Les fruits arrivent à toutes les maturités mélangées, ce qui rend le tri en aval obligatoire.
2. Réception le jour même. Le délai commande la suite. Une cerise qui attend fermente dans la benne, et le défaut est déjà là avant la machine.
3. Lavage et séparation par densité, au laveur-séparateur. Les flottants, appelés boias au Brésil, partent dans un autre circuit. On écarte ici trois choses : le fruit sec, le fruit percé par le scolyte et le fruit mal formé.
4. Descascage. La cerise mûre éclate contre la grille, le grain passe avec son mucilage, la peau part par vis sans fin. Le fruit vert, plus ferme, résiste et sort entier. Le réglage de l'écartement commande tout. Trop serré, il écrase aussi les verts et les fait entrer dans le lot.
5. Séchage, immédiatement, sans passage en cuve. C'est ce qui distingue le procédé de la voie lavée, qui fait fermenter la parche en cuve avant de la laver.
6. Épandage sur terreiro, l'aire de séchage. Un guide technique de coopérative brésilienne donne 7 litres par mètre carré pour le cereja descascado, contre 14 pour le café naturel. La couche est moitié moins épaisse parce que le mucilage colle les parches entre elles. Ce chiffre vient d'une source unique, voir la zone d'ombre.
7. Brassage. Le même guide recommande jusqu'à seize retournements par jour le premier jour, une fois l'eau de surface partie. Le brassage casse les agglomérats avant qu'ils ne se forment, et empêche qu'un cœur humide subsiste au milieu du tas.
8. Contrôle de température. La conduite courante plafonne la masse de café en parche à 40 °C. Cunha et collaborateurs ont mené tous leurs essais de séchage sous ce plafond. C'est une valeur de conduite, pas un seuil de dégât démontré, voir la zone d'ombre.
9. Fin de séchage. La cible d'usage est 11 à 12 % d'humidité, et les essais publiés s'arrêtent entre 11 et 13 %. On descend là parce qu'une eau moins disponible met le lot hors de portée des moisissures de stockage.
10. Variante mécanique. Un séchage complet à l'air chaud plafonné à 40 °C mène de 45-50 % à 11-13 % en 15 à 37,5 heures. Cunha et collaborateurs ont mesuré ces durées sur une ligne pilote. Les mêmes auteurs ont aussi essayé un séchage en deux temps : air chaud jusqu'à 30 % d'humidité, puis air chaud assisté par micro-ondes. L'ensemble tombe alors à une dizaine d'heures.
11. Repos en tulha, le silo de repos, puis décorticage de la parche avant expédition.
Ce que ça donne en tasse
Ce qui a été mesuré en dégustation. Lima et collaborateurs ont travaillé sur des fermes du sud-ouest de Bahia, sur la récolte de 2005. Ils y ont comparé le même Catuaí Amarelo préparé en naturel, en cereja descascado et en despolpado. Le dispositif était entièrement randomisé, à six répétitions. Ils ont relevé cinq mesures : l'indice de coloration, le pH, la conductivité électrique, la lixiviation du potassium et la prova de xícara. Cette dernière est la dégustation qui classe le lot sur l'échelle brésilienne des bebidas. Le naturel donne les pH les plus bas et les valeurs les plus hautes de conductivité et de lixiviation du potassium. Les auteurs y lisent le traitement le plus agressif pour les membranes cellulaires du grain. La note de tasse ne baisse pour le naturel que sur une seule des fermes. Le cereja descascado et le despolpado ressortent semblables sur la coloration, la conductivité, la lixiviation et la tasse.
Ce que cet essai ne dit pas. Le résumé publié n'indique pas que les échantillons ont été présentés à l'aveugle, ni combien de dégustateurs ont travaillé. Nous n'avons pas pu lire le texte intégral. Nous n'appelons donc pas cet essai un essai à l'aveugle, et nous ne reprenons pas le détail des notes ferme par ferme.
Ce qui est mesuré, en chimie du grain vert. Duarte, Pereira et Farah ont comparé en 2010 la voie semi-sèche et la voie lavée sur 17 cultivars et descendances d'arabica brésiliens. Ils ont dosé par chromatographie liquide neuf acides chlorogéniques, la caféine, la trigonelline et le saccharose. La voie semi-sèche donne plus de saccharose (p = 0,02), moins d'acides chlorogéniques (p = 0,02) et moins de trigonelline (p < 0,01). Aucune différence sur la caféine.
