OùBelo Horizonte (Minas Gerais), Brésil
Depuis1995
FamilleLes tambours de production
L'histoire
La maison sort d'un atelier de tourneur, pas d'un bureau d'études. Tomaz Emerick est tourneur sur métaux, et il a appris la chaleur dans la sidérurgie. Au milieu des années 1990, autour de Manhuaçu, dans la Zona da Mata du Minas Gerais, il construit de petits torréfacteurs pour dépanner les caféiculteurs voisins. Sa femme, Marlene Nunes, est fille de producteurs, et le couple cultive déjà le café. Les premières machines sortent par essais et erreurs successifs. Le moment fait le reste : le mouvement des cafés de spécialité démarre au Brésil, des torréfactions ouvrent partout, et les producteurs se mettent à juger leur propre grain. Le couple charge les torréfacteurs dans la voiture et les vend de la main à la main. L'inflation et le changement de monnaie rendent ces années-là incertaines. La deuxième génération arrive par accident. Mateus, le fils, étudie l'ingénierie mécanique à l'UFMG quand une grève interrompt les cours. Il rentre apprendre le métier auprès de son père, et il apporte le dessin par ordinateur. L'usine quitte Manhuaçu pour Belo Horizonte en 2018. La troisième génération y travaille déjà. La maison a longtemps daté sa fondation de 1995, dans ses pages comme dans sa mention de copyright. Son site actuel la place en 1989, à la première machine construite pour un ami.
Ce qu'elle fabrique
Un seul métier depuis l'origine : le torréfacteur à tambour de production, chauffé au gaz. Le combustible est le GLP, gaz de pétrole liquéfié, ou le gaz naturel sur une ligne dédiée d'au moins 28 mbar. Le brûleur est dit à microflammes : la combustion est répartie sur une multitude de petits orifices au lieu d'une flamme unique. Une flamme ainsi divisée reste stable très bas dans sa plage de puissance, donc la chauffe se règle finement. Une fiche produit de 2020 attribue ce brûleur à un fournisseur allemand, sans le nommer. Le brûleur occupe une chambre à gaz distincte, qu'on allume par une porte sur les machines manuelles. Le tambour porte des vis intérieures qui brassent le grain, et un hublot de verre trempé montre le grain et la flamme. Depuis 2021, la commande repose sur des variateurs de fréquence ABB ACS380 et sur une interface ABB CP607. Un variateur de fréquence règle la vitesse d'un moteur en changeant la fréquence du courant qui l'alimente. L'algorithme de torréfaction est écrit dans l'interface, qui pilote le débit d'air, la vitesse du tambour et l'intensité de la flamme. La maison dit ne rien assembler : elle dessine et usine elle-même chaque pièce maîtresse, à Belo Horizonte. Le refroidisseur est séparé, avec sa propre turbine, ce qui permet d'enchaîner une fournée pendant que la précédente refroidit.
Les modèles
Cinq capacités par fournée : 2, 5, 10, 15 et 30 kg. Les charges utiles vont de 0,2 à 2 kg sur la plus petite, de 3 à 30 kg sur la plus grande. Les débits annoncés suivent : environ 10, 25, 50, 75 et 130 kg par heure. Les emprises au sol publiées vont de 2 à 12 m². Deux lignes partagent ces capacités. La Huno, lancée en 2022, est autonome : elle enregistre la courbe sur son écran tactile, préchauffe et s'arrête seule. La Novo Standard demande un ordinateur portable et un logiciel, garde une vitesse de tambour fixe, et règle la flamme à la main, au manomètre en mbar. Le constructeur annonce environ 2,5 kg de GLP par heure en torréfaction moyenne, et un délai de fabrication de soixante à quatre-vingt-dix jours. Les fiches de 2020 portaient d'autres noms de lignes : Standard, Gold et Gold Plus. Elles donnent des masses précises : 180 kg pour le 2 kg, 320 kg pour le 10 kg, 500 kg pour le 30 kg. Le 10 kg y est donné pour 1,9 m de haut, 1,2 kW, quatre moteurs, 220 V, et quinze minutes de torréfaction moyenne. Un modèle de 60 kg a existé jusqu'à la fin des années 2010, puis a disparu du catalogue. En 2001, la gamme s'appelait TM-TC/22, TM-TC/45 et TM-TC/135, pour 15, 30 et 60 kg. La production tourne aujourd'hui autour de cent machines par an.
