KALDI Coffee Lab Inc.
Les machines de table et de comptoir, Séoul (Geumcheon-gu, Gasan-dong), Corée du Sud.
L'histoire
KALDI Coffee Lab est immatriculée à Séoul le 24 juin 2013, sous le numéro d'entreprise 138-81-84982. La maison écrit elle-même que son premier torréfacteur est apparu cette année-là. Elle occupe l'unité 415 du centre d'activités Daesung D-Polis, à Gasan-dong, dans le sud de Séoul. Un centre d'activités de ce type est un immeuble de petits ateliers loués à l'unité. C'est ce qui met un local industriel à portée d'une firme minuscule, et le registre ne compte ici que deux salariés. Deux dirigeants la représentent, Hong Hyunpyo et Lee Kyunghee. Le même registre donne SEINN Technology Inc pour nom anglais de la société. C'est ce nom qui figure comme fabricant sur les fiches produit, et sur le compte bancaire de la boutique. Le parti pris de départ tient dans une absence. Sur les petits modèles, le brûleur n'est pas fourni. L'acheteur pose le tambour sur le réchaud à gaz qu'il possède déjà. La maison ne vend donc qu'un tambour, un bâti et un moteur. C'est ce qui explique que ses quatre plus petites machines coûtent de 220 à 690 dollars, et qu'une équipe de deux personnes suffise à les produire. Le Mini, à 220 dollars, se tourne même à la main. La gamme est ensuite montée jusqu'au Fortis de 600 g à vidange frontale, c'est-à-dire dont le café tombe par une trappe à l'avant. Puis elle a bifurqué avec l'AIRTRON électrique, qui abandonne le tambour et met dans un même catalogue deux principes de chauffe contraires. La même société tient aussi homecaffe.net, sa boutique coréenne, où elle revend des machines à espresso italiennes importées. Les torréfacteurs, eux, sortent de chez elle : le registre la classe en fabrication.
Ce qu'elle fabrique
La maison fabrique deux choses opposées. D'un côté des tambours à gaz sans brûleur, posés sur une flamme extérieure. Le même bâti accepte deux tambours au choix, et c'est là tout le sujet. Percé, il laisse la flamme atteindre le grain à travers les trous : le constructeur appelle cela direct flame type. Plein, le métal fait écran et ne transmet que sa propre chaleur, ce qu'il appelle semi-convective type. Percer ou fermer le tambour déplace le partage entre conduction, rayonnement et convection, donc change la courbe de cuisson. De l'autre côté, la série AIRTRON est électrique et travaille en lit fluidisé. Le grain y flotte dans un courant d'air chaud, ne touche aucune paroi, et reçoit toute sa chaleur par convection. La page de présentation range d'ailleurs le catalogue en trois familles de chauffe : directe, semi-convective, électrique.
Les modèles
La gamme à gaz va de 0,2 à 0,6 kg par fournée, brûleur non fourni sauf mention. Prix relevés sur le site en septembre 2026. Mini, 220 dollars, à manivelle, avec moteur ou les deux au choix, capacité non publiée. Motor driver, 390 dollars, 200 g, tambour percé, entraîné par moteur. Wide et Wide POP, 300 g, 590 et 690 dollars, avec une plaque en treillis qui arrête la flamme. Le POP reçoit en plus la trémie et le préleveur, cette tige creuse qui sort quelques grains en cours de cuisson. Wide400, 1 100 dollars, 400 g, tambour plein et thermomètre analogique. Fortis, 1 620 dollars, jusqu'à 600 g, vidange par l'avant, tambour percé ou plein au choix. Son thermomètre double Center301 est de série, et l'enregistreur Center306 coûte 80 dollars de plus. Fortis Plus, 2 850 dollars, 600 g, tout-en-un en 24 V continu, avec refroidisseur séparé et cyclone réglable. Le cyclone est l'organe qui sépare les pellicules du flux d'air par centrifugation. Fortis Grande et Fortis Pro, 3 500 et 4 500 dollars, livrés avec brûleur à gaz et détendeurs, capacités non publiées. Vient enfin la série électrique à lit fluidisé AIRTRON. Le modèle de base tient 350 g pour 2 kW et 3 500 dollars. Le SMART250 descend à 250 g pour 3 800 dollars, le SMART500 monte à 450 g et 2,5 kW pour 4 850 dollars.
Ce qu'on y gagne
La fournée pèse 200 à 600 g. L'inertie thermique est donc faible, et un changement de flamme se lit sur la courbe en quelques secondes. Le brûleur se règle à la main : rien d'électronique ne s'interpose entre la vanne et le grain. Le tambour percé laisse le rayonnement atteindre le grain, ce qui rattrape très vite une chute de température. Le tambour plein, vendu pour le même bâti, amortit au contraire. On compare donc les deux principes sur le même café et la même machine. Le Fortis vide par l'avant : la cuisson s'arrête où on l'a décidée. Le réglage de départ, lui, ne demande aucun instrument. Le constructeur le donne ainsi : préchauffer à 200 °C aux trois cinquièmes de la puissance, charger 500 g, viser le premier crack à huit minutes. Une minute trop tôt, on baisse la flamme ; une minute trop tard, on la monte. La méthode se cale sur le résultat, donc elle tient quel que soit le brûleur de l'acheteur.
Ce qu'on y perd
Le tambour percé sur flamme nue brûle la face du grain si la charge est trop faible ou la montée trop vive : rien ne filtre le rayonnement. Surtout, le brûleur n'est pas fourni en dessous du Grande et du Pro. La puissance de chauffe est celle du réchaud de l'acheteur, inconnue du constructeur. Un acheteur de Fortis 600 g a dû lui demander si ses 7 500 BTU par heure, soit environ 2,2 kW, suffisaient. Un profil ne se transpose donc pas d'une cuisine à l'autre, et seul le résultat fait foi. L'air ne se règle pas non plus sur la machine nue. Il faut y ajouter le collecteur de pellicules et refroidisseur, 450 dollars, pour passer du tirage naturel au tirage forcé. Sans lui, on ne sépare pas convection et conduction. La température se lit sur un cadran, sauf à payer l'enregistreur en option. Et l'AIRTRON, tout en convection, ne prépare aucun profil de tambour.