Huky (atelier de Kuanho Li)
Les machines de table et de comptoir, Taïwan.
L'histoire
Huky n'est pas une entreprise, c'est un homme. Kuanho Li est taïwanais, mécanicien-ajusteur, ancien professeur de travaux manuels à la retraite. Il travaille sans raison sociale et sans site web. Une adresse de courriel tient lieu de vitrine, et la machine part de Taïwan en une dizaine de jours. Quelques pièces usinées sont sous-traitées à un atelier à commande numérique, c'est-à-dire à des machines-outils pilotées par ordinateur. Il assemble tout le reste lui-même, ce qui lui laisse la liberté d'accepter des modifications à la demande. Une plaque numérotée portant la mention « Hand Made » est vissée sur la façade. Le premier modèle connu est le Huky 300, déjà en vente quand un forum américain le signale en décembre 2008. Le Huky 500 lui succède : une vidéo le montre en décembre 2009, et un client situe le basculement en mars 2010. Un banc d'essai publié en janvier 2012 note qu'il en construit alors depuis environ six ans. Depuis 2014, un revendeur de New York le distribue dans le monde et tient du stock. Cela change la vie de la machine : elle sort du seul bouche-à-oreille des forums, et elle s'achète sans écrire à Taïwan.
Ce qu'elle fabrique
Un seul type de machine : un tambour de comptoir de 500 g, dépourvu de toute résistance chauffante. La chaleur vient d'un réchaud à gaz posé dessous, butane ou propane, qui n'est pas intégré à l'appareil. Le constructeur le vendait comme accessoire, et le distributeur le fournit aujourd'hui dans son kit. C'est donc un torréfacteur chauffé à la flamme, ramené à l'échelle du plan de travail. Le tambour est en acier inoxydable 304 de 2,5 mm d'épaisseur et 130 mm de diamètre, monté sur roulements céramique. Il existe en deux versions, et ce choix décide du mode de chauffe. Perforé, il laisse les gaz chauds du brûleur traverser la tôle et toucher le grain : c'est de la flamme directe. Plein, il ne transmet que la chaleur de sa paroi, donc de la conduction. Un volet placé à l'arrière règle l'exposition du tambour au rayonnement du brûleur. Un ventilateur de six pouces, donné pour 230 pieds cubes par minute, assure le tirage des fumées pendant la cuisson. Un second ventilateur, avec son propre bac grillagé, refroidit le grain à la sortie. La façade reçoit une cuillère de prélèvement, un thermomètre analogique et deux sondes, l'une dans le grain, l'autre dans l'air du tambour. Une troisième sonde, placée dans les fumées, reste une option payante. Une fournée dure de huit à quinze minutes.
Les modèles
Huky 300 : premier modèle, attesté avant décembre 2008 et abandonné vers 2010. Sa fiche technique n'a pas été retrouvée, donc sa capacité reste à établir. Huky 500 : 0,5 kg par fournée. La fiche du constructeur diffusée en 2011 annonce 150 à 500 g, et son tarif de 2016 annonce 75 à 560 g. Le distributeur actuel retient 500 g au maximum et 150 g en charge d'échantillon. Un essai publié retient 330 g comme charge la plus confortable. La machine pèse 6 kg et tient dans 40 x 19 x 35 cm, ce qui explique qu'elle se pose sur un plan de travail. Huky 500T : même capacité, façade et tuyauterie différentes. Un tuyau en T y sépare la cheminée de chargement du conduit d'extraction, que le 500 réunissait dans un seul entonnoir. Il fallait déplacer cet entonnoir entre deux fournées, d'où la refonte. Un kit de conversion du 500 vers le 500T existe : façade, tuyau en T, coude à collier de bois, 383 dollars en 2026. Tarif d'atelier en 2016 : 1 078 dollars pour le 500, 1 180 pour le 500T, 99 pour le réchaud infrarouge. En 2026, le kit complet distribué aux États-Unis va de 3 005 à 3 564 dollars. L'écart vient du jeu de sondes retenu, thermocouples ou sondes à résistance.
Ce qu'on y gagne
Le gaz délivre ce qu'une prise électrique ne peut pas donner. Un réchaud portatif fournit environ 9 000 BTU par heure. Le BTU par heure est l'unité de puissance thermique employée par les fabricants de brûleurs, et 9 000 valent 2,6 kW. Un torréfacteur électrique branché en 110 volts plafonne, lui, vers 1,8 kW. Une charge de 500 g dispose donc de puissance en réserve, et la montée n'a pas besoin d'appoint. La flamme réagit dans la seconde, sans l'inertie d'une résistance. Le tambour de 2,5 mm garde assez de masse pour ne pas suivre chaque à-coup du brûleur. Enfin, le choix du tambour, perforé ou plein, fixe le mode de chauffe avant même le premier profil.
Ce qu'on y perd
Le brûleur n'est pas conçu avec la machine, et cela se paie. Une cartouche de butane se refroidit en se vidant, sa pression de vapeur tombe, et la puissance baisse en pleine cuisson. Le réchaud infrarouge d'origine n'offre que trois crans. La finesse impose d'ajouter une vanne à pointeau, qui dose le gaz au filet, et un manomètre pour lire la pression. Le tambour perforé brûle la surface du grain si la charge est faible. Six kilos sans isolant suivent la température de la pièce, donc il faut stabiliser l'appareil entre deux fournées. Rien n'est automatisé. L'extraction souffle dans la pièce tant qu'on ne la conduit pas dehors.