PXL Roasters
  • La chronique
  • Process

    Le démucilaginage mécanique (mechanical demucilaging, desmucilaginado mecánico)

    La voie lavée.

    FamilleLa voie lavée
    Aussi appelédémucilagineur, desmucilaginado mecánico, café desmielado, remoción mecánica del mucílago, Becolsub, aquapulpa, démucilaginage forcé, vendu le plus souvent sous l'appellation simple de lavé, parfois de fully washed, ce que le métier conteste

    Où ça se pratique

    La Colombie en est le foyer. Cenicafé, le centre de recherche de la Fédération nationale des caféiculteurs, y a mis au point le démucilagineur DESLIM et le module Becolsub. Le sigle se lit Beneficio ECOLógico con manejo de SUBproductos, soit traitement écologique avec gestion des sous-produits. Le nom dit déjà l'essentiel : la machine ne vaut que couplée au traitement de la pulpe et des eaux. Cenicafé date le lancement de la technologie de 1995.

    En 2011, Cenicafé compte environ 15 000 unités de toutes capacités en service dans le pays. Près de la moitié de la production nationale passe alors par cette voie, soit plus de 80 % d'adoption chez les utilisateurs potentiels. La même publication indique que la technologie a été exportée en Amérique, en Asie et en Afrique. En 2013, Cenicafé note qu'elle est utilisée en Colombie et dans d'autres pays producteurs de doux lavés.

    Le Brésil l'emploie avec les machines Pinhalense, pour le cereja descascado et pour les honey. L'ancêtre du genre, l'aquapulpa, était une machine conçue pour le Canephora, construite jusque dans les années 1980 par plusieurs fabricants. Cette dernière filiation repose sur une source unique, et le champ ombre dit pourquoi elle reste fragile.

    Quatre dépulpeuses à cylindre et leurs pièces détachées photographiées ensemble sur fond clair.
    Groupe de dépulpeuses à cylindres de fabrication anglaise

    Le principe

    Le mucilage est la couche de chair sucrée collée au parche, l'enveloppe qui entoure le grain. Sur la variété Colombia, Cenicafé le chiffre à 14,85 % du poids du fruit frais, contre 43,58 % pour la pulpe. Il contient, par ordre de masse décroissante :

    • de l'eau ;
    • des sucres totaux et des sucres réducteurs ;
    • des fibres et des pectines, les chaînes qui le font tenir en gel ;
    • des protéines, des lipides et des cendres.

    La voie lavée classique le dégrade sur place. Bactéries, levures et enzymes transforment les pectines et les sucres en alcools et en acides carboxyliques. La dégradation est lente et mesurable. Puerta a suivi cette cinétique à température ambiante : à vingt heures, 15,9 % des sucres réducteurs initiaux sont fermentés et 20 % des sucres totaux dégradés. Le rinçage emporte ensuite le tout.

    Le démucilaginage mécanique ne dégrade rien, il arrache. Le mucilage est fortement pseudoplastique, c'est-à-dire que sa viscosité chute quand on le cisaille plus fort. Oliveros et Gunasekaran attribuent ce comportement à deux causes conjointes. La structure du gel se détruit sous les forces de tension et de cisaillement. Les particules tendent aussi à s'aligner dans la direction principale de l'écoulement. Un rotor brasse la suspension formée par le mucilage, l'eau ajoutée et les débris de pulpe. Les contraintes de cisaillement et les chocs entre grains décollent la couche en quelques secondes.

    Deux conséquences comptent plus que le mécanisme. La pectine quitte le grain entière, sous forme de miel concentré, et non sous forme d'acides de fermentation. Aucune des réactions de la cuve n'a lieu.