Ce qu'on y gagne
La plage publiée du brûleur va de 11 000 à 200 000 BTU par heure, soit un rapport de 1 à 18. Un brûleur qui tient la flamme aussi bas se conduit en continu, sans s'allumer et s'éteindre. Le débit d'air et la vitesse du tambour sont variables depuis 2008, et pilotés par variateur depuis 2021. Les deux leviers de convection se règlent donc pendant la cuisson, sans toucher au gaz. La masse fait le reste : 320 kg de machine pour 10 kg de café. Cela fait 32 kg de métal par kilo chargé, qui tiennent la température de charge entre deux fournées.
Ce qu'on y perd
Le rapport masse sur capacité s'effondre avec la taille. On compte 90 kg de machine par kilo de café sur le 2 kg, 32 sur le 10 kg, 17 sur le 30 kg. La grande machine stocke donc moins de chaleur par kilo chargé, et dépend plus du brûleur. Le GLP impose sa limite : la maison recommande une bouteille P45, car une petite bouteille se refroidit en s'évaporant et perd sa pression. Le manuel Gold coupe la flamme à 250 °C, ce qui plafonne le préchauffage. L'électronique, le logiciel et les pièces ne viennent que d'Atilla. La gamme s'arrête à 30 kg.
Zone d'ombreL'année de fondation n'est pas établie. Le site actuel donne 1989, avec une première machine construite à la demande d'un ami. Le site de la maison donnait 1995 en 2017 comme en 2019, et sa mention de copyright commençait à 1995. La Folha de S.Paulo, qui a interrogé les fondateurs fin 2025, place le début au milieu des années 1990. C'est 1995 qui est retenu ici, faute de document qui tranche. Aucune archive publique, aucun numéro d'entreprise, aucune inscription au registre du commerce n'a pu être consultée. Le brevet est une affirmation répétée par la maison, sur la première machine puis sur la flamme, sans numéro ni date ni office cité, et la recherche dans les bases de brevets a échoué. Le mode de chauffe exact reste inconnu. Le constructeur ne dit nulle part si le tambour est perforé, donc en flamme directe, ou plein, donc en chauffe indirecte. La matière et l'épaisseur du tambour, sa vitesse de rotation et le débit d'air ne sont pas publiés non plus. Les puissances en BTU sont douteuses : la même plage de 11 000 à 200 000 est imprimée sur la fiche du 2 kg et sur celle du 10 kg, ce qui interdit d'y voir une puissance par modèle. La consommation de gaz pose le même problème : 2 kg par heure sur le 10 kg comme sur le 30 kg en 2020, environ 2,5 kg par heure aujourd'hui, sans modèle ni point de torréfaction précisé. Les masses et dimensions utilisées ici datent de 2020 et de la ligne Gold Plus ; le constructeur ne publie pas celles des Huno actuelles, et rien ne dit qu'elles sont identiques. Les plus de 900 torréfacteurs installés et la présence sur cinq continents sont des affirmations de la maison, jamais détaillées. Le chiffre d'environ cent machines par an vient de la Folha, article lu en partie seulement, le reste étant payant. Le fournisseur allemand du brûleur n'est pas nommé. La compatibilité avec Artisan ou Cropster n'est pas établie : le manuel de 2017 mentionne un câble USB, la Novo Standard exige un logiciel de torréfaction jamais nommé, et la Huno renvoie à un logiciel Atilla de quatrième génération dont on ne sait rien. Les raisons sociales successives, Atilla Máquinas e Equipamentos para Torrefação jusqu'en 2019, Industrial Atilla Ltda chez ABB en 2021, Atilla Torradores Inteligentes aujourd'hui, n'ont pas pu être reliées entre elles. La date exacte de l'abandon du modèle de 60 kg n'est pas connue. La logique des anciennes références TM-TC/22, 45 et 135 n'est pas expliquée. Le rôle de Sefora de Paula, présentée en 2026 comme coadministratrice, et son lien avec la famille ne sont pas établis. Enfin, le domaine atilla.com.br a hébergé en 2003 et 2004 un fournisseur d'accès à internet sans rapport, ce qui interdit de suivre la maison par ses archives web de façon continue.
