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    Les honey, du blanc au noir (honey process, proceso miel)

    Les voies intermédiaires.

    Caferaie en terrasses sur le flanc de la colline
    Caferaie en terrasses sur le flanc de la collinePhotographie de terrain, Fonds propre
    FamilleLes voies intermédiaires
    Aussi appeléProceso miel, café mieludo, semi-lavé, semi-dry. Pulped natural, l'appellation brésilienne, souvent donnée comme synonyme alors qu'elle décrit une conduite un peu différente, où l'on ne règle pas la proportion de mucilage laissée. Semi-washed est une appellation fausse : en Indonésie, elle désigne le giling basah, qui est autre chose. Les quatre couleurs, miel blanc, jaune, rouge et noir, sont les subdivisions d'usage. Des extensions récentes circulent sans définition publiée : pink honey, orange honey, golden honey.

    Où ça se pratique

    Le Costa Rica est le pays d'origine de la nomenclature en couleurs. Elle y naît dans les micro-moulins, ces petites unités de traitement installées à la ferme, qui se multiplient à partir du début des années 2000. Jusque-là, le petit producteur costaricien livrait sa cerise à un moulin coopératif et ne maîtrisait pas son traitement. En 2006, Juan Ramón Alvarado, du micro-moulin Brumas del Zurquí, remporte les deux premières places du concours national Cosecha de Oro avec des lots miel. Le procédé se répand ensuite dans le pays à la fin des années 2000. Deux pressions s'y ajoutent : le marché de spécialité, et une restriction d'eau consécutive à un tremblement de terre. Au micro-moulin Las Lajas, Oscar et Francisca Chacón racontent avoir basculé sur le miel après avoir perdu l'accès à l'eau pendant plusieurs semaines en pleine récolte. Le Salvador est le second foyer, avec des fermes comme Los Pirineos et des producteurs comme Jorge Raúl Rivera, qui travaillent surtout le miel noir sur variétés Pacamara et Bourbon. Le procédé est aujourd'hui pratiqué bien au-delà : Panama, Guatemala, Pérou, Ouganda, Vietnam, Myanmar, et la Chine du Yunnan, d'où viennent les travaux scientifiques les plus récents. Aucun recensement ne dit quelle part de la récolte mondiale passe par ce traitement.

    Le principe

    Le honey n'est pas un procédé unique. C'est une famille de réglages sur un seul axe.

    Le point de départ est commun à tous. La cerise est dépulpée, c'est-à-dire débarrassée de sa peau et de sa chair extérieure. Reste la parche, l'enveloppe rigide qui entoure le grain. Et sur cette parche reste le mucilage, la couche de chair visqueuse qui y adhère, riche en pectines, en sucres et en eau. Dans un café lavé, on l'enlève, par fermentation puis lavage, ou par frottement mécanique. Dans un honey, on en laisse tout ou partie, et on met le café à sécher avec.

    Ce geste met deux processus en concurrence sur le même lot. Le séchage retire l'eau. La fermentation consomme les sucres. Les deux se disputent le même mucilage, et c'est le séchage qui tranche. Tant que l'activité de l'eau reste haute, les levures et les bactéries travaillent. Elles produisent des acides, de l'alcool et des esters, molécules odorantes qui portent le fruité. Quand l'eau descend, l'activité microbienne s'arrête. Le lot se fige dans l'état où il se trouvait.

    D'où le vrai levier du procédé. Ce n'est pas le mucilage en soi, c'est la durée pendant laquelle le café reste assez humide pour fermenter. Deux choses commandent cette durée.

    La première est la quantité de mucilage laissée. Le mucilage est hygroscopique, c'est-à-dire qu'il retient l'eau. Plus il y en a, plus la couche freine l'évaporation, plus la fenêtre reste ouverte.

    La seconde est la conduite du séchage. L'ombrage, l'épaisseur de la couche et la fréquence des retournements agissent sur la même vitesse d'évaporation. Une couche épaisse et peu remuée sèche lentement, même avec peu de mucilage.

    Les couleurs nomment la position sur cet axe. Le blanc est le réglage le plus rapide et le plus dépouillé, le noir le plus lent et le plus chargé. Le jaune et le rouge sont entre les deux. Le nom est descriptif au sens propre : c'est la teinte que prend la parche une fois sèche, du blond clair au brun presque noir.