    Le déroulé

    • Récolte de cerises mûres seulement. À partir de 2,5 % de cerises vertes dans le lot, au moins 30 % des tasses sont rejetées, et cela quel que soit le procédé de retrait du mucilage. Le vert ne se dépulpe pas complètement, et donne au séchage du grain vinagre et noir. Les essais de Cenicafé partent d'une matière première tenue sous 5 % de fruits attaqués par le scolyte, sous 2 % d'immatures et sous 2 % de fruits secs.
    • Séparation des flottants au stade cerise, avant le dépulpage. Cenicafé emploie une cuve siphon ou un séparateur hydraulique à trémie et vis sans fin. L'opération retire les fruits secs, vains et attaqués par le scolyte, ainsi que les impuretés légères et lourdes. La séparer en amont évite que ces fruits entrent dans le circuit et chargent les eaux.
    • Dépulpage sans eau, dans les six heures suivant la réception. Deux raisons se cumulent. Le défaut fermento s'installe avant même le démucilagineur. La viscosité apparente du mucilage augmente aussi avec le délai entre récolte et traitement. Les auteurs rattachent cette hausse à la concentration des tanins. La machine travaille alors une matière plus tenace. Le dépulpage à sec évite à lui seul 72 % de la pollution du procédé.
    • Zaranda après la dépulpeuse. C'est une grille circulaire à barreaux, d'ouverture 7 à 8 mm, qui retire les fruits non dépulpés et les morceaux de pulpe. Cenicafé l'installe dans ses propres essais.
    • Le manuel de 1999 recommande d'approfondir de 1 mm les canaux du pechero, la plaque contre laquelle la cerise est pressée dans la dépulpeuse. Les grains circulent plus librement et le dégât mécanique baisse. La zaranda décrite au point précédent montre que Cenicafé préfère ensuite écarter les fruits non dépulpés plutôt que les confier au démucilagineur.
    • Alimentation du démucilagineur à sec, par vis sans fin. Cenicafé a développé une dépulpeuse à doseur volumétrique à vis pour garantir un débit de fruits dans la plage voulue. Peu de caféiculteurs l'utilisent, ce qui explique la fréquence des mauvais calibrages.
    • Passage dans la chambre. Le DESLIM est un démucilagineur à flux ascendant : le grain monte, l'eau descend. Le bas de la chambre démucilagine, la partie haute rince.
    • Débit d'eau recommandé par module, exprimé selon la capacité en café cerise. Cenicafé donne des plages, pas des valeurs uniques, parce que le débit doit suivre le flux de café réel :
    • module 300 : 0,70 à 1,00 L/min ;
    • module 600 : 1,40 à 2,00 L/min ;
    • module 1 000 ou 1 200 : 2,80 à 4,00 L/min ;
    • module 2 500 : 5,60 à 8,00 L/min.
    • Calibrage par le débit de café, en chronométrant le remplissage d'un récipient. Cenicafé demande de vérifier le calibrage chaque semaine. La raison est concrète : la taille des fruits varie avec l'âge de la parcelle, la variété et la conduite agronomique, donc le débit dérive.
    • Séchage immédiat jusqu'à 10 à 12 % d'humidité sur base humide. Cenicafé sèche en silo à couche statique, avec une température d'air moyenne inférieure à 50 °C. Le café sort déjà lavé de la machine et peut aller directement au séchoir.
    • Si le séchage ne peut pas démarrer aussitôt, garder le café en cuve sans eau, quatorze heures au plus, puis le rincer à l'eau propre avant séchage. Ne jamais l'immerger. Le champ tasse donne les chiffres qui fondent cette règle.
    • Mélange des eaux de mucilage avec la pulpe dans une vis sans fin, puis fosse de compostage. Ce mélange retient 60 à 65 % du volume d'eau ajouté et plus de 50 % des miels. C'est lui, pas la machine, qui fait passer le contrôle de la pollution à 90 ou 91 %.

    Ce que ça donne en tasse

    Comment Cenicafé note. Le barème est publié depuis 1996. Les notes de 9 à 7 valent qualité supérieure, de 6 à 4 qualité tolérable, de 3 à 1 qualité inférieure. Connaître cette échelle change la lecture des résultats qui suivent.

