OùGuarulhos, São Paulo, Brésil
Depuis1918
FamilleL'industrie et le continu
L'histoire
En 1918, un immigré italien nommé Vitantonio Lilla tient une torréfaction dans le centre de São Paulo. La Première Guerre mondiale coupe les importations et il ne trouve plus de pièces pour sa machine européenne. Il se met à les fabriquer, pour lui d'abord, puis pour ses confrères du métier. Cette activité de côté marche mieux que la torréfaction elle-même. Il vend donc celle-ci et ouvre une fabrique de machines à café, installée dans le quartier industriel de Mooca. De là sort ce que la maison appelle le premier torréfacteur de campagne entièrement brésilien. Pendant un demi-siècle, elle construit des tambours chauffés par leur paroi, ce qu'on appelle la conduction. Le tournant se joue entre 1968 et le début des années 1970. Lilla passe alors à la convection, où c'est l'air chaud lui-même qui cuit le grain. La maison en donne deux raisons, et pas la même selon la page. Son site de 2012 invoque la qualité de la torréfaction. Celui de 2019 invoque le gain de poids du café torréfié, c'est-à-dire moins de perte à la cuisson, donc du café vendu en plus. En 1985, l'Opus divise par deux le temps de torréfaction. Suivent l'Opus 2G en 1990, le 3G en 2005, le 4G en 2015, puis le Millennium en 2017. L'exportation commence en 1982, vers les États-Unis d'abord, puis le Japon, l'Angleterre, la Suisse, l'Italie et l'Allemagne. En novembre 2018, lors du 26e Encafé tenu en Uruguay, l'ABIC, l'association brésilienne de l'industrie du café, remet une plaque du centenaire au président Ciro Lilla. Depuis, la maison a ajouté à son catalogue le Chain-Vey, un transporteur tubulaire américain qu'elle représente au Brésil. Ce site de vente, en ligne en janvier 2022, est le dernier signe d'activité qu'on puisse dater.
Ce qu'elle fabrique
Lilla construit des torréfacteurs à tambour et des moulins à cylindres, à disques et à marteaux. S'y ajoutent des silos, des systèmes de pesée et de mélange, des élévateurs et des lignes complètes. Le principe maison est un tambour plein, sans perforations, balayé par de l'air chaud. La chaleur arrive donc par convection, c'est-à-dire portée par le gaz, et non par contact avec la tôle. La rotation ne sert plus qu'à brasser la masse. Le catalogue de l'Opus 3G parle de lit semi-fluidisé : le débit d'air est assez fort pour soulever une partie des grains. Ce n'est pas un état permanent, c'est un mode. L'interface de troisième génération permet de passer du lit semi-fluidisé à un profil plus classique, selon le lot à cuire. Second trait, le « Built in After Burner ». L'air de torréfaction, au lieu de partir par la cheminée, retourne au brûleur, qui brûle ses composés volatils en même temps qu'il chauffe. Un seul brûleur fait ainsi les deux métiers, la chauffe et la dépollution. Les conduits se nettoient seuls de la graisse que les grains y déposent. Sur la série Smart, le four est posé au-dessus de la chambre de torréfaction, ce qui raccourcit le trajet de l'air. Un préchauffeur optionnel récupère l'air chaud de la cheminée pour sécher le grain avant la charge. Les mêmes machines torréfient le cacao, l'orge, le malt, la chicorée et les fruits à coque. Depuis 2022 au plus tard, la maison représente aussi au Brésil le transporteur Chain-Vey, qu'elle ne fabrique pas.
Les modèles
Le constructeur publie des débits horaires plus souvent que des charges par fournée. Le Specialty Roaster est annoncé sur le site de 2019 de 25 à 75 kg/h. Le dépliant de son ancêtre, le Super 10, donne 10 kg par fournée et cinq fournées par heure, soit 50 kg/h. L'Opus Gourmet se décline en Opus 2 (22 kg par fournée, 110 kg/h), Opus 4 (45 kg, 225 kg/h) et Opus 6 (72 kg, 360 kg/h). Le Smart couvre 500 à 2 400 kg/h, en douze à quinze minutes de torréfaction. L'Expert couvre 750 à 3 000 kg/h, à six fournées par heure. L'Opus 4G couvre 700 à 4 000 kg/h. Pour l'Opus 3G, deux jeux de chiffres coexistent, et l'écart s'explique. Le catalogue donne l'Opus 10 à 875 kg/h, l'Opus 20 à 1 750 kg/h et l'Opus 40 à 3 500 kg/h, préchauffeur optionnel compris. Les pages produits, sans préchauffeur, donnent 675, 1 350 et 2 700 à 3 000 kg/h. Le préchauffeur vaut donc environ un quart de débit en plus. Les charges vont de 30 à 125 kg par fournée sur l'Opus 10 et de 120 à 500 kg sur l'Opus 40. Sur l'Opus 20 le plancher diverge : 60 kg au catalogue, 75 kg sur la page produit. Le temps de torréfaction annoncé va de quatre à vingt minutes. Les lignes anciennes comptaient le QB-15 (15 kg, 75 kg/h), le HB-30 (30 kg, 150 kg/h) et les C-120, C-240 et C-480, donnés pour 360, 720 et 1 440 kg/h.