    Il faut alors dire le point central de cette fiche, et le dire sans détour. Aucune norme ne fixe ces bornes. Aucun organisme ne publie de seuils chiffrés pour le blanc, le jaune, le rouge et le noir. Ni l'ICAFE, l'institut du café costaricien. Ni la Specialty Coffee Association. Ni l'Organisation internationale du café. Comme deux leviers différents mènent au même résultat, la contradiction est structurelle. Un producteur atteint son noir en laissant cent pour cent du mucilage. Un autre l'atteint en séchant à l'ombre un lot moins chargé. Les deux emploient le mot correctement. Aucun des deux ne décrit ce que décrit l'autre.

    Pourquoi un honey a plus de corps : l'explication n'est pas la quantité de matière

    On explique d'ordinaire le corps plus ample des honey par la simple quantité de mucilage laissée sur la parche : il en reste plus, donc il en passe plus. L'explication est incomplète, et Hackler et Särchen en donnent une seconde, plus intéressante, qui tient au régime métabolique et non à la masse.

    Ils écrivent que la pulpe restante après dépulpage permet un corps plus ample et une sucrosité supérieure comparés aux lavés, et ils ajoutent la raison : comme le café est à l'air libre et non sous l'eau, les conditions sont aérobies, donc moins de sucre est décomposé et davantage de sucres réducteurs subsistent.

    Le raisonnement ne se comprend qu'avec le bilan énergétique exposé dans la planche sur la fermentation. En présence d'oxygène, un micro-organisme tire de chaque molécule de sucre environ vingt-sept unités d'énergie, contre deux seulement quand l'oxygène manque. Il lui faut donc consommer treize fois moins de sucre pour accomplir le même travail. Un mucilage qui sèche à l'air, c'est-à-dire en aérobiose, est un mucilage où les organismes présents brûlent peu pour vivre beaucoup. Un mucilage immergé dans une cuve close, au contraire, est un milieu où il faut brûler énormément de matière première pour la même croissance. La différence de sucres résiduels entre un honey et un lavé ne vient donc pas seulement de ce qu'on en a laissé davantage : elle vient de ce qu'on en consomme proportionnellement moins.

    Ce mécanisme éclaire au passage une observation contre-intuitive rapportée par les mêmes auteurs, celle de Knopp, Bytof et Selmar, qui trouvent davantage de glucose et de fructose résiduels en conditions aérobies. L'aérobiose épargne le sucre au lieu de l'accélérer, et c'est exactement ce qu'un honey exploite.

    Deux réserves accompagnent cet apport. La première est que les auteurs ne donnent aucun chiffre : ni teneur en sucres réducteurs comparée entre honey et lavé, ni notation de corps issue d'un panel. C'est un mécanisme plausible et bien fondé en biochimie, ce n'est pas une mesure. La seconde est que le séchage d'un honey n'est pas uniformément aérobie : l'intérieur d'une couche épaisse de mucilage, surtout dans les premières heures et sur un lit chargé, peut devenir anoxique, et c'est précisément le risque que la conduite du procédé cherche à éviter par le brassage et par l'épaisseur de couche. La règle d'aérobiose vaut pour la surface, et son maintien en profondeur est un travail, pas un acquis.

    Une description sensorielle par couleur complète utilement cette fiche, en prenant garde qu'elle vient d'une plaquette sans source et qu'elle doit être présentée comme une lecture de table de dégustation. Selon Kornman, les miels blancs peuvent être presque indiscernables de lavés traditionnels ; les miels noirs font écho aux natures et goûtent le raisin sec et le raisin frais ; les jaunes et les rouges ont souvent un caractère pulpeux de cerise mûre ou de prune, sans être aussi ouvertement fruités que les plus sombres. Le fait que ces descripteurs s'ordonnent continûment avec la quantité de mucilage laissée est cohérent avec le mécanisme ci-dessus, sans le démontrer.

    Sources de ce passage : Hackler et Särchen, chapitre 6, p. 93 ; bilan énergétique, chapitre 3, p. 25 et 26 ; sucres résiduels en aérobiose, chapitre 3, p. 23, d'après Knopp, Bytof et Selmar, 2006. Descripteurs par couleur : Kornman, p. 15.

    Le déroulé

    1. Récolte et tri. Cerises mûres uniquement. C'est une contrainte plus lourde ici que dans un lavé. Le lavage, dans un café lavé, emporte une partie des sucres et masque les écarts de maturité. Ici rien n'est lavé, donc tout ce qui entre dans la couche de mucilage reste sur le grain jusqu'au bout.