    Ce qui est mesuré. Cenicafé a comparé les deux voies sur les récoltes 1995 et 1996, avec les panels de Cenicafé, de l'usine de lyophilisé de Chinchiná et d'Almacafé à Bogota. L'essai compte 77 comparaisons de qualité de boisson, et 127 comparaisons attribut par attribut. Sur ces 127, 56 résultats sont favorables au procédé mécanique, 40 ne montrent aucune différence, et 31 sont favorables à la fermentation. Le panel de Cenicafé a jugé le DESLIM supérieur pendant la récolte principale d'août à décembre 1995. De janvier à juin 1996, en période de faible récolte, les deux voies ont donné des tasses notées 6 pour la plupart. C'est le haut de la bande tolérable, juste sous le seuil du supérieur. Cette conclusion vient de l'organisme qui a conçu la machine, et les trois panels appartiennent à la même Fédération.

    Puerta (2000) a fait passer 62 traitements par les deux voies, en mélangeant cerises mûres et vertes. Le rejet moyen en tasse, tous mélanges confondus, est de 49,5 % en fermentation naturelle contre 45,7 % en démucilaginage mécanique. Le corps est resté bon jusqu'à 2 % de vert en mécanique, contre 1 % en fermentation. L'amer s'est dégradé davantage en fermentation. Les arômes ne se distinguaient pas entre les deux voies à teneur en vert égale. Aucun des deux procédés ne rattrape une récolte mal cueillie.

    Ce que l'attente avant séchage coûte. Cenicafé a comparé trois conduites après un DESLIM correctement calibré. Le séchage immédiat donne 100 % de tasses notées au-dessus de 5. Le café laissé sans eau douze à quatorze heures en donne 95 %. Le café immergé sur la même durée n'en donne que 75 %. Aucune tasse de l'essai ne portait le défaut fermento ni le défaut sucio, et le rendement en trilla restait statistiquement identique dans les trois cas. La perte se joue donc sur la note globale, pas sur un défaut franc.

    Un point de comparaison récent. Sur la finca Las Brisas, des lots fermentés treize heures puis lavés mécaniquement à l'Ecomill ont dépassé 77,0 sur l'échelle SCAA, certains 80,0. Le résultat porte sur un lavage mécanique après fermentation, pas sur un démucilaginage à cru : il ne transpose pas tel quel.

    Ce qui est revendiqué sans essai publié. Deux affirmations opposées circulent : que la machine nettoie la tasse, et qu'elle en ampute la complexité. Je n'ai trouvé aucun essai à l'aveugle, conduit par un panel indépendant de la filière colombienne, isolant l'effet du procédé sur l'acidité et la complexité d'un lot de spécialité. Un guide professionnel décrit un résultat plus propre et parfois moins complexe : c'est une observation de métier, pas une mesure.

    Ce que dit le marché. En 2013, Cenicafé a présenté Ecomill. Ce système lave mécaniquement un café dont le mucilage a d'abord été dégradé, par fermentation naturelle de 14 à 20 heures ou par enzymes pectinolytiques. L'Avance Técnico qui le décrit donne trois motifs, et il faut les citer tous les trois :

    • les caféiculteurs colombiens qui travaillent en fermentation naturelle ;
    • les acheteurs étrangers qui exigent du café traité par fermentation naturelle ;
    • le décret 3930 de 2010, qui limite fortement les rejets ponctuels autorisés.

    Le motif réglementaire pèse donc autant que la demande des acheteurs, et une lecture qui ne retiendrait que la seconde serait tendancieuse. Il reste que l'organisme qui a promu le retrait mécanique a ensuite conçu une machine pour ceux qui n'en veulent pas. Ce fait ne dit rien de la tasse, il dit ce que le marché et la loi demandent. Par ailleurs, certains marchés et certains contrats distinguent le fully washed du lavé obtenu par retrait mécanique.

    Deux précisions de vocabulaire. Le mot anaérobie ne s'applique pas ici : il n'y a ni cuve fermée ni milieu appauvri en oxygène, seulement quelques secondes de passage dans une machine ouverte. Et la machine peut être réglée pour ne retirer qu'une partie du mucilage, ce qui produit industriellement les honey jaunes et rouges au Brésil. Ces couleurs ne sont normées par aucun organisme, et deux producteurs n'appellent pas red honey la même chose.