Pourquoi le saccharose compte. À la torréfaction, il s'hydrolyse en glucose et en fructose, deux sucres réducteurs. Ce sont eux qui réagissent avec les acides aminés dans la réaction de Maillard, et qui forment l'essentiel des composés bruns et odorants. Le saccharose qui reste caramélise de son côté, sans acide aminé. Un grain plus riche en saccharose part donc avec plus de matière première pour ces deux voies. L'étude de 2010 n'a pas dégusté : elle a dosé. Le lien avec une tasse plus sucrée reste une hypothèse, pas un résultat.
Ce qui est seulement revendiqué. Le profil « acidité basse, saveur sucrée, arôme de miel ou de canne » circule dans la littérature technique brésilienne et chez les vendeurs. Il est repris d'auteur en auteur. Aucun essai à l'aveugle comparant plusieurs origines ne l'établit comme une règle générale. Une mesure va même à l'encontre de la première moitié de cette phrase. Chez Lima et collaborateurs, le cereja descascado avait un pH plus bas que le despolpado, donc un grain plus acide. Le pH du grain vert et l'acidité perçue en tasse ne sont pas la même mesure. Mais rien dans ces chiffres ne soutient une acidité basse.
Ce qui rate
Le défaut passe la machine. C'est le risque propre à ce procédé. Dans une voie lavée, le café passe encore par la cuve puis par les canaux de lavage, où les grains légers et abîmés se séparent dans l'eau. Ici, après le descascador, la parche part directement au séchage. Si le laveur et le descascador sont mal réglés, les boias, les grains percés et les grains mal formés entrent dans le lot final. Plus rien ne les rattrape ensuite. La qualité d'un cereja descascado tient au réglage des machines.
Le vert écrasé. Un descascador trop serré fait céder aussi la peau des fruits immatures. Le tri de maturité, qui est la raison d'être du procédé, tombe alors. On retrouve des grains verts et astringents dans la tasse.
L'agglomérat sur le terreiro. Le mucilage est une colle. Couche trop épaisse, brassage trop rare, et les parches se soudent entre elles. Le cœur de l'amas reste humide, et la fermentation y devient incontrôlée. C'est le grain ardido des Brésiliens, l'over-fermented des tables anglaises.
Le séchage qui repart en arrière. C'est le vrai danger sanitaire. L'écart de température entre le jour et la nuit fait condenser de l'eau, et l'activité de l'eau du lot remonte. L'activité de l'eau est la part d'eau réellement disponible pour les micro-organismes. Pardo et collaborateurs ont mesuré sur grain vert la croissance d'Aspergillus ochraceus et sa production d'ochratoxine A. La croissance mycélienne est maximale vers 30 °C, entre 0,95 et 0,99 d'activité de l'eau. La production de toxine culmine à 20 °C et 0,99. À 0,80 d'activité de l'eau, ils n'en détectent aucune.
Le trop sec. Silva et collaborateurs ont analysé des cereja descascado prélevés dans 32 fermes du sud du Minas Gerais, sur la récolte 2001-2002. La plupart des lots sortaient sous la teneur en eau recommandée. Sécher au-delà de la cible fait perdre du poids au vendeur, et ce poids ne revient pas.
La surchauffe. La conduite courante plafonne la masse en parche à 40 °C. Les outils qui mesurent le dégât existent et sont employés : la conductivité électrique de l'exsudat et la lixiviation du potassium rendent compte de l'intégrité des membranes du grain. Lima et collaborateurs s'en servent pour classer les voies de traitement entre elles. Aucune des sources que nous avons lues n'établit en revanche que 40 °C soit le point où les membranes lâchent.
La dépendance au climat. Le procédé suppose une récolte en saison sèche. Sous un ciel humide, une parche sucrée étalée au sol devient une charge, pas un atout. Elle sèche lentement, elle colle, et chaque jour passé humide est un jour offert aux moisissures.