    2. Réception et flottation. Les cerises sont versées dans l'eau. Celles qui flottent sont creuses, sèches ou attaquées, et partent. Ce tri commande le niveau de fond du lot, parce que les fruits secs et défectueux sont ceux qui portent le plus de contamination fongique.

    3. Dépulpage, sans eau ou avec très peu d'eau. C'est l'économie d'eau du procédé, et c'est l'argument qui l'a fait adopter au Costa Rica après la restriction d'eau de la fin des années 2000.

    4. Réglage de la proportion de mucilage laissée. Deux écoles coexistent, et c'est là que la nomenclature se brise.

    • L'école mécanique règle un démucilagineur, machine qui frotte la parche pour arracher une part du mucilage. La couleur est décidée par ce réglage.
    • L'école du séchage laisse cent pour cent du mucilage sur tous ses lots et décide la couleur plus tard, par la conduite du séchage seule. C'est ce que fait Las Lajas au Costa Rica.

    Aucune des deux écoles ne mesure la proportion obtenue. Le pourcentage annoncé est une position de machine ou une estimation, pas une pesée.

    5. Mise en séchage. L'épaisseur de la couche est le premier paramètre. Cenicafé, le centre national de recherche sur le café colombien, donne pour le parche en séchage solaire une fourchette de 2 à 10 centimètres. Un honey se met au mince en début de séchage, parce que le mucilage colle les grains entre eux et qu'une couche épaisse se prend en blocs.

    6. Retournement. Il commande deux choses à la fois, l'uniformité de l'humidité et le décollement des grains agglomérés. Les fréquences rapportées par les fermes vont du retournement horaire au premier jour jusqu'à quelques passages par jour. À l'autre extrême, les miels noirs de Las Lajas sont décrits comme très peu remués, ce qui prolonge volontairement la fermentation sous la couche.

    7. Ombrage. C'est le levier propre aux couleurs sombres. Le miel jaune reçoit le plus de soleil. Le miel noir se sèche à l'ombre, sous filet ou sous abri, et parfois sous bâche.

    8. Durée. Elle découle de tout ce qui précède, et elle s'étale largement.

    • Miel jaune au Costa Rica : environ 8 jours, selon la communication officielle de la filière costaricienne.
    • Miel noir chez Los Pirineos, au Salvador : environ 25 jours en couche mince sur lits surélevés ombragés.
    • En essai contrôlé au Yunnan, à 25 degrés et 75 pour cent d'humidité relative : 15 jours pour le rouge, 22 jours pour le noir.

    9. Fin de séchage. La cible d'usage est de 10 à 12 pour cent d'humidité du grain. L'essai chinois arrête à 11,0 pour cent, à plus ou moins 1,0. Ce n'est pas un chiffre de confort : à 12 pour cent d'humidité, l'activité de l'eau tombe autour de 0,60, seuil en dessous duquel les moisissures ne se développent plus.

    10. Repos en parche, puis déparchage et tri du vert.

    Ce que ça donne en tasse

    Il faut séparer ici ce qui a été mesuré de ce qui est affirmé par le commerce.

    Ce qui est mesuré. Trois travaux récents, tous chinois et tous sur arabica du Yunnan, ont comparé des niveaux de mucilage en conditions contrôlées.

    Le premier, publié dans Foods, compare cinq traitements : séchage en cerise, voie lavée, miel rouge, miel noir et fermentation anaérobie. Le miel noir et l'anaérobie ressortent devant sur la sensation en bouche, l'équilibre et la note globale. Les valeurs chiffrées de dégustation ne figurent que dans les annexes de l'article, et la fiche n'a pas pu les lire.

    Le deuxième, publié dans Food Chemistry: X, compare cinq taux de rétention de mucilage sur les composés volatils et la flore. Le groupe désigné comme miel rouge, défini là par une rétention de 75 à 80 pour cent, donne la teneur relative en composés volatils la plus élevée. Treize composés d'arôme y dépassent le seuil de contribution olfactive : quatre esters, trois composés aromatiques, trois terpénoïdes, deux hétérocycles et une cétone. Les descripteurs associés sont le moelleux et le fruité.

    Le troisième, une métabolomique ciblée, identifie 1 682 métabolites dans le grain vert sur cinq taux de retrait du mucilage. Le taux de retrait modifie significativement le profil des composés non volatils. Les familles qui bougent le plus sont les acides aminés et leurs dérivés, les acides organiques, les acides phénoliques et les sucres.