    Machine à deux corps montée sur un bâti de fonte, avec trémie de chargement, grand volant et courroies.
    Dépulpeuse tandem de fabrication anglaise

    Ce qui rate

    • Grain pelé. Sous-alimenter la machine allonge le temps de séjour du grain dans la chambre, ce qui augmente la contrainte subie et arrache le parche. Le manuel du module le dit en une phrase : moins de café dans le DESLIM, c'est un accroissement de la trilla, le décorticage du grain. Le défaut se voit sur le pergamino et se retrouve en vert.
    • Traces de mucilage. Un débit de café trop élevé raccourcit le temps de séjour sous la valeur recommandée, et la couche n'est pas retirée entièrement. Cenicafé en nomme les deux suites : le pergamino taché et le défaut fermento en tasse. Sécher par-dessus décolore le parche, ralentit le séchage, et donne aussi le défaut sucio, c'est-à-dire sale.
    • Tous les démucilagineurs ne se valent pas. Un appareil à rotor à barreaux ne retire au mieux que 80 % environ du mucilage, contre plus de 98 % pour un DESLIM. Il ne permet donc pas le séchage immédiat et impose plusieurs heures de cuve, puis deux rinçages. Sa consommation spécifique est de 2,8 L par kg de café pergamino sec. Mécanique ne veut pas dire sans fermentation : cela dépend du rotor. Le seuil de 98 % suppose du reste un module équipé d'agitateurs de type Colmecano.
    • Défauts nommés qui en découlent, par gravité croissante. Le métier colombien les appelle ainsi :
    • agrio, l'aigre ;
    • fruta, le fruité excessif qui vire ;
    • cebolla, l'oignon ;
    • rancio, le rance ;
    • stinker, le nauséabond, le dernier stade.
    • Retard au séchage. L'essai de Cenicafé chiffre la perte : au-delà de quatorze heures d'attente, et surtout sous eau, la note globale descend. L'immersion dégrade aussi le bilan environnemental. Elle produit 8 % de solides totaux en plus que le stockage à sec, et une demande chimique en oxygène supérieure d'environ 10 %. Attendre coûte donc deux fois, en tasse et en charge polluante.
    • Pollution accrue. Trois conditions font basculer le bilan : une machine mal conçue, un débit dépassant 1,0 L d'eau par kg de pergamino sec, une pulpe et des résidus non gérés. Le mécanisme est explicite chez Cenicafé. Au-delà de ce débit, la pulpe ne retient plus les miels et se fait laver à son tour. La pollution dépasse alors celle d'un traitement classique bien conduit. La machine seule n'est pas un gain environnemental.
    • Coût en énergie, rarement cité. Cenicafé compare la puissance spécifique des voies de lavage. Le module Becolsub 2 500 consomme 6,22 W.h par kg de café lavé. Le lavage en cuve avec pompe immergée en consomme 1,00, et l'Ecomill 3 000 seulement 0,58. Le démucilaginage mécanique est donc, dans ce tableau, la voie la plus gourmande en énergie par kilogramme lavé. Il échange de l'eau contre de l'électricité, et ce troc mérite d'être dit.
    • Dégât mécanique. Il reste faible quand la machine est calibrée. Les laveurs Ecomill dérivés du DESLIM mesurent 0,10 à 0,56 % en essai, et 0,26 % en moyenne sur exploitation commerciale. Sur semence, le passage au démucilagineur coûte environ 1,1 % de germination.
    • Ce que ce procédé ne risque pas. La surfermentation appartient à l'autre voie, et c'est le principal argument du procédé mécanique. L'argument est solide, mais le seuil n'est pas une durée fixe. Cenicafé situe la fin de fermentation à 15,0 heures en moyenne sans classement préalable, et 16,3 heures avec classement. Le défaut fermento apparaît trois à six heures après cette fin. La masse en cuve s'échauffe jusqu'à 14 °C au-dessus de l'ambiante, ce qui déplace l'échéance. Une montre seule ne suffit donc pas, et c'est bien ce risque de conduite que la machine supprime.