Les repères
Humidité à l'entrée du séchage45 à 50 % en base humide
Humidité visée en fin de séchage11 à 12 %, les essais publiés s'arrêtant entre 11 et 13 %
Épandage sur terreiro7 litres par mètre carré, contre 14 pour le naturel (source unique)
Température maximale de la masse en parche40 °C (valeur de conduite, pas seuil démontré)
Séchage mécanique complet à l'air chaud plafonné à 40 °C15 à 37,5 heures
Croissance maximale d'Aspergillus ochraceusvers 30 °C, entre 0,95 et 0,99 d'activité de l'eau
Activité de l'eau sans ochratoxine A détectée0,80
Part du Minas Gerais dans les surfaces de spécialité relevées en 202582 %
Zone d'ombreLa date de naissance. La seule date précise qui circule est 1991, attribuée au constructeur brésilien Pinhalense, qui revendique la première ligne de cereja descascado. Cette revendication nous parvient par un guide d'achat de café vert, pas par un document primaire. Le site du constructeur, consulté, ne la porte pas dans sa chronologie publique. D'autres récits situent les premiers cafés dépulpés brésiliens plus tôt. On associe souvent cette naissance à une chronologie institutionnelle : dissolution de l'Institut brésilien du café, puis fondation de la BSCA au début des années 1990. Nous n'avons vérifié aucune de ces deux dates ici. Elles sont donc sorties du corps de la fiche. Ce qui est solide, c'est la diffusion dans les années 1990, pas l'acte de naissance. Le plafond de 40 °C. Il est partout : dans les guides de coopérative, dans les essais publiés, dans la pratique. Nous n'avons trouvé aucune source qui démontre que ce soit la température à laquelle les membranes cellulaires du grain commencent à céder. C'est une valeur de conduite prudente, adoptée et transmise, pas un seuil mesuré. Les travaux sur l'effet du débit d'air à cette température, souvent évoqués, ne nous sont pas accessibles et nous ne les citons pas. La base sensorielle. L'essai de Bahia est la seule comparaison des trois voies que nous ayons identifiée. Son résumé établit le sens des résultats, mais nous n'avons pas pu lire le texte intégral : le portail de la revue demande désormais une authentification. Trois choses nous manquent donc : le caractère aveugle ou non de la dégustation, le nombre de dégustateurs, et les notes ferme par ferme. Nous ne présentons pas cet essai comme un essai à l'aveugle. Par ailleurs, il porte sur une variété, une récolte et une région. Nous n'avons trouvé aucune comparaison à l'aveugle de grande ampleur, sur plusieurs origines, du cereja descascado face au naturel et au lavé. La frontière avec le honey. Aucun organisme ne la définit. Au Brésil, cereja descascado veut dire tout le mucilage, par construction : on enlève la peau, rien d'autre. En Amérique centrale, un honey passe souvent par un démucilagineur réglé pour laisser une fraction du mucilage. Les couleurs annoncées, blanc, jaune, rouge et noir, ne correspondent à aucun seuil normé. Deux producteurs n'appellent pas red honey la même chose. Le séchage diffère aussi, terreiro large et ensoleillé d'un côté, lits surélevés et ombrage conduit de l'autre. Aucune étude comparative sérieuse ne sépare ces deux effets. Le devenir des sucres du mucilage. L'idée que les sucres du mucilage migrent dans le grain et le sucrent est répandue. Nous n'avons trouvé aucune étude qui la démontre pour le cereja descascado. Les travaux de rang 1 disponibles sont ceux de l'équipe de Selmar. Ils portent sur le métabolisme propre du grain pendant le séchage, et non sur cette voie de traitement. Ils établissent que la conduite du séchage change la composition du grain. Ils n'établissent pas un transfert de sucre depuis le mucilage. La vie microbienne du terreiro. Le mucilage laissé sur la parche est un substrat sucré et pectique, et il reste exposé pendant des jours. Il est vraisemblable qu'une flore de levures et de bactéries y travaille. Nous n'avons trouvé aucune mesure de cette flore conduite sur du cereja descascado en séchage, et nous ne la décrivons donc pas. Les paramètres de terreiro. Les 7 litres par mètre carré et les seize retournements viennent d'un seul guide technique de coopérative. D'autres sources de vulgarisation brésiliennes donnent des couches initiales de 2 