    Une limite traverse ces trois travaux, et elle est sérieuse. Ils mesurent un effet de la proportion de mucilage, pas un effet des couleurs. Puisque les couleurs ne sont pas définies de la même façon d'un article à l'autre, leurs résultats ne se transportent pas tels quels sur un sac étiqueté red honey.

    Ce qui est revendiqué. Le commerce annonce quatre choses pour les honey :

    • une sucrosité intermédiaire entre le lavé et le nature ;
    • un corps plus rond qu'un lavé ;
    • une acidité moins vive qu'un lavé ;
    • une proportionnalité simple entre la couleur et l'intensité du fruit. Aucun de ces énoncés ne s'appuie sur un essai comparant les quatre couleurs sur un même lot, une même ferme et une même année, avec un panel. Aucun essai de ce type n'a été trouvé.

    Ce qui rate

    Les moisissures et l'ochratoxine A sont le risque de fond du procédé, et il est d'origine physique, pas d'origine microbienne exotique. Les champignons producteurs d'ochratoxine A appartiennent aux sections Circumdati et Nigri du genre Aspergillus. Ils ont besoin d'une activité de l'eau élevée pour produire la toxine : de 0,96 à 0,98 pour Aspergillus carbonarius, jusqu'à 0,99 pour Aspergillus westerdijkiae et Aspergillus steynii. Le risque est donc une affaire de temps passé au-dessus du seuil. Une revue de 2024 décrit le séchage en trois phases. La première dure 6 à 8 jours, autour de 0,95 d'activité de l'eau. La transition dure environ 6 jours, autour de 0,90, et c'est là que la production de toxine devient possible. Vient enfin l'arrivée à 12 pour cent d'humidité, soit 0,60. Un café lavé sèche en 7 jours, un café en cerise en 12. Un honey se place entre les deux, et un honey noir dépasse les deux. Allonger le séchage, c'est allonger le séjour dans la fenêtre dangereuse.

    La sur-fermentation donne les défauts nommés du métier. Le fermenté et l'aigre. L'acescence, c'est-à-dire le virage au vinaigre, quand les bactéries acétiques oxydent l'éthanol en acide acétique. Les stinkers, dus à l'acide butyrique, qui sent le beurre rance, et à l'acide propionique, qui sent l'oignon. Le défaut phénol sur les durées longues.

    L'agglomération est le risque propre au mucilage laissé. Les grains collent les uns aux autres et forment des blocs. À l'intérieur du bloc, l'eau ne sort plus, la fermentation continue et la moisissure s'installe. C'est ce que la fréquence des retournements des premiers jours sert à empêcher.

    La pluie pendant le séchage est le risque de saison. Une réhumidification du lot fait remonter l'activité de l'eau, rouvre la fenêtre, et annule le chemin parcouru. Le procédé demande une saison sèche fiable, ce qui restreint les terroirs où il est raisonnable.

    Les défauts nommés du tri du vert qui augmentent avec le temps de séchage sont les grains noirs et les grains aigres. Un grain devenu noir en entier est le stade terminal de la fermentation non maîtrisée.

    Reste un risque commercial, qui n'est pas un défaut mais coûte aussi cher. L'absence de définition rend l'achat non reproductible. Deux sacs étiquetés red honey, de deux fermes, ne décrivent pas le même traitement. Un acheteur qui recommande sur la seule couleur achète un mot.