    Les repères

    • Mucilage, variété Colombia14,85 % du poids du fruit frais, contre 43,58 % pour la pulpe
    • Mucilage retiré, débits d'eau et de café correctsplus de 98 %
    • Eau, lavage en cuve avec agitation manuelle4,17 L par kg de café pergamino sec
    • Eau, lavage en cuve avec pompe immergée de 2 ch6,0 L par kg de café pergamino sec
    • Eau, module Becolsub0,7 à 1,0 L par kg de café pergamino sec
    • Eau, Ecomill 1 500 et 3 0000,4 et 0,5 L par kg de café pergamino sec
    • Puissance spécifique6,22 W.h/kg pour Becolsub 2 500, 1,00 en cuve avec pompe, 0,58 pour Ecomill 3 000
    • Dépulpage à sec seul72 % de la pollution évitée
    • Mélange eaux et pulpe60 à 65 % du volume ajouté retenu, plus de 50 % des miels, 90 à 91 % de la pollution contrôlée
    • Fin de fermentation naturelle15,0 h sans classement, 16,3 h avec classement
    • Défaut fermentotrois à six heures après la fin de fermentation
    • Séchage10 à 12 % d'humidité base humide, air sous 50 °C en moyenne
    • Attente tolérable avant séchagequatorze heures au plus, sans eau, avec rinçage
    • Comparaisons de tasse Cenicafé 1995-199656 pour le mécanique, 40 nulles, 31 pour la fermentation
    • Parc colombien en 2011environ 15 000 unités, près de la moitié de la production nationale
    Zone d'ombreLe volume d'eau de la voie traditionnelle reste le point le plus incertain de cette fiche. Une version antérieure avançait 40 à 45 L par kg de café pergamino sec. Je n'ai pas retrouvé ce chiffre dans une source Cenicafé lisible. Les chiffres que Cenicafé publie pour le lavage vont de 4,17 à 20 L par kg de café pergamino sec, et son tableau comparatif retient 4,17 en cuve avec agitation manuelle et 6,0 en cuve avec pompe immergée. Le gain du Becolsub sur le lavage en cuve est donc d'un facteur quatre à vingt, pas de quarante. Le chiffre de 40 L circule sans doute parce qu'il vise l'ensemble du traitement traditionnel, transport hydraulique et dépulpage à l'eau compris, et non le seul lavage. Faute de source lue, la fiche ne le reprend pas. La part du mucilage a été corrigée. Une version antérieure donnait 22 % du café dépulpé, sans source retrouvée. Cenicafé publie 14,85 % du fruit frais pour le mucilage et 43,58 % pour la pulpe sur la variété Colombia. Rapportés au café dépulpé, ces chiffres donnent environ 26 %, pas 22 %. Les deux ne se réconcilient pas, et la fiche retient les valeurs sourcées. L'épaisseur du mucilage sur le grain, souvent citée à 0,4 mm sur la face plate et 2,0 mm sur la face bombée, ne figure pas dans le résumé de l'étude rhéologique de 1994. Elle a été retirée du champ repères faute de source lue. Plusieurs paramètres machine viennent du seul manuel du constructeur et n'ont pas pu être recoupés avec Cenicafé : la vitesse de rotor de 870 tr/min, les trous oblongs de 3,2 mm sur 20 mm de la camisa, et la vérification du débit après cinq minutes de marche. Le chiffre de 3,2 mm invite à la prudence : 3,18 mm, soit un huitième de pouce, apparaît chez Cenicafé comme le diamètre d'une plaque à orifice de régulation d'eau, dans un rôle sans rapport. La confusion est possible. Le seuil de 1 500 tr/min au-delà duquel le décollement ralentirait, et la désignation de rotor Cenicafé III, n'ont pas pu être revérifiés. Une version antérieure expliquait ce ralentissement par l'alignement des grains avec l'écoulement tangentiel. Cet alignement est bien décrit par l'étude rhéologique, mais il y explique la pseudoplasticité du mucilage, pas la raréfaction des chocs entre grains. L'explication a été retirée. Le nom des modules varie d'une publication Cenicafé à l'autre. L'Avance Técnico 388 liste 100, 300, 600, 1 000 et 2 500. L'Avance Técnico 405 liste 300, 600, 1 200 et 2 500. Parler de quatre tailles construites