US Roaster Corp
Les tambours de production, Oklahoma City, Oklahoma, États-Unis.
L'histoire
Dan Jolliff, que la maison appelle Coffee Dan, est né dans le café. Son père, Dan H. Jolliff, était chauffeur-livreur pour Cain's Coffee, un torréfacteur d'Oklahoma City. Jolliff raconte avoir eu six ans le jour où son père a ouvert les portes du camion. L'odeur a décidé du reste. Il ouvre d'abord son propre commerce de café à Wilson, dans le sud de l'État, parce qu'il voulait torréfier lui-même. En 1998 il en remet les clés à son frère et à son père, puis fonde à Oklahoma City un atelier de réparation de torréfacteurs. Cette origine explique la maison. On ne dessine bien une machine qu'après en avoir démonté des centaines. L'atelier remet d'ailleurs encore à neuf des Gothot, des Probat, des Diedrich, des Jabez Burns et des San Franciscan. Il occupe le 1530 West Main Street, une ancienne fabrique de bicyclettes de 1928, quelque mille huit cents mètres carrés qu'un bâtiment voisin a depuis portés à onze mille. Le tournant vient d'une subvention de l'OCAST, l'agence publique de recherche de l'Oklahoma, et du concours des ingénieurs de l'Oklahoma State University. Cette aide a financé la Revelation, la machine à recirculation de chaleur qui a fait connaître l'atelier hors de l'État.
Ce qu'elle fabrique
Tous les modèles publiés sont des tambours rotatifs. Aucun lit fluidisé, ce procédé où le grain est porté en suspension par un flux d'air chaud sans jamais toucher de paroi. La maison donne sa raison dans ses fiches : un tambour chauffe le grain par deux chemins à la fois. Le premier est la conduction, le contact direct du grain avec la paroi chaude. Le second est la convection, l'air chaud qui traverse le tambour et lèche le grain. Le constructeur écrit que le dosage entre les deux est réglable sur la gamme Revelation. La chauffe vient d'un brûleur à gaz, à mélangeur venturi sur les petits modèles et à air soufflé sur les gros, ou de résistances électriques industrielles. Le tambour est en acier inoxydable et le corps est doublement isolé, pour que la carrosserie reste froide au toucher. La Revelation ajoute un catalyseur, un support métallique qui fait brûler les fumées bien au-dessous de leur température d'inflammation. L'air ainsi nettoyé, et encore chaud, repart dans le tambour au lieu d'aller à la cheminée. Le constructeur précise que ce catalyseur retient les composés aromatiques lourds, ceux qu'il tient pour responsables des mauvais goûts, et laisse revenir les légers.
Les modèles
Deux lignes, plus quelques machines à part. La Millennium, au gaz ou électrique, a une fiche technique publiée pour les tailles 3, 5, 12, 18, 23, 35, 60 et 90 kg par fournée. La série continue en 150, 250, 300, 360 et 500 kg, et la page industrielle ajoute un 70 kg sans fiche. Le 12 kg annonce quatre torréfactions moyennes par heure et un brûleur réglable de 10 000 à 90 000 BTU par heure, le BTU valant environ 1 055 joules. Il part de 39 995 dollars. Le 150 kg monte à 800 000 BTU par heure et pèse 6 550 livres, soit près de trois tonnes. Le 300 kg se vend 698 000 dollars, le 500 kg 869 000 dollars. La Revelation, à recirculation, a une page par taille en 5, 12, 15, 23, 35 et 70 kg, avec un Mini Rev de 1 kg sorti en 2017. Deux modèles portent un nom propre : la F5, cinq livres soit 2,3 kg, lancée en mai 2020, et la F-16, seize livres soit 7,3 kg. S'ajoutent des torréfacteurs d'échantillon à un ou deux barillets d'une livre chacun, et toute la gamme déclinée pour la fève de cacao, de 5 à 500 kg.
Ce qu'on y gagne
Le gain est thermique, et le constructeur le chiffre machine par machine. Un tambour ordinaire envoie ses fumées à la postcombustion, le four annexe qui les brûle, puis à la cheminée. La chaleur part avec. La Revelation renvoie dans le tambour cet air nettoyé et encore chaud, et les consommations publiées suivent. La F-16 de 7,3 kg annonce 30 000 BTU par heure de pointe et 20 000 en moyenne à pleine charge. Le Mini Rev de 1 kg annonce 8 000 BTU de pointe et 5 000 en moyenne. En face, le 5 kg Millennium au gaz est donné pour 5 000 à 50 000 BTU, et le 12 kg pour 10 000 à 90 000. Le tout électrique se passe de cheminée : le constructeur écrit que la F-16 électrique peut travailler sans conduit d'évacuation. Depuis 2025, le 300 kg Millennium récupère à son tour la chaleur de sa postcombustion.
Ce qu'on y perd
La recirculation a un prix physique. L'air qui revient dans le tambour n'est pas de l'air neuf. Le catalyseur retient les composés lourds et renvoie les légers, le constructeur l'écrit lui-même. Le torréfacteur règle la proportion d'air recyclé, pas sa composition. Il accepte donc une atmosphère de cuisson choisie par la machine, là où un balayage à l'air frais lui laissait ce réglage. Un catalyseur ne travaille qu'au-dessus de sa température d'amorçage, d'où le préchauffage électrique que le constructeur décrit sur la F5. Tant qu'il est froid, il ne nettoie rien. Enfin tout est construit à la main à Oklahoma City, environ cent cinquante machines par an en 2021. Les délais, les pièces et le service dépendent d'un seul atelier.