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  • Constructeur

    Chris Abele (torréfacteur Knickerbocker)

    Les tambours de production, New York, État de New York, États-Unis.

    OùNew York, État de New York, États-Unis
    Depuis1868
    FamilleLes tambours de production

    L'histoire

    L'atelier ne naît pas avec Abele. En 1868, Thomas Page, mécanicien de moulins à New York, se met à construire un torréfacteur dit « pull-out ». Il le bâtit sur le modèle de la machine que James W. Carter avait fait breveter en 1846. Pull-out veut dire sortant : on tirait le cylindre hors du foyer pour le vider, et le four refroidissait à chaque fournée. Chris Abele est contremaître dans cet atelier, puis il en reprend l'affaire. La date de cette reprise n'est pas enregistrée. Son occasion vient d'ailleurs : le brevet Burns de 1864, le premier qui ait permis de vider sans retirer le cylindre du feu, tombe dans le domaine public. La construction devient libre. Abele dépose alors sa propre version le 14 septembre 1881, et l'obtient le 7 mars 1882 sous le numéro 254 582. Il la vend sous le nom de Knickerbocker, vieux surnom des New-Yorkais de souche néerlandaise. Les Hungerford, père et fils, sortent une machine rivale la même année. Abele meurt en 1910, et son gendre Gottfried Bay reprend la maison.

    Ce qu'elle fabrique

    Un seul type de machine, le torréfacteur à tambour de production, monté en dur dans un four de brique. Le cylindre est en tôle forte, perforé, et tourne au-dessus d'une grille à charbon ouverte. C'est de la chauffe directe : la flamme et les gaz du foyer touchent le métal et passent par les perforations jusqu'au grain. La façade, elle, ne bouge pas. Une plaque ronde à bride, boulonnée dans la plaque avant du four, porte l'extrémité du cylindre par un moyeu et son palier. Cette plaque ferme le tambour et reçoit tout : la trémie de charge en haut, la porte de vidange en bas, un orifice pour la cuillère de prélèvement. Autour d'elle, l'ouverture du four est laissée plus large d'environ deux pouces, soit cinq centimètres. Cet anneau libre laisse l'air, les gaz et les matières dégagées s'échapper en continu, pour que le cylindre ne s'engorge pas. Le palier est percé par-dessous, afin que l'huile de graissage s'écoule dehors au lieu de gagner le café. Au-dessus de la trémie, un entonnoir mène fumées et gaz vers le conduit de cheminée, et le brevet prévoit d'y loger un ventilateur pour renforcer le tirage.

    Les modèles

    La gamme n'est pas établie, et il vaut mieux le dire que la reconstituer. Aucun catalogue Abele n'a été retrouvé, et Ukers ne donne aucune liste de tailles. Une seule machine est nommée dans les sources : le Knickerbocker, vendu sur un large territoire. Le brevet ne chiffre aucune capacité. Il dit seulement que la trémie est dimensionnée pour recevoir un sac de café d'un coup. Le sac de Rio de cette époque pesait de 160 à 175 livres, soit 73 à 79 kilos, selon un torréfacteur cité par Ukers. C'est un ordre de grandeur, pas une capacité annoncée par le constructeur. Un témoignage recueilli par Ukers mentionne deux cylindres « du type Chris Abele » installés dans un même atelier, donc ces machines se montaient en batterie.

    Ce qu'on y gagne

    Le cylindre ne quitte jamais le feu. On charge par la trémie, on vide par la porte basse, machine tournante. Le four de brique et la masse métallique restent chauds entre deux fournées. La fournée suivante démarre donc d'un état thermique stable, ce que le tambour sortant de Carter ne permettait pas. L'orifice de la plaque avant reçoit une cuillère pendant la rotation : on juge sur le grain, pas sur la fumée. L'anneau libre de deux pouces évacue gaz et matières dégagées en continu, donc le grain ne cuit pas dans ses propres fumées.

    Ce qu'on y perd

    La chauffe directe sur grille ouverte brûle la surface du grain si la charge est faible ou le feu vif. Rien ne s'interpose entre la flamme et la tôle perforée. Le feu de charbon ne se coupe pas : on agit sur le tirage, et la correction arrive avec du retard. La vidange dépend des plaques en spirale fixées dans le cylindre, donc le café continue de cuire pendant qu'il sort. Le brevet ne prévoit aucun refroidisseur soufflé, seulement une caisse que l'on pousse sous la goulotte. Enfin, la façade boulonnée interdit de sortir le cylindre pour le nettoyer.

    Zone d'ombreLa date à laquelle Abele reprend l'atelier de Thomas Page n'est pas enregistrée. L'année 1868 est celle de la fondation de cet atelier, pas celle de la reprise, et la fiche retient la plus ancienne date sûre. Le prénom varie selon les sources : le brevet dit Christian Abele, Ukers écrit Chris Abele. Aucun catalogue, aucun tarif et aucune photographie de Knickerbocker n'ont été retrouvés, donc les capacités en kilos restent inconnues. Le « large territoire » de diffusion n'est chiffré nulle part. On ignore pourquoi Abele a choisi ce nom. Le devenir de l'affaire après la reprise par Gottfried Bay n'a pas pu être suivi : ni date de fermeture, ni rachat. Enfin, le nombre total de brevets d'Abele n'a pas pu être vérifié. L'index d'Ukers n'en signale qu'un, et la base de brevets consultable était indisponible au moment de la recherche.
    Christian Abele, brevet américain 254 582, « Coffee-Roaster », demande déposée le 14 septembre 1881, brevet délivré le 7 mars 1882, spécification et revendications 1 à 4, fac-similé du texte original consulté en septembre 2026 ; William H. Ukers, All About Coffee, New York, 1922, ch. XXXIV, p. 629 (brevet Carter de 1846 et principe du pull-out), p. 630 (témoignage d'atelier sur deux cylindres du type Abele, feu de charbon, poids du sac de Rio), p. 634 (brevet Burns de 1864, première machine à vider sans quitter le feu), p. 637-638 (Thomas Page, la succession et le nom Knickerbocker), p. 644-645 (concurrence des Hungerford, mort en 1910, reprise par Gottfried Bay, ouvertures pratiquées dans la plaque avant) ; Ukers 1922, chronologie du café, p. 731 (entrée 1868) et p. 732 (entrée 1882)
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