    Les repères

    • Humidité finale visée du grain, et activité de l'eau correspondante10 à 12 pour cent, soit 0,60
    • Activité de l'eau nécessaire à Aspergillus carbonarius pour produire l'ochratoxine A0,96 à 0,98
    • Épaisseur de couche en séchage solaire du parche (Cenicafé)2 à 10 centimètres
    • Séchage d'un miel jaune au Costa Ricaenviron 8 jours
    • Séchage d'un miel noir à Los Pirineos, Salvadorenviron 25 jours
    • Rétention de mucilage attribuée au red honey selon la source50 à 60 pour cent dans Foods 2026, 75 à 80 pour cent dans Food Chemistry: X 2025
    Zone d'ombreAucun organisme ne définit les seuils. C'est le point de départ de cette fiche et il reste entier. Ni l'ICAFE, ni la Specialty Coffee Association, ni l'Organisation internationale du café ne publient de bornes chiffrées pour les quatre couleurs. Ce qui circule vient d'articles scientifiques isolés, de fiches d'importateurs et de la presse professionnelle. Les sources se contredisent franchement, et pas à la marge. Sept échelles de couleurs ont été trouvées pour cette fiche. - Foods, 2026, revue par les pairs : rouge à 50-60 pour cent de mucilage retenu, noir à 90-100. - Food Chemistry: X, 2025, revue par les pairs : rouge à 75-80 pour cent de mucilage retenu. - Science and Technology of Food Industry, 2025, revue par les pairs, échelle complète en taux de retrait : lavé à 100 pour cent retiré, blanc à environ 80, jaune à 40-50, rouge à 20-25, noir à 0. - Food and Humanity, 2024, revue de littérature : blanc à 80-100 pour cent de retrait, jaune à 50-75, rouge à 0-50. - Perfect Daily Grind, 2025 : noir à 75-100 pour cent de mucilage retenu, rouge à 50, jaune à environ 25, blanc à environ 10. - Daily Coffee News, 2017 : blanc et jaune à mucilage presque entièrement retiré, rouge à la moitié, noir à cent pour cent conservé. - Guides de torréfacteurs : au moins une variante où le noir est défini par zéro retrait et une autre où il l'est par 75 à 100 pour cent de mucilage. Les deux premières sont revues par les pairs et s'opposent sur le miel rouge, du simple au double sur la même appellation. Ces échelles ne se recouvrent pas. Aucune ne se déclare conventionnelle, et aucune ne renvoie à une autorité. Le même importateur le dit dans les termes du métier. Selon Jamie Treby, de DRWakefield, ce que l'un produit comme rouge peut être le jaune ou le noir d'un autre. Il ajoute qu'un miel blanc peut aussi bien avoir été dépulpé avec cinq pour cent de mucilage laissé que séché brièvement avec quatre-vingt-dix pour cent du mucilage encore en place. Deux réglages opposés, un seul mot. Personne ne mesure la proportion de mucilage. Aucune méthode publiée ne permet de dire qu'un lot porte 60 et non 75 pour cent de son mucilage. Le pourcentage annoncé est un réglage de machine ou une estimation à l'œil. Les chiffres donnés dans les articles scientifiques sont des consignes de protocole, pas des mesures de sortie. Il n'existe aucun essai comparant les quatre couleurs sur un même lot, une même ferme et une même année, avec un panel de dégustation et des répétitions. La proportionnalité entre couleur et intensité en tasse, qui est l'argument de vente du procédé, n'est donc démontrée nulle part. Les durées de séchage par couleur viennent de témoignages de fermes et de descriptifs d'importateurs, pas de protocoles publiés. Les 8 jours du jaune et les 25 jours du noir sont des ordres de grandeur, pas des valeurs mesurées avec leur dispersion. Les fréquences de retournement sont dans le même cas. Le retournement horaire, les quelques passages par jour, le miel noir presque jamais remué : tout cela est rapporté par des pages de vente. Aucune fiche technique ne les fixe. L'antériorité du Costa Rica repose sur des récits de filière, pas sur un document. La victoire de Juan Ramón Alvarado au Cosecha de Oro en 2006 est reprise de notice en notice sans qu'aucune source primaire, palmarès ou communiqué de l'ICAFE, ait pu être retrouvée. La fiche la rapporte comme un récit de filière. La date du tremblement de terre costaricien n'est pas ferme. Les sources professionnelles écrivent 2008. Le séisme de Cinchona, qui est celui auquel ces récits renvoient, s'est produit en janvier 2009. La fiche n'a pas tranché et n'a donc pas écrit d'année. Trois des sources scientifiques n'ont été consultées que par leur résumé, les éditeurs ayant refusé l'accès au texte intégral. Ce sont l'article de Food Chemistry: X, la métabolomique de Science and