Ce qu'on y gagne
La convection livre la chaleur par le film de gaz qui entoure chaque grain, et non aux seuls points qui touchent la tôle. La surface ne brûle donc pas, même sur une charge faible. Le tambour étant plein, les brisures ne peuvent pas fuir par des perforations. Le constructeur en a fait un argument nommé, le « B.B. System », pour broken beans, grains brisés : un lot de qualité courante passe aussi bien qu'un lot trié. Le brûleur unique réutilise l'air déjà chauffé au lieu de l'envoyer au ciel. Il supprime du même coup le post-brûleur, son combustible et son entretien. Le préchauffeur va dans le même sens. Il sèche le grain avec l'air de cheminée, qui serait perdu sans lui, et ne coûte donc pas de combustible. Le séchage se faisant alors hors de la chambre, celle-ci ne sert plus qu'à la torréfaction proprement dite. Le catalogue Smart chiffre le gain à 25 % de débit horaire.
Ce qu'on y perd
Une machine à convection est une machine à air. Le tambour plein ne stocke pas de chaleur pour le grain : tout doit passer par le brûleur, le ventilateur et les gaines. Ce sont elles qui font le volume de la machine. Un Smart 2000 pèse neuf tonnes et monte à 6,11 m. Un Opus 40 de troisième génération pèse 16,5 tonnes et monte à 7,95 m. Cela demande un bâtiment, pas un local. La fenêtre de torréfaction du Smart est donnée pour douze à quinze minutes, ce qui met les torréfactions claires et rapides hors de portée. La plus petite charge documentée est de 10 kg, sur le Super 10. En dessous, rien, et aucun torréfacteur d'échantillon au catalogue. Le support technique, enfin, tenait en treize personnes sur le site de 2012, quand la maison revendiquait cinquante-quatre pays.
Zone d'ombreLe site officiel ne répond plus. En http il renvoie une erreur 500 dont le message vient de l'hébergeur, et en https le certificat présenté appartient à un autre domaine, celui de l'hébergeur mutualisé. C'est une panne de configuration, pas une page fermée : elle ne prouve donc rien sur le sort de l'entreprise. Tout ce qui précède a été lu dans l'Internet Archive. Le prénom du fondateur varie selon les pages de la maison : Vitantonio en 2019, Vito en 2012. Ni ses dates, ni son acte d'immigration, ni aucun document d'état civil n'ont été retrouvés. L'année 1918 repose sur la parole de l'entreprise et sur l'hommage de l'ABIC pour le centenaire en novembre 2018 ; aucun registre commercial n'a été consulté. Le « torrador de campanha » qu'elle dit avoir été le premier torréfacteur brésilien n'est expliqué nulle part. Il est traduit ici littéralement par torréfacteur de campagne. Il pourrait aussi bien désigner une machine mobile, une machine de ferme ou une machine de saison. La date du passage à la convection est donnée deux fois de deux façons, 1968 sur une page, début des années 1970 sur une autre. La raison invoquée change avec la date, la qualité en 2012 et le rendement en poids en 2019 : on ignore laquelle a réellement décidé du changement. Le Millennium, annoncé en 2017, n'a ni fiche technique, ni capacité publiée, ni page de catalogue retrouvée : on ignore ce qu'il est et s'il se vend encore. L'écart entre les débits du catalogue Opus 3G et ceux des pages produits s'explique par le préchauffeur optionnel. Le plancher de charge de l'Opus 20 reste en revanche contradictoire : 60 kg au catalogue, 75 kg sur la page produit. Les charges par fournée de l'Opus 4G ne sont publiées nulle part. Pour le Specialty Roaster, le site donne 25 à 75 kg/h sans jamais dire la charge correspondante. Les 10 kg par fournée retenus ici viennent du dépliant du Super 10, machine antérieure. Rien ne dit que le bas de gamme de 2019 lui ressemble. Une version antérieure de cette fiche créditait l'Opus 3G d'environ 40 % d'économie de combustible sur l'Opus 2G, d'après un essai client rapporté par la Gazeta Lilla. Ce chiffre n'a pas été retrouvé dans les numéros lisibles de ce journal. Le seul 40 % qu'on y trouve concerne le moulin à cylindres Orion, donné pour 40 % d'électricité en moins qu'un moulin concurrent. C'est une autre machine et une autre grandeur. L'affirmation a donc été retirée. Il en va de même pour le rendement en poids, argument central de la maison, jamais mesuré par un tiers dans les sources consultées. Le titre de premier fabricant de matériel de torréfaction de l'hémisphère sud est une affirmation de l'entreprise. Il en va de même de la paternité du post-brûleur intégré : aucun brevet correspondant n'a pu être vérifié. Le nombre de pays passe de 35 en 2004 à 54 en 2012, puis 60 en 2019, sans liste dans aucun des trois cas. La date du déménagement de Mooca à Guarulhos est inconnue, l'adresse de Guarulhos n'étant attestée qu'à partir de 2003. Le numéro de rue y est passé de 477 à 382 sans qu'on sache quand. L'actionnariat, l'effectif et l'activité actuelle ne sont pas établis. Ciro Lilla est nommé président en 2018, et rien de plus récent n'a été trouvé sur la direction. La page d'accueil captée en juin 2026 porte encore la mention de droits de 2019 et le même texte qu'alors. Le site est donc resté en l'état pendant sept ans. Enfin, aucune couverture de presse professionnelle indépendante n'a pu être consultée, faute de moteur de recherche utilisable pendant ce travail.