Site du constructeur, atilla.com.br, page Empresa (fondation revendiquée en 1989, Tomaz Emerick tourneur sur métaux et Marlene Nunes fille de producteurs, chronologie 1980 à 2023, transfert du siège à Belo Horizonte en 2018, plus de 900 torréfacteurs installés, usine du quartier Pampulha, « Não somos montadores »), consultée en septembre 2026 ; atilla.com.br, page Torradores et sa version anglaise Roasters (cinq capacités de 2 à 30 kg, charges utiles, débits horaires, emprises au sol, comparatif Huno contre Novo Standard, brûleur à microflammes, sécurité gaz, allumage automatique), consultée en septembre 2026 ; atilla.com.br, page Tecnologia (sept piliers revendiqués, électronique et logiciel développés en interne, mention de brevets), consultée en septembre 2026 ; atilla.com.br, page produit Huno, questions fréquentes (environ 2,5 kg de GLP par heure en torréfaction moyenne, gaz naturel sur ligne dédiée à 28 mbar minimum, 5 m² pour les modèles de 2 à 15 kg, fabrication en soixante à quatre-vingt-dix jours), consultée en septembre 2026 ; ABB, News Center Brésil, « Solução com IHM e inversores de frequência da ABB conferem confiabilidade e eficiência aos torradores de café da fabricante de Torradores Atilla », Belo Horizonte, 20 mai 2021 (variateurs ACS380 et interface CP607, algorithme programmé dans l'interface, contrôle du flux d'air, de la rotation du tambour et de l'intensité de la flamme, périphériques d'électrification ABB, citation de Mateus Emerick directeur commercial, raison sociale Industrial Atilla Ltda) ; Folha de S.Paulo, blog Café na Prensa, David Lucena, « Torneiro mecânico cria fábrica de torradores de café que exporta para EUA e Europa », 24 décembre 2025 (milieu des années 1990, savoir venu de la sidérurgie, région de Manhuaçu, Tomaz 77 ans, environ cent torréfacteurs par an, exportations vers les États-Unis, la France, la Norvège et les Émirats arabes unis, Mateus quittant l'UFMG, troisième génération avec Johann) ; site du constructeur archivé, page Empresa / Institucional, version du 17 juillet 2018 (fondation datée de 1995, fabrication à Manhuaçu, BR 262 km 35,35, mention de copyright « © 1995 - 2017 Atilla Máquinas e Equipamentos para Torrefação ») ; site du constructeur archivé, fiches produits en anglais du 13 août 2020, modèles 2 kg, 10 kg et 30 kg Gold Plus et 10 kg Standard (masses de 180, 320 et 500 kg, dimensions, 220 V 60 Hz, 0,75 à 3 kW, quatre moteurs, plage de 11 000 à 200 000 BTU par heure, brûleur d'origine allemande à microflammes, électrovanne gaz, refroidissement en 60 s et 4 min) ; manuel d'utilisation Atilla lignes Gold et Gold Plus, archivé le 21 septembre 2019, pages 2 à 7 (registre de flux d'air gradué de 0 à 100, vis intérieures du cylindre, hublot de verre trempé de la chambre chaude, coupure de flamme et alarme à 250 °C, bouteille P45 recommandée pour la réponse aux réglages, nettoyage du tube d'exhaure toutes les 44 heures, légende des trente-trois repères) ; manuel d'utilisation Atilla ligne Standard, archivé le 18 avril 2021 (porte de la chambre à gaz pour l'allumage manuel) ; site du constructeur archivé, page Principal Produtos, version du 31 juillet 2001 (torréfacteurs TM-TC/22, TM-TC/45 et TM-TC/135 pour 15, 30 et 60 kg, refroidisseurs séparés, 2 kg de GLP par sac de 60 kg, torréfaction en 20 à 25 min, ensemble de mouture et d'emballage) ; site du constructeur archivé, pages Linha Gold et Linha Standard, versions de février 2019 (gamme de 2 à 60 kg, trois lignes Standard, Gold et Gold Plus, adresse Rua Maria José Assumpção à Belo Horizonte) ; atilla.com.br, page Na mídia et blog de veille Clipping Usina da Comunicação (revue de presse de la maison), consultés en septembre 2026