Technology of Food Industry et la revue de Food and Humanity. Les chiffres qui en sont tirés sont ceux de leurs résumés, non vérifiés dans les tableaux. La cartilla de Cenicafé sur le séchage n'a pas pu être téléchargée, le serveur n'ayant pas répondu. Les 2 à 10 centimètres d'épaisseur et la plage de 10 à 12 pour cent sont repris de citations de ce document, pas du document lui-même. Les trois travaux scientifiques les plus précis portent tous sur l'arabica du Yunnan. Rien ne dit que leurs résultats valent pour le Costa Rica ou le Salvador, ni pour d'autres variétés, ni sous d'autres climats de séchage. Aucune mesure d'ochratoxine A publiée ne porte spécifiquement sur du café honey. L'étude de Cenicafé citée ici porte sur la voie lavée avec fermentations prolongées, et les seuils d'activité de l'eau viennent d'une revue générale. Le raisonnement selon lequel un séchage plus long augmente le risque est cohérent avec ces deux sources. Ce n'est pas une mesure faite sur un honey. L'économie d'eau, qui est l'argument historique du procédé au Costa Rica, n'a pas pu être chiffrée. Aucune valeur en litres par unité de café, comparée à la voie lavée, n'a été vérifiée pour cette fiche. Enfin, la part de la récolte mondiale traitée en honey est inconnue. Aucune statistique de production ne sépare ce traitement. == Neuf échelles de couleurs, et une date qui télescope la pratique et son nom Cette fiche relève déjà sept échelles de couleurs incompatibles pour les honey. Deux ouvrages récents en ajoutent deux, ce qui porte le compte à neuf, et l'un d'eux avance par ailleurs une date de naissance du procédé qui ne s'accorde pas avec la chronique retenue ici. Les deux points sont distincts et se traitent séparément. == La huitième et la neuvième échelle Kornman donne une échelle à cinq positions, de la plus faible à la plus forte quantité de fruit restant : miel blanc, jaune, rouge, violet, enfin noir, le noir n'ayant laissé partir que la peau. Le miel violet n'apparaît nulle part dans les sept échelles déjà relevées, et il ne figure pas davantage parmi les extensions sans définition publiée que cette fiche mentionne, rose, orange et doré. C'est donc une couleur de plus, avec une position définie, et sans aucune borne chiffrée. Hackler et Särchen font le mouvement inverse et réduisent l'échelle à trois positions : jaune pour peu de pulpe restante, puis rouge et noir pour beaucoup. Le blanc disparaît, ce qui n'est pas une simplification innocente puisque le blanc est précisément la position frontière avec le lavé, celle que l'importateur cité dans cette fiche décrit comme la plus ambiguë de toutes. Neuf échelles, donc, allant de trois à six positions, aucune assortie d'une méthode de mesure, aucune se déclarant conventionnelle, aucune renvoyant à une autorité. Ce qui permettrait de trancher n'est toujours pas une dixième échelle mais une méthode : tant qu'aucun protocole ne permet de dire qu'un lot porte soixante et non soixante-quinze pour cent de son mucilage, les bornes chiffrées de toutes ces échelles resteront des consignes de machine et non des mesures de sortie. La fiche ne tranche pas et ajoute simplement ces deux échelles au dossier. == Une date de naissance qui mélange deux choses Kornman date la naissance du honey du début des années 1990 au Brésil. Cette fiche date la nomenclature en couleurs du Costa Rica des années 2000. Les deux affirmations peuvent paraître s'exclure, et elles ne le font pas nécessairement : elles ne portent pas sur le même objet. Le geste, dépulper et sécher dans le mucilage, est effectivement brésilien et ancien, et il porte là-bas le nom de cereja descascado ; le vocabulaire commercial en couleurs, lui, est costaricien et plus récent. Dater le premier par le second, ou l'inverse, produit une confusion que l'on retrouve dans presque toute la littérature de vulgarisation. La difficulté est que Kornman n'appuie sa date sur aucune source, et que la formulation qu'il emploie télescope la pratique et son nom commercial. En l'état, elle ne peut pas entrer dans la chronique de cette fiche. Ce qui permettrait de la verser est précis et accessible : une occurrence datée du mot, dans un document brésilien des années 1990, catalogue d'exportateur, bulletin technique ou compte rendu de coopérative. Sans cette occurrence, la fiche conserve sa datation costaricienne pour la nomenclature, mentionne l'antériorité brésilienne du geste, et signale que la date de 1990 circule sans source. Sources de ce passage : Kornman, p. 14 et 15. Hackler et Särchen, chapitre 5, p. 74. Sept échelles antérieures et témoignage de Jamie Treby : fiche 07, champ OMBRE.