à 3 cm ou de 4 à 5 cm, ce qui n'est pas la même chose. Il n'existe pas de norme publiée unique. L'extension au conilon. Le procédé est souvent dit applicable au conilon, le canephora brésilien. Nous n'avons pas de source de premier ou de deuxième rang pour l'établir, et nous avons retiré cette mention du corps de la fiche. La part du procédé dans la production brésilienne. Aucune statistique officielle ne l'isole. L'étude de 2025 ne porte que sur 175 fermes adhérentes de la BSCA et donne des effectifs de fermes, pas des tonnages. Un chiffre de 15 % circule ; nous n'avons pas pu le retrouver dans le texte de l'étude et nous ne le reprenons pas. == Trois définitions, trois procédés, un seul mot : pulped natural Cette fiche définit le pulped natural comme le cereja descascado brésilien, où la cerise est dépulpée et où le mucilage reste sur la parche et sèche avec elle. Deux ouvrages récents donnent du même mot deux autres définitions, et ces trois définitions désignent trois marchandises différentes. == La définition de Kornman : pulped natural égale honey Il assimile purement et simplement. Le honey process, aussi connu comme pulped natural et parfois comme semi-washed, est selon lui une méthode intermédiaire où le producteur dépulpe et sèche le café dans son mucilage sans fermenter intentionnellement. Cette définition est proche de celle de cette fiche, à une différence près qui n'est pas mince : elle efface toute distinction entre honey et pulped natural, et elle ajoute une négation, l'absence de fermentation intentionnelle, qui est un critère d'intention et non un critère de procédé. == La définition de Hackler et Särchen : pulped natural égale démucilaginage mécanique Elle étonnera quiconque a lu cette fiche. Ils écrivent que la méthode utilise des couteaux et des centrifugeuses pour retirer la pulpe, que le café vert est séché après retrait mécanique du mucilage et après des étapes de lavage, et que du fait de ce retrait rapide, c'est là que se produit le moins de fermentation comparé aux autres méthodes. Leur pulped natural est donc, trait pour trait, ce que le site appelle démucilaginage mécanique, et c'est à peu près l'opposé de la définition de cette fiche : chez eux le mucilage est retiré, ici il reste. == Ce que cela change pour un acheteur La conséquence est pratique, immédiate et coûteuse. Un acheteur qui demande un pulped natural à trois interlocuteurs formés respectivement sur cette fiche, sur Kornman et sur Hackler et Särchen recevra trois marchandises différentes : un café séché dans tout son mucilage, un honey sans intention fermentaire, et un café démucilaginé mécaniquement puis lavé, c'est-à-dire ce qui ressemble le plus à un lavé. Les trois n'ont ni le même corps, ni la même acidité, ni le même risque de séchage, ni le même prix de revient. Il faut résister à la tentation de désigner un coupable. Aucune des trois définitions n'est illégitime dans son propre univers : celle de cette fiche est la définition brésilienne d'origine et elle est la mieux documentée historiquement ; celle de Kornman est l'usage du négoce nord-américain, où honey et pulped natural sont effectivement devenus synonymes ; celle de Hackler et Särchen correspond à un usage qui existe aussi, et qui fait du pulped natural le procédé le moins fermentaire de tous. Ce dernier point est d'ailleurs cohérent en interne : si le mucilage part immédiatement, il n'y a presque plus rien à fermenter. Ce qui permettrait de trancher n'est pas une preuve mais une convention, et elle n'existe pas : aucune autorité, ni l'Organisation internationale du café, ni la Specialty Coffee Association, ni un institut national producteur, ne publie de définition normative de ce terme. Tant que cette convention manque, la seule conduite défendable pour un acheteur est de ne jamais accepter le mot seul et d'exiger la description du geste, dépulpé et séché tel quel, ou dépulpé, démucilaginé et lavé. Cette fiche ne tranche pas entre les trois usages, elle les expose et signale qu'aucun n'est fautif dans son contexte. Sources de ce passage : Kornman, p. 14. Hackler et Särchen, chapitre 5, p. 74. Définition brésilienne : fiche 06, champ PRINCIPE. Démucilaginage mécanique : fiche 04.