en Colombie est donc approximatif. La date de lancement et le parc installé ont été corrigés. Une version antérieure donnait une introduction commerciale en 1996 et un programme de 17 000 nouveaux beneficiaderos en quatre ans. Cenicafé écrit que le lancement date de 1995, et compte environ 15 000 unités en service en 2011. Le chiffre de 17 000 n'a pas été retrouvé. La diffusion des machines Penagos en Inde, au Pérou et en Amérique centrale n'a pas non plus de source lue, et la fiche s'en tient à l'exportation vers l'Amérique, l'Asie et l'Afrique que Cenicafé mentionne. Les conditions précises de production d'ochratoxine A, souvent citées comme un grain tenu quatre jours entre 16 et 30 % d'humidité et entre 25 et 28 °C, ne s'appuient sur aucune source mycotoxicologique dans cette fiche. Le risque d'un séchage retardé est réel et documenté par ailleurs, mais la fenêtre chiffrée a été retirée du champ risques tant qu'une source de premier rang n'est pas lue. Je n'ai toujours trouvé aucun essai à l'aveugle qui isole le procédé sur des lots de spécialité, avec un panel extérieur à la filière colombienne. En revanche, le barème de notation existe bien et il est publié depuis 1996, contrairement à ce qu'affirmait une version antérieure de cette fiche. Les 127 comparaisons de Cenicafé restent la donnée la plus solide, et elles viennent de l'inventeur du procédé. Les fabricants ne chiffrent pas l'eau sur la même base. Cenicafé compte en litres par kg de café pergamino sec. Penagos annonce 0,2 L par kg de café cerise pour la gamme UCBE. Il faut environ cinq kg de cerise pour un kg de pergamino sec. Les deux nombres ne se comparent donc pas tels qu'imprimés. Je n'ai pas trouvé de chiffre Penagos ramené au pergamino. Le brevet Penagos annonce 0,16 L par kg sans préciser de quel kg il s'agit, et sa page n'a pas répondu lors de cette vérification. Pinhalense publie les noms de modèles DMPE-0, DMPE-3 et DMPE-5. Les capacités et les débits d'eau sont dans des fiches techniques que je n'ai pas pu lire. L'histoire de l'aquapulpa tient à un seul article de presse professionnelle. Il donne son origine Canephora, plus de 4 m³ d'eau par tonne de parche humide, et jusqu'à 10 ch par tonne. Il est signé d'un consultant lié de longue date au commerce des machines de traitement. Ni date de première fabrication, ni fabricant d'origine, ni confirmation indépendante n'ont été trouvés. On ne sait pas non plus si aquapulpa est une marque ou un nom générique. Cenicafé affirme que le retrait mécanique donne un rendement supérieur, parce qu'il évite la perte d'environ 1,5 % de matière sèche due à la respiration du grain pendant la fermentation. L'essai de Puerta en 2000 n'a trouvé aucune différence statistiquement significative de rendement entre les deux voies à teneur en vert égale. L'essai de 2009 sur les conduites après démucilaginage trouve lui aussi des rendements en trilla statistiquement identiques. Les affirmations n'ont pas pu être réconciliées. Deux sources de premier rang restent inaccessibles. La première est l'Avance Técnico n° 216 d'Oliveros et Roa, 1995, publication fondatrice sur le démucilaginage mécanique. La seconde est l'ouvrage de Roa et al. de 1999 lui-même, dont seules des sections citées par d'autres publications ont pu être lues. L'article Cenicafé 58(2) de 2007 n'a été lu qu'à travers le résumé qu'en donne l'Avance Técnico 388. Le serveur www.cenicafe.org a refusé la connexion pendant cette vérification, mais la bibliothèque numérique biblioteca.cenicafe.org a répondu et a fourni les Avances Técnicos 388, 405 et 432 en texte intégral. == La voie purement enzymatique existe, et l'obstacle n'est pas technique Le démucilaginage mécanique retire le mucilage par frottement. Il existe une troisième voie, ni