Site du constructeur, page « Empresa » (fondation en 1918 par Vitantonio Lilla, torréfaction du centre de São Paulo, pièces introuvables pendant la Première Guerre mondiale, torréfacteur de campagne, jalon 1968 du premier torréfacteur sans refroidisseur à convection pure et gain de poids, Opus 1985, 2G 1990, 3G 2005, 4G 2015, Millennium 2017, export 1982 vers les États-Unis puis le Japon, l'Angleterre, la Suisse, l'Italie et l'Allemagne, 60 pays, plus de 1 000 torréfactions brésiliennes, Built in After Burner), archive du 30 avril 2019. Page d'accueil du constructeur, archive du 14 juin 2026, identique quant au fond et toujours datée 2019 en pied de page. Site du constructeur, rubrique « Notícias », billet du 18 février 2019 : hommage de l'ABIC lors du 26e Encafé tenu en Uruguay en novembre 2018, plaque remise à Ciro Lilla, président de la maison, par Ricardo Silveira, président de l'ABIC. Version anglaise du site, fiches « portfolio » des torréfacteurs (Opus 4G de 700 à 4 000 kg/h et de trois à vingt minutes, Expert de 750 à 3 000 kg/h à six fournées par heure, Smart de 500 à 2 400 kg/h et de douze à quinze minutes, Opus Gourmet de 110 à 360 kg/h, Specialty Roaster de 25 à 75 kg/h, torréfacteur pour cacao, fèves de cacao concassées, tournesol, noix de cajou, noisette, arachide, macadamia, amande et chicorée), archives du 23 janvier 2021. Version anglaise du site, page « Catalogues / Publications » (liste du catalogue : Opus 4G, Expert, Smart, Opus Gourmet, Specialty Roaster, moulin à cylindres Orion, moulin à marteaux CMP, moulin à disques), archive du 18 septembre 2019. Ancien site, page « 100 Anos » (fondation par Vito Lilla, premier fabricant de matériel de torréfaction de l'hémisphère sud, conduction jusqu'aux années 1970, passage à la convection au début des années 1970 pour la qualité, tambour solide), archive du 4 janvier 2017. Ancien site, page « Engenharia » (Built in After Burner revendiqué comme invention maison, plus de 54 pays, concurrents ayant adopté le principe), archive du 4 janvier 2017. Ancien site, page « Experiência Lilla » (équipe de support de treize personnes), archive du 5 janvier 2017. Ancien site, page « Museu Lilla » (usine de Mooca, torrador T, moulins de comptoir, quatre-vingt-huit ans d'existence), archive du 5 janvier 2017. Ancien site, pages produits Opus 10 3G, Opus 20 3G, Opus 40 3G, Smart 2000 Auto, QB-15 et Opus 2 / Opus 4 (charges par fournée, débits sans préchauffeur, normes OSHA, EN 292, EN 1015, EN 418 et EN 953), archives du 7 janvier 2017. Ancien site, pages « História » en portugais et en français (capacités de 75 à 2 400 kg/h, absence de post-brûleur, conformité aux règles de Los Angeles, New York, Londres et Yokohama, 35 pays, adresse Rua Constâncio Colalillo à Guarulhos), archives des 14 novembre 2003 et 10 février 2004. Catalogue « The Opus 3G », 4 p., tableau des débits, charges et temps de torréfaction, mention que les productions annoncées valent avec le préchauffeur optionnel, paragraphe « semi fluidized bed », poids et hauteurs des trois tailles. Catalogue « Smart Series », 4 p., tableau des modèles 500, 1 000 et 2 000 avec hauteurs et poids nets, « B.B. System » pour les grains brisés, four placé au-dessus du corps de torréfaction, préchauffeur donné pour 25 % de débit horaire en plus. Catalogue « Opus Compact Gourmet Series », 4 p., tableau des charges et débits des Opus 2, 4 et 6. Dépliant « Super 10 », 10 kg par fournée, 50 kg par heure, cinq fournées par heure, versions Super 10 et Super 10 ECO. Gazeta Lilla, numéros 4, 10 et 15, sur le brûleur unique, la récupération de l'air de cheminée par le préchauffeur et les clients installés. Site lillatransportadores.com.br pour le transporteur tubulaire Chain-Vey, archive de janvier 2022. Tout consulté en septembre 2026, par l'Internet Archive.