Huaska Coffee Roasters
Les torréfacteurs d'échantillon, Pereira, Risaralda, Colombie.
L'histoire
Pereira est la capitale du Risaralda, au centre de l'Eje Cafetero, les trois départements qui portent l'essentiel de la caféiculture colombienne. La maison y tient adresse avenue Sud, carrera 17 numéro 30-92. Elle est enregistrée sous le nom Huaska Coffee Roasters SAS, une société par actions simplifiée de droit colombien. Elle se déclare fondée en 2016 sur sa propre page LinkedIn, donc par elle-même. Le choix de départ commande tout le reste. Elle ne construit pas de torréfacteur de production, mais la machine de laboratoire et la machine sur mesure. La raison tient au pays. Dans une origine, la décision d'achat se prend sur place, chez l'exportateur et chez la coopérative. Elle exige de cuire un échantillon avant que le lot parte. La gamme suit ce raisonnement, puis déborde. En mars 2023, le site ne présente que deux machines de laboratoire, de 120 grammes. Le catalogue de juin 2025 en ajoute deux, et monte jusqu'à six kilos par fournée. La maison reste petite : en mars 2023, son site ne nomme que quatre personnes, deux cofondateurs, Esteban Botero et Alejandro Soto, un technicien de production et une comptable. Entre-temps, la Fédération nationale des caféiculteurs de Colombie l'a réévaluée pour l'exercice 2021 et lui a donné 5,00. Cette note la place dans la tranche la plus haute de la grille, dite hautement fiable. La lettre existe parce que la Fédération est certifiée ISO 9001, norme qui l'oblige à consigner l'évaluation de ses fournisseurs. Elle juge quatre choses : la conformité du produit, le respect des délais, la qualité des échanges et le suivi après livraison.
Ce qu'elle fabrique
Un seul principe, décliné en quatre tailles : le tambour horizontal chauffé au gaz, propane ou gaz de ville. Sur le T-1 et le T-6, le catalogue précise un brûleur atmosphérique. Cela veut dire que le jet de gaz aspire lui-même son air de combustion, sans ventilateur. La puissance suit donc la pression d'alimentation. Aucune régulation automatique de la flamme n'est documentée, sur aucun des quatre modèles. Sur ces deux mêmes machines, deux commandes s'ajoutent. La vitesse du tambour varie de 52 à 75 tours par minute. L'extraction d'air se règle de 20 à 100 pour cent. Ces deux réglages déplacent le partage entre conduction, le grain qui touche le métal chaud, et convection, l'air chaud qui le traverse. Les quatre machines portent un cyclone séparateur, un cône où l'air tourne et dépose au fond les pellicules détachées du grain. Le catalogue ne le dit conique et intégré que sur le T-1 et le T-6. Intégré veut dire monté sur la machine, sans conduit ni caisson à ajouter autour. Sur les deux modèles de laboratoire, la transmission se fait par contact, sans lubrification. La maison revendique une ingénierie colombienne. La formule vise le dessin et l'assemblage, pas chaque pièce. Les moteurs des machines de laboratoire sont japonais, des Oriental Motor, et leur thermomètre allemand.
Les modèles
Quatre machines au catalogue de juin 2025. Le MT.01, laboratoire à un tambour, 38 kilos à vide, cuisson de 6 à 12 minutes, câblé en 110 volts. Il mesure par cadran allemand de 2,5 pouces, gradué de 0 à 300 degrés. Le site l'annonce à 120 grammes, le catalogue à 150 grammes. Mais le catalogue écrit « capacité maximale » et le poids n'a pas bougé depuis 2023 : c'est la même machine, décrite deux fois. Le MT.02, même famille, porte deux tambours de 150 grammes chacun et pèse 56 kilos. Celui-là a vraiment changé : en mars 2023, il n'annonçait que 120 grammes par tambour pour 42 kilos. Le T-1 passe à l'échelle commerciale : de 200 grammes à 1,3 kilo par fournée, 7,5 fournées par heure, 68 kilos, 110 volts. Il porte deux sondes de température, une dans le grain et une dans l'air, et une sortie USB 2.0. Le T-6 charge de 1 à 6 kilos et pèse 420 kilos à vide. Il tourne en 220 volts, avec un bac de refroidissement à agitateur et un collecteur de pellicules de 25 litres. Ni le T-1 ni le T-6 n'existaient en mars 2023.
Ce qu'on y gagne
Le MT.02 cuit deux échantillons en même temps, dans la même machine et dans la même minute. Deux cuissons successives, elles, diffèrent par le préchauffage, par l'usure du feu, par l'heure de la journée. Ce qui sépare les deux tasses vient donc du café, pas du moment où on l'a cuit. Le T-1 couvre 200 grammes à 1,3 kilo et annonce 7,5 fournées par heure. Cela suffit à passer les arrivages d'une journée sans changer de poste. Sa vitesse de tambour et son extraction se règlent séparément. On choisit donc le partage conduction convection au lieu de le subir. Sur le T-1 et le T-6, le refroidissement est indépendant du tambour. La fournée suivante démarre pendant que la précédente refroidit.
Ce qu'on y perd
Les deux modèles de laboratoire ne mesurent qu'au cadran, 2,5 pouces pour 300 degrés d'étendue. La lecture se fait à quelques degrés près, et l'aiguille retarde sur le grain. Or c'est la vitesse de montée qui se juge sur un échantillon. Sur ces deux machines, l'enregistrement de la courbe reste un accessoire en option. Aucune régulation automatique de la flamme n'est documentée. Toute correction de chauffe passe donc par la main, pendant que le grain continue de monter. Le MT.01, le MT.02 et le T-1 sont câblés en 110 volts. Partout où le réseau est à 220 ou 230 volts, l'Europe par exemple, il faut ajouter un transformateur. Enfin rien ne dépasse six kilos par fournée. Et le T-6, qui atteint ce plafond, pèse déjà 420 kilos à vide.