microbienne ni mécanique, que cette fiche ne mentionne pas et qui est commercialisée : le retrait du mucilage par des enzymes achetées et dosées, sans attendre que des micro-organismes les fabriquent. Hackler et Särchen y consacrent une page et nomment quatre familles. - Pectinases : Elles coupent les pectines, c'est-à-dire le réseau qui fait tenir le mucilage comme une gelée. Ce sont les principales, et leur usage industriel courant est la clarification des jus de fruits, où elles font exactement le même travail sur la même classe de molécules. - Amylases : Elles découpent les sucres complexes en sucres simples, ce qui libère de la matière assimilable et rend le milieu plus fluide. - Protéases : Elles coupent les protéines du mucilage, qui en représentent près de neuf pour cent de la masse sèche, part largement ignorée quand on ne parle que de pectine. - Lipases : Elles dégradent les lipides et participent à la transformation des composés d'arôme, ce qui les rend intéressantes pour autre chose que le simple décollement. Le raisonnement économique est donné explicitement par les auteurs, et c'est le point le plus utile pour cette fiche. Les pectinases servent couramment dans l'industrie des jus, elles peuvent servir et servent au café, mais leur prix les cantonne à la petite échelle et les exclut de la production de masse. L'obstacle à la voie purement enzymatique n'est donc pas technique, il est tarifaire. C'est un renseignement précieux, parce qu'il permet de prédire ce qui arrivera si le prix de ces enzymes baisse, ce que la production par fermentation industrielle rend plausible. Deux fournisseurs de mélanges destinés à supprimer la fermentation microbienne au profit d'une réaction contrôlée sont nommés, Sunson Enzymes Biotechnology et Kerry sous la marque Enmex. L'argument de vente est énoncé sans détour : les micro-organismes, surtout en communautés complexes, produisent inévitablement des métabolites susceptibles de nuire à la qualité, par exemple par décoloration du café vert. Le producteur qui achète une enzyme n'achète pas une accélération, il achète la suppression du hasard. Il faut dire aussitôt ce que cet argument passe sous silence, et c'est la contrepartie que tout le reste du site documente : les mêmes communautés complexes produisent aussi les esters, les alcools et les aldéhydes qui font l'intérêt d'un café fermenté. Une voie enzymatique pure retire le risque et le bénéfice ensemble. Elle se rapproche en cela du démucilaginage mécanique, dont elle partage la finalité, avec cette différence qu'elle travaille par chimie plutôt que par abrasion, donc sans casse ni échauffement du grain. Ce qui manque pour évaluer cette voie est un essai comparant, sur un même lot, le démucilaginage mécanique, le retrait enzymatique et la fermentation spontanée, avec dosage des métabolites et panel à l'aveugle. Le site dispose par ailleurs, en fiche 18, d'une évaluation européenne d'une endo-polygalacturonase, qui est une pectinase : c'est le seul point d'entrée réglementaire dont il dispose sur cette voie. Sources de ce passage : Hackler et Särchen, chapitre 4, p. 50. Évaluation européenne d'une endo-polygalacturonase : fiche 18.
    Roa G., Oliveros C.E., Álvarez J., Ramírez C.A., Sanz J.R., Dávila M.T., Álvarez J.R., Zambrano D.A., Puerta G.I., Rodríguez N., « Beneficio ecológico del café », Chinchiná : Cenicafé, 1999, 273 p., édition anglaise « Ecological processing of coffee at the farm level » : sections 3.8 à 3.8.6 pour le DESLIM et ses paramètres, section 2.2.3 pour la qualité organoleptique et les 127 comparaisons, section 2.1.2.2 pour la chimie de la fermentation, section I pour les consommations d'eau et la pollution potentielle ; Oliveros T. C.E., Gunasekaran S., « Caracterización