Lima M. V., Vieira H. D., Martins M. L. L., Pereira S. M. F., « Preparo do café despolpado, cereja descascado e natural na região sudoeste da Bahia », Revista Ceres 55(2), 2008, p. 124-130 : dispositif entièrement randomisé à six répétitions, Coffea arabica variété Catuaí Amarelo, récolte de juillet et août 2005, mesures d'indice de coloration, pH, conductivité électrique, lixiviation du potassium et prova de xícara ; résumé consulté, texte intégral non accessible, le portail de la revue étant passé derrière une authentification. Duarte G. S., Pereira A. A., Farah A., « Chlorogenic acids and other relevant compounds in Brazilian coffees processed by semi-dry and wet post-harvesting methods », Food Chemistry 118(3), 2010, p. 851-855, doi 10.1016/j.foodchem.2009.05.042 : dosage par HPLC-UV et HPLC-RI de neuf acides chlorogéniques, de la caféine, de la trigonelline et du saccharose sur 17 cultivars et descendances. Cunha M. L., Canto M. W., Marsaioli Jr. A., « Secagem de café cereja descascado por ar quente e microondas », Ciência e Tecnologia de Alimentos 23(3), 2003, p. 381-385, doi 10.1590/s0101-20612003000300015 : ligne pilote avec laveur LSC-2P et descascador DC-1, air plafonné à 40 °C, passage de 45-50 % à 11-13 % d'humidité en 15 à 37,5 heures, et variante air chaud puis micro-ondes à 2,45 GHz ramenant l'ensemble à une dizaine d'heures. Sera G. H., Volsi B., Mariucci Júnior V., Pereira C. T. M., Telles T. S., « Production and trade of specialty coffee in Brazil », Scientific Reports 15, article 42403, 2025, doi 10.1038/s41598-025-26620-x : répartition des 175 fermes BSCA par État, part de 82 % du Minas Gerais dans les surfaces, comptage des fermes par nombre de voies pratiquées, et raison d'être du tri de maturité. Kramer D., Breitenstein B., Kleinwächter M., Selmar D., « Stress Metabolism in Green Coffee Beans (Coffea arabica L.): Expression of Dehydrins and Accumulation of GABA during Drying », Plant and Cell Physiology 51(4), 2010, p. 546-553, doi 10.1093/pcp/pcq019 : premier pic de GABA corrélé à l'expression de l'isocitrate lyase, deux pics suivants en phase avec les maxima d'expression des déhydrines dans l'embryon puis l'albumen. Selmar D., Bytof G., Knopp S. E., Breitenstein B., « Germination of coffee seeds and its significance for coffee quality », Plant Biology 8, 2006, p. 260-264. Knopp S. E., Bytof G., Selmar D., « Influence of processing on the content of sugars in green arabica coffee beans », European Food Research and Technology 223(2), 2006, p. 195-201, doi 10.1007/s00217-005-0172-1. Avallone S., Guiraud J. P., Guyot B., Olguín E., Brillouet J. M., « Polysaccharide Constituents of Coffee-Bean Mucilage », Journal of Food Science 65(8), 2000, p. 1308-1311, doi 10.1111/j.1365-2621.2000.tb10602.x : substances pectiques à environ 30 % du résidu insoluble dans l'alcool, pectines extraites à environ 60 % d'acides uroniques, degré de méthylestérification d'environ 62 %, masses molaires de 12 à 29 kDa. Silva R. F., Pereira R. G. F. A., Borém F. M., Muniz J. A., « Qualidade do café-cereja descascado produzido na região sul de Minas Gerais », Ciência e Agrotecnologia 28(6), 2004, p. 1367-1375, doi 10.1590/S1413-70542004000600020 : 32 fermes, 10 municipalités, récolte 2001-2002, altitudes de 720 à 1120 mètres, majorité des lots sous la teneur en eau recommandée. Pardo E., Marín S., Ramos A. J., Sanchis V., « Effect of water activity and temperature on mycelial growth and ochratoxin A production by isolates of Aspergillus ochraceus on irradiated green coffee beans », Journal of Food Protection, 2005, PubMed 15690814, résumé consulté et non l'article intégral : croissance maximale à 30 °C entre 0,95 et 0,99 d'activité de l'eau, production maximale à 20 °C et 0,99, aucune toxine détectée à 0,80. Hub do Café, guide technique de la coopérative Cooxupé, « Como a secagem no pós-colheita pode interferir na qualidade do café », pour les 7 litres par mètre carré, les seize retournements et le plafond de 40 °C en parche. Royal Coffee, « Hybrid Processing Methods », guide d'achat de café vert, pour la revendication de paternité de Pinhalense en 1991 et pour le flou entre honey et semi-washed.