    Liang Y., Yuan Y., Wang J., Chen W., Chen W., Zhong Q., Pei J., Chen C., Fu X., He R., Chen H., Analysis of Changes in Taste Characteristics of Coffee at Different Primary Processing Methods Using E-Tongue, Untargeted Metabolomics and WGCNA, Foods, 15(9), article 1475, 2026, doi 10.3390/foods15091475, section 2.2.1 pour les définitions du miel rouge à 50-60 pour cent de rétention et du miel noir à 90-100 pour cent, les durées de 15 et 22 jours à 25 degrés et 75 pour cent d'humidité relative, et l'humidité finale de 11,0 plus ou moins 1,0 gramme pour 100 grammes de matière sèche, section 3 pour la dégustation ; Characterization of volatile compounds and microbial diversity of Arabica coffee in honey processing method based on different mucilage retention treatments, Food Chemistry: X, 2025, article S2590157525000987, résumé consulté, pour les cinq taux de rétention, le groupe rouge à 75-80 pour cent, les treize composés d'arôme à contribution olfactive supérieure à 1 et leur répartition en familles chimiques ; Widely Targeted Metabolomics Analysis of Effects of Different Honey Treatment Processing Methods on Non-volatile Compounds in Yunnan Arabica Coffee, Science and Technology of Food Industry, 2025, doi 10.13386/j.issn1002-0306.2025020063, résumé consulté, pour les cinq taux de retrait, CH à 100 pour cent de retrait, WH à environ 80, YH à 40-50, RH à 20-25 et BH à 0, et pour les 1 682 métabolites identifiés ; López-Rodríguez C. et collaborateurs, Reduction in Ochratoxin A Occurrence in Coffee: From Good Practices to Biocontrol Agents, Journal of Fungi, 10(8), article 590, 2024, tableau 1 pour les seuils d'activité de l'eau par espèce, section séchage pour les trois phases, leurs durées et le seuil de 12 pour cent et 0,60 ; Osorio V., Montoya E.C., Rayo-Méndez L.M., Harris G.K., Impact of maturity stage and prolongation of post-harvest processing and mucilage fermentation time on mycotoxin levels in coffee, Frontiers in Plant Science, 17, article 1734522, 2026, Cenicafé, pour les teneurs en ochratoxine A de 2,89 à 3,51 microgrammes par kilogramme selon la prolongation de la fermentation, étude portant sur la voie lavée et non sur le honey ; Aswathi K.N., Murthy P.S., Pulped natural/honey coffee process: an innovative approach, Food and Humanity, 2024, article S2949824424000624, résumé consulté, pour la quatrième échelle de couleurs, blanc à 80-100 pour cent de retrait, jaune à 50-75, rouge à 0-50, noir au retrait minimal ; Cenicafé, Cartilla cafetera numéro 21, El secado del café, pour l'épaisseur de couche de 2 à 10 centimètres en séchage solaire et la plage d'humidité de 10 à 12 pour cent, document consulté par citation, le serveur de Cenicafé n'ayant pas répondu ; Perfect Daily Grind, How honey processing is evolving in specialty coffee, janvier 2025, presse professionnelle, pour les propos de Jamie Treby, de l'importateur DRWakefield, sur la variabilité des définitions, pour la cinquième échelle de couleurs, noir à 75-100 pour cent de mucilage, rouge à 50, jaune à environ 25, blanc à environ 10, et pour la liste des pays adoptants ; Barista Magazine, Hello, Honey, 2017, presse professionnelle, pour Las Lajas, Oscar et Francisca Chacón, la conservation de cent pour cent du mucilage et le pilotage de la couleur par le seul séchage, et pour le tremblement de terre à l'origine de la bascule ; Daily Coffee News, Honey Process: Get to Know This Sweetheart of Specialty Coffee, décembre 2017, presse professionnelle, pour une sixième échelle de couleurs, blanc et jaune à mucilage presque entièrement retiré, rouge à environ la moitié, noir à cent pour cent conservé, et pour le constat que le terme est aussi flottant que n'importe quel autre terme du café de spécialité, sujet à changer à tout moment ; notice d'origine de torréfacteur, non sourcée sur un document primaire, pour Juan Ramón Alvarado, le micro-moulin Brumas del Zurquí et le concours Cosecha de Oro de 2006 ; descriptifs d'importateurs de café vert pour Los Pirineos, Salvador, pour les 25 jours de séchage ombragé du miel noir et pour les retournements horaires en patio des miels rouges de Las Lajas ; communication officielle de la filière costaricienne, page Procesos de beneficiado, pour les 8 jours du miel jaune.
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