reológica del mucílago y de las suspensiones mucílago café en baba y mucílago café pergamino húmedo », Cenicafé 45(4) : 125-136, 1994, pour le caractère pseudoplastique et l'effet du délai récolte-traitement ; Sanz U. J.R., Oliveros T. C.E., Ramírez G. C.A., López P. U., Velásquez H. J., « Controle los flujos de café y agua en el módulo Becolsub », Avances Técnicos Cenicafé n° 405, mars 2011, pour le lancement en 1995, le parc installé, les 72 % du dépulpage à sec et le tableau des débits d'eau ; Pabón U. J.P., Sanz U. J.R., Oliveros T. C.E., « Manejo del café desmucilaginado mecánicamente », Avances Técnicos Cenicafé n° 388, octobre 2009, pour les trois conduites après démucilaginage, les tableaux DQO et solides totaux, le rendement en trilla et les plages de débits, article complet dans Cenicafé 59(3) : 214-226, 2008 ; Oliveros T. C.E., Sanz U. J.R., Ramírez G. C.A., Tibaduiza V. C.A., « ECOMILL, tecnología de bajo impacto ambiental para el lavado del café », Avances Técnicos Cenicafé n° 432, juin 2013, pages 1 à 5, pour les parts pulpe et mucilage, les trois motifs, les volumes spécifiques d'eau et le tableau des puissances spécifiques ; Mejía G. C.A., Oliveros T. C.E., Sanz U. J.R., Moreno C. E.L., Rodríguez H. L.A., « Evaluación del desempeño técnico y ambiental de un desmucilaginador de café con rotor de varillas », Cenicafé 58(2) : 122-133, 2007, lu par le résumé qu'en donne l'Avance Técnico 388 ; Peñuela M. A.E., Oliveros T. C.E., Sanz U. J.R., « Remoción del mucílago de café a través de fermentación natural », Cenicafé 61(2) : 159-173, 2010, pour les durées de fin de fermentation et le délai d'apparition du fermento ; Puerta-Quintero G.I., « Escala para la evaluación de la calidad de la bebida de café verde Coffea arabica, procesado por vía húmeda », Cenicafé 47(4) : 231-234, 1996, pour le barème de notation ; Puerta-Quintero G.I., « Influencia de los granos de café cosechados verdes, en la calidad física y organoléptica de la bebida », Cenicafé 51(2) : 136-150, 2000, matériel et méthodes page 138, résultats organoleptiques pages 139 à 141, rejets et rendements pages 144 à 147 ; Puerta-Quintero G.I., Rios A. S., « Composición química del mucílago de café según el tiempo de fermentación y refrigeración », Cenicafé 62(2) : 23-40, 2011, pour la composition ; Puerta-Quintero G.I., « Cinética química de la fermentación del mucílago de café a temperatura ambiente », Cenicafé 64(1) : 42-59, 2013, pour la dégradation des sucres ; Puerta-Quintero G.I., « Beneficie correctamente su café y conserve la calidad de la bebida », Avances Técnicos Cenicafé n° 276, juin 2000, sections « Haga bien las prácticas de beneficio » et « ¿Cómo se afecta la calidad del café? » ; Oliveros T. C.E., Sanz U. J.R., Ramírez G. C.A., « Separador hidráulico de tolva y tornillo sinfín », Avances Técnicos Cenicafé n° 360 : 1-8, 2007 ; Jotagallo, « Módulo de beneficio ecológico de café (Becolsub), manual », ficha técnica DESLIM 300, 600, 1000 et 2500, et procédure de mise en route, points 4 et 6 ; brevet US 8 722 125 B2, Penagos Hermanos y Cía. Ltda., « Apparatus and method for demucilating, cleaning and washing depulped coffee », dépôt américain 2011, priorité brésilienne 2010, citation non revérifiée dans ce passage ; fiche produit Penagos UCBE-5000 ; page produit Pinhalense, démucilagineurs DMPE-0, DMPE-3 et DMPE-5 ; Brando C.H.J., « The impact of mucilage removers on coffee sustainability and quality », 25 Magazine n° 6, Specialty Coffee Association ; Café Imports, notice « Washed process », paragraphe sur la distinction entre fully washed et lavé par retrait mécanique.
    © 2026 Marco De Sousa Rosa · PXL RoastersTextes sous CC BY-NC-SA 4.0 · outils tous droits réservés · images : voir la provenanceAccueil · Colophon