IMA Petroncini
L'industrie et le continu, Sant'Agostino (Ferrare), Italie.
L'histoire
Le groupe écrit « plus de cent ans d'expérience », et la date sur laquelle il s'appuie est 1919, l'année où Ruggero Petroncini fonde à Bologne, avec son ami Giovanni Gozzoli, une maison qui n'est pas la sienne : Officine Vittoria. Les deux se séparent vite, sur un désaccord de principe. Ruggero défend la convection, la chaleur portée par l'air ; « aucune autre méthode ne permettait selon lui de développer des arômes aussi intenses ». Il fonde Officine Petroncini « quelques années plus tard », sans date.
Dans les années 1930, la maison affirme équiper 80 % des torréfacteurs italiens ; premier tambour de 120 kg en 1934. Fournisseur des bases militaires, elle traverse la guerre. Ruggero meurt en 1975, l'entreprise passe aux femmes de la famille. Claudio Giberti la rachète entre 1991 et 1997, la transfère à Sant'Agostino et conçoit le premier tambour de 500 kg. Centre de compétence en 2004, TMR720 en 2005, entrée dans l'IMA Coffee Hub en 2017, TTR EVO en 2026. Un siècle plus tard, les gammes sont toujours à convection.
Ce qu'elle fabrique
Trois familles. La série TTA, convection sans flamme directe, tambour à double enveloppe et rapport convection/conduction réglable. La série Specialty, chauffe indirecte « sans contact entre la source et la chambre », volants en fonte, aspirations indépendantes. La série TMR, tambour à recirculation où un seul brûleur chauffe et post-brûle, 35 à 45 % d'économie annoncés, contrôle Orchestra.
Les modèles
Specialty TT 5/10 (3 à 10 kg), TT 15/20, TTG 60 (30 à 70 kg) ; TTA 25 LAB à TTA 400 (jusqu'à 1 600 kg/h) ; TMR 25 LAB, TMR 250, TMR 400, TMR 720 (500 à 720 kg, jusqu'à 3 600 kg/h). Le TMR 25 LAB a « les mêmes caractéristiques » que les industriels, pour transférer un profil sans changer un paramètre.
Ce qu'on y gagne
Porter la chaleur par l'air supprime la cause première du scorching, et donne sur une charge lourde une montée homogène, puisque l'air atteint tous les grains quand la paroi n'en touche qu'une fraction. Un brûleur unique qui chauffe et post-brûle est élégant. Et Petroncini publie des plages de charge, 150 à 250 kg, 500 à 720 kg : connaître la charge minimale décide de la souplesse réelle d'un atelier.
Ce qu'on y perd
Une machine à convection dépend de la régularité du lit de grains, consomme davantage en ventilation, et paraît lisse à qui aime pousser un lot d'un coup de flamme. Recycler de l'air chargé de composés volatils impose un entretien suivi. Le rachat s'est fait en deux temps : IMA entre au capital en décembre 2016 par sa filiale GIMA, puis exerce son option le 5 avril 2018 et achète 31 % de plus pour 8,6 millions d'euros, à 80 % ; rien ne dit si les 20 % restants ont suivi.