Bendig Maquinaria S.A.
Les tambours de production, Gravilias de Desamparados, San José, Costa Rica.
L'histoire
La maison ne porte pas le nom de son fondateur. Elle naît en 1954 de l'effort de Gustavo Haeberle, avec un objectif déclaré : développer de la machine industrielle pour le traitement du café. En 1974, Rodolfo Bendig Müller prend la direction. Il poursuit le développement des machines et ouvre l'exportation. C'est son nom qui reste sur l'enseigne. Entre 1980 et 1982, ses fils Hugo et Rodolfo le rejoignent. L'affaire se constitue en société anonyme en 1986. La torréfaction arrive tard, et c'est le second fait à retenir. Le Tostamat TT-120 est lancé en 1988, trente-quatre ans après la fondation. Le gros du catalogue est ailleurs, dans le traitement humide, celui qui sépare la pulpe du fruit et lave le grain : dépulpeurs, séparateurs, laveuses, séchoirs. S'y ajoutent des décortiqueuses, qui retirent au grain sec sa parche, cette enveloppe papier collée dessus. En novembre 1999, la maison déclare soixante-douze salariés, dont un bureau d'études de cinq personnes avec deux ingénieurs. Elle exporte alors plus de soixante-dix pour cent de sa production, ce qui explique qu'elle publie son site en anglais avant de le publier en espagnol. Rodolfo Bendig y figure comme chef de production. L'ingénieur Rodolfo Bendig González préside aujourd'hui la compagnie et en assure la direction générale.
Ce qu'elle fabrique
Elle conçoit, fabrique et installe elle-même, dans son propre atelier de plus de deux mille cinq cents mètres carrés couverts. Toute la chaîne du café y passe, du dépulpeur au moulin, soit plus de cent équipements différents selon la maison. Sur la torréfaction, le principe n'est pas le même d'une ligne à l'autre. Pour la ligne Tostamat TT, le constructeur écrit que la cuisson se fait par flux d'air. Pour les TT-80 et TT-120, il le dit en toutes lettres : livraison de la chaleur par convection. La convection, c'est le transport de chaleur par un fluide en mouvement, ici l'air chauffé au gaz de pétrole liquéfié. Ce n'est donc pas la flamme qui touche le tambour, mais l'air qu'elle a chauffé. Pour les lignes TD, TE et TAC, rien de tel n'est écrit. Le petit ECO fonctionne autrement : des résistances électriques ou un brûleur au gaz chauffent sa chambre de cuisson. Les pièces au contact du grain sont données en acier inoxydable, refroidisseur compris. Un cyclone sépare la pellicule et les fumées : c'est une chambre où l'air tourne et dépose ce qu'il transporte. Les TT-80 et TT-120 en portent deux. Le brûleur du TT-5 et celui de la ligne TD sont certifiés par les Underwriters Laboratories, l'organisme d'essais de sécurité américain. Le site anglais de 1998 donnait déjà les brûleurs Tostamat pour UL listed, ce qui compte parce que la maison exporte.
Les modèles
Le numéro du modèle donne la charge en kilos par fournée. Laboratoire : le TP-2, deux cylindres de 120 grammes de café vert chacun, monté sur une planche de bois. Le constructeur annonce aussi une version à trois cylindres, qu'il ne nomme pas. L'ECO 500 va de 120 à 2 000 grammes selon son tableau de cuisson. Comptoir et petite torréfaction : la ligne TE, dont un TE-12 apparaît dans un témoignage de client. Viennent ensuite le TAC-5 et le Tostamat TT-5, tous deux donnés de 2 à 5,5 kilos. Production : le TD-10, de 10 à 15 kilos par fournée, soit 40 à 60 kilos par heure. Suivent les TD-30, TD-60 et TD-100. Côté Tostamat : le TT-20, donné à 120 livres par heure, puis les TT-45, TT-80, TT-120 et TT-180. Le TT-120 fut le premier modèle lancé sur le marché, en 1988. Le site anglais de 1998 affichait cinq tailles de Tostamat : 5, 15, 30, 80 et 120 kilos par fournée. Le TT-15 a disparu du catalogue depuis. S'y ajoute la TNT-120, une installation pour le café torréfié au sucre, où le sucre caramélise sur le grain pendant la cuisson. La maison liste aussi un torréfacteur à cacao, avec un four et un concasseur pour la même fève. Elle monte enfin des installations complètes de 40 à 400 kilos par heure. Elle les bâtit autour d'un TD-10, d'un TT-20, d'un TT-45, d'un TT-80 ou d'un TT-120.
Ce qu'on y gagne
Sur la ligne Tostamat, la chaleur passe par l'air, pas par la tôle. Un tambour à flamme directe cuit d'abord les grains qui touchent la paroi. Ici l'air chaud traverse toute la masse, donc l'écart entre le grain du bord et celui du centre se réduit. Les temps annoncés vont dans ce sens. À charge égale, de 2 à 5,5 kilos, le Tostamat TT-5 demande 10 à 12 minutes. Le TAC-5, que le constructeur ne donne pas pour une cuisson à flux d'air, en demande 25 à 30. Le refroidisseur du TT-20 ramène la fournée à froid en quatre minutes, donc la cuisson s'arrête vite au lieu de se poursuivre dans le tas. L'acier inoxydable au contact du grain interdit qu'une calamine, cette croûte d'oxyde qui se forme sur l'acier chauffé, se détache dans la fournée.
Ce qu'on y perd
L'air a sa propre inertie. Il faut le chauffer avant qu'il chauffe le grain, donc une correction au brûleur arrive plus tard que sur un tambour à flamme directe. Le seul point de mesure que le constructeur nomme est la température des gaz, sur le TD-10. Ailleurs il écrit thermomètre ou thermorégulateur numérique, sans dire ce que l'instrument mesure. Aucune sonde de masse ni aucun enregistrement de courbe n'est documenté, donc la répétabilité tient à l'opérateur. Le constructeur ne publie ni encombrement, ni consommation de gaz, ni débit d'air, donc un projet d'atelier ne peut pas être dimensionné sur ses pages. Enfin, les 5 chevaux du TD-10 en monophasé 110 volts font plus de trente ampères, donc un circuit dédié.